samedi 9 novembre 2024

Traverser la voie ferrée dans le quartier Robien : le Pont des sourds, le pont de la rue de Quintin, la passerelle Harel de la Noë.


Le pont de la rue de Quintin ou Pont Pierre Sémard. 1863 et 1926


Le pont de la rue de Quintin à St Brieuc Carte postale ancienne. Collection Hamonic

 

Le pont de la rue de Quintin est construit pour l’ouverture de la ligne en 1863. Il est en maçonnerie et granit, possédant toutes les qualités de solidité. Mais on le démolit  en 1925 pour élargir la sortie des voies ferrées après la gare. On le remplace par un pont plus long, en béton armé, de type "bow-string" (pont à corde d'arc). Il est tout à fait semblable à celui que l’on peut encore voir à Guingamp, construit en 1924-1925.

Le Pont de la rue de Quintin est ouvert à la circulation le 26 août 1925.

 

Pont au-dessus de la voie ferrée à Guingamp. Image Google

Ce nouveau pont traversant le quartier de Robien a permis que l’on fasse passer plus de voies de chemin de fer.

Avec le développement de la circulation automobile dans les années 70, la rue Pierre Sémard qui prolonge ce pont a posé quelques problèmes. Cette rue trop étroite a été élargie dans les années 80, après l’acquisition nécessaire de plusieurs immeubles par la municipalité pour procéder à un alignement des maisons.

Pont de la rue de Quintin à St Brieuc. Photo RF 2020

Portrait. Pierre Sémard

 

Le Pont après rénovation en 2021-2022. Photo RF

 

  

Le Pont Clémenceau, appelé ensuite Pont des Sourds-Muets. 1863

Pour accéder à la notice complète de cette formidable photo du Musée de Bretagne, cliquer ici

 

Le Pont Clémenceau (des Sourds-Muets) a lui aussi été conçu dès 1863 mais c’est un pont de chemin de fer sur lequel passent les trains, les véhicules passent en dessous.

 

Pont des Sourds-muets (ex Pont Clémenceau) à St Brieuc. Carte postale ancienne.




Sur la gauche, le Pont des Sourds-muets à St Brieuc. Carte postale ancienne.

 

Avant 1900 et un peu après, le pont permettait surtout que des charrettes, venant des fermes aux alentours, puissent circuler vers le centre-ville et y vendre leurs produits. C'est ce qui explique la présence de la maison d'octroi, juste après le pont, où les taxes devaient être réglées.

 

Le pont des Sourds-muets à St Brieuc. Carte postale ancienne.

 

Les piétons l’empruntaient beaucoup avant la construction de la passerelle en 1909. Ce passage sous la voie ferrée était aussi fort utile pour rejoindre dans cette partie du quartier l’Institut des Sourds-Muets ou la briqueterie Le Dû.

 

En 1953, des travaux de consolidation sont engagés sous le pont des Sourds-muets (photo ci-dessous) 

18 novembre 1953 O.F

 


La passerelle piétonne Harel de la Noë entre la gare de Saint-Brieuc et le quartier Robien. 1909 

La passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne.

 

Dans quel contexte cette passerelle est-elle devenue indispensable?

Reportons-nous à la presse de l'époque, en 1908, avec cet extrait d'un article du journal Le Réveil :

"L’extension de la ville de St Brieuc se fait actuellement du côté de Robien. C’est là que les efforts se portent. Il faut pouvoir encourager ce développement et faciliter cette extension. La création de la passerelle si attendue mettra en communication constante la ville et ce quartier si important ; mais ce n’est pas tout.
Il existe un bureau auxiliaire des postes boulevard Carnot, bureau ne pouvant effectuer que la moitié à peine des opérations postales. Il n’est pas complet… Il n’émet pas de mandats pour les étrangers… Ce qui est plus grave, il n’a ni le télégraphe ni téléphone…On me dira « Il y a le télégraphe à la gare »…
 
On se préoccupe de ce quartier dans certains milieux. On y construit une église. Une église ne sert que des intérêts particuliers. Tout le monde n’en a pas besoin et tout le monde aujourd’hui a besoin de la poste et surtout de profiter des progrès modernes… Il faut que le public qui paie, reçoive satisfaction…
C’est le quartier extensible par excellence… Ce n’est pas une raison pour l’oublier, bien au contraire. Il faut savoir favoriser son éclosion et donner à ce quartier ce dont il a besoin".


