lundi 10 avril 2023

Entreprise de transports Henri Demoulin, boulevard Carnot à Saint-Brieuc. 1914

 


 

En 1914, l'entreprise de transports et déménagements Henri Demoulin avait ses bureaux à la gare de la petite vitesse (gare de marchandise) dans le boulevard Carnot à Saint-Brieuc et Place Duguesclin. 

L'entreprise Demoulin travaillait avec la gare comme correspondant des chemins de fer) et avec le port du Légué pour les liaisons en direction du Havre ou de Bordeaux.

Les premières traces de cette entreprise sont deux factures datées de 1914.

 

Ci-dessous,une facture datée du 8 mai 1914 est adressée à la municipalité de Saint-Brieuc .

Henri Demoulin. Facture 1914. Archives municipales


Ci-dessous, on peut voir une autre facture adressée à la municipalité de Saint-Brieuc datée du 13 juin 1914.

Henri Demoulin. Facture 1914. Archives municipales

 

Ensuite, en 1917, on découvre une annonce qui indique que l'entreprise a pu avoir des problèmes du fait de l'époque troublée de la Guerre de 14-18 (mobilisation du patron ou des employés?). Il y est question de la vente aux enchères de deux moteurs "laissés en souffrance" chez M. Demoulin.

 

Vente Demoulin. 24 juillet 1917 Ouest-Eclair

L'entreprise a continué ses activités après la Guerre 14-18 comme le montre cette annonce passée dans la presse le 8 décembre 1929 et ce fait divers du 11 août 1930.



 En prenant un détail d'une carte postale ancienne du boulevard Carnot et en agrandissant, on voit distinctement l'entrée de l'entreprise Demoulin avec une sorte de petit kiosque vitré. Aucune construction n'a été réalisée à cet emplacement qui est de nos jours une cour avec des voitures à vendre...

Boulevard Carnot. Détail d'une carte postale. Collection André Bougeard.

 
 
Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...
 
 
 
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Sources

Recherches dans les archives de Ouest-Eclair


Archives municipales, factures 3L135

 

Carte postale André Bougeard

 

 

jeudi 6 avril 2023

La famille Descamps, des industriels forains en Bretagne

Cet article est lié au départ à l'histoire des fêtes foraines dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, puis plus largement aux autres fêtes foraines du secteur de Saint-Brieuc et de Bretagne. 

 

La famille Descamps est une grande famille d'industriels forains depuis le début du 20e siècle et a de profondes attaches en Bretagne.

Cet article est écrit à partir d'articles de presse et de recherches généalogiques, il ne prétend pas faire le tour complet de l'histoire de la famille Descamps et ne demande qu'à être complété.

 

Les origines

L'origine du nom Descamps désigne une personne qui vient d'un lieu-dit le Camp (le champ). On trouve le nom Descamps écrit également "Décamps"...

Dans la branche de famille Descamps de la région de Saint-Brieuc, on est forain de père en fils. Les grands-parents sont venus de l’Anjou, se sont installés en Bretagne. Les enfants ont choisi à leur tour la région de Guingamp et de Saint-Brieuc et s’y sont fait estimer.

Au début 1900, les Descamps voyageaient avec des voitures tirées par des chevaux loués à M. Birien de Binic. Le démontage était difficile mais il y avait des spécialités.

 

Les années 50 

Dans les années 50, on peut lire dans Ouest-France que Mme veuve Descamps, la plus ancienne des patronnes foraines, seconde encore son fils sur toutes les fêtes foraines de la région. Les fils suivent les traces  du père et du grand-père. Ils ont un matériel moderne, un éclairage électrique qui a remplacé l’acétylène. 

 

Une grande famille d'industriels forains

Dans la presse et dans les bases de données en généalogie, on trouve de nombreux membres de la famille Descamps chez les industriels forains de Bretagne :  

La première trace dans Ouest-Eclair concerne un monsieur Descamps, forain, ayant trouvé en 1927 sur la fête foraine de Saint-Nazaire, une bourse en métal argenté qu'il avait déposée au commissariat de police.

En 1952 à Lannion, on apprend que Michel Descamps, forain, né en 1921, doit payer une amende pour "défaut de carnet forain". Une contrainte que connaissent bien les marchands forains...

