jeudi 1 octobre 2026

La cité ouvrière impasse Béziers-Lafosse à Robien. 1939

 
La cité ouvrière de l'impasse Sergent Béziers-Lafosse, dans le quartier Robien à Saint-Brieuc, est conçue par l’architecte Jean Fauny, en 1939. 
C'est un ensemble de 10 logements pour les ouvriers de l'usine des Forges-et-Laminoirs.

Les premières maisons sur le côté gauche dans l'impasse Béziers-Lafosse. Photo RF

Cette petite cité répond aux besoins des Forges-et-Laminoirs  qui cherche à loger ses ouvriers et leur famille dans un lieu proche de l’entreprise. C’est ce qui avait été fait de la même manière et à la même époque déjà par les Forges-et-Laminoirs (situés à l’emplacement actuel de la sécurité Sociale). Ce qui était appelé le Jardin Vaucouleur (du nom du propriétaire de l’usine) comportait des maisons pour les contremaîtres et des maisons d’ouvriers. 

Jean Fauny dépose un permis de construire le 11 décembre 1939. 
Archives municipales

Les maisons ouvrières du « lotissement » de la rue Sergent Béziers-Lafosse étaient au nombre de dix. On a deux rangées, une de quatre, une de cinq, séparées par une allée au milieu. Les maisons sont disposées en épi et se font face. Une autre maison est construite le long de la rue Béziers-Lafosse.
 
Archives municipales

Devant la maison, chaque propriétaire dispose d'un petit jardin pour faire un potager (voir photo ci-dessous).
 
Vue aérienne, photo 1962. Musée de Bretagne

Vue aérienne en 2020

Ces maisons ne sont constituées que d’un rez-de-chaussée, trois pièces dont une chambre, une cuisine et coin pour manger et un point d’eau. La superficie ne dépasse pas les 30 mètres carrés. Le chauffage est constitué d’un poêle à charbon dont le conduit d’évacuation est extérieur. La toiture est en tuile. Les huit maisons disposent d’un petit jardin.

On remarque le conduit d’évacuation à l'extérieur.

Plan. Archives municipales


 

La cité et ses habitants dans les années 50
Yvon Gicquel est né en 1947 et il a habité à partir de 1954 au 19 rue du Sergent Béziers Lafosse, juste en face la cité. Ses parents ont vendu leur maison en 2008, il a donc passé son enfance et sa jeunesse dans la quartier de Robien. A ce titre il est bien placé pour nous livrer différents souvenirs et en particulier sur le nom des familles qui habitaient dans la cité :
"La maison située le long de la rue Béziers Lafosse était occupée par la famille Le Calvez.
Ensuite coté droit de bas en haut : Familles Sergent ; Le Ray; Gressier ; Bommersbach; Galais.
Côté gauche de bas en haut : Familles Méheust ; Hamon ; Hamon (sans parenté avec le précédent); Biard ; Jaffray (maison neuve  avec étage après démolition de la maison ancienne).
Un peu plus tard (début des années 60 ?) la famille Méheut prend la place de la famille Le Calvez ; Madame Monique Troadec prend la place de la famille Méheust
".
Les documents officiels des Forges-et-Laminoirs confirment ces noms de familles avec les différents prix d'achat de ces maisons. Dans les premiers acquéreurs, nous trouvons :
Lot n°6 Jean-Louis Jaffré, représentant au Forges de Strasbourg et Mme Lucienne Collin, vivant ensemble, 350 000 francs.
Lot n°7 Jean Biard, employé aux Forges, époux de Jeanine  Perot demeurent ensemble au 29 boulevard Paul Doumer, 350 000 francs.
Lot N°4 Marcel Meheust, époux de Éliane Deguitre, vivant ensemble, 250 000 francs
Lot n°9 Jean Troadec, magasinier, 250 000 francs. 
Maisons 1, 2, 3, 4, 5, 6

Les maisons de l'autre côté, 7, 8, 9 10

Agrandissement de la photo ci-dessus

La cité de nos jours

Il reste neuf maisons, une a disparu au bout de l’impasse.
Toutes les maisons sont aujourd’hui modifiées par rapport au plan d’origine : petite véranda, garages, petite pièce supplémentaire, mur de clôture surélevé, bardage ou pose de plaques isolantes sur les pignons…

Véranda ajoutée par rapport au plan d'origine. Photo RF



Ajout d'une  petite pièce supplémentaire et d'une clôture. Photo RF

 
La maison qui n'est pas en épi est peu reconnaissable avec les autres car elle est bardée de bois
Un poteau électrique d’origine, en métal sur un support de béton, a longtemps été conservé mais la rouille le menaçait et il a été remplacé en 2023.



L’Association régionale des Cités-jardins d’Île-de-France a effectué un recensement national des cités-jardins de France.
L'association a défini une cité-jardin comme un lieu disposant des caractéristiques suivantes :
• Cités de type patronale/ouvrière
• Prioritairement réalisées durant l’entre-deux-guerres
• Tous types d’échelles
• Avec ou sans équipements 

C'est à ce titre que la cité de l'impasse Béziers-Lafosse peut être considérée comme une cité-jardin.


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Sources

Archives municipales, permis de construire, dossier 1T53 (1082)

La cité ouvrière rue Sergent Béziers-Lafosse a été remarqué dans l’inventaire XXe siècle (page 34 AVAP St Brieuc, document Pdf en ligne)

Les rues de St Brieuc. J.B Illio 1947. 

Observations sur le terrain...


 

 

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