dimanche 31 mai 2026

Les maisons de l'octroi dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc

Quand on parle de l’octroi, il s’agit du droit octroyé (accordé) aux villes pour lever certaines taxes, notamment celles perçues à l’entrée des agglomérations sur des denrées déterminées. Par la suite le mot octroi a désigné la taxe elle-même, l’administration chargée de la recevoir et le local où on s’en acquittait.

Initiales SB (St Brieuc) sur la maison d'octroi 78 rue Jules Ferry

L'octroi à Saint-Brieuc

La question de l’octroi n’est pas récente. Un document très ancien sur les octrois en Bretagne date de 1579. Dans un mémoire du 21 juillet 1608, la ville de Saint-Brieuc s’adressa au roi Henri IV pour obtenir l’établissement d’un octroi. En fait, la ville le pratiquait déjà…Louis XIII accepta officiellement l’établissement d’un octroi en 1617. Cette taxe constitue alors l’unique ressource dont la ville dispose  alors pour ne plus dépendre totalement de l’évêque.

En 1743, on plante des bornes à distance d’un quart de lieue sur les routes allant à Rennes, Moncontour, Quintin, Paimpol et Brest. Plus tard, le 20 juin 1791, l’Assemblée Nationale vota la suppression des octrois, considérés comme des taxes injustes. Le Directoire les fit rétablir sous le nom « d’octrois de bienfaisance ».

En 1833 la ville de Saint-Brieuc possède dix bureaux d’octroi aux entrées de la ville.

En 1833, en ce qui concerne le quartier de Robien, le huitième bureau d'octroi, sur les dix que possède la ville, est situé sur le chemin de Ploufragan, un peu au-delà de la maison du Pré-tison, le neuvième est sur la Grand’route de Quintin. En 1863, un autre bureau d'octroi est installé sur la route de Lorient. Ce bureau se trouvait au lieu-dit « la Croix Hingant », au débouché du chemin d’Yffignac (rue François Ménez) et de la rue Gourien.

Plan de 1867, archives municipales 3Fi 303.

L'octroi, sujet de préoccupation du Conseil municipal de Saint-Brieuc

Le sujet des taxes perçues dans les bureaux d’octroi est un sujet sur lequel le conseil municipal de Saint-Brieuc se penche régulièrement. En voici des exemples extraits des délibérations du Conseil entre 1850 et 1907 :   

Le 23 avril 1850, le conseil municipal de Saint-Brieuc débat de l’augmentation de la taxe des cidres, des vins, des alcools.

Le 5 juin 1874, dans une délibération du conseil municipal, il est indiqué que la Mairie va « stimuler le zèle des agents par des gratifications pour procès verbaux dressés pour fraude nocturne ».

Le 12 février 1892, on trouve une délibération sur la taxe à percevoir sur les bières, l’octroi sera perçu sur le quart des bières fabriquées par M. Mathonnet.

Le 17 décembre 1895, on apprend que les règlements et tarifs seront affichés pour forcer les voitures à marcher au pas devant les bureaux d’octroi.

Le 14 février 1896, le conseil supprime la taxe sur les huiles.

Le 7 octobre 1898, augmentation des taxes sur les viandes et le 17 mars 1899, augmentation des taxes sur les alcools.

Le 19 mai 1899, suppression de la taxe sur l’avoine des chevaux, par contre les taxes sur le beurre sont maintenues.

Le 10 novembre 1899, les contribuables récoltant de fourrages adressent une pétition pour ne payer que la moitié de la taxe qui leur est demandée.

L'évolution du quartier de Robien et la transformation des bureaux d'octroi

En 1910, par suite de l’extension de la ville dans le quartier de Robien, les bureaux du boulevard Carnot et de la Croix-Mathias ne sont plus en situation de sauvegarder les intérêts des finances communales. La municipalité de M. Servain (1908-1912) décide de faire édifier trois nouveaux bureaux à la Croix-Péron (1 rue de Trégueux), au Carpont et au 78 de la rue Jules Ferry (au carrefour de la rue Émile Zola).

La municipalité de St Brieuc procéda à la suppression de l’octroi le 1er juin 1943.

 Maison d'Octroi ayant disparu, boulevard Carnot



Plan indiquant le bureau d'octroi. 1922. Archives municipales 3Fo124

En 1893, construction d’un bureau d'octroi sur le terrain de la compagnie des chemins de fer, à l’entrée de la gare de marchandises, boulevard Carnot.

