dimanche 8 décembre 2024

Jean Le Bigot, Vice-consul du Danemark à Saint-Brieuc 1960

 


 

Jean Robert Le Bigot est né à Saint-Brieuc le 5 mai 1915, il habitant rue Lesage à Saint-Brieuc, s'est marié en 1943 avec Françoise Coutret et il est décédé le 11 novembre 2003 à Saint-Brieuc.

Jean Le Bigot était connu dans sa ville natale comme négociant en grains, rue Jules Ferry, dans le quartier de Robien. Il travaillait avec Jacques, son frère et avait pris la succession de l'entreprise familiale en 1956. Peu après cette date, il a assuré une fonction diplomatique que beaucoup de gens ignorent.

Jean Le Bigot,  a pris ses fonctions de Vice-consul du Danemark à Saint-Brieuc, par décret du Ministère des Affaires étrangères, le 23 février 1960. 

 


 

Les raisons de l’attribution de cette fonction diplomatique à M. Le Bigot

Les critères qui président au choix d'un vice-consul sont le statut social des intéressés, la connaissance qu'ils ont du pays dont ils assurent la représentation et le réseau de relations dont ils disposent.

Il faut aussi savoir qu’un Vice-consul ne bénéficie ni d’un budget ni d’une rémunération. Par contre, il obtiendra la totalité du remboursement de ses dépenses administratives, avec les justificatifs, mais cela oblige l’intéressé à faire l'avance des frais.

Tenant compte de ces critères, M. Le Bigot, par la présence de son établissement au port du Légué, est très bien placé pour être en contact avec de nombreux marins danois. On voit d’ailleurs que dans les différents rapports annuels, envoyés par M. Le Bigot à l’Ambassadeur du Danemark, figure un état détaillé de tous les navires danois ayant accosté dans les ports du Légué, de Dahouet, de Tréguier et de Paimpol.

Les mouvements sont importants, ainsi on note par exemple que pour l’année 1963, 19 navires danois ont touché le Port du Légué.


 

Des renseignements doivent être fournis sur les importations et les exportations. C’est un domaine qu’il connaît très bien. Plus occasionnellement,  M. Le Bigot se charge de régler différentes formalités pour des marins. Ainsi M. Le Bigot s’occupe de prendre des billets de train pour deux marins, Palle Petersen et Erik Sorensen en juin 1967. Cet exemple illustre bien la contrainte imposée au Vice-consul qui doit engager des frais pour se faire rembourser plus tard.

Par ailleurs, le réseau relationnel de Jean Le Bigot est très étendu sur Saint-Brieuc et au-delà car il est issu d’une vieille famille briochine. Ajoutons enfin que son expérience du commerce européen fait de lui une personne tout à fait à même d’exercer une telle fonction.

Ajoutons enfin que St Brieuc est rattaché au Consulat de Nantes avec à sa tête Henry Villandre, une vieille connaissance de la famille Le Bigot.

Extrait d'un courrier adressé le 11 avril 1960 par Henry Villandre à Jean Le Bigot :

"Permettez moi, Monsieur le Vice-consul, de vous dire tout le plaisir que j'ai eu d'apprendre votre nomination... Votre nom me rappelle une famille, et singulièrement Madame Le Bigot, votre grand-mère ainsi que Monsieur René Le Bigot, dont j'ai gardé de très fidèles et vivants souvenirs".

 


Les taches du Vice-consul du Danemark à Saint-Brieuc

Le Vice-consul est chargé de s’occuper des ressortissants danois fixés en France ou ayant quitté le territoire français dans son secteur géographique, mais il faut avouer que ce dernier cas est très rare. Pour honorer sa tache, il fait le lien entre les services de la Préfecture et le Consul du Danemark en France.

 


M. Le Bigot intervient ainsi en novembre 1964 pour un marin danois accidenté sur un bateau chargé de charbon, le « Scantic ». Bent Nymann est hospitalisé à Saint-Brieuc et c'est à Jean Le Bigot qu'il revient d'assurer son rapatriement en train vers le Danemark.