En 1954 à Yffiniac, pour la Fête des Choquards, "les attractions n'ont pas manqué et tous les habitués de la place étaient là, notamment autour de la famille de M. Baptiste Descamps" (Ouest-France du 22 novembre 1954).

En février 1961, "M. Jean-Baptiste Descamps", âgé de 53 ans, domicilié 36 rue des Fontaines à Pontivy est impliqué dans un accident avec des autos-tampons sur la fête foraine de Cesson.

Yffiniac 1954 Ouest-France

Manège Descamps Yffiniac 1954 Ouest-France

Autos-tamponneuses Descamps. 1972 à Pontivy



Ci-dessous, un document de 1969 publié dans le Facebook Fête foraine de Bretagne et d'ailleurs. L'attraction Les Avions est alors dirigée par Mme Jean-Baptiste Décamps inscrite au registre du commerce de Saint-Brieuc.


 

Ci-dessous un ticket pour des réductions à la Foire du Liège de Dinan en 1971 avec le manège d'avions Descamps. Document envoyé par Lorette Lafosse et publié dans le facebook "Fêtes foraines de Bretagne et d'ailleurs".

 

Le 8 janvier 1973 dans Ouest-France, on découvre avec stupéfaction que Constant Descamps s'est fait voler son ensemble routier tracteur-remorque  de huit mètres de long alors qu'il était stationné place Jules-Ferry où tous les manèges étaient installés pour les fêtes. La remorque a finalement était retrouvée à Kerfany et le tracteur à Quimper.

 

Généalogie

Eugène Descamps, marchand forain, né en 1887 et inhumé à Lorient en 1922. Père de Jean-Baptiste et Constant (ci-dessous). Fiche sur Généanet, cliquer ici

Jean-Baptiste Descamps (orthographié aussi Décamps), né en 1907, industriel forain, appelé Baptiste dans la vie courante et non Jean-Baptiste, directeur d'un manège de chenille en 1949 à Lorient (article dans la presse), décédé à l’âge de 61 ans en novembre 1968. Les obsèques ont eu lieu à Yffiniac et l'inhumation à Lorient. Dans le faire-part, on trouvait les noms de Albert et Michel Décamps et de M et Mme Eugène Couëffic... (fiche Couëffic, cliquer ici)

Constant Descamps, né le 9 novembre 1917 à Lorient, en activité dans les années 50 avec ses manèges dans le Morbihan, décédé le 29 juillet 1974. (fiche, cliquer ici)


Chez les Descamps, on trouve aussi :

Jean Descamps et Michel Descamps, forains.

André Descamps, fête foraine de Lorient en 1960

Raoul Descamps, né en 1928, décédé à Pommeret (22) à l'âge de 44 ans en mars 1972.

Jean-Baptiste Descamps, né en 1851, marchand forain, nomade, marié à Pabu en 1882.


 

Des photos de Mauricette Descamps

Mauricette Descamps est la fille de Maurice Descamps, industriel forain. Elle a publié plusieurs photos de sa famille dans le Facebook Forain d'autrefois.

Maurice Descamps devant sa loterie à St Dizier. Photo Mauricette Descamps

Maurice Descamps au centre lors d'une réunion syndicale. Photo Mauricette Descamps

Mauricette Descamps derrière son frère Robert.

Ci-dessous, Robert Descamps en 2009, il était né à Angers, avait tenu une loterie, puis il avait géré l'enseigne Chupa Chups sur les fêtes foraines dans les Ardennes, comme son grand-père il était devenu le président du syndicat des industriels forains de sa région. Il est décédé en 2015.

Robert Descamps, 2009, président du syndicat des forains (Hirson)


 

A suivre, d'autres familles d'industriels forains 

en Bretagne :

 

La famille Audroin, cliquer ici

La famille Chira, cliquer ici

La famille Coéffic, cliquer ici

La famille Drouet, cliquer ici

La famille Figuier, cliquer ici

La famille Greneux, cliquer ici

La famille Hoffmann, cliquer ici

La famille Mouton, cliquer ici

L'histoire de Romain Mouton, appelé le Père Mouton, cliquer ici

L'histoire de la famille Tricoire, cliquer ici 

L'histoire de la famille Watrin, cliquer ici 
 

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur les familles d'industriels forains de Bretagne, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.

 

 

Pour lire l'article sur les Fêtes foraines à Robien et dans le secteur de Saint-Brieuc, cliquer ici

 

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Sources

Nombreuses recherches dans les archives de Ouest-France et du Télégramme. 

