lundi 17 février 2025

Gustave Bayol (1859-1931), l'art forain à Angers.

En 1885, le sculpteur Gustave Bayol s’installe à Angers. Jusqu’en 1909, il sera le roi de la fabrication de sujets de manège mais sa Société Angevine des Industries Foraines s’arrêtera finalement en 1939.
Exposé au Musée des Beaux-Arts d’Angers, son superbe âne, en bois de tilleul, bronze, laiton et pâte de verre, est un chef d’œuvre du genre.
Il en est de même pour ses chevaux, vaches, lapins, ou cochons...

Musée d'Angers. Photo RF 2025

Détail. Musée d'Angers. Photo RF 2025
Bayol savait donner vie à ses animaux sculptés comme on peut aussi le voir avec ce cheval sorti de son atelier vers 1900.

Cheval cabré des ateliers Bayol, bois sculpté, vers 1900.

Deux cochons de chez Bayol, photo sur le site de Marc Grodwohl
Chat (rare), entre 1900 et 1905, collection F et F Maréchal, archives d'Angers

Cheval Bayol, site arts forains Compiègne
Cheval Bayol vendu 3120 euros sur le site d'enchères Daguerre.

Cheval ailé de Bayol, 1895, couronnant un manège incroyable à Lyon dans le Parc de la tête d'Or
Avec Gustave Bayol, les manèges forains se hissent au niveau de l'art. Un art populaire, visible sur toutes les fêtes peuplées de chevaux de bois, balançoires, carrousels-salons. De nombreux artisans sont réunis pour réaliser ces "métiers" comme on dit dans le monde forain : sculpteurs, peintres, dinandier (cuivre, étain, laiton, fer-blanc), miroitiers, facteur d'orgues...

Portrait de Gstave Bayol vers 1910, archives municipales d'Angers. Fi04

Retour sur sa carrière

Gustave Bayol est né près d’Avignon en 1859. Son père est menuisier et très vite Gustave va suivre les traces de son père mais il suit également des cours à l’école des Beaux-Arts d’Avignon. Il entreprend ensuite son "Tour de France". Et c'est à 19 ans pour son service militaire qu'il découvre Angers où est situé son régiment. Il fait aussi la rencontre de sa future femme,
se marie en 1884 et s’installe en ville comme sculpteur.

Ateliers Bayol à Angers vers 1910, le coin des cochons ! Archives Angers 1.457

En 1887, on lui commande une série de chevaux de bois qui sera installée sur le carrousel. Tout le monde est sous le charme... 

Bulletin municipal de la ville d'Angers, décembre 1994.
En 1892 son atelier est déjà constitué d'une douzaine d'artisans qui travaillent aussi pour le cirque et six années plus tard, ils sont une centaine. C'est la naissance de la Société angevine des industries foraines. En 1909, trois brillants salariés  reprennent l'entreprise.  

Ateliers Bayol à Angers, vers 1910, archives municipales Angers Fi04

Bayol 1926. 2Fi525 Archives municipales Angers

De son côté Gustave Bayol va travailler jusqu’à l'âge de 71 ans et il décède en 1931.

Manège de l'ancienne maison Bayol à Angers

Le saviez-vous ?

Les ateliers Bayol ont réalisé un immense carrousel-salon, un extraordinaire manège dont la façade est inspirée du Palais de l'Électricité de l'Exposition Universelle de 1900.

Photo sur le site de Marc Grodwohl, article ici

La famille Hoffmann, bien connue en Bretagne, a possédé une Splendide-Chenille dont le fronton avait été décoré par les successeurs de Bayol, "Les vagues de l'Océan". Ce carrousel-salon Hoffmann, daté de 1911, ressemble fortement à celui en photo ci-dessus.

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur l'histoire de ce fabriquant de manèges, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.