Rappel de quelques dates pour bien situer les questions abordées dans cet article :

1902 : construction de l'école Guébriant
1905 : ouverture d'un bureau de Poste
1908 : décision du Conseil municipal de construire une passerelle
1909 : construction de l'église Sainte-Anne de Robien
 
 
 
Passerelle Robien. Plan 1930. 5 Fi 088 Archives municipales;

 

Cette passerelle piétonne est l’œuvre de l'ingénieur Louis Harel-de-la-Noë (1852-1931). 

Elle avait un but utilitaire en permettant de relier Robien à la ville dans le prolongement d'un axe majeur, la rue Jules Ferry. 

Commencement des travaux. 24 août 1908 La Dépêche de Brest

 

Avec un peu de chance, les habitants de Robien auraient pu avoir la chance d'utiliser cette passerelle au tout début de l'année 1909 mais c'était sans compter avec les petits problèmes de livraison ; déjà !


31 décembre 1908. Ouest-Eclair


Les lecteurs de Ouest-Eclair du 27 février 1909 reprennent espoir en apprenant que la pose de la passerelle est enfin commencée.

En 1921, on se pose la question d'installer un éclairage sur la passerelle mais l'administration des Chemins de fer oppose qu'une source lumineuse pourrait aller jusqu'à causer des accidents sur les voies, ce que personne ne souhaite !
 

Passerelle Robien. 26 avril 1921 La Dépêche de Brest

 

Un ouvrage d'art

La vue sur la voie de chemin de fer est assez spectaculaire comme on le voit ci-dessous. Mais cette passerelle était aussi un ouvrage d'art industriel au même titre que les passerelles de Gustave Eiffel. Cette construction démontre le savoir-faire des ingénieurs, des entreprises et des ouvriers de la métallurgie de l'époque.


La gare vue de la passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne. 
 
 
La gare vue de la passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne. Archives 22. 16 Fi 4878


La passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne.

 

 

Cette passerelle en aura vu en 100 ans !

Les régiments d'Infanterie du 71e et 271e partant pour le Front en 14-18.


Archives départementales 159 J 53 Fonds Salonne

 

Une course poursuite à la fin de la Guerre 14-18 !

 

11 octobre 1919. Ouest-Eclair

 

Des foules qui descendent du train (Carte postale de 1919)



 

Des trains à vapeur en gare de Saint-Brieuc, vus de la passerelle, dans le film de Raphaël Binet en 1932. A voir sur le site de la cinémathèque de Bretagne, en cliquant ici

Image du film de Raphaël Binet en 1932

 

Les régiments allemands prenant le train pendant l'Occupation dans les années 40...





Souvenirs d'enfance

 

A l’époque du cidre, des wagons de pommes étaient rassemblés sous la passerelle : « De beaux tas odorants, jaunes, rouges et verts. Pour certains gamins c’était tentant, "une sorte de marché distributeur".

Du haut de la passerelle, les galopins lançaient une longue ficelle que terminait un couteau pointu. Es plus adroits pêchaient ainsi la petite provision de fruits mûrs à point qu’ils consommaient sur place ou qui devait leur faire tout le jour ».