Article de Ouest-France du 11 avril 1950 sur la famille Descamps

Site Généanet, famille Descamps, cliquer ici

Facebook "Forain d'autrefois", cliquer ici 


 

samedi 1 avril 2023

Maisons de lotissements à Robien, quartier sud de Saint-Brieuc

 

 

Les maisons construites dans le cadre de lotissements

Page du registre du conseil municipal 1927 Lotissement Weill


A la veille de la guerre 14-18, on trouve 172 maisons regroupées autour des quelques rues qui existent alors dans le quartier de Robien, et 52 maisons éparpillées ici ou là.

En 1931, on dénombre 477 maisons ; c’est le double. Cette augmentation importante est le fait d’une forte urbanisation organisée dans le cadre du développement de lotissements.

Le mouvement auquel on assiste est que les sols agricoles ont changé de fonction pour des projets de lotissements, surtout entre 1927 et 1939. Après une interruption pendant la Seconde guerre mondiale, ce mouvement s’est achevé entre 1952 et 1958.

 

Construire à Robien 1er juillet 1928 Ouest-Eclair


 

Les lotissements sans cahier des charges strict

L’année 1927-1928 marque à Robien le commencement des lotissements. Toutefois, il faut plutôt entendre ce terme de « lotissement » comme la possibilité de construire mais sans véritable unité architecturale dans des secteurs qui viennent à peine de s’ouvrir à l’urbanisation du moment.

 
1927 Lotissement ACCART
C'est le premier lotissement et il consiste en 18 lots à la jonction du boulevard Hoche prolongé et de la future rue de l’Ondine qui n’est pas encore baptisée ainsi.

1927 Lotissement WEILL. 
Le premier lotissement est le lotissement Accart mais la réalisation du lotissement Weill marque véritablement l’urbanisation du cœur de Robien. Le projet est abordé le 27 février 1927 en conseil municipal et validé par M. Touzet,  le préfet le 21 mai 1927, dans un document de 40 pages.
M. Jules Weill, propriétaire, demeurant 4 rue de Stockholm à Paris, est l'initiateur du projet dit de la "Métairie de Robien".

Monsieur Jules Weill est né à Muttersholz dans le Bas-Rhin le 14 juillet 1871. Il est marié avec madame Marguerite Bribourg, née à  Saint-Mihiel dans la Meuse le 4 août 1874.
 
Le lotissement Weill est constitué par un immense quadrilatère de près de 10 hectares, bordé au midi par le ruisseau du Gouédic, à l’ouest par la rue Jean Jaurès, à l’Est par la rue Anne de Bretagne, et traversé en son milieu par la rue du Pont Chapet. 
 
La désignation des parcelles de la section D fait référence aux termes anciens du cadastre : "Le jardin et les quartiers de Robien", terrains proches de la rue Sainte-Anne ; "La chénaie, le petit Robien, le Grand Robien, l’avenue et la petite côte (labours, avenue et pâturages)" ; "Le champ, le manoir, les caves et les Avenables", donnant sur la rue Anne-de-Bretagne.
 
L’ensemble est morcelé en 188 lots, chaque rue fait 12 mètres de largeur sauf la rue qui borde le Gouédic qui fait 16 mètres. Des arbres seront conservés dans la partie basse du lotissement : "Quant aux arbres anciens, qui au moment de la vente se trouveront sur ces lots choisis et acquis précisément à cause de la beauté des dits arbres, ils pourront ...être maintenus tels qu'ils existeront mais pendant la durée seulement de leur existence".
 
D'autres interdictions sont plus curieuses concernant l'interdiction d'édifier dans ce lotissement des établissements, commerces ou industries qui pourraient nuire aux voisins par leur odeur, bruit, émanations. Sont concernés un éventuel hôpital, sanatorium, hospice, dispensaire, établissement de nuit, maison d'aliénés, maison de tolérance... 
Les émanations anti-hygiéniques sont prohibées comme celles venant de tas de fumier, détritus...
 
Lotissement Weill 18 juillet 1927 Revue Bretagne touristique. Archives départementales

 


1932 Lotissement EPIVENT 
C'est un ensemble de 11 lots entre l’étang de Robien et la rue Jules Ferry. Des plans sont dressés à cette occasion.
 