Retour au sommaire du blog de l'histoire du quartier de Robien ici 


Lien dans ce blog

L'histoire de la famille Hoffmann, industriels forains, cliquer ici

Sources

Articles de Ouest-France, recherches personnelles.

Recherches aux Archives patrimoniales de la Ville d'Angers, janvier 2025.

Articles de Sylvain Bartoldi dans le journal Vivre à Angers, décembre 1994, ici et en février 1997, ici

Fabienne et François Marchal, "L’Art Forain, les animaux de manège". 

Musée des Beaux-Arts d'Angers, photos janvier 2025. 

Site L'interforain, Gustave Bayol, un article qui a servi de base à la biographie ci-dessus, ici

Article de Marc Grodwohl sur le carrousel-salon Bayol, cliquer ici

Article très complet de Marc Grodwohl sur l'art forain, cliquer ici

Parc de la Tête d'Or, présentation du manège Bayol, cliquer ici

Pour les abonnés à Ouest-France, un bel article sur Bayol, ici



Le football dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc.1913-1925

 


En Bretagne, le football arrive grâce aux anglais à Saint-Servan vers 1880-1890 Une première équipe voit officiellement le jour à Rennes en 1902 et à Saint-Brieuc Le Stade Briochin Football est créé officiellement le 28 mars 1904.

L’Association Sportive Robiennaise. 1912

La Duguesclin de Saint-Brieuc, fait ses débuts dans le football des patronages dans les années 1908-1909 alors que le Stade Briochin Football a des débuts difficiles en étant battu 10 à 0 par le redoutable Football Stade Rennais en janvier 1909...

Un peu plus tard, dans le Journal Officiel du 14 août 1912, nous apprenons la création de l’Association Sportive Robiennaise. Le président en est M. Henry, 52 rue Jules Ferry. L’objet de l’association est au départ l’athlétisme.

En octobre 1912, Ouest-Eclair publie d’ailleurs les résultats d’une fête athlétique à Guingamp où des sociétaires de la Robiennaise se sont particulièrement distingués dans certains concours comme G. Etesse 1er au 100 mètres et Le Restif deuxième, au lancement du disque 1er Etesse, deuxième Le Pouder, au saut en hauteur sans élan, 1er Tocquer, 2e Le Restif, 3e Le Pouder et au saut en longueur avec élan 2eLe Tocquer.

Mais déjà en décembre 1913, la Robiennaise est engagée dans une compétition de football "La Coupe du Moniteur", avec dans son équipe Moulin, le gardien de but ; Gicquel, Gouhetti, arrières ; Henry, Le Bars, Domalain, Briand, Trévidic, demis ; Le Cocq, Cléach et Savidan, avants.

En janvier 1914, on trouve une trace d'un match de football entre La Robiennaise et l’École primaire Supérieure de Guingamp. 

Puis en février 1914, l'équipe de Robien est opposée à Uzel-Mûr. Ouest-Eclair ne tarit pas d'éloges pour l'AS Robiennaise qui a gagné 4 à 1 : "Remarqué à la Robiennaise, le jeu de Guédo, Le Deuff, Domalain, Le Gobien etc."

On peut facilement imaginer que la Guerre 14-18 a totalement mis par terre ce qui commençait à s'organiser autour du football dans le quartier... Il faudra attendre les années 20 pour que ces activités redémarrent.

Le 4 janvier 1924, Ouest-Eclair évoque le match entre la Jeanne d'Arc de Quintin et "la jeune mais excellente équipe de Saint-Brieuc, La Robiennaise, qui sous l'impulsion de son manager M. Pierron, le sportif briochin bien connu, marche de succès en succès..." Le journal parie sur la victoire "des gars de Robien".

Alphonse Pierron

La Robiennaise. 4 janvier 1924. Ouest-Eclair

 

L'Association Sportive du Cercle de Robien. 1923

L'association sportive, qui allait bientôt prendre le nom de La Vaillante, est lancée par l’abbé du Mesnil en décembre 1923 dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc. L’association prend pour nom l’A.S.C.R (Association Sportive du Cercle de Robien). Son but est le « développement physique et moral des jeunes gens ». 