Extrait de  Maurice Le Lannou. Saint-Brieuc. Édition du Champ Vallon 1986



 

La passerelle dans les années 2010

 

Les voitures viennent stationner sous la passerelle. André Bougeard 10 janvier 2012



Photo André Bougeard 24 juillet 2011


Photo André Bougeard 24 juillet 2011

Des escaliers permettaient d'accéder aux quais. Photo André Bougeard

 

La fin de la passerelle

Cette passerelle a rendu service pendant plus de 100 ans mais elle a été démolie début 2016 dans le cadre d'un vaste aménagement des parties Nord et Sud de la gare de St Brieuc.

Photo publiée dans "Tu sais que tu viens de St-Brieuc". Années 60

La passerelle 8 mars 2018.


Dès 2013, le projet de démolition suscite des interrogations puis une forte opposition et les signataires d'une pétition pour la conservation de cet édifice sont actifs. Ces défenseurs du patrimoine pointent du doigt la contradiction qu'il y avait de valoriser les ouvrages d'art d'Harel-de-la-Noë et dans le même temps de détruire cette passerelle, un ouvrage emblématique de cet ingénieur.

Dans un premier article de Ouest-France paru le 20 novembre 2014, Yannick Giciquel, habitant de la rue Jules Ferry, lance un appel à ceux qui voudraient démolir cette passerelle.

Yannick Gicquel 20 novembre 2014 Ouest-France


Lançant une pétition avec trois autres personnes du quartier dans ce qui est appelé le Cric (Collectif Robiannais d'Initiatives Citoyennes), le collectif mené par Yannick Gicquel recueille plus de 1000 signatures. 

En parallèle, le comité de quartier de Robien, qui a accepté la démolition de la passerelle, est consulté depuis le début de ce chantier mais les informations ne lèvent pas toutes les zones d'ombres. Ainsi, le 24 novembre 2014 dans Ouest-France, Michel Sauvée, président du Comité de quartier, se pose de nombreuses questions : "On ne sait pas combien de temps va durer le chantier. On aimerait avoir une passerelle provisoire. On réclame aussi des précisions sur l'aménagement du parvis et du parking. Sera-t-il vraiment souterrain et sur deux niveaux ? Comment seront positionnées les barres d'immeubles?

Le 18 avril 2016, jour du commencement de la déconstruction de la passerelle, Ouest-France fait le point avec Yannick Gicquel sur cette action. Le défenseur du patrimoine "estime qu'on malmène l'héritage et qu'on détruit la plupart du temps par ignorance". Pour lui, "on a laissé s'abimer cette passerelle puis on a dit que les réparations seraient trop couteuses et que l'urgence c'est la démolition."

Yannick Gicquel montrent les pétitions 18 avril 2016 Ouest-France

 

La passerelle de la gare. Photo octobre 2014. Site du Comité d'Animation de Robien

La passerelle, de la gare vers Robien. Photo octobre 2014. Site du Comité d'Animation de Robien
 
  
 
Destruction des piliers de la passerelle.

 
 
Le dernier morceau de la passerelle est enlevé par une grue. 28 avril 2016 Ouest-France

 
Un pilier de la passerelle installé sur l'esplanade côté sud ?


Plan d'origine du pilier
Ce projet d'installer un ancien pilier de la passerelle Harel de la Noë n'est pas sorti d'un chapeau de magicien. L'idée figurait sur le plan d'aménagement du côté sud de la gare. C'est une promesse des élus de Saint-Brieuc Agglomération suite aux conseils du commissaire-enquêteur proposant des mesures de compensations avec l'association Harel-de-la-Noë.
Le pilier a été parfaitement découpé avec une scie circulaire de chantier et a été entreposé sur un terrain de la S.N.C.F.
Nouvellement installé dans ses fonctions d'adjoint au Patrimoine en 2020, Ludovic Le Moignic a relancé cette idée. Un beau projet en perspective, souhaité par le comité de quartier et tous les défenseurs du patrimoine de Saint-Brieuc. 
Affaire à suivre... 
 