 
 
 


 
1932 Lotissement CARRE-TANGUY 
Ce sont 54 lots situés de part et d’autre de la rue du Pré-Chesnay qui sera dénommée ainsi en 1935. 
 
 



1933 Lotissement ROBERT 
Au nord-est de Robien, 67 lots à l’angle de la rue Abbé Garnier et de la rue de Trégueux, traversé par la rue Bir-Hakeim, qui ne sera dénommée qu’en 1947. 
 
 
 


 
1933 Lotissement LAURENT
Au sud-ouest du quartier de Robien, 28 lots en contrebas du Tertre Marie-Dondaine.
 
 
1934 Lotissement LUCAS
M. Raymond Lucas vend un terrain qui va permettre de compléter le projet du lotissement Carré-Tanguy de 1932.




Lotissement rue du Pré-Chesnay. 22 avril 1934 Ouest-Eclair

 
 
1935-1936 Lotissement LAURENT
Un ensemble de maisons dans ce qui deviendra l'avenue des Tilleuls.


Remarque : En 1936, il n'y a ni rue ni construction dans le secteur qui deviendra l'avenue des Tilleuls. C’est la société « A et H. Laurent frères », (Alphonse et Henri-Marc Laurent) établie au 14 de la rue Jules Ferry, qui a fait établir cette rue à l’occasion de la création du lotissement.
Les autorités chargent la société "Laurent et frères" de terminer la rue dans les deux ans suivant la vente des terrains aux particuliers et des projets de constructions.
 
 
1936 Lotissement du CLOS DE ROBIEN. Il vient compléter, au sud-ouest, le lotissement Weill. Il est composé de 67 lots en étoile autour du rond-point d'où rayonnent les rues Louis Blanc, Jean Macé, Danton, Jean Jaurès et le boulevard Herriot. 
Le plan ci-dessous, daté de 1936, donne une bonne idée du développement du quartier de Robien dans cette partie sud.
 
 
Plan 1936. Lotissement de la ferme du Clos. Archives 22. Dossier 5M89


1936 Lotissement DEMOULIN : 13 lots, rue Jules Ferry et Camille Desmoulins. C'est par le rue Desmoulins que l'on pourra ensuite accéder au square Barillot quand il sera ouvert en 1955.
 
Pendant la période de la guerre et après-guerre, il n'y a plus de lotissements à se construire. 

1955 Lotissement du PRE-CHESNAY : complément du lotissement Laurent par 46 lots sur plus d'un hectare, rue des Tilleuls, de l'Ondine et du Sergent Béziers Lafosse.

 

 

Les lotissements à forte identité

Le quartier de Robien possède plusieurs lotissements bien identifiables, construits en particulier dans les années 30. Il s’agit en particulier des sept lotissements suivants, caractérisés par une forte unité socio-professionnelle et une unité de construction. 
Chaque lotissement fait l'objet d'une page particulière qui lui est consacrée, voir les liens utiles en bas de page...
 
LES LOTISSEMENTS DE CHEMINOTS
L’ensemble construit en 1931 par l’architecte Jean Fauny boulevard Paul Doumer, rue Louis Hélary, rue Anne de Bretagne et rue Denis Papin.

Les maisons de cheminots de la rue Cuverville dont il ne reste plus qu’une seule construction car les autres ont été détruites.

 
LES LOTISSEMENTS DES FORGES et FONDERIES
Les maisons construites pour des ouvriers des Forges et Laminoirs dans le boulevard Doumer. Ce sont de petites maisons aux toitures en tuile, en bord de route et en retrait.
 
Le petit lotissement de 10 maisons ouvrières impasse Béziers de la Fosse.
 
Le lotissement de la rue Chapelain de la Ville Guérin était appelé "Le lotissement de la poudrière". Le chantier est achevé un peu avant les années 50, dans une rue spécialement créée pour loger des ouvriers de Sambre-et-Meuse.
Les maisons de la rue Chapelain de la Ville Guérin sont bien reconnaissables car elles sont toutes construites sur le même principe avec des plaques de ciment. Cette technique a permis de bâtir très rapidement les logements concernés.
Habiter dans ces maisons était considéré comme une très grande chance et les ouvriers étaient tirés au sort pour savoir qui pourrait y loger.
 