Il n'est pas étonnant qu'une section de football soit crée, ne pouvait-on pas lire dans le bulletin paroissial de Robien du 12 octobre 1924 que la boxe est "avec le football, l’un des meilleurs moyens de développer non seulement les forces musculaires, mais encore l’esprit de décision et l’énergie de la volonté. »

Dès l'année 1924-1925, la section football de l'A.S.C.R va figurer dans la championnat des patronages. 

 

Le premier compte-rendu publié dans la dépêche de Brest le 9 janvier 1924 fait apparaitre que le quartier de Robien est parvenu à engager trois équipes dans un championnat où s'affrontent les clubs des patronages. Le nom du club est l'ASC Robien.

On peut faire la liste de quelques footballeurs de Robien au travers de cet article. Les buts sont marqués par Gosselin, Marion, Legoff, Liscouet.

ASC Robien. 9 janvier 1924

 

Le deuxième match contre le stade Lamballais donne un match nul et beaucoup de joueurs sont absents dans l'ASC Robien : Miniec, Boëtard, Boschet et Surwald.

ASC Robien. 16 janvier 1924

L'ASC Robien rencontre la première équipe des moyens de Saint-Charles en janvier et l'avant-centre Surwald est toujours absent. "Robien se renforce toujours par de nouveaux éléments". L'ASC Robien doit rencontrer Les filets Rouges de Saint-Quay.

ASC Robien 23 janvier 1924

En mars, l'ASC Robien Première rencontre la troisième équipe du stade Briochin. Cadou est buteur pour Robien où il manque Hamet, Marrion, Person et Le Goff.

La troisième de Robien est battue par la deuxième de la Jeanne d'Arc de Quintin : "Partie courageuse des jeunes de Robien".

ASC Robien 5 mars 1924

En novembre, l’ASC Robien bat le Penthièvre de Lamballe dans un match comptant pour le challenge de la FGSPF. « L’ASC Robien possède une bonne équipe où la ligne d’avants émerge ».

AS de Robien 19 novembre 1924

En décembre la J-A de Quintin bat l’AS Robiennaise dans un match comptant pour le championnat des patronages des Côtes-du-Nord.

JA de Quintin-AS Robiennaise 17 décembre 1924

En février 1925, sur le terrain du boulevard Pasteur, l’Étoile sportive Saint-Michel bat l’Association sportive de Robien.

E.S St Michel contre A.S Robien. 18 février 1925

En août 1925 est publié le calendrier des rencontres de football en Division d’Honneur pour la saison 1925-1926 (L.O.F.A)

L’ASC Robien figure dans la groupe A avec le stade Lamballais, Saint-Brieuc ; l’Étoile sportive N-D de la Clarté, Perros-Guirec ; association sportive trécorroise (Tréguier).

Ci-dessus, l'équipe de Perros-Guirec en 1936. Ouest-Eclair 11 août 1936

En octobre 1925, l’Association sportive trécorroise (Tréguier) bat l’ASC Robien. Mais ce qui est marquant dans le compte-rendu est la désaffection du public : « Le football qui faisait recette il y a trois ans semble être déserté par beaucoup de gens. Quelle en serait donc la raison ? ». C’est peut-être ce qui va entrainer la disparition de ces compétions entre clubs de patronage et l'engagement des amateurs de football dans les autres clubs de football de Saint-Brieuc...

La Vaillante 1926 

En 1926, l’A.S.C.R devient La Vaillante de Robien. La gymnastique et la course à pied (cross-country) sont les premières activités qu’elle propose. Le terrain se situe "avenue de Robien", c'est à dire rue Jean Jaurès de nos jours, à proximité de l'école Sainte-Bernadette. 