 

Phase 1. Le pilier soutenant la passerelle

Phase 2. Le pilier découpé à la scie circulaire de chantier



Phase 3. Le pilier découpé conservé sur un terrain SNCF


 
Phase 4. Les responsables de l'association Harel de la Noë. Mars 2021

 
 

 
 
Ludovic Le Moignic à droite. 2021

 
 
Bientôt ?

 
 
Pierre Goréguès, Alain Redot de l’association Harel de la Noë, Richard Fortat et Ludovic Le Moignic, élu en charge du patrimoine devant l’emplacement où le pilier pourrait être installé. Photo Ouest-France 2021

 
Ouest-France a rendu compte de cette initiative dans son édition du 21 mars 2021
 
Les défenseurs du patrimoine réactivent leur souhait de valoriser le pilier de l’ancienne passerelle de la gare de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Le lieu d’implantation, boulevard Carnot, a déjà été repéré. Ce souvenir architectural permettrait aussi de rendre hommage au constructeur Harel-de-la-Noë.
 

Réactiver une promesse presque 10 ans plus tard

"Le principe de le conserver avait été acté par les élus lors du projet de déconstruction de l'ancienne passerelle, rappelle Pierre Goréguès.  La promesse date de 2012. Presque dix ans plus tard, l’idée de mettre en valeur ce souvenir architectural est réactivée par les défenseurs du patrimoine.

« L’endroit où ériger ce pilier est tout trouvé, dans ce petit parterre sur l’esplanade du boulevard Carnot », affirme Ludovic Le Moignic, conseiller municipal en charge du patrimoine. L’élu imagine une signalétique adaptée qui raconterait l’histoire de la passerelle construite en 1909 et l’histoire du quartier de Robien.

Créer un passé commun

L’un des historiens locaux, Richard Fortat, estime que « la valorisation du petit patrimoine permet de nous ancrer dans une histoire. Créer un passé commun incite à mieux s’insérer dans l’environnement où on habite, même si on est de passage. »

Passionné par le patrimoine local, Ludovic Le Moignic devrait mobiliser les énergies et les soutiens pour que ce pilier, « trace de ce qui a existé » retrouve une posture digne d’être remarqué.

 
 

Rappel des 3 endroits de passage 

dans le quartier de Robien.

 

Plan 1897. Archives municipales.

 
 
Au premier plan la passerelle piétonne et au deuxième le pont. 1964 Archives Musée de Bretagne.

 
 
 
Autres articles à consulter sur ce blog, en lien avec cette page
 
Les maisons d'octroi, ici
 
L'Institut des Sourds-Muets, rue abbé Garnier, ici 
 
Au sud de Robien, traverser le ruisseau du Gouédic ici
 
 

 

Autres articles à consulter sur Les cheminots, la gare, la S.N.C.F

 
La Société Française et Entrepôts Frigorifiques (S.T.E.F), cliquer ici

Les cheminots de la paroisse de Robien et le syndicalisme catholique, cliquer ici

Les Résistants cheminots du quartier de Robien en 39-45, cliquer ici

La Cité des Cheminots", boulevard Paul Doumer, cliquer ici

Le lotissements des cheminots, rue Cuverville, cliquer ici


 
 
Retour au sommaire, ici
 
 
 
 
Sources

A propos de la passerelle piétonne. Journal Le Réveil 1908. 

Fiche Wikipédia sur Harel de la Noë, cliquer ici

Biographie d'Harel de la Noë, cliquer ici 

Le chemin de fer de Bretagne Nord. Jean-Pierre Nenning. JPN Éditions 2010

Site du Comité d'animation de Robien, octobre 2014, cliquer ici 

Vous pouvez ensuite aller dans la rubrique Les lieux-phares puis Gare-sud et vous découvrirez d'autres photos de l'évolution de ce secteur de Robien, en particulier à l'automne 2014 où de nombreux travaux en ont totalement changé la physionomie.