Le 13 février 1907, le déplacement du bureau d’octroi de la gare est acté. Sur le plan ci-dessous daté de 1922 on voit la localisation précise du bureau d'octroi dans le boulevard Carnot. Il est situé juste à l'entrée de la gare de marchandise et donne sur le début de la rue Jules Ferry.

  En 1935, on installe une cabine téléphonique à l'octroi de la petite vitesse (Gare de marchandise) boulevard Carnot et en 1936, une boite postale sur ce même immeuble du bureau d'octroi.

Les 4 maisons d'octroi dans le quartier de Robien aujourd'hui

Quatre maisons d'octroi sont bien identifiables dans le quartier de Robien à St Brieuc. Celle proche du Pont des Sourds-muets avait déjà fait l'objet d'un article dans le journal Ouest-France, les trois autres étaient moins bien connues.

Ci-dessus, les 4 maisons d'octroi encore visibles dans le quartier de Robien : en haut à gauche, rue abbé Garnier, en haut à droite, rue de Trégueux, en bas à gauche, rue Luzel, en bas à droite rue Jules Ferry

 
Rue abbé Garnier
 
Au 1 rue Abbé Garnier, juste à côté du Pont des sourds, se trouve donc cette maison historique du pavillon de l’octroi. Cette maison date du XIXe siècle, un plan de 1863 indique l'emplacement de l'octroi.
En 1901 dans le recensement de la population, on trouve le nom du recenseur de l’octroi, il s'agit de Lucien de Robichon. L'octroi de la rue Abbé Garnier a été en service jusqu'au début des années 40.

Maison de l'octroi, 1 rue abbé Garnier, St Brieuc, Photo RF
Maison de l'octroi, localisation, 1 rue abbé Garnier, St Brieuc. 1863 3Fi 220. Archives St Brieuc


 
1 rue de Trégueux à l'angle de la Rue abbé Garnier
 
M et Mme Morvan sont les actuels propriétaires depuis septembre 2017. Ils ont acheté cette maison à M et Mme Coadou, qui l’avaient acheté en 1997 à M et Mme Cerisier Marcel.
Lors de la signature d’achat de notre maison, le notaire a évoqué le fait que c'était une maison d'octroi. C'est ce qui explique les initiales SB sur le portillon qui représentent la ville de Saint-Brieuc, on retrouve ces mêmes initiales rue Jules Ferry sur une autre maison d'octroi. 
Cette maison de la rue de Trégueux aurait été construite en 1905.

Maison de l'octroi, bureau de la Croix-Péron, 1 rue de Trégueux, St Brieuc, Photo RF

Initiales SB. Maison de l'octroi, 1 rue de Trégueux, St Brieuc, Photo RF


78 Rue Jules Ferry
 
Au 78 de la rue Jules Ferry,  se dresse la maison de l’octroi.
Cette maison date du début du XXe siècle, vers 1910. Comme pour celle de la rue de Trégueux son portail forgé porte les initiales de la ville de St Brieuc (SB). Au dessus de la fenêtre de droite, le mot OCTROI devrait figurer dans le rectangle.
En 1931, le recensement indique que c'est Maurice Debreux qui est l'employé de l'octroi. Il habite cette maison avec son épouse Anne, leur fils Bernard et leur neveu Georges Fine.
Maison de l'octroi, 78 rue Jules Ferry, St Brieuc, Photo RF

Initiales SB. 78 rue Jules Ferry, St Brieuc, Photo RF


La photo ci-dessous représente la maison d'octroi de la rue Jules Ferry dans les années 20 ou 30 au moment d'une cavalcade dans le quartier. Le mot OCTROI est bien visible au dessus de la porte. Par contre, il est difficile d'identifier le lieu exact de cette maison. En effet le numéro 27 de la rue Jules Ferry d'aujourd'hui ne correspond pas complètement et le numéro 78 (ci-dessus) n'est pas identique...
 