On peut aussi demander à M. Le Bigot de recueillir les votes, lors des élections danoises, au Vice-Consulat de Saint-Brieuc, comme cela s’est passé en novembre 1966.

M Le Bigot est dans le groupe organisateur chargé de recevoir une délégation venue avec l’équipe de boxe amateur danoise. M Le Bigot est à l’accueil des Danois à 23h30 en gare de Saint-Brieuc et en fait le compte-rendu au Consul : « Les organisateurs avaient tenu à ce qu’une aubade, d’un groupe folklorique composé de quelques binious, bombardes et d’une Bretonne en costume régional, fut donnée lorsque les Danois mirent pied à terre à la gare de Saint-Brieuc. ». M Le Bigot offre ensuite le Champagne aux cadres de la délégation dans le hall de l’hôtel qui leur est réservé. Un toast est porté au Roi et à la Reine, et à la prospérité du peuple Danois. La soirée n’est pas terminée pour M Le Bigot qui doit se rendre à Guingamp car le directeur de l’équipe danoise a laissé sa caméra dans le train !

Le 5 avril 1964, se déroule le match international de boxe France-Danemark, à la salle de Robien, auquel assiste en particulier le chef du cabinet du Ministre des Sports Herzog. 

Les boxeurs danois ne remportèrent que deux combats sur dix mais l'ambiance était assurée dans la salle de Robien !

 

1964. Rencontre de boxe France-Danemark à St Brieuc

 

Pour parfaire sa connaissance du pays, M Le Bigot reçoit régulièrement des revues sur l’état politique, économique et social du Danemark. Il est mis au courant de la composition des  gouvernements, des émissions de monnaies commémoratives et même des conditions de voyages au Groënland ! 

Les évènements liés à la famille royale sont également très suivis par le corps diplomatique. Il faut dire que les liens entre les deux pays sont très étroits avec le mariage, le 10 juin 1967, du Comte Henri de Laborde de Monpezat avec la Princesse héritière Margrethe du Danemark (Reine du Danemark à partir du 14 janvier 1972).

 


Certains moments de la vie d’un Vice-consul ne sont pas du tout déplaisants comme cette invitation à se rendre à la Réunions des agents consulaires à Copenhague en juin 1964.
Le programme est le suivant :

Dimanche 14 juin, réception à l’Hôtel de Ville de Copenhague ;

Lundi 15 juin, conférence, déjeuner, conférence, banquet offert par le gouvernement ;

Mardi 16 juin, exposé sur l’agriculture et film, visite d’entreprises et « pour les femmes » visites de la Manufacture royale de Porcelaines ; déjeuner offert par les brasseries Carlsberg, Tuborg… Soirée donnée par Leurs Majestés le Roi et la Reine au château de Christiansborg ;

Mercredi 17 juin, excursion dans l’île de Seeland, visite d’exploitations agricoles, et « pour les dames » visite du château de Kronborg. Au retour présentation des dernières créations des fourreurs danois ;  Jeudi 18 juin : conférence sur la culture danoise, film, déjeuner offert au Palace hôtel, « pour les dames » un défilé de mannequins l’après-midi.

Précisons que M et Mme Le Bigot se sont rendus au Danemark en bénéficiant des services de l'entreprise de voyage Flageul.

 

1967. Documents pour le voyage au Danemark de M et Mme Le Bigot. Fonds Le Bigot

 


Documents 

1960. Document officiel de la nomination de Jean Le Bigot comme Vice-consul. Fonds Le Bigot

 

1963. État des navires ayant accosté au port du Légué. Document envoyé au Consulat du Danemark

 

1967. Courrier de Jean Le Bigot adressé à l'Ambassade du Danemark à Paris.

Si vous avez des remarques, des documents ou des témoignages sur l'entreprise Le Bigot et Jean Le Bigot, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.