La société de transport Ricard, rue Jules Ferry à Saint-Brieuc

Dans les années 30, la société de transport Ricard était installée dans la rue Jules Ferry, presqu'en face des usines Sambre-et-Meuse.

Les premiers cars de la société Ricard étaient de la marque Isobloc, avec un moteur arrière à essence, G.M.C 6 cylindres.

M. Ricard devant son autocar "Saint-Brieuc-Car"

La maison Ricard possédait aussi une Citroën 11 U qui était utilisée comme taxi.

Le taxi de l'entreprise de M. Ricard


M. Ricard et ses enfants.

Jusqu'en 1937, la ligne historique qui reliait la gare, en passant par le centre-ville de Saint-Brieuc, à Cesson était exploitée par M. Boulaire. M. Ricard l’a reprise en 1938, son entreprise de transport étant alors située rue du Combat des Trente.

La société Ricard proposait également des excursions.

Image sur le site Histo-tub


1957. Site Histo-tub


En 1939, M. Ricard est domicilié rue du Combat des Trente. C’est l’année où il décide de faire construire une maison sur trois niveaux sur un terrain lui appartenant au numéro 103 de la rue jules Ferry.

Monsieur Hédou de la Héraudière est l’architecte de Saint-Brieuc choisi pour ce projet.


 

Sur la photo aérienne ci-dessous, on voit ce qui devait être un emplacement pour les cars Ricard entre deux bâtiments. Celui de gauche (1) était la maison Ricard, juste à côté (2) est de nos jours le local qui abrite le Secours populaire au 107 rue Jules Ferry et celui de droite (3) est un ancien garage, occupé maintenant par des ambulances.




M. Ricard a cessé son activité en 1960 au moment où un arrêté a supprimé les droits d’exploitation de la ligne Saint-Brieuc-Cesson.

Dominique Soufflet qui habitait le quartier se souvient : "Après la cessation de l'activité Autocar d’Alexandre Ricard, sa fille ou sa belle-fille a poursuivi l'activité de Taxi avec une DS19 Noire, ils étaient sur la rue Jean-Macé.Une DS, le prestige pour l’époque sauf pour les taxis; ma grand-mère faisait appel à "Ricard", pour raisons médicales".
 

Fait divers

Le 9 novembre 1956, Ouest-France relate un accident impliquant M. Alexandre Ricard, chauffeur de taxi, rue Jules Ferry.


 

Retour au sommaire  ICI

 

Si vous avez des renseignements à communiquer sur l'entreprise Ricard, merci d'utiliser le formulaire de contact

 

Autres articles à consulter sur le blog

L'entrepôt des bus municipaux, rue abbé Garnier, cliquer ICI
 
Entreprise de Transport Pierron   ici
 
Entreprise de Transport Le Bail  ici
 
Entreprise de Transport Flageul  ici
 
Le mariage de Marcel Flageul et de Mlle Le Dû, cliquer ICI

Toutes les entreprises de Robien. Entrée par ordre alphabétique  ici

 


 

Sources

 

L'excellent site de l'association Histo-tub, fiche 1960-1963

 

Transports Urbains briochins, historique fiche wikipédia 

 

Permis de construire 2 T 51. M. Ricard 1939. Archives municipales

 

 

 

Les combats de catch dans la salle de Robien à Saint-Brieuc. 1957-1977


Le catch à Saint-Brieuc

Le premier gala de catch à Saint-Brieuc est organisé par le Sporting-Club Briochin le samedi 3 mai 1947 : « de l’inédit à des prix raisonnables malgré les frais élevés qu’occasionne un tel spectacle ».  (Ouest-France 18 avril 1947)

