dimanche 1 février 2026

L' histoire de l'école Hoche à Saint-Brieuc. Depuis 1956 à Robien.

 

La nécessaire construction de l'école Hoche

Au milieu des années 1930, la décision de construire une nouvelle école dans le quartier de Robien procède d’une analyse détaillée des effectifs scolaires. La situation est exposée au Conseil municipal le 13 juillet 1936 : l’école publique de garçons de Robien « Ecole Guébriant » qui comptait 188 élèves en 1927-1928 passe à 197 en 1930 et 287 élèves en 1936.

Depuis la création de l’école, le nombre de classes est passé à 5 mais s’est révélé insuffisant et il est devenu nécessaire d’installer une classe de garçons dans la salle des fêtes de l’école des Filles pour pouvoir y installer un maître supplémentaire.

En 1936, la situation est la suivante : 287 garçons, 6 classes, soit 48 élèves par classe. Le directeur annonce 300 élèves à la rentrée prochaine. La population du quartier ne va cesser d’augmenter avec les nouveaux lotissements en cours. La municipalité table sur 400 élèves à l’école des garçons dans un avenir proche.
Du côté de l’école des filles, l’effectif est passé de 259 en 1929 à 336 en 1932-1933. Il faut donc prévoir une dizaine de classes de filles. Suite à la création de l’École libre de filles, le nombre des élèves est tombé à 315 puis est revenu à 336 en 1935 pour 7 classes, soit 48 élèves par classe. La municipalité a dû pour les filles, aménager une classe dans la partie non occupée de la salle des fêtes.

En retirant les garçons du groupe scolaire actuel de Guébriant, les locaux seraient très vite occupés par les classes de filles.

L'achat des terrains. 1936-1937 

Ayant procédé à une analyse complète de la situation scolaire dans le quartier de Robien, le 13 juillet 1936, la municipalité s’engage dans l’acquisition d’un terrain de 6000 mètres carrés appartenant à Monsieur Sébert, et situé entre le boulevard Hoche et le sentier d’Yffiniac (qui deviendra la rue François Ménez).

Le 23 avril 1937, la Ville complète ses acquisitions de terrains en vue de la construction d’une nouvelle école. Elle achète un terrain attenant à celui de M. Sébert, de 427 mètres carrés à M. Louis Feurgard, propriétaire, 7 rue Jules Ferry.

Le Républicain. Mai 1937

La guerre vient ruiner le projet. 1939

Malheureusement, la guerre 39-45 va tout bouleverser... Le 8 septembre 1939, le Maire de Saint-Brieuc se voit obligé de changer son projet de construction d’une nouvelle école boulevard Hoche. Il en donne lui-même l’explication devant le Conseil municipal : « L’afflux de population scolaire provoquée par l’arrivée de nombreuses familles repliées des régions frontalières et parisienne, et la réquisition par le service de santé militaire des groupes scolaires Guébriant et Carnot, nous oblige à prévoir d’urgence la construction de locaux supplémentaires pour nos écoles. »

Un bâtiment en bois, pouvant servir de salle de classe, doit être construit boulevard Hoche,« dans les plus brefs délais ». Le 15 septembre 1939, la Ville engage la Société Armoricaine d’Importation de bois du Nord dont les usines sont au Légué, à construire une construction démontable, montée sur dés en béton. Le bâtiment sera identique à la construction fournie par la même société pour le bâtiment scolaire de la Ville Ginglin. Il comprendra trois vestiaires et trois classes, le tout pour 180 m2. De l’Isover sera fixé entre les panneaux extérieurs (passés à l’huile de lin) et les panneaux de doublage. La couverture est en plaques ondulées. Chacune des classes sera pourvue d’un conduit de fumée en tuyau de fibro-ciment. L’achèvement des travaux est fixé au 15 décembre 1939.

Les enfants des écoles publique de Robien pendant la Seconde Guerre mondiale

Les écoles du groupe Guébriant-Carnot  sont réquisitionnées pour les besoins de l’armée au début de la guerre 39-45. Monsieur Saindrenan est le directeur de l’école Guébriant pendant cette période.