Les maisons des contremaîtres des Forges et Laminoirs, au 2, 4 et 6 boulevard Vauban et rue Luzel.

Celles du boulevard Vauban ont des petits airs de chalets avec leur toiture très pentue. Leurs couleurs vives présentent une originalité dans le tissu urbain. Celles de la rue Luzel sont en pierres de taille et possèdent un étage. De petites maisons ouvrières devaient exister également en complément des maisons de contremaîtres mais elles ont disparu.
 
Après guerre, Rue Luzel, il existait aussi des chalets en bois confortables avec jardin. L'usine se situait alors entre le boulevard Carnot et le boulevard Hoche.
On peut aussi noter que dans la rue Jules Ferry, au 83, 85 et 85, trois maisons ouvrières semblables se suivent mais cela ne constitue pas, vu le nombre, un lotissement.

De même, dans les rues François Merlet et Robespierre, proches de la fonderie, on trouve de petites maisons ouvrières trop peu nombreuses pour que l'on parle de lotissement mais qui sont très ressemblantes.


UN LOTISSEMENT COMMERCIAL
Les maisons mitoyennes de la galerie commerciale (Habitat à Bon Marché) construite en 1928. C’est là que vous trouvez aujourd’hui la Crêperie Bleu Marine et le salon de coiffure, rue Aristide Briand. 
 
 
UN LOTISSEMENT DE BARAQUES EN BOIS
Le Tertre Marie-Dondaine n’est pas un lotissement au sens classique du terme mais il en possède plusieurs caractéristiques : les habitations sont très rapprochées, situées sur un espace bien identifié, elles ont une unité de style reconnaissable (des baraques en bois, de la même taille, construites avec les mêmes matériaux), elles disposent d’un petit jardin potager.
Cet ensemble de baraques a été créé par le propriétaire de la scierie  pour ses employés sur le tertre Marie Dondaine. Les baraques étaient construites avec les matériaux de la scierie. Progressivement d'autres personnes sont venues y habiter.
On note dans les professions des chefs de famille du Tertre en 1936 : trois manœuvres, un mouleur aux forges et laminoirs, un chiffonnier, un cimentier, un rémouleur...
 
 
CONCLUSION
 
Plusieurs lotissements de Robien sont créés par les deux grands employeurs « historiques » du quartier des secteurs du chemin de fer et de la fonderie. Ils sont donc très marqués par une population ouvrière. Ils ont pour but de rapprocher les ouvriers et leur famille des principaux lieux de production et d’emploi du quartier à savoir la gare et les fonderies.
 
 

Le saviez-vous ?

 

En mars 1949, M. Armand Vallée, ancien adjoint au maire de Saint-Brieuc et père de l’abbé Vallée, reçoit le Légion d’Honneur au titre du Ministère du Travail.

M. Vallée créa en 1902, avec M. Francis Guyon, la Société Coopérative des Habitations à Bon Marché (H.B.M) à Saint-Brieuc.

Des prêts étaient octroyés aux demandeurs et cette société a ainsi permis à de nombreux ouvriers de devenir propriétaires de leur maison avec un jardin.

(D’après un article de Ouest-France du 12 mars 1949)


 


Racontez-nous votre maison dans un lotissement

Sur le site, plusieurs articles ont déjà présenté certains ensembles de maisons qui forment des lotissements originaux, mais racontez-nous aussi comment vous vivez dans ces lotissements :
Connaissez-vous les dates de construction, l’architecte ? Ce lotissement a-t-il été construit pour une population particulière (ouvriers d’une usine par exemple). Est-ce que la proximité des habitations dans ce lotissement est source de problèmes ou d’enrichissements ? S’est-il passé des événements importants dans votre maison ? Dans votre lotissement ? Comment cette maison a-t-elle évolué au fil du temps (extension) ? Quelles sont les contraintes lorsque l’on souhaite rénover ? Etes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?


Autres articles à propos des lotissements dans ce blog

 
Dans la rubrique "L'habitat ouvrier à Robien et les lotissements ouvriers" :

 

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Sources

Recensement 1936, archives départementales.
 
Anciens journaux du CAR (février 1992 pour le lotissement de la Poudrière) 
 
Avec les contributions de Claude Corack, Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Xavier Pageot, Claude Le Sayec, Mary Simon, Guillaume Agouf...
 
