vendredi 8 août 2025

Les bistrots de Robien, rue de Trégueux et chemin des Eaux Minérales

Rue de Trégueux : Chez Rault puis Chez Line, chez Ruellan, L'Horizon et Chez Monique, Sixties

Dans le recensement de la population en 1901, on apprend le nom de deux propriétaires de débits de boissons à la Croix-Perron : Théophile de Gestin et Jean-Louis Philippe. En 1906, il s'agit de Marie Morvan, née Glon, débitante au numéro 24 et de Jeanne Marie Bresset, débitante. Ce sont peut-être les anciens propriétaires d'un de ces établissements mais le secteur a tant changé qu'il est difficile de les situer.

CHEZ RAULT, CHEZ MAHÉ, LE CAFÉ DU CHAMP DE FOIRE, CHEZ LINE, BAR DE LA CROIX-PERRON  

Avant les années 1940, à la Croix-Perron, au numéro 2 de la rue de Trégueux, il y avait un bar. Cet établissement a été tenu par M et Mme Rault en attendant que leur boucherie-charcuterie finisse d'être construite juste en face, en 1940.
Dans les années 50 et jusqu'au début des années 70, le bar était tenu par M et Mme Mahé. C'était le rendez-vous des boulistes.

Le bar s'est appelé "Café du Champ de foire", comme on le voit sur la photo ci-dessous, à l'occasion de travaux en 2020 qui ont fait apparaitre une partie de ce qui était écrit.

Ancien Café du Champ de foire, rue de Trégueux. Photo RF 2020

A la fin des années 50, début des années 60, M et Mme Mahé étaient les seuls dans ce secteur a posséder le téléphone, les gens du quartier y allaient aussi pour ça. La belote était une distraction courante dans ce bistrot où étaient aussi organisés des concours (voir plus bas l'article de Ouest-France de 1956). Dans la cour Mme Danno, la nièce de Mme Mahé avait son salon de coiffure.

Plus tard, dans les années 70 et 80, ce bar s'est appelé "Chez Line", la patronne s'appelait Line Dabat, son mari s'appelait Fernand. 

Le bar de la Croix Perron était le siège de l'Amicale des Médaillés Militaires de Saint-Brieuc en 1995.

Bar de la Croix-Perron En 2009

En 2008. Image Google Street

Après "Chez Line", le pas de porte a été repris mais uniquement dans une activité de restauration, dans un premier temps par L'Anis étoilé.

L'anis étoilé en 2011. Image Google street

Le restaurant "L'Ours herbivore" a pris la suite.


                   Paroles d'habitants

Jean-Claude Le Chevère nous livre ce témoignage : 

"En tant que cyclotouriste à l’ACB (le club briochin a compté plus de 300 licenciés dans les années 80, c’était alors le premier club de France) j’ai fréquenté deux établissements robiennais, le Tout Va Bien et la Croix-Perron. Le plus souvent nous nous arrêtions à la Croix-Perron, longtemps tenu par Line, une maîtresse femme qui n’hésitait pas à remettre en place un client dont la tenue laissait à désirer. Elle personnifiait l’endroit. On disait d’ailleurs : « on va boire un pot chez Line.» Le dimanche midi le café était toujours plein et pour nous, cyclos, il offrait l’avantage d’avoir une cour où nous pouvions ranger nos vélos en sécurité".

CHEZ RUELLAN, LE CHASSE SPLEEN, L'ARMORIQUE 

Bar au numéro 19

En 1996 existait le bar-restaurant L'Armorique, au début de la rue de Trégueux, certainement au numéro 19. Avant de fermer, cet établissement s'est appelé "Le Chasse spleen" (à vérifier).


Bar du numéro 26 

Au numéro 26 se trouvait le bar de Julie Thomas, inscrite comme "débitante" dans le recensement de 1936

Bar du numéro 28 

Au numéro 28 se trouvait le bar d'Ernestine Ruellan, inscrite comme "débitante" dans le recensement de 1936. Son mari, Henri, travaillait chez Le Bigot comme manœuvre. M. et Mme Ruellan tenaient un stand tous les ans à la Foire St Michel en septembre et ils vendaient des galettes-saucisses. Le Chasse Spleen a été installé au 28 rue de Trégueux avec un bar qui faisait aussi restaurant. L'établissement a même proposé du pain dans les années 2010.