 

 

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A lire sur ce blog

L'entreprise Le Bigot, 1894-1959, cliquer ici

L'entreprise Le Bigot, 1960-1980, cliquer ici

Sources

Fonds Le Bigot. Dossier 18 Z 465. Archives municipales.

 


 

 

 

 

samedi 30 novembre 2024

Les commerçants ambulants, quartier de Robien à Saint-Brieuc. Titine de Cesson

 

 

Le poisson est tout à fait le type de produits qui se prête bien à la vente occasionnelle dans un quartier.

Dans les années 50, une certaine Titine, vendeuse ambulante de poissons, était connue à Cesson, en ville et à Robien. C'était un personnage haut en couleurs qui a marqué les esprits. Certains la désignent comme "Un monument", d'autres "Une légende" !

De son vrai nom elle se nommait Augustine Boulaire, mariée Buffard

 

Ci-dessous, "Sous la Tour, à Plérin, retour de pêche", carte postale ancienne, 

archives municipales de St Brieuc 8Fi147.


Qui était Augustine Boulaire ?

Augustine Joséphine Marie Boulaire est née le 17 janvier 1910 à Cesson. Au moment de sa naissance, son père n'est pas présent car il est en mer. C'est la grand-mère maternelle qui vient faire la déclaration. L'absence de sa signature est notifiée par les services de l'état civil en raison de son illettrisme. 


Elle se marie avec Eugène Buffard le 12 février 1931 à Saint-Brieuc, le couple aura 3 enfants.

Mention du mariage sur l'acte de naissance d'Eugène Buffard

Le couple habitait au Valais (Cesson) dans les années 30.

 

Ci-dessous, recensement de 1931 Le Valais en St Brieuc, vue 742


Plus tard, on trouve une adresse plus précise au 157 rue de la Corniche à Cesson mais c'est celle de "Titine Baza". 

Augustine est décédée à l’âge de 65 ans le 17 mars 1975. 

Il faut noter que le patronyme Boulaire est fortement représenté dans les hameaux de Cesson. Par exemple en 1931, on en recense 8 à La Mardelle, 10 au Tertre de la Croix, 3 à La Douve, 4 au Chemin du Valais et 21 dans la rue du Valais. Au total 46 Boulaire, dont 3 Augustine Boulaire ! 

Maison (de Titine Baza) au 157 rue de la Corniche à Cesson.

Des souvenirs

Dominique Rault, de St Brieuc qui habitait en ville l’a connue : « Une brave femme qui avait le coeur sur la main... et pas la langue dans la poche. Quand elle avait quelque chose à dire à quelqu'un, elle ne "tournait pas autour du pot". Sa charrette était peinte en vert.

Elle vendait ses maquereaux sous le porche de la chapelle Saint-Guillaume. L'âne connaissait par coeur la route du retour vers Cesson, car parfois la journée avait été longue et usante..."

Certains croient de souvenir qu’ils l’ont vu se battre avec une autre femme de pêcheur, une véritable scène d’un album d’Astérix mais dont l’exactitude est encore à vérifier !

Huguette Kerbarh, née Colin, de la rue Fardel, se souvient plutôt que les poissonnières s’arrosaient les bottes avec des jets d’eau au moment du nettoyage des étals. Elle a aussi le souvenir précis de Titine pesant son poisson avec une balance romaine, « avant de l’envelopper dans du papier journal », ajoute Daniel son frère. Enfin, petit détail qui a son importance, "Elle présentait toujours ses maquereaux dans une corbeille en osier où les poissons prenaient une belle forme recourbée."

Monique Tanghe précise qu'il ne faut pas la confondre avec "Titine Baza" qu'elle a connue quand elle habitait le Valais entre 54 et 60. Titine Baza vendait des maquereaux devant les Nouvelles Galeries (appelé aussi le bazard) avec son bardot qui tirait la charrette.

Yann Gicquel raconte dans le forum des habitants de Cesson que "Si c’est la même Titine que j’ai connue ( j’ai appris qu’il y en avait deux), je l’ai vu se battre avec ma tante Marie Buffard. Mon oncle se prénommait François et  ils habitaient route de la corniche, à une maison l’une de l’autre.
Titine a été la première à avoir un triporteur scooter
."

