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lundi 11 mai 2026

André Coupé (1932-2009), artiste et habitant du quartier de Robien à Saint-Brieuc

André Coupé caricaturé par Len en 1971

André Coupé (1932-2009) est un artiste de Saint-Brieuc qui était bien connu, une figure incontournable. Dans le quartier de Robien où il habitait, il avait décoré l’extérieur de sa maison de deux grandes fresques murales. C’est cette technique qui avait fait sa réputation. Retour sur une carrière bien remplie.

Les origines
André Coupé est né à Plancoët en 1932, il s'installe avec ses parents et ses frères à Saint-Brieuc, en 1936. Dans un article du 13 avril 2009, on pouvait lire dans Ouest-France : « André adorait dessiner depuis tout petit. Il avait un véritable don, se souvient Bernard, un de ses quatre frères. Il emmenait son carnet partout et il crayonnait, il crayonnait... Après sa scolarité à Curie, il commence sa carrière de décorateur étalagiste à l'entreprise d'ameublement Dauget. Un métier qu'il exercera durant trente ans. En 1954, alors qu'il travaille pour le magasin Paris France, il rencontre Ghislaine, démonstratrice au même endroit. En 1955, il épouse cette dernière. De leur union est né Christian. »

Les années de formation
C'était grâce à Émile Daubé, avec qui il étudia de 1948 à 1952, qu'il était devenu dessinateur. Il avait confié bien des années plus tard que celui-ci lui avait tout appris. Émile Daubé est un artiste qui a marqué la vie culturelle briochine jusque dans les années 1950. En 1935, le maire de Saint-Brieuc, Octave Brillaud, lui confie la direction de l’école municipale de dessin, avant de devenir en conservateur du Musée de la ville en 1960. Émile Daubé est un passionné chez qui la formation de ses élèves passe avant sa carrière personnelle. Plusieurs se feront remarquer dans le domaine artistique comme Raymond Hains, plasticien de réputation  internationale ; Yvon Le Corre, artiste-navigateur ; Jean-Claude Fournier, illustrateur et réalisateur de bandes dessinées ou Jean Mordant, peintre. André Coupé fut à bonne école. André Coupé a côtoyé des artistes peintres comme Bernard Locca, Guy Mahé, Jean Mordant. 

Jean Mordant caricaturé par A. Coupé, 3 janvier 1973 Ouest-France

Ci-dessus les prix remportés par André Coupé. Ouest-France 15 juillet 1949.

Les quatre jeunes

Avec trois de ses amis artistes, en 1957 il va former un groupe appelé « Les quatre jeunes ». Dans un article de Ouest-France du 12 février 1957, « Les quatre jeunes » sont présentés ainsi : Le groupe est constitué de Claude Clément, né dans la rue de Gouedic, ancien du cours d’Emile daubé, passé aux beaux-arts de Rennes puis parti à Paris. 

Square Jolivet à Paris, par Clément.

Guitariste. Clément

Le second est Roland Tostivint, étudiant d’un cours au Beaux-arts à Oran où son père travaillait alors comme professeur, puis il étudie la céramique auprès d’un artiste espagnol. Il dessine, réalise des céramiques et joue de la vielle ! 

Bivouac gitan. Roland Tostivint

Enfin, Michel Simon est le fils d’un pâtissier de Matignon. Il étudie aux Beaux-arts de Rennes et pratique la sculpture sur bois ou autre… En attendant de vivre de son art, il travaille dans un cabinet d’architecte.
Quant à André Coupé, étalagiste à cette époque, on rappelle qu’après sa formation avec Emile Daubé, il a puisé ses paysages d’Afrique du Nord dans son temps passé à l’armée en Algérie en tant qu’appelé. Trois de ce groupe ont d’ailleurs, ou ont été au Maroc, en Algérie ou au Sahara. C’est ainsi qu’ils envisagent de proposer à Saint-Brieuc une exposition sur l’Afrique du Nord.

Tête d'Arabe. André Coupé


17 février 1957 Ouest-France

L’exposition des Quatre jeunes « placée sous le triple signe de l’art, de la jeunesse et de la confiance » fut inaugurée par les différentes autorités du département : le Préfet, le Maire Victor Rault, Mlle Dienesch députée... Ouest-France dans son édition du 17 février souligne que « ce dynamique groupe apporte un nouvel attrait à notre Musée en osant affronter les critiques et les jugements de ceux qui, dans notre ville, s’intéressent à l’Art. »

Une chaumière à Gommenec'h. André Coupé
Ses œuvres sur de grandes surfaces
Un article du Télégramme paru le 12 avril 2009, peu après son décès résume ainsi une partie de sa carrière : « André Coupé a été pendant plus de trente ans décorateur étalagiste dans les vitrines des magasins de l'ouest, mais aussi décorateur pour la Foire-exposition des Côtes-d'Armor, dessinateur, illustrateur et peintre muraliste. Il a notamment réalisé de grandes fresques dans les halls de sept gares (Brest, Saint-Brieuc, Quimper, Lorient, Saint-Nazaire, Granville et Le Mans)".