Et comme les modes changent, bien plus tard, en 1945, le basket viendra remplacer à Robien l'engouement qu'avait commencé à susciter le football et la gymnastique... L'intérêt pour la course à pied ne faiblissant pas...


Ceux de Robien dans d'autres clubs

Tous les footballeurs de Robien ne jouaient pas forcément dans le quartier, pour preuve cette photo de l’équipe de football de l’U.S de Langueux de 1922 à 1928 où l'on trouve Louis Cornillet, bien connu comme expert-géomètre, installé à Robien.(On le reconnait, assis au centre, avec le ballon dans les mains)

On a en haut à gauche, Jean-Louis Jaffrian, J.M Beaudet (ancien maire), François Chardronnet, arrière ; Jules Rouxel, goal ; Goiguené, arrière ; Mathurin Bertho, Paul Baudet, Jules Redon, demi-centre ; Jean-Louis Robert, du Tertrain , Albert Fourré, de Robien. Ligne d’avants au premier rang : Jean-Louis Rouxel, Henri Hamon, Louis Cornillet, expert à Robien, avant-centre ; Jules Denis, Louis Jaffrain.

Club de football de Langueux 1922-1928. Photo dans Ouest-France 27 mars 1951

Les terrains de foot à Robien.

Le premier terrain sur lequel ont évolué des équipes de football dans le quartier de Robien se trouvait donc "avenue de Robien", c'est à dire au croisement de la rue Jean Jaurès et de la rue Aristide Briand.

Après 1945, le terrain utilisé par les footballeurs, mais aussi les basketteurs, se situait entre le boulevard Hoche et le chemin d'Yffiniac (rue François Ménez de nos jours). L'école Hoche n'était pas encore construite, elle ne le sera qu'en 1956 et avant il n'y avait qu'un terrain acheté dès 1937 par la Ville et quelques baraques en bois construites sommairement en 1939. Le terrain de sport était pourvu d'un petit vestiaire.

Par exemple, le dimanche 4 mars 1945 s'y déroulent un match du championnat de Bretagne de basket, et le dimanche 2 décembre 1945 à 10h30 un match entre l'amicale et les juniors du Collège Technique. 

En 1950, Ouest-France fait état d'un "grand match amical opposant la Penthièvre de Lamballe, leader de Division d'Honneur, et la Métal-Sports, seconde du championnat de Promotion".  

La photo qui suit montre que les garçons de l'école Hoche profitaient de la proximité de ce terrain. Ainsi, ils remportent un tournoi en gagnant devant l'école Baratoux en juin 1960. L'année précédente, les filles de l'école Carnot avaient gagné ce tournoi contre celles de Ginglin. Peut-être venaient-elles aussi s'entrainer sur ce terrain ?

Remise du challenge à l'équipe USEP de l'école Hoche 28 juin 1960 Ouest-France

Ci-dessous, l'équipe de l'école Hoche sur le terrain de foot.

L'équipe de foot USEP de l'école Hoche. 3 décembre 1960 Ouest-France

Le foot à Robien, les années 60-70-80, les équipes corporatives.

L'équipe de la S.N.C.F 5 mars 1957 Ouest-France
 

C'est avec les entreprises du quartier que le football va faire son grand retour à Robien dans les années fin
50-60-70-80 et en particulier avec les équipes des deux entreprises que sont Sambre-et-Meuse et les Forges-et-Laminoirs.

On apprend dans l'édition du 22 décembre 1959 de Ouest-France que, sur le stade Hélène Boucher, s’est déroulé le match entre les Municipaux et Sambre-et-Meuse.
Dans l’équipe des municipaux : Clément, Simon, Pierre Etesse, Bourgault, Lejeune, Rouvrais, Huet, Trivin, Gauthier, Lecoq, Jouyaux, Delaporte,
Émile Le Denmat.
A Sambre-et-Meuse : Bouvrée, Lervannec, Pershoor, Milnar, Château, Le Mée, Philippe A et L, Touzé, Blévin, Boujeault, Lapeyre, Do Alto, Couretel, Jouan.
Les Municipaux ont gagné par 6 à 2.