Claudie Rault habitait rue Jean Bart à Saint Michel à partir de 1956 : "Titine passait pour vendre les maquereaux péchés par son mari. Elle était corpulente et criait " au maquereau, maqueriau frais ". Elle avait une charrette tirée par un  pauvre petit âne chétif. Plein de gens de la rue se précipitaient pour acheter son poisson. Je sortais pour caresser ce pauvre bardot.
Un jour, je devais avoir 4 ou 5 ans, ma tante m'a demandé ce que disait le petit âne. Évidemment, j'ai répondu "au maquereau". L'anecdote est restée dans ma famille et on me l'a régulièrement ressortie plus tard et très longtemps après
".


A Robien, Mary-Noëlle Bourseul, qui habitait rue Cuverville au dessus du dépôt du chemin de fer, se souvient que sa grand-mère lui achetait du poisson à chaque passage.

Christine Quéré venait voir l’été sa grand-mère qui habitait rue Anne de Bretagne. Titine y passait en criant « maquereau-maquereau ». On l’entendait de loin.

Jean-François Garnier, qui habitait rue du Coucou, évoque ses souvenirs de Titine :

"Dans les années 50-60, parmi les marchands ambulants, dans notre coin de la rue du Pré-Chesnay et  du chemin du Coucou, passait toutes les semaines, Titine de Cesson qui  vendait les "maquereaux frais", de "Sous la Tour", s'il vous plait, poisson que son marin-pêcheur de mari ramenait dans son filet.

Titine arpentait le  quartier, assise sur la banquette de sa charrette, tirée par un âne. Sa  corpulence était telle, qu'elle prenait toute la largeur du banc. Les rares  fois que son mari l'accompagnait, il devait se faire tout petit pour  occuper un peu d'espace: faits réels ou souvenirs un peu moqueurs des enfants du quartier ? En tout cas, les poissons étaient frais et on aimait bien Titine de Cesson."

Ci-dessous, photo extraite du livre Saint-Brieuc de ma jeunesse de François Thomas aux éditions du Télégramme, page 56. La photo est légendée ainsi : A Cesson, après la pêche, on allait vendre les poissons au marché, à l'aide de petites charrettes attelées par des ânes.


Yvelyne Boulaire l’a bien connue puisque c’était sa tante (la sœur de son beau-père). C’est elle qui a pu indiquer à quel endroit se trouvait sa tombe à Cesson, une tombe très originale qui représente des voiles de bateaux.

Avec Augustine Buffard (1910-1975) sont enterrés Eugène Buffard, son mari (27 juin 1907 St Brieuc-1992) et Jean-Claude Buffard (1942-1993).

Cimetière de Cesson. Photo R.F 2022

Berthe Hamon, une autre marchande, a également à Cesson une tombe qui se remarque, avec un gros poisson noir.

D'après un commentaire de Pierre Perrin sur ce sujet dans un forum Facebook : Berthe Hamon est née le 18 décembre 1919, décédée le 11 octobre 1985. Son fils Louis ( Loïc) a fait façonner, par Pierre Le Galliou, le maquereau sur la tombe de sa mère.

Christian Lugrezi a connu Berthe Hamon car il étais ami avec son fils :  "Elle allait jusqu'à Saint-Brieuc à pied avec sa carriole vendre ses maquereaux sous le porche de l'église Saint- Guillaume comme plusieurs femmes."

Cimetière de Cesson. Photo R.F 2022

La vente de poisson dans les années 60

D'autres anciens habitants du quartier racontent qu’au début des années 60, il y avait aussi un marchand ambulant de poissons qui criait « maquereaux frais » sur sa drôle de mobylette-triporteur.

En effet, Titine était passée de la charrette au triporteur comme nous l'indique ce fait divers relaté dans Ouest-France du 10 avril 1959 !