Le Chasse Spleen en 2008. Image Google.

Le Chasse Spleen en 2011. Image Google.

Le rez-de-chaussée de l'actuelle maison du 28 rue de Trégueux a beaucoup changé avec ses deux grandes portes de garages.
 

L'ex-bistrot "chez Ruellan", 28 rue de Trégueux. Photo Google Map

 L'HORIZON

 Depuis juillet 2013, on trouve aussi le bar-restaurant de l'Horizon au 43 rue de Trégueux.

L'Horizon en 2013. Image Google

Les propriétaires, Rodolphe Thollon, Joël Thouron et Marc Fernandez, tenaient auparavant le Chasse Spleen.

Rodolphe Thollon, Joël Thouron et Marc Fernandez,10 août 2013. Photo Ouest-France


Bar du numéro 48 

Au numéro 48 se trouvait le bar de Jean Jégou, inscrit comme "débitante" dans le recensement de 193

CHEZ MONIQUE (hors de Robien) 

 « Chez Monique », est un café ouvert par Monique Guégan-Oréal et Christian Guégan en 1976 au 114 rue de Trégueux (donc un peu en dehors du secteur de Robien). La terrasse et les pistes de boules bretonnes créent une autre ambiance aux beaux jours.La cessation d'activité est intervenue le 4 août 2015.

 

En 2016 Image Google street



LES SIXTIES (hors de Robien)

Au 121 rue de Trégueux, le bar Les Sixties, tenu par Gérard Bohec qui a cessé d'exercer le 8 novembre 1995. Le bar-restaurant s'est ensuite appelé "L'Intense" avant de fermer définitivement en novembre 2012 et d'être transformé en habitation aujourd'hui.


Chemin des Eaux Minérales

En 1916, Mme Boleillon  était inscrite comme débitante au Moulin au Chaix. Le 23 mars 1916, Mme Boleillon adresse une réclamation au Préfet en lui indiquant que la dernière crue a causé des dégradations aux berges et au chemin latéral longeant la rive gauche de la rivière. Elle ajoute qu'aux abords d'un petit pont en pierre établi sur le Gouédic et donnant accès à son auberge se trouvant sur la rive droite, la crue a enlevé une partie du chemin avoisinant le dit pont, et que, de ce fait, il est très dangereux d'y faire passer une charrette chargée.


Si vous avez des commentaires ou des documents sur l'histoire des bistrots de Robien, vous pouvez utiliser le formulaire de contact en haut à droite de la page, en laissant votre adresse mail pour une réponse. Merci d'avance.

 

La tournée des bistrots de Robien continue ici...

Bistrots rue Jules Ferry 

Bistrots rue abbé Garnier

Bistrots boulevard Carnot

Bistrots boulevard Hoche

Le bistrot rue de Robien

Bistrots rue Luzel

 

Retour à la maison (le sommaire) ICI

Sources

Archives municipales, dossier de presse des années 1996 et 1998 avec des articles de Ouest-France. 

Archives départementales en ligne. Recensement de la population 1901, 1906, 1911, 1936. 

 
Archives départementales, dossier 84D 61 (établissement dans le chemin des eaux minérales)

Site internet, greffe du tribunal de commerce.

 
1956 25 février. Ouest-France. Concours de belote au Café Mahé

vendredi 1 août 2025

Armor-Signalétique, entreprise, 32 rue Emile Zola à Saint-Brieuc (1994-1997)

La société Armor-Signalétique est née à la fin des années 80, appelée aussi un peu plus tard Société Nouvelle Armor Signalétique, et crée le 16 juin 1994 par Jean-Louis Raymond. Ce dernier était également dirigeant d'Armor-Peinture de 1981 à 1994 et avait lancé, dans la foulée, Armor-Développement (280 salariés dans le grand Ouest). La spécialité de l'entreprise était la peinture en lettres

Un patron audacieux

Le jeune et bouillonnant patron, alors âgé de 50 ans, avait des projets à revendre ! C'était l'époque Tapie... Il innove et, en 1989, il est récompensé par un prix professionnel décerné par l'Association pour le Progrès de la Peinture. Il envisage alors de créer un Musée des métiers de la peinture, et pourquoi pas à Saint-Brieuc qui possède une grande tradition dans le domaine ?