Équipe de foot de Sambre-et-Meuse 22 décembre 1959 Ouest-France

Dans les années 70-80, le sport en entreprise est très développé. Par exemple dans les équipes du secteur engagées dans un championnat avec plusieurs divisions, on retrouve des institutions bien connues : Municipaux Saint-Brieuc, P.T.T, CRS 13, A.S Police, Rallye, Olida, Armor-Peinture, Chaffoteaux, Joint-Français, Forges-et-Laminoirs et Sambre-et-Meuse...

Quand on pense aux conflits sociaux qui ont pu se dérouler au début des années 70, on peut se demander s'il y a eu en 1972 une rencontre Le Joint-Français contre la CRS 13 ?!

La coupe de l'Ouest corporative permet des rencontres entre les clubs inscrits de Brest à Rennes. 

En juin 1974, au stade Fred-Aubert, l'équipe Sambre-et-Meuse bat celle de Chaffoteaux par le score de 5 à 1 et remporte la coupe corporative, une coupe qu'elle gagne aussi en 1979.

Chez Sambre-et-Meuse, où travaillent des centaines d'ouvriers, en mai 1980 (740 en 1978), quatorze équipes représentant les divers ateliers de l'usine se rencontrent dans leur tournoi annuel de football. Ouest-France mentionne que "Bien encouragés, les gars de l'entretien l'ont emporté en finale sur leurs camarades de moulage-main." (voir la photo ci-dessous)

Sambre-et-Meuse 19 mai 1980 Ouest-France

En 1993, les dirigeants du foot corpo sont inquiets car les difficultés économiques touchent de plein fouet leur activité : "Nos équipes vieillissent en raison du manque d'embauche dans les entreprises et disparaissent à plus ou moins long terme... Pour constituer des équipes, il faut regrouper les joueurs au sein de zones artisanales". Les dirigeants songent à mettre sur pied un challenge "corpo-loisir" qui signe la fin du foot corpo tel qu'il avait existé jusqu'à ce moment. (Ouest-France 3 septembre 1993) 

Jouer sous le maillot d'une "zone artisanale" n'avait certainement plus le même attrait que jouer sous le maillot de son entreprise et mélanger entreprises et association de loisir, c'était effectivement signer la fin d'une époque...

Et n'oublions pas en sport corpo à Saint-Brieuc, l'équipe féminine de football de Chaffoteaux, créée en 1971 et qui accède en Division 1 en 1980-1981. En 1999, l'équipe change de statut et devient "Saint-Brieuc Football Féminin", fusionnant en 2004 avec le Stade briochin. En 2011, nouvelle fusion avec l'En Avant de Guingamp.

Image du film "Shoot ! 100 ans de football en Bretagne"


Si vous avez des commentaires ou des documents à partager sur l'histoire des débuts du football à Saint-Brieuc et sur le quartier de Robien, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page en laissant votre adresse mail.

 

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Autres articles à consulter en lien :

Les pionniers du football à Saint-Brieuc, le Stade Briochin, cliquer ici

L'histoire de la boxe à Robien, cliquer ici

Alphonse Pierron, chef d'entreprise, sportif et entraineur, cliquer ici

L'histoire de l'usine Sambre-et-Meuse, cliquer ici


Sources

Recherches dans Ouest-Eclair, Ouest-France et dans La Dépêche de Brest depuis le 1er février 1914... 

Journal paroissial « La famille chrétienne » de 1911 à 1962. 

Souvenirs d'enfance de Christian Prigent qui habitait rue de l'Ondine et fréquentera l'école Hoche.