Le véhicule de Titine était un Vespa avec une remorque découverte.

Robert Morin se souvient qu'il allait au bal à Bagatelle avec Jean Claude son fils, à 4 dans la benne et 2 dans la cabine.

Modèle de Vespa proche de celui de Titine


D’autres marchands ambulants à Robien

C'est également dans les années 60 qu'un rémouleur s’installe dans la cour de l’immeuble à côté du Square Barillot, rue Edgar Quinet.

Il y avait aussi des personnes qui passaient avec une charrette pour ramasser des peaux de lapins en criant " Peaux de lapins, marchand de chiffons".

 

Le saviez-vous ?

Dans le quartier de Robien, il n’y a pas eu que Titine pour s’approvisionner en poisson. En 1961, on peut se procurer du poisson tous les jours à Robien à la poissonnerie de M et Mme Nachez, 28 rue Aristide Briand. Ce commerce sera repris par M. Crocq dans les années 60.

En 2014, Laurent Trécherel, installé devant le magasin Spar rue Jules Ferry, a proposé une fois par semaine ses produits qui venaient directement de la criée de Saint-Quay-Portrieux.

Poissonnerie ambulante rue Jules Ferry. 2014. Site du C.A.R

 

Le saviez-vous ?

Le 7 octobre 2022, le Maire et plusieurs membres du conseil municipal de Saint-Brieuc étaient à Cesson pour inaugurer le square Rosa Le Mée, dernière vendeuse ambulante de poisson à Cesson.



Si vous avez des documents ou des témoignages à partager à propos de Titine de Cesson ou d'autres commerçants ambulants à Robien, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page. 

Coiffe de Cesson


Des questions...

 

Un article daté du 24 août 1926 dans Ouest-Eclair fait état d'une certaine Augustine Boulaire qui avait de l'aisance dans le domaine de la navigation puisqu'on la retrouve à la deuxième place des régates du Légué en août 1926 dans la catégorie « canots montés par des femmes ». Marie Boulaire est à la première place… 

Mais est-ce Titine dont il est question dans cet article, on ne peut l'affirmer car les recensements de Cesson montrent qu'il y avait plusieurs Augustine Boulaire ! C'est ce qui peut entrainer des confusions... Une seule est née le 17 janvier 1910...

 

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Sources

Forum du 7 octobre 2021. Comme une bouteille à la mer, Claudie Rault avait lancé une discussion : « Qui a connu Titine, la marchande de maquereaux de Cesson dans les années 50-60 ? ». De nombreuses personnes ont répondu, certains témoignages ont été rassemblés dans cet article.

Forum du 26-27 avril 2022 sur "Tu sais que tu viens de St Brieuc", avec en particulier les contributions de Monique Tanghe, Robert Morin... 

Si vous êtes passionnés par l'histoire de Cesson, n'hésitez pas à vous inscrire dans le groupe Facebook "Cesson et la baie de Saint-Brieuc".

Enquête auprès des services de la ville de Cesson.

Archives départementales en ligne, registres des naissances 1910, vue 11.

Archives municipales, carte postale, Sous la Tour, 8Fi147

Recensement 1931, Buffard à Cesson, vue 742

Ouest-France, accident, 10 avril 1959

Annonces du décès dans Ouest-France du 19, 25 et 26 mars 1975

 

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jeudi 28 novembre 2024

Kervégant, négociant en grains, semences, aliments, boulevard Hoche et rue Guébriant. Saint-Brieuc 1946

 

Papier à en-tête, courrier 1972. Archives municipales

 

Les débuts de l’entreprise Kervégant, 8 boulevard Hoche. 1946 Louis Kervégant

Louis Kervégant (1922-2011) est né le 5 janvier 1922 à Chiré-en-Montreuil dans la Vienne. Il est né dans le Poitou car sa mère est originaire de cette région.  Il est décédé le 12 décembre 2011 à Carnac dans le Morbihan.