Maison de l'octroi, rue Jules Ferry, années 1920-1930

L'histoire du CAFÉ DE L'OCTROI au 101 rue Jules Ferry est en lien direct avec la maison d'octroi qui se trouvait en face
Café Maro 19 juillet 1949

Annonce 28 décembre 1960 Ouest-France

Suite au décès de son mari au mois de janvier 1937, Françoise Maro fait l’acquisition du N°101 de la rue Jules Ferry et créait le " Café de l’octroi – Veuve Maro ". Elle sera la propriétaire de ce café pendant 32 ans jusqu’à sa mort en 1969 à l’âge de 73 ans. 
Le Café de l'Octroi-Veuve Maro au 101 de la rue Jules Ferry à St Brieuc. Photo Stéphane Bernier
Après sa vente, le bar prend alors le nom " le 101 ". Mais les habitudes restent ancrées, et pendant longtemps pour les anciens du quartier, le 101 est toujours appelé “Chez Maro”.  Le bar « Le 101 » était appelé ainsi car il était situé au 101 de la rue Jules Ferry. La patronne du 101 avait pour devise "Au 101 on est bien, on s'en souvient et on y revient !" Les ouvriers de l'usine Sambre-et-Meuse s'y retrouvaient avant mais surtout après le travail. 
Le 101 en 2008. Image Google Street
Ce bar a été remplacé par le traiteur « Saveur d’Asie ».

Au 101 rue Jules Ferry. Photo RF


Au 101 rue Jules Ferry. Photo RF
 
 

63 Rue Luzel, le bureau d’octroi du Carpont

Bureau d'octroi, rue Luzel. Archives départementales

Le 24 mai 1910, le bureau d’octroi du Carpont est en construction. La photo ci-dessus, des années 40, permet de bien se faire une idée de la place qu'occupait le bureau d'octroi du Carpont en bas de la rue Luzel, au numéro 63

Le bâtiment n'est pas mis en valeur car il est écrasé par le pont de la voie ferrée, comme on peut le voir encore de nos jours. C'est une belle construction, sur le modèle des autres octrois de la rue Ferry et de la rue de Trégueux, construits eux aussi en 1910, avec des briques rouges qui soulignent les ouvertures.
 
Ancien octroi Rue Luzel. Image Google Earth
Après la suppression de l’octroi le 1er juin 1943 par la municipalité, les maisons d'octroi sont retournées dans le parc privé.

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Sources

Article du journal municipal de Saint-Brieuc, le Griffon, 1968 numéro 9, pages 19, 21, 22, 23, 24 (en ligne sur le site des archives municipales)

Délibérations du Conseil municipal de Saint-Brieuc, 1850 à 1907

Le patrimoine des communes des Côtes-d’Armor, éditions Flohic.

Archives municipales, plans 1863 et 1867.  

Plan 1922 3F0124 Gare et boulevard Carnot, archives municipales

Photo aérienne de la rue Luzel. Fonds Henrard, cote 26 Fi 358. Archives départementales. 



 

vendredi 29 mai 2026

André Coupé (1932-2009), artiste et habitant du quartier de Robien à Saint-Brieuc

André Coupé caricaturé par Len en 1971

André Coupé (1932-2009) est un artiste de Saint-Brieuc qui était bien connu, une figure incontournable. Dans le quartier de Robien où il habitait, il avait décoré l’extérieur de sa maison de deux grandes fresques murales. C’est cette technique qui avait fait sa réputation. Retour sur une carrière bien remplie.

Les origines
André Coupé est né à Plancoët en 1932, il s'installe avec ses parents et ses frères à Saint-Brieuc, en 1936. Dans un article du 13 avril 2009, on pouvait lire dans Ouest-France : « André adorait dessiner depuis tout petit. Il avait un véritable don, se souvient Bernard, un de ses quatre frères. Il emmenait son carnet partout et il crayonnait, il crayonnait... Après sa scolarité à Curie, il commence sa carrière de décorateur étalagiste à l'entreprise d'ameublement Dauget. Un métier qu'il exercera durant trente ans. En 1954, alors qu'il travaille pour le magasin Paris France, il rencontre Ghislaine, démonstratrice au même endroit. En 1955, il épouse cette dernière. De leur union est né Christian. »

Les années de formation
C'était grâce à Émile Daubé, avec qui il étudia de 1948 à 1952, qu'il était devenu dessinateur. Il avait confié bien des années plus tard que celui-ci lui avait tout appris. Émile Daubé est un artiste qui a marqué la vie culturelle briochine jusque dans les années 1950. Il avait l'habitude de dire : "On ne forme pas un élève, on l'aide à se découvrir".