Le 2 août 1947, un grand tournoi international de catch dont l’organisateur est toujours le Sporting-Club Briochin va voir s’opposer plusieurs vedettes dans la salle Duguesclin à Saint-Brieuc : Manuel, un combattant puissant ; Géo Freymond, le champion de France, « un magnifique athlète au jeu fin qui exclu toute brutalité » ; Aslan, appelé L’étrangleur, qui a participé à la finale du championnat d’Europe où il a été battu par le Suisse Zwalen ; Gabriel Laurrier, champion de France en 1945, « un ancien déporté qui a passé quatre ans en camp de concentration en compagnie de quelques Briochins. Sa constitution robuste lui a permis de résister à toutes les souffrances et de compter aujourd’hui parmi les meilleurs Français de sa catégorie ». Les lutteurs ne se feront aucun cadeau. (Ouest-France 2 août 1947)

En juin 1954, dans la salle du C.O.B, transformée avec ring et gradins, se déroule pour la première fois un combat international de catch féminin. Trois combats seront proposés avec des vedettes du ring. Cette manifestation s’inscrit dans le cadre des festivités sportives organisées avant le passage du tour de France cycliste à Saint-Brieuc.

 

Le catch à Robien

Le catch était très populaire dans les années 50 et l'ouverture de la salle de Robien en 1956 correspond exactement à cette grande vogue...

Dès le 23 février 1957, Ouest-France annonce un premier gala de catch dans la salle de Robien, organisé par le Vélo-Sport Briochin. Les spectateurs s'y pressent pour apercevoir des têtes d'affiche des soirées de catch à la Télévision.


« Le combat Charron-Bernaert sera le point culminant de cette réunion, car tout le monde sait que l’ex-champion de boxe est le plus « charognard » des catcheurs. » (Charron était appelé "La patate" quand il était boxeur.)

"Un choc sensationnel mettra aux prises l'ex-champion de boxe Robert Charron et le terrible belge Pierre Bernaert. Le terrible indien Inca, Peruano, champion d’Amérique du sud, rencontrera le scientifique champion de France Henri Lambert. Le rapide breton Henri Le Mao réceptionnera le souple champion de Paris, l'international Jetty Coster, tandis que le sournois Moïse Besch sera chargé de créer l'ambiance face à Jacques Coudert." (20 février 1957 Ouest-France)

Robert Charron, boxeur, photo Boxe-Time
 

En mars 1957, le gala de catch dans la salle de Robien n’emporte pas complètement l’adhésion du public puisque la salle n’est qu’à moitié remplie : "L’ambiance n’eut pas à souffrir du manque de spectateurs. Ceux-ci (environ 800) firent du bruit comme 3000, créant l’ambiance indispensable à une telle soirée".

Le spectacle était de qualité d’après le compte-rendu de Ouest-France et le Comité des Cols bleus des Côtes-du-Nord avait bien fait les choses.

Notons le combat de Asselin contre Laroche : « Deux superbes gaillards qui firent admirer leur souplesse. Clés aux bras et aux jambes, étranglements, ciseaux au corps ou à la face, manchettes, bref, toute la gamme du vrai catcheur y passa. Laroche eut le tort de s’en prendre à l’arbitre. Celui-ci ne badina pas et renvoya le bouillant gitan dans son coin».

D’autre part, Von Chenok, le champion d’Allemagne gagne contre Lambert, le champion de France : « Von Chenok n’a pas volé son nom d’étrangleur ». (D'après l'édition du 18 mars 1957 de Ouest-France)

 

1959

Le 14 mars 1959 : "Une manifestation de catch qui s’annonce particulièrement fertile en drames et en émotions se déroulera ce soir à Robien. Le choc principal du gala mettra aux prises l’ex-pugiliste, le populaire Laurent Dauthuille, au dangereux Italien Serge Reggioro…"

L’Helvétique René Gerber rencontrera l’officiel champion du monde des poids légers, le Bourguignon Jean Rabut, véritable phénomène du catch aérien et acrobatique.