La fresque de la gare

La photo suivante est datée de 1983, elle a été publiée sur le facebook SNCF Gares & Connexions avec la légende suivante :  "Dans nos archives : En 1983, un hall à l'ambiance des plus marines"...


Ouest-France dans son édition du 17 mars 2018 en raconte l'histoire : « Des milliers de voyageurs qui ont pris le train à Saint-Brieuc l'ont observée. Elle trônait fièrement au-dessus de l'espace d'information et de réservation. Et représentait un paysage breton, avec une église et un calvaire, un menhir et un dolmen au premier plan, le tout sur fond vert. Et cette phrase en breton : Dreist al lann (À travers la lande). La fresque du peintre briochin André Coupé, décédé en 2009, a disparu depuis un bail du bâtiment voyageurs. L'oeuvre avait été réalisée il y a cinquante ans, en mai 1968. Perché sur un échafaudage, André Coupé avait peint cette fresque de 15 m de large et 8 m de haut, en deux mois. Elle avait été décrochée en 1988, pour les travaux à la gare liés à l'arrivée du TGV.
La deuxième fresque de la gare
Cette immense fresque est aujourd'hui entreposée, démontée en quinze bandes d'un mètre de large chacune, chez la veuve d'André Coupé. « Elle est là depuis un bout de temps, confirme-t-elle. Le maire (Bruno Joncour à l'époque, N.D.L.R.) était passé la voir il y a deux ans. » Cette oeuvre a bien failli disparaître... Au moment de lancer les travaux à la gare, la SNCF ne voyait en effet pas trop l'utilité de cette fresque. Et il s'en est fallu de peu pour qu'elle ne soit jetée. Elle a donc été sauvée à l'époque, même si de la peinture a craqué par endroits. Et aujourd'hui, certains aimeraient bien que cette fresque trouve un nouvel écrin. « On s'y intéresse en effet, il faut qu'on voie ça. Mais ce n'est pas simple, elle est imposante. Il faut un site avec un certain recul pour l'apprécier. » En attendant, ceux qui veulent admirer une fresque de Coupé peuvent toujours se rendre place Poulain-Corbion. Une oeuvre est en effet installée sur un mur. Elle se trouvait auparavant... dans le hall d'accueil de la gare".

Dans l'église Sainte-Thérèse

La cérémonie religieuse après son décès s’est déroulée dans  l'église Sainte-Thérèse où il avait lui-même réalisé quatre fresques en 1973.

La maison de la Rue Chapelain de la Ville Guérin

Ouest-France dans son édition du 14 août 1999 évoquait ainsi cette réalisation : « André Coupé, artiste peintre briochin reconnu, a peint la façade de sa maison. Une fresque originale, située 26, rue Chapelain à la Ville-Guérin. En haut de la rue, dans l'angle, une fresque peinte par André Coupé décore la façade de sa maison. Surprenante fraîcheur de peinture, aux couleurs vives. « Beteg ar mor braz » (jusqu'à l'océan) et « dreist al lann » (à travers la lande) constituent les deux thèmes de la peinture murale. 

Photo RF

Façade. Photo RF

« La façade était entièrement couverte de vigne vierge, le peintre est venu, il a tout peint en blanc, et je me suis dit : ça ne va pas rester comme ça ! », confie André Coupé. Au début septembre 1997, l'artiste prend alors ses pinceaux et commence à travailler son oeuvre. « J'avais déjà fait une fresque pour la gare de Saint-Brieuc », explique-t-il. Entre mer et terre Avec tout son talent de professionnel, il entame la scène de la mer, avec une composition autour des chalutiers. Les marins relèvent les casiers, le tout dans les coloris de bleus. Le phare blanc et rouge illumine l'ensemble. La lumière tranchante du bord de mer contraste avec les couleurs chaudes de la terre. Une chapelle caractéristique de l'architecture bretonne, un calvaire et une fontaine dans les tons de bruns reposent de la rudesse du monde maritime. La profondeur de champ vient du jaune vif des jonquilles. « Les abeilles foncent dessus, et elles se disent, c'est du bluff. Et s'en vont furieuses », lance avec humour André coupé. Trois semaines de travail pour réaliser la fresque : « C'était un mois exceptionnel, sans averse, ensoleillé ». La peinture vinyle fixée au mur n'a pas pris une ride. Pas étonnant, quand on connait le soin apporté par le maître dans ses peintures. A 67 ans, cet homme chaleureux et convivial, possède le savoir faire. Sa vie professionnelle, partagée entre les étalages de boutiques, les caricatures, les dessins humoristiques, et ses nombreuses toiles d'artiste-peintre, ont forgé sa technique acquise aux Beaux-Arts de Saint-Brieuc. Ses très nombreux voyages à travers l'Italie lui ont-il inspiré l'art de la fresque ? En tout cas, celle du 26, rue Chapelain Ville Guérin mérite le détour ».