Jean-Louis Raymond avait une formation d'ingénieur en BTP et "s'était frotté au conseil en entreprises, entant que permanent de la Fédération Nationale du Bâtiment" (Ouest-France 27 décembre 1991). Sur le secteur de Saint-Brieuc, il était, au début des années 90, l'animateur de l'Agence de Développement Économique (ADE).

Jean-Louis Raymond PDG d'Armor-Signalétique (3 février 1993 Ouest-France)

La société était domiciliée au 32 rue Émile Zola à Saint-Brieuc mais les locaux étaient situés entre le boulevard Vauban et la rue Luzel. 

Image Google Street

Emplacement d'Armor-Signalétique. Le bâtiment a été rasé depuis...

Les difficultés

Comme l'écrit Ouest-France dans son édition du 4 février 1993, frappées par la crise économique, les filiales d'Armor-Management déposent le bilan et à Saint-Brieuc, ça ne va pas mieux : "Les juges du Tribunal de Saint-Brieuc ont choisi la procédure du redressement pour la société Armor-Peinture et sa "petite soeur" Armor-Signalétique. secouées par la crise du bâtiment les deux entreprises traversent une période difficile".

Armor-Peinture 4 février 1993 Ouest-France
Le patron reste malgré tout confiant en 1993 et n'envisage pas de licenciements, il affirme être "dans la meilleure position possible pour assurer la pérennité de l'entreprise". Finalement, quelques années plus tard, la société déposera le bilan le 27 janvier 1997 et la liquidation sera effective le 8 juin 1998.

16 juin 1998 Ouest-France

Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages comme consommateurs, employés ou voisins...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite, en laissant votre adresse mail pour la réponse...
 
 
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11 août 1989, annonce dans Ouest-France
Sources 

Annuaire des entreprises, ici 

Pappers Entreprises, 7 sociétés détenues par J.L Raymond, ici

Renseignements fournis par le fils de Jean-Louis Raymond (juin 2025)

Lien

L'histoire d'Armor-Peinture dans ce blog, cliquer ici


Les bistrots de la rue Luzel dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc


La rue Luzel a eu de nombreux cafés et restaurants dont les noms sont resté dans les mémoires comme Les Trois Marchands, le bar de Lulu, le Café Hamon puis Chez Boulma, et Chez Josiane.
Déjà en 1896, route du Carpont, en partant du chemin de fer et en allant vers le Carpont, on a Guillaume Gariloup (ou Garilloux?), aubergiste ; Aimée Hamon veuve Dily, débitante; Jean Marie Vrot, aubergiste ; Pierre-Marie Lecoq, débitant.
Comme pour le boulevard Carnot, en 1901, dans le recensement de la population on apprend le nom de trois propriétaires de débits de boissons et d'un aubergiste dans la rue du Carpont (au bout de la rue Luzel) mais il est difficile de les situer car les lieux ont beaucoup changé. Les propriétaires mentionnés sont donc les suivants : au numéro 95 Louise Viémont (veuve) née Balavoine, débitante de boissons, au numéro 97 Guillaume Garilloux, aubergiste et Marie-Françoise Le Dily (veuve) née Hamon, débitante de boissons.

En 1906, il est question de Jeanne-Marie Robert (veuve) née Eono, débitante de boissons et de Pierre Le Coq, débitant.
Pour rester à une époque plus récente, nous partons du rond-point au bout du boulevard Carnot pour descendre en direction de Ploufragan. Le début de la rue pose un problème car, au numéro 4, à l'emplacement de l'immeuble moderne de la SBAFER il faudrait trouver une photo des lieux avant cette construction des années 70.