Dans un premier temps, Louis Kervégant semble avoir créé une entreprise de transport à Yffiniac, comme le suggère un entrefilet de Ouest-France du 6 février 1946 où il porte plainte pour abus de confiance.


Il crée son entreprise à Saint-Brieuc en août 1946. Il travaille dans les produits du sol, c’est à dire des légumes et des semences

Son magasin et son habitation sont situés au 8 boulevard Hoche qui donne aussi à l'arrière sur le rue Guébriant

Image Google Street.

M. Kervégant possède aussi un magasin de dépôt de 200 mètres carrés édifié sur un terrain de la S.N.C.F. Ses véhicules sont au nombre de 6 comprenant camions, camionnettes et automobiles.

En 1954, Louis Kervégant fait une demande d’adhésion à la société de caution mutuelle des négociants en blé agréés du département des Côtes-du-Nord. Monsieur Le Bigot, négociant bien connu à Saint-Brieuc, est chargé de prendre des renseignements sur la solidité de l’entreprise et des finances de M. Kervégant.

Dans une note de Monsieur Le Bigot, on apprend que l’entreprise est en développement constant et que M. Kervégant parait « sérieux et prudent en affaires ». Ces deux hommes entretiendront des relations de confiance pendant des années.

1961. Carte de voeux adressée à M. Le Bigot. Fonds Le Bigot

Le développement de l’entreprise Kervégant 36 rue Guébriant

Dans les années 60, Louis Kervégant fait localiser son entreprise rue Guébriant, à l'arrière de son habitation où se trouvent des bâtiments de stockage mais aussi des bureaux. Son commerce de produits du sol a pris une telle ampleur qu'il permet d'assurer de l’import-export. 

Sa fabrique produit des aliments pour le bétail et les volailles. M. Kervéguant passe des annonces en avril 1961 en vue de trouver des revendeurs et des dépositaires.

12 août 1972. Ouest-France

Dans une autre annonce du 13 septembre 1973, l’entreprise recherche un magasinier pour silo de céréales et magasin de pommes de terre à Saint-Gérand dans le Morbihan. Le 3 octobre 1973, Ouest-France publie une photo des silos de l'entreprise Kervégant à Saint-Gérand à l'occasion d'un article évoquant le développement de cette commune très bien située au niveau de la gare et près des grands axes routiers.

Ouest-France 3 octobre 1973, les silos Kervégant

 

En 1974, Louis Kervégant  figure sur une liste pour les élections professionnelles à la Chambre de commerce et d'industrie (Ouest-France 13 février 1974). 

Ouest-France 13 février 1974

1975. Courrier de Louis Kervégant à Jean Le Bigot. Archives municipales

A la cessation des activités de l’entreprise Le Bigot en 1980, Louis Kervégant reprendra certains secteurs comme par exemple les exportations de cosses de sarrasin vers le Japon.

 

1980, Alfred Kervégant est associé à l'entreprise

En 1980, l’entreprise change de nom : 
LOUIS ET ALFRED KERVEGANT, société en nom collectif, immatriculée sous le SIREN 319984860. 

Elle restera en activité pendant 6 ans et sera fermée le 1 novembre 1987. Toujours domiciliée au 36 rue Guébriant à SAINT-BRIEUC, elle continue de se spécialiser dans le secteur d'activité du commerce de gros de matières premières agricoles. Elle s'identifie comme « Négociants en Grain ». Alfred Kervégant est associé à son père. Alfred est né en 1956, il est le quatrième enfant de Louis et Anne-Marie Kervégant.

En novembre 1982, Alfred Kervégant se présente aux élections à la Chambre de commerce sur la liste de l’Union Patronale Interprofessionnelle d’Armor U.P.I.A.

En 1986, on retrouve dans la presse les établissements Kervégant au sein d'une fédération, avec une quarantaine de négociants, L'Union des Négociants Bretons, créée en 1985.

On ne trouve plus de trace dans la presse de cette entreprise après 1986, ce qui correspond certainement à la retraite de Louis Kervégant (né en 1922)...