Le  Conseil municipal fait le point le 15 mars 1940 sur toutes les mesures qu’il a fallu prendre d’urgence. La recherche de locaux de remplacement pour recevoir les élèves du quartier de Robien a concentré toutes les attentions. La municipalité a utilisé au maximum les locaux des écoles les plus proches mais elle a dû se résoudre, à partir du 1er octobre 1939, à installer des classes dans des locaux privés qui ne sont pas vraiment adaptés. Ainsi une classe s’est retrouvée maintenant dans les bureaux des Huiles Shell, rue Émile Zola, une autre dans une dépendance du Café du Bon Coin, rue de Robien ! Rue Émile Zola le loyer payé par la mairie sera de 1500 francs pour l’année. De son côté, M Le Bras, propriétaire du Bon Coin qui garantit la location d’une grande pièce cimentée à usage de garage, avec un petit terrain vague devant le local et accepte la somme de 1200 francs pour l’année. Après six mois d’occupation, les locaux seront rendus à la ville à partir du 31 mars 1940.

Les ennuis ne sont pas terminés… Les écoles du quartier sont réquisitionnées par les troupes d’occupation. La cantine ne peut plus fonctionner. Le service départemental des réfugiés met alors à la disposition du matériel de cuisine au service de la Ville. D’autre part, la Ville est autorisée par le service départemental des réquisitions à occuper trois baraquements édifiés par ce service sur la Place de Robien. Ils ont été aménagés pour un usage scolaire et fonctionnent depuis le 1er octobre 1941.

Les écoles juste après-guerre 

Guy Flageul est né en 1939, il se souvient de ses premiers pas à l’école Guébriant et Hoche après 1945 :  

 « On commençait à l’école Guébriant au début du primaire.

 Mais après, on allait à Hoche dans des baraquements provisoires, ce n’était pas des classes en dur.

Enfin, quand on était à l’âge du Certificat d’Études, on retournait à Guébriant ».

 

Le projet est relancé. 1951

Le 9 juillet 1951, un projet de construction d’une école primaire de garçons, boulevard Hoche, est présenté au Conseil municipal. Le projet comprend 12 classes avec galeries, vestiaires, lavabos ; une cour de récréation avec préau couvert et toilettes, une grande salle commune pour les enseignements, péri et post-scolaires ; un atelier de travail manuel ; une salle de sciences ; une salle de dessin ; un réfectoire, un plateau d’éducation physique ; un appartement de cinq pièces pour le directeur, un bureau de direction et une salle d’attente pour les parents d’élèves, un logement pour le concierge de trois pièces avec un réduit pour le rangement du matériel ; un abri à vélos. L’entrée principale se fera par le boulevard Hoche mais une deuxième entrée sera possible « du côté du chemin d’Yffiniac » (rue François Ménez). Le terrain étant déjà occupé par « une école en bois de 3  classes, un préau et des WC », les classes devront continuer de fonctionner pendant les travaux.
Ecole Hoche à St Brieuc, photo aérienne Musée de Bretagne.1971

Les bâtiments seront construits en maçonnerie de moellons de granit pu grès de la région, béton et béton armé, et les toitures seront en ardoises. Il est aussi signalé que les cheminées d’usine (Forges-et-Laminoirs) se trouvent à proximité, côté ouest et que les vents chargés de pluie sont d’Ouest, Sud-Ouest (voir sur la photo ci-dessus, en bas à droite, la cheminée des forges). Trois architectes de Saint-Brieuc ont concouru (Le Saux, Le Breton et Rolland), mais le gagnant du concours ouvert pour cette construction de l’école Hoche est M. Guillou, architecte à Vannes. La décision est rendue au conseil municipal du 31 mars 1952.

Vue de l'entrée de l'école Hoche. Photo RF 2020
Les filles et l'école maternelle restent rue Guébriant. Années 50 et 60

La première rentrée de l’école Hoche ne se déroulera qu'en septembre 1956 mais c'est une rentrée où les classes maternelles et l’école des filles ne déménagent pas dans la nouvelle école du boulevard Hoche, exclusivement une école de garçons (pour preuve la photo ci-dessous !). 