Le café La Belle Issue

D’après un article du Télégramme daté de septembre 1987, le café-cabaret se serait installé au printemps dans le quartier de Robien. Le lieu est décrit comme « vaste, spacieux et confortable, décoré par l’artiste briochin André Coupé ». En plus des concerts variés, la Belle Issue proposait des soirées de musique africaine tous les samedis en 1987.


Ses tableaux

André Coupé aimait beaucoup peindre des huiles et des aquarelles marines. Il était d'ailleurs souvent sollicité pour des expositions en France et à l'étranger (Italie, Belgique, Allemagne...). Il a croqué et peint de nombreux paysages de sa ville, en particulier une jolie gouache de l'usine Sambre-et-Meuse en 1958.

Huile sur toile d'André Coupé vendue sur un site d'enchères

Céramiques

L’édition du Télégramme du 22 août 2017 évoque un autre travail d’André Coupé, la céramique : « Pour répondre à la réalisation artistique du tonnelier, au 26, rue du Général-Leclerc, la céramique du peintre briochin André Coupé (1933-2009) représente une imposante grappe de raisins. Dans un cadre couleur bordeaux, et sous un feuillage abondant digne d'un vignoble sur un sol jaune calcaire, propice à la viticulture, de beaux fruits colorés en violet, et de vert alternés, attendent d'être... coupés. Cette oeuvre a été installée en 1990.

Les 36 carreaux (douze en hauteur et trois en largeur) ont été réalisés par la société Josse, de Plancoët (22), dont est originaire l'artiste dessinateur-peintre, spécialiste des dessins muraux, un brin humoristique. L'oeuvre est installée depuis 1990, sur la façade de l'estaminet « Chez Rollais ». Pour un bar à vin, il n'en fallait pas moins.».

Ses dessins : caricatures et dessins de presse
André Coupé était aussi connu pour ses croquis humoristiques, notamment pour le quotidien Ouest-France, et ses dessins sur le vieux Saint-Brieuc.

Les dessins du vieux Saint-Brieuc

André Coupé a illustré durant de nombreuses années la rubrique des Pavés de la Saint-Gui, dans les colonnes de Ouest-France.

22 août 1958
3 janvier 1972

25 février 1972

1948 Un travailleur des Forges-et-Laminoirs, dessin paru le 13 décembre 1976

13 décembre 1976 Ouest-France, fermeture des Forges-et-Laminoirs



Les caricatures des concerts (salle de Robien ou en ville)

9 avril 1971


12 mai 1972

Rufus 26 décembre 1972


15 octobre 1976


La bande du bistrot Le Piano Bleu, avec l'aimable autorisation de l'établissement
 

Les caricatures du monde associatif ou politique



10 mai 1970

Len vu par Coupé et Coupé vu par Len. 8 mai 1971



Illustrations, cartes postales

Enveloppe premier jour TGV


Congrès cartophile



1986 Carte postale. Menton-Saint-Brieuc

Dessins de faits d’actualité


15 octobre 1975 OF

 
Au procès de Christian Le Briand 18 janvier 1975. OF


André Coupé réalise la couverture du livre d'Edouard Quemper. 3 novembre 2001. OF

Le temps des hommages

13 avril 2009 Ouest-France

28 septembre 2009 Ouest-France

Si vous avez des éléments pour compléter cet article publié en mai 2026 (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite, en laissant vos coordonnées pour que je puisse vous répondre. Merci. Richard Fortat


Retour au sommaire du blog de l'histoire de Robien, ici

 

Sources

Archives de Ouest-France et du Télégramme

A lire dans ce blog, biographie de Roland Tostivint, ici

Facebook  SNCF Gares & Connexions



 



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

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