Site du Stade Briochin, pour découvrir l'histoire du club, cliquer ici

Histoire de l'équipe féminine de Chaffoteaux sur le site de En Envor, cliquer ici

Shoot ! 100 ans de football en Bretagne. Dvd disponible à la bibliothèque André Malraux à Saint-Brieuc.
 

Georges Cadiou. 1998. "La Grande Histoire du football en Bretagne".

Michel Lagrée, "La diffusion du football en Bretagne", Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, 1994, pages 207-222. 


 


mardi 4 février 2025

Histoire de l'alimentation en eau dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc 1896-1967

Jusqu'à la fin du XIXe siècle Saint-Brieuc était surtout alimentée en eau potable par des sources et onze puits publics et quatre cents puits privés fournissaient le reste.
L’eau courante n’arriva qu’avec les travaux de captages effectués à Château-Bily (Plaintel). La prise d’eau du barrage de Saint-Barthélémy permit ensuite de répondre à l’accroissement des besoins (voir l'article complet sur le sujet en cliquant ici).

1928. Installation de canalisations à Saint-Brieuc. Archives municipales 6Fi871

L'eau dans le quartier de Robien 

Les puits ont longtemps permis d’avoir accès à l’eau potable à Robien. Pour l'arrosage, le lavage du linge ou l’eau nécessaire aux animaux, l'utilisation de l'eau du ruisseau du Gouédic, passant au sud et à l'est du quartier, s'est révélé une bonne solution.

Ci-dessous, ce plan daté de la fin du XXe siècle démontre la présence, encore très nombreuse à cette époque récente, de puits dans le quartier de Robien. Et tous ne sont pas répertoriés...

Quelques exemples de puits à Robien

Puits remonté, rue Jules Ferry


Puits en train d'être rebouché en 2023, rue abbé Garnier (ancienne forge Callenec)

L'ensemble des maisons formant le Pré-Tizon bénéficiait d'un puits qui a d'ailleurs été comblé dans une période récente. Stéphane Le Roux, qui a habité au numéro 12, se souvient : "Ce puits du Pré-Tizon était bien de plus d’un mètre de diamètre, avec une margelle tout près du sol. Il était déjà bouché dans les années 70".

                                                      

Sur le plan ci-dessous de 1912, le puits est figuré par un petit cercle. 



La municipalité prend les choses en main

1896, registre du conseil municipal

A l'approche du XXe siècle, les différentes équipes municipales vont prendre en charge ce dossier de l'eau pour les particuliers et pour les entreprises du quartier. Mais ce long travail ne se fera pas en un jour et aura tendance à s'étaler dans le temps à cause des aléas de l'histoire (guerre 14-18, crise économique de 1929, guerre 39-45...). Voici quelques exemples de cette conquête de l'alimentation en eau à domicile à Robien :

Un premier dossier passe en conseil municipal en août 1896. Il s’agit de la demande de concession d’eau présentée par M. Yves Le Moal, négociant boulevard Carnot, pour les besoins de son usine. « Pour satisfaire à cette demande, la Ville serait obligée d’établir dans l’avenue de Robien, une canalisation en fonte de 65 mètres de longueur qui serait branchée sur la conduite d’eau du boulevard Carnot. » M. Le Moal s’engage à payer la moitié des frais et un abonnement annuel. Le conseil donne satisfaction à M. Le Moal.

Le 10 juin 1898, le conseil acte l’établissement d’une borne-fontaine rue de Robien.