 

L'histoire de la rue Louis Hélary (ex rue des Caves) dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc

 

 

Cette histoire de la rue Hélary va nous amener à découvrir des aspects du patrimoine géologique, industriel et religieux du quartier de Robien et de St Brieuc.

 

 

Les origines de la rue Hélary

 

Dans ce secteur Est de Robien, n’existaient quasiment ni constructions ni route jusqu’au début du XXe siècle.
En 1931 débuta la construction d’un lotissement de logements économiques pour les cheminots du quartier de Robien. On appela communément ce lotissement « La Cité des Cheminots". Dans ce projet, une rue de 90 mètres de long, fut ouverte entre la rue Anne de Bretagne et le boulevard Paul Doumer, sur le tracé de l’ancienne voie privée Louis Blaize.
La première idée du Conseil municipal, votée le 22 juillet 1932, fut de choisir le nom de « rue des Caves ».
Les habitants manifestèrent leur désapprobation en faisant savoir qu’ils n’habitaient pas dans des caves !
 

En 1935, le Conseil municipal trouva en remplacement le nom d'un ancien maire de Saint-Brieuc, Louis Hélary (1832-1909).


Deux plaques de la rue Louis Hélary à St Brieuc. Photo RF

 

Les caves de Robien

 

Mais revenons à nos caves...

Et de quoi parle-t-on au juste dans le quartier à cette époque quand on évoque « des caves » ?
Rien à voir, en fait, avec le sens commun donné à la cave d’une maison.

Une explication est donnée par l’abbé Le Roux, au détour d’un article dans le bulletin paroissial de Sainte-Anne de Robien, « La Famille Catholique » du 8 février 1914.

L’abbé, passionné d’histoire, commence ainsi son article : 

« Qui n’a pas entendu parler des caves de Robien ? Elles n’avaient pas bonne réputation, nos Caves. L’histoire, ou la légende, racontait des faits capables de terroriser les honnêtes gens. A certains jours, et passé une certaine heure, par exemple au brun de la nuit, il n’eût pas fallu s’aventurer dans ces parages ; on y eût fait des rencontres très désagréables. Qu’y a-t-il de fondé dans ces racontars ? Je ne saurais le dire. Mais aujourd’hui, à mesure que les maisons se construisent, et surtout depuis que Sainte Anne a pris possession de ce domaine, et que le Saint Sacrifice y est offert tous les jours, le mal recule. Et si le vice a été autrefois le roi de ces lieux, il en est banni actuellement et il a dû chercher asile ailleurs ».

L’histoire commence donc dans une ambiance inquiétante, avec une petite pointe du curé de Robien rappelant que s’en remettre à Sainte-Anne est le meilleur moyen de résoudre bien des problèmes. L’origine de ces caves va être révélée dans les lignes qui suivent.

 

 

Les anciennes carrières de Robien

 

« Mais bien avant ces jours de triste réputation, plus ou moins méritée, les Caves eurent aussi leurs jours de gloire. Au XIIIe siècle, lorsque St Guillaume, évêque de St Brieuc, eut décidé de reconstruire la Cathédrale, vous eussiez vu, à l’endroit où se trouvent les Caves aujourd’hui, de nombreuses équipes d’ouvriers. C’était la corporation des carriers et celle des tailleurs de pierre, qui éventraient la petite colline et préparaient les matériaux pour bâtir la maison du Seigneur. 

 

Tous ces ouvriers travaillaient avec ardeur, en priant et en chantant. C’étaient les âges de foi. On besognait dur ; on vivait heureux sur terre, et on était sûr de gagner le paradis que des criminels insensés, parés de noms pompeux de philosophes ou de savants, n’avaient pas encore fermé à l’homme qui peine du matin au soir. Ce sont ces ouvriers qui ont légué au monde les admirables chefs d’œuvre du Moyen-âge. …

Vous n’aviez pas songé, en faisant une promenade d’agrément dans les Caves, que des milliers d’ouvriers ont travaillé là ? Ces caves sont pourtant d’anciennes carrières de granit, qui furent exploitées longtemps et d’où sortirent en particulier les pierres sculptées et taillées de la cathédrale de Saint Brieuc
».

Un carrier


Ainsi se termine le volet de cette histoire qui montre l’apport non négligeable du quartier de Robien, et des ouvriers des carrières, dans l’édification de cette belle cathédrale de St Brieuc.