LE CAFÉ STENOU, LE CAFÉ HAMON, CHEZ BOULMA, La Belle Issue, L’Émeraude, 6 rue Luzel
En 1906 au numéro 6, Joséphine Carrée (née Hingant), née en 1876 à Lanouée, était inscrite comme débitante dans le recensement. Les deux filles Louise et Anne sont nées à Saint-Brieuc en 1904 et 1906.
Plus tard, dans les recensements de 1931 et 1936, au même endroit, on trouve Yves et Françoise Stenou exerçant la profession de cafetiers.
En 1946, Berthe Michel, née Stenou, était la propriétaire du café.
Le café-restaurant Hamon existait dans les années 40, toujours au numéro 6 de la rue Luzel, sur la droite, en venant de la Croix-Mathias. On trouve encore la trace d'un café Hamon à la fin des années 50, années 60 et 70 (le 20 janvier 1968, réunion des retraités des PTT de la CGT au café Hamon, annonce Ouest-France ; réunion du Vélo-sport briochin, 19 novembre 1977...). La famille Hamon avait une clientèle importante des ouvriers du quartier mais elle faisait aussi pension et hôtel pour les gens de passage (la gare n'était pas loin).
Au café Hamon,19 septembre 1960 Ouest-France
C'est de nos jours un grand bâtiment blanc de 3 étages, dont le rez-de-chaussée était occupé par le café-restaurant. Dans les années 2020, on pouvait encore voir peu distinctement les inscriptions "Café-restaurant".
6 rue Luzel à St Brieuc
Dans les années 1987-1988, un café-concert s'est installé, il s'appelait La Belle Issue (article complet en cliquant ici).
Enfin, un bar s'est de nouveau installé sous le nom de L’Émeraude, il était tenu par Salah et Violette Boulma qui tenaient avant le Café Robinson. L'ouverture de L’Émeraude a eu lieu le samedi 21 octobre 1989. L'établissement était aussi connu sous le nom de "Chez Boulma". 
Né en Algérie française, Salah Boulma est arrivé en France à 13-14 ans en 1953, il a fini par atterrir à Saint-Brieuc en 1957 pour participer à la construction du pont d'Armor. C'est à Saint-Brieuc qu'il rencontre par hasard sa future épouse devant le magasin de chaussures Boulbain. Le 1er août 1960, à 22 ans, il épouse Violette Pichon à la mairie de Saint-Brieuc. Violette Pichon est née à Dreux en 1938. De leur union sont nés Pascal en 1961 puis Véronique en 1974. Habitant Plérin depuis 1969, le couple a tenu plusieurs établissements : Le café Robinson, rue de Beauregard en 1976, l’Émeraude à Saint-Brieuc en 1991 et enfin l'Eclipse à Saint-Laurent-de-la-mer jusqu'en 2000. (D'après un article de Fabienne Richard dans l'édition de Ouest-France du 29 septembre 2013 et un autre du 11 août 2025).
Salah Boulma devant la mairie de Saint-Brieuc. Photo Ouest-France 2013

Le patron de l’Émeraude servait de bons coucous. il y avait aussi des allées de boules. Les Boulma sont  ensuite partis à Saint-Laurent-sur-Mer où ils ont ouvert L'Eclipse.
L’Émeraude 21 octobre 1989 Ouest-France