Ci-dessous, photo du catcheur Jean Rabut 

Jean Rabut.14 mars 1959 Ouest-France


1959

Le 29 avril 1959, à l’affiche : Gilbert Leduc, le catcheur le plus populaire contre Jacques Ducrez, plus connu sous le nom du Bourreau de Béthune, tout de rouge vêtu (photo ci-dessous).

Le bourreau de Béthune en costume

Toujours en avril 59, on peut assister dans un autre combat à la confrontation entre le sympathique champion d’Europe Claude Montourcy et le matraqueur européen numéro un, Robert Gastel.

"Le martin-pêcheur Lorientais", la grande révélation de l’année, Jean Corne, rencontre le sympathique Roberto Ricetti, champion d’Italie.

 

1959

Gala de catch à la salle de Robien le samedi 26 septembre 1959 avec en vedette Jean Corne, le breton et champion de France opposé au jeune Santelli. D’autre part, Gaby Calderon ira à l’assaut du Bourreau de Béthune qui ne voudra pas décevoir après ses deux cent victoires.

A suivre aussi Géo Géret (appelé Barbe Rousse), vedette du catch à la télévision, contre le Polonais Yanneck Frysiuk (Jean Frysiuk).

Claude Montourcy, champion d’Europe va essayer de venir à bout de José Tarres, le poids-lourd espagnol surnommé « La Tête de cheval ».

Jean Frysiuk

1960, le catch féminin

Le samedi 7 mai 1960, le catch féminin est à l'honneur avec Léa Dewaert, championne de Belgique ; Caroline de Beaumont, championne de France ; Maria Apolski, championne Polonaise. 

Caroline de Beaumont était appelée "Lady Caroline" ou "La Lady du catch" ou encore "La catcheuse écrivain" !

Du côté masculin, on note aussi la présence de Quasimodo, « l’affreux sonneur de Notre-Dame ».

Catch à Robien. Annonce 30 avril 1960 Ouest-France

 

Léa Dewaert, la blonde

 
Au centre Dewaert et Caroline de Beaumont

Caroline de Beaumont


La catcheuse Lola Garcia

 

1961

Le 7 novembre 1961, se tient un grand gala de catch à Robien avec de nombreux champions.

Au programme un match à quatre, par relais, une formule venue d’Amérique qui fait fureur.

Les Italiens Sergio Reggiori et Giacomo Guglielmetti vont affronter les Français Corn et Laroche.

On verra aussi Jean Bout, le champion du monde des mi-lourds, contre le Belge Jacques Van Dooren et Al Gamain affrontera le Sud-Américain Manclo Aguilar.

Enfin, le roi de la voltige, Jean Rabut, ex champion du monde, rivalisera avec Moussa Guechichi.

Catch à Robien 7 novembre 1961 Ouest-France

Des années ont passé après le dernier grand gala de catch de novembre 1961 et le catch est moins en vedette. Les galas de catch ne sont plus organisés avec la régularité observée dans les années 60 mais à titre exceptionnel, pour des soirées caritatives extraordinaires.

 

1973

Gala de catch à la salle de Robien en mars 1973, au profit des Associations sportives des handicapés physiques.

Au programme, quatre combats dont un match à quatre, féminin.

L’attraction de la soirée est la venue de Klondyke Bill qui annonce 208 kilos ! Le programme comporte également une démonstration haltérophilie avec Daniel Hardy, un athlète handicapé qui tentera de battre son record de France avec 135 kilos en développé couché.(Ouest-France 2 mars 1973)

 

1976

En février 1976, l’association des policiers briochins organise un gala de catch avec Zarak, bien connu pour sa cagoule rouge et jaune ornée d'un Z.

Zarak

1977

En 1977, un grand gala de catch est proposé au profit des œuvres sociales de l’Amicale de la Police.

« Pour cette soirée, l’amicale de la Police a fait appel à quelques-uns de ses catcheurs, et même des catcheuses, les plus connus.