Classe de l'Ecole Hoche en 1959. Photo sur le site Copains d'avant.
Les plus grandes filles des classes de Cours Moyen rentrent par le boulevard Carnot tandis que les maternelles, CP, CE1 rentrent par la rue Guébriant. 
Ce n'est qu'au moment de la mixité dans les écoles que les filles rejoindront alors les garçons à l'école Hoche.

Les écoles du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Google Map

Ouest-France dans son édition du 19 décembre 1956 rend compte du tour de Saint-Brieuc, en onze étapes, réalisé par le préfet  des Côtes-du-Nord, accompagné par M. Victor Rault, maire de la Ville ; M. Mazier, député et différentes personnalités. Dans ces onze étapes, plusieurs menaient à Robien, un quartier en pleine transformation avec tout d’abord l’école Hoche : « Commencée en 1953, l’école du boulevard Hoche est en cours d’achèvement. Les classes sont d’ailleurs ouvertes comme purent le constater les personnalités auxquelles le directeur, M. Le Bihan, fit les honneurs des lieux.

L’école du boulevard Hoche allie le bon goût au progrès de la technique.

A l’entrée, près du logement du concierge, un gymnase prolongé par la cantine. Une cloison mobile permettra de disposer éventuellement d’une grande Salle des Fêtes. Partout de larges baies sur des classes équipées d’un matériel moderne. L’école une fois terminée reviendra à 80 millions dont 70% à la charge du ministère ».

Les visiteurs se sont aussi attardés longuement dans la classe de Perfectionnement dirigée par M. Chartier. L'article signale également que M. Pelerin de l’École des Beaux-Arts de Rennes est l'auteur des motifs décoratifs qui ornent l'entrée de l'école. Mentionnons enfin que l'école Hoche accueille des élèves instituteurs, c'est ce qu'on appelle "Une école d'application". Et c'est le seul groupe scolaire qui possède, à l'époque, son propre gymnase.

Dossier de René Thomin nommé à Hoche en 1960. Archives 22 1T1634

 Portrait : Louis Le Garlantézec
En 1967, Louis Le Garlantézec prend la direction de l'école Hoche. C'est une personnalité engagée dans la vie publique (syndicaliste, maire de Plougrescant de 1977 à 1983)
Il est nommé dans l'ordre des Palmes académiques, chevalier en 1957 puis Officier en 1962 avant d'obtenir la Médaille d'Argent de l’Éducation nationale en 1968.
Il prit sa retraite en 1970 en quittant son poste de direction à Hoche.
Biographie complète sur le site Le Maitron en cliquant ici

 
L'attachement à l'école
Les parents sont attachés à leur école et sont impliqués dans la vie de ces établissements scolaires. Ils se regroupent au sein d'associations, comme en 1959 au sein de l'école Hoche. Mais les parents des écoles Hoche et Guébriant sont toujours restés très proches et engagés dans des actions communes.
Les anciens élèves ne sont pas en reste sur ce qui est de l'attachement à leur école; pour preuve, plus de 200 anciens élèves sont inscrits de nos jours sur le Site Copain d'Avant  pour l'école Hoche.

1959. Création de l'association des parents d'élèves de l'école Hoche. Journal officiel
L'école Hoche années 80-90


La question qui préoccupe les écoles a toujours été les effectifs et l'école Hoche n' échappe pas à cette règle. Dans un article du 4 septembre 1997, le journal Ouest-France fait le point avec la directrice sur ce qui s'est passé entre les années 80 et la fin des années 90. Le quartier de Robien se redresse, après avoir subi une lourde perte de population et un vieillissement. Des résidences sont construites et ainsi que de petits lotissements. Traduction tangible du rajeunissement du quartier : l'augmentation des effectifs de l'école Hoche. "En 1979, il y avait plus de 250 élèves, commente Monique Tardivel, directrice de l'école, après une forte baisse dans les années 80, le nombre de nos élèves s'accroît à nouveau chaque année, jusqu'à créer un nouveau poste il y a deux ans. ». La rentrée 1997 confirme cette augmentation qui va a contrario de la tendance générale. " Le quartier se met à bouger, les parents d'élèves se connaissent et s'impliquent dans les associations. Il y a à nouveau une véritable ambiance de proximité. » L'école fait elle aussi preuve de dynamique, comme en témoigne ses nombreux projets, notamment en 1997-1998 celui d'une exposition sur "L'école autrefois", qui sera réalisée grâce à la découverte de matériel scolaire ancien conservé dans la cave.