M et Mme Boulma lors de leurs noces d'Or, 2 août 2020 Le Télégramme

Noces de palissandre,Plérin,11 août 2025 Ouest-France

LE CAFÉ LE NOUVEL, LE CAFÉ MARCHAND puis LES TROIS MARCHANDS 12 rue Luzel
Au numéro 12, en 1906, Marguerite Stenou, née Glo, née en 1875 à Saint-Donan, est inscrite comme débitante. Son mari est Yves Stenou, né en 1876 à Cohiniac.
Dans les années 30, Jean et Célestine Le Nouvel étaient installés comme cabaretiers au 12 rue Luzel (recensements de 1931 et 1936).
Puis après 1945, en 1947 précisément, l'établissement a été repris par M et Mme Le Marchand. Ils avaient travaillé auparavant à Guingamp. Ils ont appelé le bar-restaurant « Les trois marchands ».  Les 3 Marchands ce sont les trois enfants de la famille, Léone, son frère et sa sœur. Cette histoire familiale est racontée par Léone Le Marchand dans l’édition du Télégramme du 26 janvier 2001.
Bar Les trois marchands 26 janvier 2001 Le Télégramme, article de Pierre Fenard
Elle n’avait que 6 ans quand ses parents ont pris la tête de cet établissement. : « C’était l’époque des Forges-et-Laminoirs ou des deux brosseries du boulevard Laennec : ici c’était la zone industrielle de Saint-Brieuc. Le café était entouré d’usines et les ouvriers venaient réchauffer leurs gamelles, le midi, sur la gazinière de maman. Ils n’avaient pas beaucoup de sous et ne pouvaient pas s’offrir le restaurant. Mais ils se parlaient, se rencontraient au détour d’une table en formica et connaissaient la valeur des petites choses : « Les ouvriers du laminoir, ils avaient toujours chaud. Ils nous cuisaient des pommes de terre dans la cendre et ils nous les apportaient, le midi, dans leurs tabliers. » 
Café Le Marchand, rue Luzel, 29 avril 1955 Ouest-France
La propriétaire en 1961 est Mme Yvonne Roland, son établissement est immatriculé au registre du commerce depuis le 22 mars 1961. A la disparition de ses parents, Léone (Kerrirzin), la fille de la maison, reprend l'affaire le 8 juillet 1980, avec son mari Gérard, après avoir passé une quinzaine d’années en Haute-Savoie. Elle ne change rien, le comptoir a bien 45 ans ! 
Gérard et Léone Le Marchand. Le Télégramme 9 mars 2001
En 2001, « Le formica habille toujours le comptoir, les tables restent celles d’un vrai bistrot, un bistrot de quartier. Chaque midi une trentaine d’ouvriers du coin viennent immanquablement déjeuner, sûrs de retrouver les habitués… Michel l’ancien boucher du quartier vient aiguiser les couteaux de Léone à l’heure du déjeune ». Le petit cordonnier installé en face du café, près du jeu de boules de chez Hamon.
Le café accueille le 4 mai 2001 un Bistrot de l’histoire pour retracer un siècle d’histoire de Robien. Pierre Fenard coordonne l’opération avec Christian Bougeard, et de nombreux témoins sont invités à partager leurs souvenirs sur la gare, les Forges-et-Laminoirs, les luttes contre la guerre d’Indochine…
L’établissement ferme le 16 juillet 2002.
12 rue Luzel; Les trois marchands

ANECDOTE
Claude Corack se souvient que son père qui travaillait comme chauffeur de four aux Forges-et-Laminoirs Vaucouleur allait régulièrement au café Le Marchand à la fin des années 40. Il se souvient des réunions syndicales de la CGT qui se tenaient dans ce café.

Un bar au numéro 14
Marie-Louise Le Dily veuve, née Hamon, est inscrite comme débitante en 1906.

Un bar au numéro 57
Pierre et Marie Lecoq sont inscrits comme débitants en 1906.

LE CAFÉ DUDAL, CHEZ JOSIANE au numéro 60.
Photo Ouest-France 28 août 2010
Un bar-épicerie est créé en 1896 à l’angle des rues Cuvervile et Luzel, mais l'adresse est celle du 60 rue Luzel. Josiane Dudal (née L’Hôtellier) a été la dernière propriétaire alors que son arrière-grand-père avait acheté cette échoppe en 1896. 
Louis Hillion et son épouse Marie, dans les années 30 (recensement de 1936), puis Tonton Pierre, l’oncle de Josiane qui est resté derrière le comptoir de 1942 à 1957, Mme Lelévrier et M et Mme Quenesson lui ont succédé. 
En mai 1969, Josiane L'Hôtellier a repris l’affaire. Avant les apéros de voisins organisés dans le quartier, un repas fin juin avait lieu devant le café. « Chez Josiane » a fermé en août 2010.
Texte de l'article du 24 octobre 1996 à lire ci-dessous

Article du 24 octobre 1996 Ouest-France

Le café-épicerie du coin.  

Josiane L'Hôtellier tient depuis 27 ans un des derniers café-épiceries de Saint-Brieuc, situé à l'angle des rues Cuverville et Luzel. On y croise les femmes du quartier qui font quelques courses, les hommes qui préfèrent discuter au bar et Josiane aux commandes.