On verra ainsi Mammouth Siki qui, à l’âge de 16 ans fut sacré Champion de Guadeloupe avant de faire carrière aux USA"… 

Le clou de la soirée sera le match à quatre : les Celtes, opposés aux Parisiens. Il y aura aussi un combat de femmes entre l’espagnole Lola Garcia et la française Brigitte Born.


1994

Catch 21 juin 1994. Ouest-France

En juin 1994, un gala de catch réunit 600 personnes dans la salle de Robien. L’association française des sclérosés en plaques qui organise cet événement souhaite alors renouer avec la tradition du catch mais le public ne viendra pas aussi nombreux que les organisateurs l'espéraient. 

Le catch fait moins recette, pourtant le spectacle est toujours au rendez-vous :

 « Qui n’a pas vu Yann Caradec, Le Breton volant, surgir de l’obscurité drapé dans une cape aux couleurs du drapeau breton n’a rien vu. Et le noir Canon-ball, le Barbare du ring, un franco-américain de 152 kilos, n’a pas déçu les amateurs de vrais méchants.  Passons sur The Hell Raiser, un masqué inconnu ressemblant trop à Casimir qui aurait trop mangé de Gloubiboulga, pour retenir le flamboyant Flash Gordon, superbe dans une combinaison d’un kitsch parfait.» (Ouest-France 21 juin 1994)

Le catcheur Canonball. Photo Ouest-France 21 juin 1994

 

Le retour du catch à Saint-Brieuc?

En octobre 2005, Ouest-France publie un article sur le retour annoncé du catch à Saint-Brieuc avec un groupe d'une dizaine d'amateurs bien décidés à relancer cette pratique. Tout est venu des retrouvailles de deux anciennes vedettes du catch des années 50, Guy Caviller et Théo Popoff (champion d'Europe des mi-lourds). Les membres de l'association Guy Caviller, huit lutteurs et deux lutteuses, s'entraînent sur le tapis de l'ASPTT, rue Paul Bert puis à La Méaugon.

En 2007, des catcheurs du club se produisent à Maroué. Après le décès de Guy Caviller, le président est Kévin Somme, alias Pedro Arenas sur le ring. White Crow, Jack Spayn et Théo Thispun (champion d'Europe des poids-légers) assurent le spectacle. 

Malgré ses efforts, le club peinera à trouver son public avant de relancer cette activité en 2014 à La Malhoure (proche de Lamballe) avec Régis Béreschel et Alexandre Choron qui s'étaient connus au club de Saint-Brieuc. Ouest-Catch est le nom de leur club...

De son côté, Bretagne Wrestling Catch a essayé de proposer une autre approche du catch avec des combats scénarisés entre 2008 et 2012...

Popoff et Caviller avec leurs ceintures. 31 octobre 2005 Ouest-France

 
Les sportifs de Ouest Catch.16 octobre 2014 Ouest-France


Le saviez-vous ?

Le 4 février 1972, un grand gala de catch s'est déroulé dans la salle du C.O.B, 14 rue Saint-Benoit avec L’ange Blanc (immense vedette du moment) contre Lasartesse et un grand match à quatre France-Japon avec le terrible Chéri Bibi, très grande vedette du catch à la télévision commenté par Roger Couderc. 

Roger Trigeaud, dans la vraie vie inspecteur des impôts en retraite, portait le costume à rayures des prisonniers ! Le public se passionnait pour ce personnage du repris de justice cherchant le salut, tout droit sorti d'un roman de Gaston Leroux.

1972 Annonce Ouest-France

Image R.Krafft

 

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur cette histoire du catch, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page, en laissant votre adresse mail pour vous recontacter.

 

 

Retour au sommaire ici 

 

Sources

Nombreuses recherches dans les archives de Ouest-France.

Portrait du catcheur Jean Corne, cliquer ici 

Histoire du catch féminin par Michel Bezy, cliquer ici

Le blog de Bob Plantin, cliquer ici


 

 

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...