Des articles d'archives, en noir et blanc !


 
Les élèves de Hoche récompensés. 1993 Ouest-France
 Les élèves de l'école Hoche avait du flair en travaillant en 1993 sur le "Choléra-morbus", pas si loin que ça du "Corona-virus"!

16 octobre 2001. Les parents des écoles Hoche et Guébriant réunis pour des actions communes. Photo Ouest-France


9 novembre 2002. Les parents des écoles Hoche et Guébriant réunis pour des actions communes.Photo Ouest-France

Cet article est très loin de retracer toute l'histoire de l'école Hoche dans le quartier de Robien.

Si vous avez des commentaires ou des documents à partager sur l'histoire de l'école, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.



A lire également sur ce blog

L'histoire de l'école Guébriant, cliquer ici

 

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Sources

Délibérations du Conseil municipal. 17-7-1936, 23-04-1936, 17-06-1937, 1-07-1937, 9-09-1938, 7-05-1951, 9-07-1951, 31-03-1952. Archives municipales 

Délibérations du Conseil municipal du 15 mars 1940 et 6 septembre 1943.

Création d'association de parents d'élèves. 1959 et 2003. Journal officiel

Articles de Ouest-France : 19 décembre 1956, 1989, 28 novembre 1990, 1993...

J.B Illio, Histoire de Saint-Brieuc, 1931

Site Copain d'avant, Ecole Hoche, cliquer ici 

Notice complète du directeur Louis Le Garlantézec, cliquer ici

 

La maison Art Nouveau 11 rue de Robien à Saint-Brieuc. 1913

La période Art Nouveau, en architecture, s’appuie sur l’esthétique des lignes courbes. L'Art Nouveau, appelé aussi Modern style, se développe entre 1890 et 1914 mais son influence persiste bien après. En Bretagne la période Art Nouveau a été plus courte que dans d'autres régions de France.

L'art Nouveau est lié au style balnéaire pour certains éléments. Des architectes l'ont expérimenté dans l'Ouest parisien comme au Vésinet ou à Chatou.  
La ville de Saint-Brieuc est très peu marquée par ce style mais le quartier de Robien possède néanmoins une maison de 1913 tout à fait caractéristique de ce courant.
 

La maison Art Nouveau du 11 rue de Robien datée de 1913

Au 11 rue de Robien, face à la coopérative de produits biologiques "La Gambille", on trouve une très belle maison Art Nouveau avec des encadrements de portes et de fenêtres exceptionnels (autrefois c'était le 5 rue de Robien). 

Un article est consacré à cette maison dans l'ouvrage Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor aux Éditions Flohic (page 1238). On y trouve une description précise, rédigée dans des termes techniques :  "Au rez-de-chaussée, la baie du séjour est typique du modern style : tous les sommiers des baies ainsi que les clefs sont affirmés par des pierres blanches. Le pignon de l'avant corps est en charpente apparente...Les pans coupés des angles de l'avant-corps, inspirés des bases de cheminée du XVe siècle, adoucissent les arêtes." De nos jours cette maison se retrouve très isolée sur le plan esthétique, coincée entre des édifices qui ne la mettent pas vraiment en valeur mais elle devait avoir fière allure au moment de sa construction !

11 rue de Robien, St Brieuc maison Art Nouveau. Photo RF

On ne sait ni qui en est l'architecte ni qui en est le premier propriétaire mais il pourrait s'agir d'un médecin. Par contre, on sait que la maison Art Nouveau de la rue de Robien a été construite en 1913 et qu'elle présente des similitudes avec la Villa Jeannette de 1907, située 98 boulevard des Anglais à Nantes.