Émile Daubé en 1922. Photo du studio Delaunay à Saint-Brieuc
En 1935, le maire de Saint-Brieuc, Octave Brillaud, lui confie la direction de l’école municipale de dessin, avant de devenir en conservateur du Musée de la ville en 1936. Émile Daubé est un passionné chez qui la formation de ses élèves passe avant sa carrière personnelle. Plusieurs se feront remarquer dans le domaine artistique comme Raymond Hains, plasticien de réputation  internationale ; Yvon Le Corre, artiste-navigateur ; Jean-Claude Fournier, illustrateur et réalisateur de bandes dessinées ou Jean Mordant, peintre. André Coupé fut à bonne école. André Coupé a côtoyé des artistes peintres comme Bernard Locca, Guy Mahé, Jean Mordant. 

Jean Mordant caricaturé par A. Coupé, 3 janvier 1973 Ouest-France

Ci-dessus les prix remportés par André Coupé. Ouest-France 15 juillet 1949.

Les quatre jeunes

Ouest-France 12 février 1957
Avec trois de ses amis artistes, en 1957 il va former un groupe appelé « Les quatre jeunes ». Dans un article de Ouest-France du 12 février 1957, « Les quatre jeunes » sont présentés ainsi : Le groupe est constitué de Claude Clément, né dans la rue de Gouedic, ancien du cours d’Emile daubé, passé aux beaux-arts de Rennes puis parti à Paris. 

Square Jolivet à Paris, par Clément.

Guitariste. Clément

Le second est Roland Tostivint, étudiant d’un cours au Beaux-arts à Oran où son père travaillait alors comme professeur, puis il étudie la céramique auprès d’un artiste espagnol. Il dessine, réalise des céramiques et joue de la vielle ! 

Bivouac gitan. Roland Tostivint

Enfin, Michel Simon est le fils d’un pâtissier de Matignon. Il étudie aux Beaux-arts de Rennes et pratique la sculpture sur bois ou autre… En attendant de vivre de son art, il travaille dans un cabinet d’architecte.
Quant à André Coupé, étalagiste à cette époque, on rappelle qu’après sa formation avec Emile Daubé, il a puisé ses paysages d’Afrique du Nord dans son temps passé à l’armée en Algérie en tant qu’appelé. Trois de ce groupe ont d’ailleurs, ou ont été au Maroc, en Algérie ou au Sahara. C’est ainsi qu’ils envisagent de proposer à Saint-Brieuc une exposition sur l’Afrique du Nord.

Tête d'Arabe. André Coupé


17 février 1957 Ouest-France

L’exposition des Quatre jeunes « placée sous le triple signe de l’art, de la jeunesse et de la confiance » fut inaugurée par les différentes autorités du département : le Préfet, le Maire Victor Rault, Mlle Dienesch députée... Ouest-France dans son édition du 17 février souligne que « ce dynamique groupe apporte un nouvel attrait à notre Musée en osant affronter les critiques et les jugements de ceux qui, dans notre ville, s’intéressent à l’Art. »

Une chaumière à Gommenec'h. André Coupé
Ses œuvres sur de grandes surfaces
Un article du Télégramme paru le 12 avril 2009, peu après son décès résume ainsi une partie de sa carrière : « André Coupé a été pendant plus de trente ans décorateur étalagiste dans les vitrines des magasins de l'ouest, mais aussi décorateur pour la Foire-exposition des Côtes-d'Armor, dessinateur, illustrateur et peintre muraliste. Il a notamment réalisé de grandes fresques dans les halls de sept gares (Brest, Saint-Brieuc, Quimper, Lorient, Saint-Nazaire, Granville et Le Mans)".

Les fresques de la gare. 1983

La photo suivante est datée de 1983, elle a été publiée sur le facebook SNCF Gares & Connexions avec la légende suivante :  "Dans nos archives : En 1983, un hall à l'ambiance des plus marines"...