Chez Josiane, on assiste parfois à des tours de magie. Des allumettes qui flambent rien qu'en se frottant sur un revers de veste, des tours de passe-passe avec un doigt qui amuse tout le monde. Que l'on vienne le matin, le midi ou en milieu d'après-midi, il y a toujours deux ou trois clients fidèles pour faire rire Josiane. Josiane qui gère ce café depuis l'âge de 23 ans doit alors jongler entre les blagues de ces clients de bar et la caisse de son épicerie. ¿ Je passe mon temps à courir entre les deux ! » Pourtant Josiane ne cherche pas à rivaliser avec les grandes surfaces. "J'essaye de dépanner le mieux possible les habitants du quartier avec des produits courants. » Quand Josiane n'est ni au café, ni à l'épicerie, elle n'est sûrement pas très loin. Essayez le jardin, dans la cour !


Ouest-France. 29 Août 2010

Article du 29 août 2010.  Ouest-France

A Robien, la fin d'une institution datant de 1896

L'histoire

C'était une institution dans le quartier. L'un de ces estaminets qui voient défiler des générations. Le bar-épicerie de la rue Luzel, quartier de Robien, baisse définitivement le rideau le 31 août, faute de repreneur après le départ en retraite de Josiane L'Hôtellier, la tenancière depuis 42 ans.

Mardi, les brèves de comptoir résonneront pour la dernière fois dans le bar du Pré-Chesnay, devenu depuis Chez Josiane. Une échoppe achetée en 1896 par son arrière-grand-mère, puis transformée en épicerie bar où le cidre est incontournable.

Une lignée familiale

Quelques années plus tard et pendant une quinzaine d'années, Mme Hillion en devient la tenancière. Puis il y eut Tonton Pierre, l'oncle de Josiane. Il passe 15 ans derrière le comptoir, de 1942 à 1957. À son départ, Mme Lelévrier, M. et Mme Quenesson se succèdent. Le 8 mai 1969, Josiane reprend le bistrot alimentation.

À l'époque, le quartier de Robien est un quartier industriel. Les ouvriers et autres clients affluent nombreux. « J'ai aimé cette période, jusqu'à la fin des années 1970. C'était vivant. Depuis, les clients se font de plus en plus rares. »

Le bar de la rue Luzel était devenu un véritable lieu de rencontre et de vie pour les gens du quartier. Qui des habitués n'a pas pris un p'tit verre sur le zinc de l'échoppe pour papoter avec Josiane ou d'autres clients ?

A l'instar d'Yves, un fidèle client qui regrette la fermeture. « J'aimais bien venir ici. J'y rencontrais toujours les mêmes personnes et surtout la gentillesse de Josiane avec qui j'adorais discuter. Ça m'occupait. Où vais-je aller maintenant ? »

C'est non sans un brin de nostalgie que Josiane, à 64 ans, décide de prendre une retraite bien méritée. Elle remercie « tous ses clients qui n'ont parfois pas hésité à donner un coup de main au moment où elle a été confrontée à la maladie. »

En 2010, sur la rue Luzel avec l'enseigne BAR Alimentation. Image Google


En 2010, avec l'enseigne BAR. Image Google

En 2020. 60 Rue Luzel


ANECDOTE
Claude Corack se souvient qu'un peu plus haut que le café DUDAL sur la droite, après la rue du Pré Chesnay, il y avait une ferme avec quelques vaches. Le fermier menait ses vaches sur le Tertre dans l'ancienne scierie pour se nourrir des herbes. Tout ça c'était à la fin des années 40...