La conception la maison nantaise est celle des architectes Ferdinand Ménard (1873-1958) et Emile Le Bot (1889) qui viennent alors de s’associer pour construire des villas à La Baule. Cette demeure à Nantes est inscrite au titre des Monuments historiques et labellisée « Patrimoine du XXe siècle ». Elle n’est pas sans rappeler des villas construites à Nancy à la même époque.

Philippe Bonnet et Daniel Le Couédic, dans leur ouvrage Architectures en Bretagne précisent :

« La grande baie en feuille de nénuphar reprend celle de la Villa Jeannette, à Nantes, qui avait été largement reproduite dans les albums d’architecture de l’époque »

Ci-dessous "Baie nénuphar" de Nantes à gauche et de Saint-Brieuc à droite
 
 Ci-dessous une autre "Baie nénuphar" à Nancy, Villa Les glycines, 5 rue des Brices
 
Image Google Earth. 2008

Ci-dessous une autre "Baie nénuphar" à Nancy, Maison Huot, 92 quai Claude Le Lorrain, 1903. Émile André architecte. Description complète ici


Mais plus généralement, on peut affirmer que c'est toute une partie de la maison de Robien qui est semblable à celle de Nantes.
 
Ci-dessous maison de Nantes à gauche et de Saint-Brieuc à droite


De même, la ressemblance est assez évidente avec la partie droite de la villa daté de 1913 Castel Jeannette, 56 avenue Wilson à Auray, conçue comme celle de Nantes par les architectes Ferdinand Ménard et Émile Le Bot.
 
Kastel Jeannette. Image Google Street

La Villa Ker-Roé conçue à Vannes vers 1905 (32 rue Albert 1er), présente également des similitudes. On ne connait pas son architecte...

Ker-Roé. Image Google Street

Villa Ker-Roé, Vannes, Photo RF, juin 2024

Villa Ker-Roé, Vannes. Photo RF juin 2024
Place Saint-Sauveur à Guingamp, la villa Ker Tonkinoise conçue par l'architecte Ange Dieulesaint en 1908 n'est pas si éloignée que ça de celle de Robien, une piste à creuser...
Image publiée dans le livre Architectures bretonnes du XXe siècle de Daniel Le Couadic. Éditions Palantes.

Plus proche de Saint-Brieuc encore, la villa du 9 rue de la mer à Plérin, située sur la route du phare du Légué n'est pas sans présenter des similitudes dans des motifs de boiseries et dans les arceaux en brique...

Villa 9 rue de la Mer à Plérin. Photo RF 2024
Les différents propriétaires de cette maison Art Nouveau de Robien

Cette maison a été achetée par M. Le Men dans les années 1970. M. Le Men sait qu'auparavant c'était le docteur Moy qui en était propriétaire. Le docteur Moy y vivait dans les années 60 et exerçait au rez-de-chaussée, dans la petite annexe à droite en regardant la maison. Cette annexe comprend une entrée, un cabinet de toilette sur la gauche et une salle de consultation qui donne sur le jardin.
(Dans les années 50-60, on trouve à Saint-Brieuc Adrien Moy, dont l'épouse est née Kermoal, président départemental de l'Ordre des médecins dans les Côtes-du-Nord dans les années 50. On a aussi Jacques Moy, médecin, marié avec Cécile Armand en avril 1953)
Naissance 5 juillet 1967 Ouest-France


Saint-Brieuc 4 mai 1953 Ouest-France


A ce sujet des recherches dans le journal Ouest-Eclair font apparaitre qu'un certain docteur René Chappel avait son cabinet de consultation rue de Robien en 1933. Est-ce de lui dont il s'agit ?
On sait aussi qu'en 1931, la famille LeBesq y habitait (Jean LeBesq, né en 1894 à Saint-Nazaire et Marie, son épouse, née en 1898 à Vitré).