22-23 novembre 1986. Archives Ouest-France


Les traces actuelles des établissements Kervégant 


36 rue Guébriant à Saint-Brieuc, ancienne adresse des établissements Kervégant. Photo 2021.




Le secteur des négociants en produits agricoles et coopératives à Robien.

Repères

Depuis 1894, dans le secteur de la pomme de terre en gros et des coopératives, on avait Le Bigot, rue Jules Ferry. 

A partir de 1899, Laguitton s'est installé boulevard Carnot (jusqu'en 1933).


En 1932 et jusqu’en 1939, on avait Le Bigot, rue Jules Ferry; la Société fermière bretonne, 4 rue Guébriant ; La Briochine (créée en 1936) 5 rue de Robien puis  21 boulevard Carnot et 49 rue Jules Ferry.

Après-guerre, en 48-49, on avait Le Bigot, 6 rue Jules Ferry ; Rio Charles, 35 rue Jules Ferry ; Société fermière bretonne, J. Deschamps, 4 rue Guébriant, Kervégant 8 boulevard Hoche (en 1946); La Briochine, 5 rue de Robien puis  21 boulevard Carnot et 49 rue Jules Ferry.

On va assister à la disparition progressive des négociants en grains dans le quartier de Robien entre les années 60 et 80 :
Le Bigot 1980 ;  Rio Charles ?; Société fermière bretonne 1961 ; La Briochine 1961 ; Kervégant 1987.

 

Le saviez-vous ?

Le petit-fils de Louis Kervégant raconte : "Je sais que mon grand-père avait de nombreux contacts commerciaux avec l’étranger dont l’Égypte et la Hollande et qu’il avait des relations d’affaires qui le conduisaient à recevoir à Saint-Brieuc ces personnes" (Echanges de courriers en septembre 2024).

 

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Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...

 

A lire en complément sur ce blog

Les établissements Le Bigot, cliquer ici

 

Histoires familiales

L'histoire de l'entreprise Kervégant dans le secteur de Saint-Brieuc trouve ses origines à Yffiniac où s'étaient installés les parents de Louis. On en trouve la trace dans les recensements, comme en 1936 où sont mentionnés Joseph Kervégant, chef de famille, né en 1879 à Guern dans le Morbihan ; Maria Proux, née en 1894, son épouse ; Louis, né en 1922 à Chiré ; Paul, né en 1923 à Guern  (décédé en 2017); Annick, née en 1929 à Yffiniac. 

Joseph Kervégant est décédé à Yffiniac le 28 juin 1969.

Recensement 1936 Archives départementales 22


 

La presse locale a mentionné la naissance de Catherine et d'Elisabeth Kervégant à Saint-Brieuc.

Ouest-France 26 février 1947

Ci-dessus, naissance de Catherine Kervégant au 8 boulevard Hoche, annonce dans l'état-civil de Ouest-France le 26 février 1947

Ouest-France 11 février 1948

Ci-dessus, naissance d'Elisabeth Kervégant au 8 boulevard Hoche, annonce dans l'état-civil de Ouest-France le 11 février 1948


Le 17 juillet 1973 Ouest-France a également parlé de la famille Kervégant en rappelant que Louis Kervégant était le fils du premier directeur et fondateur de l'école libre de garçons de Clégérec dans le Morbihan en 1923..

Louis Kervégant, troisième en partant de la droite sur la photo

 
Louis Kervégant

Sources

Archives municipales,18Z 420 fonds Le Bigot, photos et 18Z440 papier en tête.

Articles de Ouest-France : 27 février 1952, 23 janvier 1953, 8 avril 1961, annonce manutentionnaires 18 août 1972, élections 9 novembre 1982 ; Ouest-France 21 décembre 2011, annonce du décès...

Courriers échangés en septembre 2024 avec Louis Kervégant, le petit-fils de Louis Kervégant, fondateur de l'entreprise.

Généanet, cimetière Carnac, cliquer ici

Site Généanet, fiche sur Joseph Marie Kervégant, cliquer ici

 

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...