 
CHEZ CARRO puis CHEZ ROUALLAN et plus tard CHEZ THÉO, au 61
Au 61 rue Luzel, il y avait déjà dans les années 40 un bar-épicerie-restaurant que l'on l'appelait "Chez Carro". Le fils Carro est devenu ensuite patron d'une petite menuiserie sur le tertre Marie-Dondaine, en bordure de la rue Luzel.
Au début des années 60, le bar a changé de nom pour s'appeler "Chez Rouallan". On y rentrait sur le côté et le bar occupait tout ce côté du rez-de-chaussée de cette grande maison en granit, juste avant le pont. Plus tard, on a appelé ce bar "Chez Théo". Théo a repris ensuite le "Bar de l'espérance".
61 rue Luzel. Photo RF


ANECDOTE
Roger Gicquel dont la mère tenait le bar juste à côté de "Chez Carro" se souvient qu'au début des années 60, il y avait une télé dans la famille Carro. 
Les enfants du voisinage venaient voir les grands événements, c'est ainsi que Roger se souvient d'avoir vu le combat d'Henri Corack pour un championnat de France. "C'était un peu l'idole du quartier !"
LE BAR DES DEUX PONTS, CHEZ GICQUEL, au 65 rue luzel
Au 65 rue Luzel, après le pont en allant vers Ploufragan, c'était un bar-épicerie appelé "Le bar des deux ponts". Il était tenu par François Pécheux dans les années 30 (recensement de 1936) et jusqu'au début des années 60. 
La photo ci-dessous montre le bar avant la construction du Pont de chemin de fer au-dessus de la rue Luzel.
Photo archives départementales. Fonds Henrard
 
Ensuite, vers 1965, c'est Francine Gicquel qui a repris l'affaire mais avant elle tenait déjà un bistrot sur le même côté de la rue, un peu plus haut en allant vers le Carpont. Son mari avait une entreprise où il vendait du cidre. On y trouvait un peu de tout, de l'épicerie, de la charcuterie, des pointes, des casseroles, des cigarettes etc. Les gens disaient c'est "Le petit Mammouth" (du nom d'une chaine de grandes surfaces de l'époque). Le bar faisait aussi resto ouvrier. Beaucoup de cheminots s'y retrouvaient et les gens du quartier y faisaient aussi leurs courses. Les ouvriers de l'usine Sambre et Meuse représentaient aussi une clientèle assidue.
65 rue Luzel



ANECDOTE
Roger Gicquel, le fils de la maison se souvient :
"Quand les gens parlaient du bar de mes parents, on disait "Le bar des deux Ponts" et au début des années 50 sur le pont, c'était écrit avec du goudron "Pont Henri Martin" du nom d'un militant communiste, opposé à la Guerre d'Indochine...
C'était un bar qui marchait très bien, il faut dire qu'à cette époque les ouvriers ne savaient pas rentrer chez eux sans boire un coup au bistrot !
Les gens prenaient "à l'ardoise". Ils avaient un compte ouvert et tous les 5 mois, ils venaient régler. Il fallait faire des additions à n'en plus finir...Le bar faisait aussi restaurant et quand les gens avaient leurs congés on organisait "les têtes de veaux". Ces grands repas étaient très arrosés, ça buvait beaucoup et mon père, Roger, devait remettre de l'ordre. Il fallait souvent raccompagner les clients chez eux."

LE BAR DE LULU
Rue Luzel, il se dit qu'il y avait aussi "Le bar de Lulu" qui a quitté le quartier en 1965 et s’est installée aux Villages. Il reste à le localiser...
 
Paroles d'habitants
 
Souvenirs des années 50, de Lucien Pally, un ancien habitant de la rue Luzel :
« De Sambre et Meuse à l’entrepôt de chemin de fer où œuvraient 450 apprentis, de l’usine Glémot qui fabriquait des sandales en caoutchouc, aux cimenteries Gaudu, des brosseries Bullier aux célèbres conserveries Saupiquet, toutes les fabriques laissaient échapper, chaque midi, des flots de travailleurs qui se pressaient dans les cafés du quartier »

 
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Sources

Archives municipales, dossier de presse des années 1996 et 1998 avec des articles de Ouest-France.

Archives départementales en ligne. Recensement de la population 1901, 1906, 1911, 1936.
Archives départementales en ligne. Fonds Henrard. 26 Fi 358
Site internet, greffe du tribunal de commerce.

Merci à toutes les personnes qui ont apporté des précisions sur les bars de la rue Luzel : Alain Le Flohic, Josiane L'Hôtellier, Roger Gicquel, Claude Corack, Gérard Huet et Guy Flageul  Entretiens réalisés en mai, juin et décembre 2020



 

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...