 

Des caves aux questions d’environnement.

Ce que l’article de 1914 ne dit pas c’est que ces cavités ont été remblayées, dans les années 20, par le mâchefer qui est une sorte de résidu solide venant des industries sidérurgiques. Dans le cas présent, l’usine, c’était celle toute proche des Forges-et- Laminoirs. Les maisons de la fin du boulevard Doumer en descendant (lui même remblayé avec le mâchefer) étaient d’ailleurs habitées par des ouvriers de cette usine.

 

Vue aérienne, situation de la rue Louis Hélary. Photo Google

 

 

Le saviez-vous ?


Le nom de la rue Louis Hélary fut trouvé en remplacement en 1935 pour honorer ce natif de Guingamp (1832-1910), ingénieur des Arts et Métiers, agent-voyer en chef du département, c’est à dire responsable de la construction et de l’entretien des chemins qui reliaient les villages. Il fut ensuite maire de Saint-Brieuc de 1898 à 1904. 

 

Vue de la rue Louis Hélary. Photo RF



Le saviez-vous?

 

Le recensement de 1936 nous apprend que les premiers habitants n’étaient pas nombreux dans la rue Louis Hélary, il n’y avait que six familles :

François Le Charpentier, chauffeur, Marie son épouse et leurs deux fils
Jean Turmel, employé des chemins de fer, Thérèse son épouse et leurs trois fils.
Emile Marcaletti, Italien, mécanicien, Virginia son épouse et leur fille
Jean Monjarret, chef de bureau, Jeanne son épouse et leur fille
Marie Philippe et sa fille
François Cren, employé des chemins de fer, Marie son épouse, leur trois fils et leur fille.

 

 Le saviez-vous?

En 1906, lors de la disparition mystérieuse de Mlle François T., les recherches s’orientent vers les endroits où un corps pourrait rester dissimulé à l’abri de tous et on s’oriente alors dans la Vallée de Toupin, le Légué et les caves de Robien où des fouilles minutieuses sont effectuées.

C’est en fait dans la Vallée de Toupin que cette fille « prise d’un accès de folie subite »  fut retrouvée. Elle s’était enfuie de son domicile et avait vécu cachée dans la vallée pendant un mois, « couchant dans une anfractuosité de roche, vivant de racines et de mûres et se désaltérant dans le ruisseau ».  Trois jeunes pâtres la retrouvèrent les cheveux couverts de mousse et les vêtements maculés de terre. 


D'après Ouest-Eclair des 29 septembre 1906 et 9 octobre 1906

 

Une maison d'architecte

Rue Louis Hélary se trouve avec un bardage bois en pin Douglas qui recouvre toute sa façade côté rue. Elle a été bâtie en auto-construction par la famille Blanchard, un couple d'architectes qui y habite et qui avait déjà réalisé le projet de la famille de Bressy boulevard Hoche.

Cette maison a été édifiée en 2016 sur un terrain qui n'avait jamais été vendu car il était constitué de remblais comme on peut le voir mentionné sur le plan du lotissement Epivent daté de 1932. Les architectes ont contourné ce problème en construisant une dalle de béton qui repose sur des pieux métalliques de huit mètres de haut.

Dans les caractéristiques techniques de la maison on peut aussi mentionner l'utilisation de panneaux de bois compressés, une isolation en ouate de cellulose et des murs intérieurs en lames de bois, une toiture constituée d'un bac acier en raison d'une faible pente.

Maison rue Louis Hélary à Saint Brieuc. Photo RF

Maison rue L. Hélary à Saint Brieuc. Photo RF



Remblai rue Hélary. Lotissement Epivent 1932 Archives départementales.


 

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Sources


Archives départementales. AP 647. 

Bulletin paroissial de la paroisse Ste Anne de Robien, « La famille catholique » du 8 février 1914

Les rues de Saint-Brieuc, leur histoire, leurs curiosités. 1947, J. B. Illio.

Site de généalogie, Généanet, Louis Marie Hélary, 1832-1910

Recensement de St Brieuc 1936, vue 274

La Cité des Cheminots", un lieu original à Robien, cliquer ici

Ouest-Eclair 29 septembre 1906 et 9 octobre 1906

Entretien avec Erwann Blanchard, architecte. 2022 

 

30 juillet 2003 Rue Louis Hélary. Article Ouest-France