Travail de ferronnerie, maison 11 rue de Robien. Photo RF


11 rue de Robien, maison Art Nouveau. Détails de portes et fenêtres. Photo RF



  
L'intérieur de la maison
Il reste quelques éléments d'époque dans cette maison des années 1900, par exemple le carrelage avec un motif tressé. La cheminée semble avoir été modifiée plus tardivement. La "baie nénuphar" est intéressante à voir de l'intérieur ainsi que les motifs en fer forgé de la porte d'entrée. Les propriétaires ont essayé de conserver les éléments anciens tout en apportant le confort qu'on peut attendre de fenêtres à double vitrage comme dans la partie sous toiture.

Cheminée au rez-de-chaussée. Photo RF

Baie-nénuphar vue de l'intérieur. Photo RF

Porte d'entrée vue de l'intérieur. Photo RF

Ouverture sous toiture vue de l'intérieur. Photo RF


Carrelage de la cuisine. Photo RF


Lavabo de la salle de bain. Photo RF

Trappe se soulevant pour accéder à la cave afin de stocker le charbon.

 
La maison côté jardin
 
La maison possède encore de nos jours un beau jardin à l'arrière, d'environ 600 m2 qui, autrefois, était très arboré avec des fruitiers. On y trouvait aussi un grand chenil.
La véranda donnait de très bons raisins, parait-il. 
Un petit appentis réserve des surprises pour les amateurs de briques Le Dû !
 
La maison côté jardin. Photo RF

Ancienne vigne dans le jardin

L'appentis. Photo RF

Un mur entier de briques estampillées Le Dû. Photo RF

 
Une maison remarquée en Bretagne
 
Cette maison fait l'objet d'une description précise dans l'ouvrage de référence Le patrimoine des Communes des Côtes d'Armor publié en 1996 :

Maison 1910-1913. Granit et brique, rue de Robien.
La première partie de la rue de Robien est réalisée en 1892. L’éclectisme de cette maison est révolutionnaire à l’époque dans les courbes et la forme des ouvertures. Au rez-de-chaussée, la baie du séjour est typique du modern style : tous les sommiers des baies ainsi que les clefs sont affirmés par des pierres blanches. Le pignon de l’avant corps est en charpente apparente. Le balcon en bois rappelle les villas du bord de mer. Les pans coupés des angles de l’avant-corps, inspirés des bases de cheminée du XVe siècle, adoucissent les arêtes.

En 1998, une photo de cette maison figurait en première page d'un dossier du journal municipal Le Griffon (numéro 146) ayant pour titre "Saint-Brieuc, terre d'accueil des architectes".
 
Le Griffon 1998

La maison de Robien figure aussi dans une mosaïque de 6 villas Art Nouveau en Bretagne, et le détail de la baie en forme de nénuphar est l'objet d'une photo particulière dans l'ouvrage de référence de Philippe Bonnet et Daniel Le Couédic, Architectures en Bretagne, paru en 2012.

Extrait de Architectures en Bretagne, Palantines
 
Il reste encore quelques mystères à éclaircir autour de l'origine de cette maison et de son architecte ; 
affaire à suivre...

La porte d'entrée du 11 rue de Robien, clef du mystère ? Photo RF

L'art nouveau à Saint-Brieuc

Une deuxième réalisation dans le style Art nouveau, 2 rue Renan à Saint-Brieuc, est l'oeuvre d’Édouard Ramonatxo.

Maison 2 rue Renan à St Brieuc. Photo RF 2021

L’architecte Edouard Jean-Joseph Ramonatxo (1869-1933) est né à Saint-Brieuc le 24 juin 1869. Après des études aux Beaux-Arts à Paris, il devient l’architecte de la ville de Pontivy. Edouard Ramonatxo multiplie les constructions dans le Morbihan mais n’oublie pas sa ville natale : il va construire, vers 1910, une maison dans le style Art nouveau, pour une personne de sa famille, rue Renan, dans le quartier St Michel.