En février 1901, dans une pétition, plusieurs habitants du Pré-Tizon demandent que la partie de l’impasse Cordière comprise entre la voie ferrée et le boulevard Cordière, soit empierrée, éclairée et pourvue d’un service d’eau.
L’empierrement de cette voie urbaine est terminé rapidement tandis que l’installation du bec de gaz sera ajourné jusqu’au moment où le Conseil municipal aura décidé de donner suite à toutes les demandes de pose de nouvelles lanternes qui lui sont adressées. pour le reste, la réponse qui suit ne plaira sans doute pas aux habitants :
"Quant au service d'eau, la borne fontaine placée dans le boulevard Carnot, au bout de l’impasse Cordière, étant située à moins de 60 mètres du milieu de cette rue, les habitants de ce quartier sont aussi bien desservis que ceux du centre de la Ville, il n’y a donc pas nécessité d’installer la conduite d’eau qu’ils demandent, à moins toutefois que trois d’entre eux soient prêts à contracter un abonnement d’eau, ce qui n’est pas à la veille de se faire". (Compte-rendu du Conseil, février 1901. Lot 1898-1902, 1D35 Archives municipales)

Borne-fontaine ancienne

Le 26 septembre 1902, le Conseil examine la pétition des habitants du chemin des Régats (rue Cuverville de nos jours) qui demandent l’installation de l’eau et du gaz dans la partie de l’ancien chemin du Carpont situé entre le pont du Chemin de fer et le Pré-Chesnay. Le conseil municipal attend que, dans ce secteur, au moins trois personnes contractent un abonnement à l’eau avant de faire des travaux. (Lot 1898-1902, 1D36 Archives municipales)

Le 27 décembre 1905, la prise d’une conduite d’eau est posée dans la rue Guébriant.

En 1906, la Ville pose une conduite d’eau avec installation d’une borne-fontaine, route de Quintin, à la jonction de la rue de Robien (5 janvier 1906 Ouest-Eclair).

Dans Ouest-Eclair du 11 février 1906, on apprend qu’une conduite d’eau doit être posée sous la voie nouvellement ouverte entre la rue de Robien et le carrefour de la Croix-Perron.

Le 11 décembre 1906, c'est une nouvelle pose d’une conduite d’eau rue Luzel

Dans son édition du 21 mars 1910, le journal Ouest-Eclair fait état des problème d'écoulement des eaux dans le quartier de Robien. Sous le titre "Question de salubrité", le journal rapporte qu'on lui signale "l'état des ruisseaux qui bordent les maisons nouvellement construites dans le quartier de Robien. L'écoulement des eaux ménagères ne peut se faire parce que les trottoirs ne sont pas établis, aussi, l'eau reste-t-elle stagnante au devant de chaque maison, formant des mares qui ne manqueront pas de devenir pestilentielles aux premières chaleurs."

En janvier 1914, "une pétition est adressée au conseil municipal par les habitants de Robien qui demandent l’établissement d’un égout dans leur quartier". L’affaire est renvoyée à la commission. (7 juillet 1914 Ouest-Eclair)

1914 Ouest-Eclair

Le 24 juillet 1914, c'est la pose d’une conduite d’eau boulevard Hoche.

En mars 1924, le Conseil examine  la question de l’installation d’une bouche de lavage, utilisable aussi en cas d’incendie, au niveau des habitations de M. Laguitton, dans le boulevard Carnot, proches de la rue Jules Ferry. L’eau permettrait de laver les caniveaux, celle-ci se déversant dans la bouche d’égout située à l’angle du boulevard et de la rue de Robien. La proposition est adoptée (28 mars 1924 Conseil municipal 1D55).

1924, registre du conseil municipal

Après-guerre, d'autres travaux sont entrepris : alors qu'une délibération avait été prise le 31 janvier 1952, sans effet, il faut attendre le mois de mai 1954 pour que le conseil municipal décide d’étendre l’adduction d’eau à différentes parties du quartier de Robien qui étaient encore mal desservies (Ouest-France 14 mai 1954).


1960 Ouest-France Saint-Brieuc

En 1960, le service des eaux réalise une extension du réseau d’eau avec 134 mètres de canalisations dans le boulevard Vauban.
Le 11 juillet 1967, est prise une décision municipale concernant une première tranche d’assainissement des eaux allant du pont de Brézillet au Pont Chapet.