Ouest-France dans son édition du 17 mars 2018 en raconte l'histoire : « Des milliers de voyageurs qui ont pris le train à Saint-Brieuc l'ont observée. Elle trônait fièrement au-dessus de l'espace d'information et de réservation. Et représentait un paysage breton, avec une église et un calvaire, un menhir et un dolmen au premier plan, le tout sur fond vert. Et cette phrase en breton : Dreist al lann (À travers la lande). La fresque du peintre briochin André Coupé, décédé en 2009, a disparu depuis un bail du bâtiment voyageurs. L'oeuvre avait été réalisée il y a cinquante ans, en mai 1968. Perché sur un échafaudage, André Coupé avait peint cette fresque de 15 m de large et 8 m de haut, en deux mois. Elle avait été décrochée en 1988, pour les travaux à la gare liés à l'arrivée du TGV.
La deuxième fresque de la gare
Cette immense fresque est aujourd'hui entreposée, démontée en quinze bandes d'un mètre de large chacune, chez la veuve d'André Coupé. « Elle est là depuis un bout de temps, confirme-t-elle. Le maire (Bruno Joncour à l'époque, N.D.L.R.) était passé la voir il y a deux ans. » Cette oeuvre a bien failli disparaître... Au moment de lancer les travaux à la gare, la SNCF ne voyait en effet pas trop l'utilité de cette fresque. Et il s'en est fallu de peu pour qu'elle ne soit jetée. Elle a donc été sauvée à l'époque, même si de la peinture a craqué par endroits. Et aujourd'hui, certains aimeraient bien que cette fresque trouve un nouvel écrin. « On s'y intéresse en effet, il faut qu'on voie ça. Mais ce n'est pas simple, elle est imposante. Il faut un site avec un certain recul pour l'apprécier. » En attendant, ceux qui veulent admirer une fresque de Coupé peuvent toujours se rendre place Poulain-Corbion. Une oeuvre est en effet installée sur un mur. Elle se trouvait auparavant... dans le hall d'accueil de la gare".

Dans l'église Sainte-Thérèse

La cérémonie religieuse après son décès s’est déroulée dans  l'église Sainte-Thérèse où il avait lui-même réalisé quatre fresques en 1973. En effet, d’importants travaux ont été menés en 1970, pour mettre le lieu en conformité avec les directives du concile Vatican II. Et en 1973, André Coupé a réalisé quatre panneaux de 4 mètres sur 4 qui sont installés dans la nef.

Je ne regrette pas la vie de ce monde. J'ai soif des eaux de la vie éternelle


Les premiers mots de ces vers de Sainte Thérèse sont écrits sur une des quatre fresques d’André Coupé :

Toi dont la main soutient les mondes (Ps 95,4)
Qui plantes les forêts profondes,
Toi qui d’un seul coup d’œil les rend fécondes
Tu me suis d’un regard d’amour
Toujours »

La fresque du C.O.B

André Coupé était très attaché au C.O.B (Club Olympique Briochin), il en suivait les matches et en faisait des dessins de presse (voir plus loin dans cet article). Il réalisa une fresque "destinée à orner le hall d'entrée" comme l'indique un article de Ouest-France.

 

La maison de la Rue Chapelain de la Ville Guérin

La maison d'André Coupé, 26 rue Chapelain-de-laVille Guérin, photo RF Mai 2026

Ouest-France dans son édition du 14 août 1999 évoquait ainsi cette réalisation : « André Coupé, artiste peintre briochin reconnu, a peint la façade de sa maison. Une fresque originale, située 26 rue Chapelain-de-laVille-Guérin. En haut de la rue, dans l'angle, une fresque peinte par André Coupé décore la façade de sa maison. Surprenante fraîcheur de peinture, aux couleurs vives. « Beteg ar mor braz » (jusqu'à l'océan) et « dreist al lann » (à travers la lande) constituent les deux thèmes de la peinture murale. 