Le couronnement de la porte est remarquable, les deux baies du rez-de-chaussée sont surmontées d’un décor en arc de cercle, les ferronneries portent également la marque de l’art nouveau. 

Portail 2 rue Renan à St Brieuc. Photo RF 2021

Les briques sont utilisées comme éléments de décor pour souligner les ouvertures. L’alternance entre le orange de la brique et le vert de briques émaillées sont une marque d’originalité. Les combles et les lucarnes restent dans un style traditionnel de l’époque.

La partie basse de la façade 2 rue Renan à St Brieuc. Photo RF 2021

Philippe Bonnet et Daniel Le Couédic, dans leur ouvrage Architectures en Bretagne nous en disent plus sur les influences de cet architecte : "Édouard Ramonatxo séjourna assez longuement à Bucarest, où il collabora avec Paul Gottereau au projet et à la réalisation du Palais de la Caisse des dépôts et consignations et de la Caisse d’Épargne (1902) et construisit plusieurs hôtels particuliers. Il était lié à Ion Mincu, un des maîtres de l'architecture roumaine au tournant du siècle..."

La famille Ramonatxo avait une certaine notoriété à Saint-Brieuc au début du XXe siècle, on retrouve différents membres dans la presse locale :

1911. Joseph Ramonatxo, pâtissier à Saint-Brieuc, né en 1830 dans les Pyrénées, décédé le 24 octobre 1911 à l'âge de 72 ans.

1915. Edouard, Sergent au 71e Régiment d'infanterie, décède 1915 à l'âge de 22 ans (avis dans Ouest-Eclair le 3 février 1915).  

1919. Pierre Ramonatxo, ancien pâtissier-confiseur de la rue du Champ de Mars, propriétaire à Saint-Brieuc fait partie des jurés titulaires de la première session des assises des Côtes-du-Nord en 1909, il décède le 21 septembre 1919.

1922. Enfin, Ouest-Eclair en 1922 fait part de l'émotion de nombreuses personnes à l'annonce du décès de Mme Ramonatxo, née Lucas-Horeilhan, veuve de l'ancien pâtissier : "Elle appartient à une vieille et honorable famille de notre cité."


D'autres articles pour compléter

Les maisons Art Déco du quartier de Robien, cliquer ici

Abécédaire des architectes du quartier de Robien, cliquer ici

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Sources

Architectures en Bretagne. Philippe Bonnet-Daniel Le Couédic, éditions Palantines, page 41

Journal municipal de Saint-Brieuc. Le Griffon, 1998, numéro 146

Merci à Christophe Gauffeny et Sophie Riguel, documentaliste, pour leur accueil au C.A.U.E des Côtes d'Armor en novembre 2021, afin de compléter les recherches sur cette maison.

Recherches aux Archives municipales et départementales.

Renseignements fournis par M. Le Men, propriétaire de la maison du 11 rue de Robien (entretien téléphonique avril 2020) et par ses fils (visite de la maison en mars 2023).

Le patrimoine des communes des Côtes d'Armor. Éditions Flohic, article page 1238.

Villa Ker-Roé à Vannes, inventaire du Patrimoine culturel en Bretagne, cliquer ici

Fiche sur Edouard Ramonaxo, sur e-monumen.net en cliquant ici

La maison de la rue de Robien et celle de la rue Renan font l’objet d’une description précise dans l’ouvrage Le Patrimoine des Communes des Côtes-d’Armor. Éditions Flohic.

Site PSS-ARCHI.UE, page sur Saint-Brieuc listant tous les immeubles de la ville avec le nom des architectes, la date de construction, la hauteur etc. cliquer ici

Cadastre : merci à Mary Simon des services de l'urbanisme de la Ville de St Brieuc.
 

Ouest-Eclair 28 août 1933, article mentionnant le docteur Chappel "Un enfant renversé et blessé par une auto".

Le docteur Chappel est décédé à 32 ans, il était marié avec Mme Lahaye de St Brieuc.

Ci-dessous, l'art nouveau en Bretagne dans un extrait du livre de Daniel Le Couédic, les architectes et l'idée bretonne. 


 


L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...