 
La débrouillardise des habitants

Sur le tertre Marie-Dondaine, les quinze familles qui vivent dans des baraques en bois depuis les années 30 jusqu'aux années 90 n’ont jamais eu l’eau courante. Les habitants du Tertre recueillaient l’eau de pluie pour leurs besoins quotidiens. Sinon, les gens allaient chercher l’eau dans un puits près du Carpont et dans la rue du Pré-Chesnay. 

Le 20 août 1938, la question de l’accès à l’eau, pour les familles vivant sur le Tertre Marie-Dondaine, est posée par un courrier de lecteur dans le journal Ouest-Eclair.  Ce « locataire du coin » comme il se désigne n’hésite pas à revendiquer ce droit, « la chose la plus nécessaire pour les besoins du ménage », car écrit-il «Près de 200 personnes s’alimentent chaque jour dans un puits placé près du pont du Carpont et qui est d’ailleurs appelé à disparaître. Dans ce puits, on y trouve de vieilles « godasses » et des débris de toutes sortes. » L’appel lancé aux responsables est simple : « Nous voudrions voir nos élus du quartier s’intéresser tant soit peu à l’hygiène de ces déshérités pour leur faire obtenir une borne fontaine comme ceux du Coucou. »
Et de conclure : « Espérant que cette question sera un jour prise en considération, les habitants du Tertre Marie-Dondaine osent espérer avoir le droit de boire de l’eau, même propre… »

Mais cet appel ne sera pas entendu tout de suite et les années d'Occupation n'arrangeront pas la situation. Dans les  années 60, la vie était encore difficile mais les habitants du Tertre avaient fini par avoir un point d’eau potable
à disposition. Ce robinet, installé par la municipalité, était accessible à tous.

A noter que, dans ce secteur, le Chemin du Coucou ne bénéficiait toujours pas des égouts, ni de l'eau potable dans les années 50. Des maisons avaient un réservoir, récepteur des eaux de pluie, au rez-de-chaussée qui servait de cave, avec le lavoir attenant. Il y avait l'eau potable, à la pompe, rue du Pré-Chesnay.

L’eau nécessaire aux entreprises

En 1928, M. Epivent fonde "L'aciérie électrique de Saint-Brieuc" au croisement des rues Jules Ferry et Emile Zola. Il fait construire de nouveaux bâtiments en 1929 et 1930 juste à côté de sa minoterie. L’usine bénéficie du système déjà mis en place pour la minoterie qui puisait l’eau dans l’étang de Robien, acheminée dans de grandes buses en briques, pour le traitement de ses pièces et le refroidissement des fours. Plus tard, Sambre-et-Meuse reprendra cette entreprise et la développera, en continuant d'utiliser l'eau de l'étang.
Les Forges-et-Laminoirs qui ont aussi de grands besoins en eau ont un contrat spécifique avec la Ville.
Enfin, l'histoire de l'eau à Robien, c'est aussi celle de la fontaine des Eaux minérales de la vallée de Gouédic ainsi que celle des lavoirs (cliquer ici)...

Le saviez-vous ?

Près du lavoir Saint-Jouan, non loin de l’École normale des garçons, existait une fontaine dont l'eau pure faisait la joie des habitants du quartier. Chaque jour, on y allait avec des bouteilles, des pots, des petits seaux pour recueillir cette précieuse boisson qui, disait-on, était très saine et très recherchée.

L'eau de la Fontaine Saint-Jouan. Ouest-France du 3 octobre 1946

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Sources

Recherches dans les archives de Ouest-Eclair et Ouest-France

Dossier des délibérations du conseil municipal, archives municipales.

Catherine Lemesle, journaliste à Ouest-France, auteur de l'enqête : Pourquoi l’eau courante n’arrive à Saint-Brieuc qu’en 1910 ? Article en ligne (3 novembre 2023) pour les abonnés à Ouest-France en cliquant ici

 

 

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