Photo RF

Façade. Photo RF

« La façade était entièrement couverte de vigne vierge, le peintre est venu, il a tout peint en blanc, et je me suis dit : ça ne va pas rester comme ça ! », confie André Coupé. Au début septembre 1997, l'artiste prend alors ses pinceaux (et utilise les échafaudages des peintres) et commence à travailler son oeuvre. « J'avais déjà fait une fresque pour la gare de Saint-Brieuc », explique-t-il. Entre mer et terre Avec tout son talent de professionnel, il entame la scène de la mer, avec une composition autour des chalutiers. Les marins relèvent les casiers, le tout dans les coloris de bleus. Le phare blanc et rouge illumine l'ensemble. La lumière tranchante du bord de mer contraste avec les couleurs chaudes de la terre. Une chapelle caractéristique de l'architecture bretonne, un calvaire et une fontaine dans les tons de bruns reposent de la rudesse du monde maritime. La profondeur de champ vient du jaune vif des jonquilles. « Les abeilles foncent dessus, et elles se disent, c'est du bluff. Et s'en vont furieuses », lance avec humour André coupé. Trois semaines de travail pour réaliser la fresque : « C'était un mois exceptionnel, sans averse, ensoleillé ». La peinture vinyle fixée au mur n'a pas pris une ride. Pas étonnant, quand on connait le soin apporté par le maître dans ses peintures. A 67 ans, cet homme chaleureux et convivial, possède le savoir faire. Sa vie professionnelle, partagée entre les étalages de boutiques, les caricatures, les dessins humoristiques, et ses nombreuses toiles d'artiste-peintre, ont forgé sa technique acquise aux Beaux-Arts de Saint-Brieuc. Ses très nombreux voyages à travers l'Italie lui ont-il inspiré l'art de la fresque ? En tout cas, celle du 26, rue Chapelain Ville Guérin mérite le détour ».

Les décoration de cafés et maisons

D’après un article du Télégramme daté de septembre 1987, le café-cabaret La Belle Issue qui s'était installé au printemps 87 dans le quartier de Robien était décrit comme « vaste, spacieux et confortable, décoré par l’artiste briochin André Coupé ». 

Une autre oeuvre peinte se trouve sur une maison de Saint-Laurent-de-la-mer, rue des Albatros à côté du square. Elle apparient à l'ancien gérant du tabac Le Calumet de la Paix. Il y avait d'ailleurs une fresque sur la devanture de l'établissement...

Ses tableaux

André Coupé aimait beaucoup peindre des huiles et des aquarelles marines, inspirées par la Bretagne ou par ses voyages. Il était d'ailleurs souvent sollicité pour des expositions en France et à l'étranger (Italie, Belgique, Allemagne...). Nous n'avons pas un catalogue qui recense ses oeuvres, nous pouvons seulement en retrouver au hasard. Premier exemple avec le tableau ci-dessous représentant La Pointe de l'Aigle, il a été réalisé par André Coupé pour un départ en retraite...

Avec l'aimable autorisation de reproduction de Jean-Pierre Ecobichon.
 
Sur le Bon coin, des tableaux sont mis en vente de temps en temps...
En 1976 et 1977, André Coupé réalise deux tableaux pour la famille Bourel représentant le Moulin Mauvoisin proche du Pont de Houlen, situé dans les environs de Saint-Brieuc.
Le tableau dans son encadrement. 1976

Tableau d'André Coupé 1976. Collection famille Bourel


Le Moulin en 1977. André Coupé, collection famille Bourel

Jean-Yves Houron se souvient qu'il y avait un grand tableau signé André Coupé, daté de 1975, dans le garage Armorique Auto des Villes Moisan à Ploufragan. 

Il a croqué et peint de nombreux paysages de sa ville, en particulier une jolie gouache de l'usine Sambre-et-Meuse en 1958.

Huile sur toile d'André Coupé vendue sur un site d'enchères

Céramiques

L’édition du Télégramme du 22 août 2017 évoque un autre travail d’André Coupé, la céramique : « Pour répondre à la réalisation artistique du tonnelier, au 26, rue du Général-Leclerc, la céramique du peintre briochin André Coupé (1933-2009) représente une imposante grappe de raisins. Dans un cadre couleur bordeaux, et sous un feuillage abondant digne d'un vignoble sur un sol jaune calcaire, propice à la viticulture, de beaux fruits colorés en violet, et de vert alternés, attendent d'être... coupés. Cette oeuvre a été installée en 1990.


Les 36 carreaux (douze en hauteur et trois en largeur) ont été réalisés par la société Josse, de Plancoët (22), dont est originaire l'artiste dessinateur-peintre, spécialiste des dessins muraux, un brin humoristique. L'oeuvre est installée depuis 1990, sur la façade de l'estaminet « Chez Rollais ». Pour un bar à vin, il n'en fallait pas moins
.».


Ses dessins : caricatures et dessins de presse
André Coupé était aussi connu pour ses croquis humoristiques, notamment pour le quotidien Ouest-France, et ses dessins sur le vieux Saint-Brieuc.

Les dessins du vieux Saint-Brieuc

André Coupé a illustré durant de nombreuses années la rubrique des Pavés de la Saint-Gui, dans les colonnes de Ouest-France.

16 octobre 1959

16 octobre 1959

22 août 1958
3 janvier 1972

25 février 1972

1948 Un travailleur des Forges-et-Laminoirs, dessin paru le 13 décembre 1976

13 décembre 1976 Ouest-France, fermeture des Forges-et-Laminoirs

Dessin d'un paysage local
Le port et l'église de Binic. André Coupé 1995. Collection famille Bourel
Les caricatures des concerts
(salle de Robien ou en ville)
Odile Versois dans "Amphitrion 38" au Théâtre 18 novembre 1967
 

9 avril 1971


12 mai 1972

Rufus 26 décembre 1972


15 octobre 1976


La bande du bistrot Le Piano Bleu, avec l'aimable autorisation de l'établissement
 

La vie sociale et les sujets politiques en caricatures


10 mai 1970

Len vu par Coupé et Coupé vu par Len. 8 mai 1971

5 décembre 1973 Louis André Coupé

25 février 1977, les élus du PSU quitte discrètement le conseil municipal (Peut-être Jacques Galaup?)


17 septembre 1977

En avril 1978, André Coupé avait organisé une grande exposition de caricatures dans la galerie La Palette rue Saint-Guillaume où dans les 50 dessins on pouvait reconnaitre Marie-Madeleine Dienesch, Charles Josselin ou René Pléven.

 
Au moment du naufrage de l'Erika. 1980. Collection Mylène Paul

Au moment du naufrage de l'Erika. 1980. Collection Mylène Paul

Illustrations, cartes postales, affiches

Enveloppe premier jour TGV


Congrès cartophile



1986 Carte postale. Menton-Saint-Brieuc

Affiche de 2001, collection Jean-Pierre Ecobichon

Surcouf. Dessin offert pour un anniversaire. Collection Mylène Paul

Dessin offert. Collection Mylène Paul


Dessins de faits d’actualité


15 octobre 1975 OF

 
Au procès de Christian Le Briand 18 janvier 1975. OF


André Coupé réalise la couverture du livre d'Edouard Quemper. 3 novembre 2001. OF

Dessin paru après une évasion à la prison. Collection Jean-Pierre Ecobichon

Le C.O.B (Club Olympique Briochin)

Après la publication de cet article sur Facebook en mai 2026, plusieurs témoignages ont souligné, comme Monika Marx, qu'André Coupé suivait l'activité du C.O.B : "Il avait également "croqué" l'équipe du C.O.B au temps de la salle St Benoît ... Je me souviens qu'il faisait également une petite caricature dans le journal le jour des matchs." 

Jimmy Tual a fourni un premier dessin : "Mon père a joué au COB puis à La Vaillante. Il a été "croqué" par André Coupé. Le dessin date de la saison 1980-1981 de La Vaillante". 

Dessin de presse envoyé par Jimmy Tual

De son côté, Jean-Yves Houron a conservé les dessins d'André Coupé qui ont illustré les rubriques basket dans le journal Ouest-France concernant le C.O.B Basket dans les années 78/79/80.


On
peut aussi voir la proximité d'André Coupé avec le C.O.B dans le dessin ci-dessous qu'il avait offert pour la tombola du club (8 décembre 1977, Ouest-France).

Le temps des hommages
13 avril 2009 Ouest-France

28 septembre 2009 Ouest-France

Si vous avez des éléments pour compléter cet article publié en mai 2026 (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite, en laissant vos coordonnées pour que je puisse vous répondre. Merci. Richard Fortat


Retour au sommaire du blog de l'histoire de Robien, ici

 

Liens

Biographie complète dans ce blog de Roland Tostivint, céramiste, peintre et dessinateur, cliquer ici

Sources

Recherches personnelles dans les archives de Ouest-France et du Télégramme.

Biographie de Roland Tostivint, ici

Facebook  SNCF Gares & Connexions

Merci à Mylène Paul, Monika Marx, Jean-Yves Houron, Pierre-Jean Bourel et Jimmy Tual pour leurs contributions.



 



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...