vendredi 4 octobre 2024

Les boxeurs, rue abbé Garnier à Robien. Jc-Ginger (le peintre) et Philippe Jouyaux (le boxeur). 1994.

 

Le boxeur, rue abbé Garnier Saint-Brieuc. © Photo R.Fortat 11 février 2020

A la vue de la peinture murale sur le pignon du Sporting club, on peut deviner quelle activité se pratique à l'intérieur !

L’artiste Jc-Ginger Poujoulet (appelé Ginger) est l’auteur de cette peinture murale, en noir et blanc, « Le boxeur » qui orne le pignon de la salle de boxe, rue Abbé Garnier dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc.

Fresque des boxeurs, rue abbé Garnier. © Photo RF

Le boxeur représenté est Philippe Jouyaux, un briochin qui s’est illustré dans les championnats amateurs, au début des années 90. 

Trophée Philippe Jouyaux. S.C.B. © Photo RF

 

Cette oeuvre est inaugurée en décembre 1994. L’adjointe Françoise Trabut rappelle à cette occasion que ce projet se situe aussi dans le cadre de la prévention de la délinquance. Le boxeur Philippe Jouyaux, un des deux boxeurs servant de modèle, est présent aux côtés de l’artiste lors de l'inauguration.

Inauguration avec Françoise Trabut, Abderak Guaga, Jc-Ginger et Philippe Jouyaux. Décembre 1994. Photo Ouest-France

 

Retour sur la carrière de Jc-Ginger

D'abord musicien, Ginger a aussi été officier dans la marine marchande pendant six ans, puis a commencé à faire de la décoration avec un premier essai dans un restaurant de Guingamp. 

Dans les années 90, Françoise Trabut, adjointe à la jeunesse à la mairie de Saint-Brieuc, lui propose alors de réaliser des oeuvres sur les murs de la ville avec des jeunes des quartiers de la ville. Il travaille avec René Boizard, éducateur à la Protection judiciaire de la jeunesse et monte un projet avec six jeunes pré-délinquants. Il explique qu'il a d'abord fait "une quarantaine de maquettes avec des gamins en faisant des découpages et des montages à la photocopieuse." Le travail sur un échafaudage de 14 mètres n'est pas facile mais au bout d'un mois et demi c'est une réussite totale.


Avant "Les boxeurs" en 1994, Jc-Ginger a conçu une autre peinture murale qui a été très célèbre, appelée « Les jambes ». Réalisée en 1991, on a pu la voir jusqu'en 2020 depuis le parking Poulain-Corbion, proche de la mairie. 

En 1991, quand la peinture était encore presque fraiche !

 
Au moment de la réalisation des Jambes en 1991. Photo Ouest-France

Jc-Ginger. Ouest-France 25 juillet 2008.

 
Les jambes. © Photo R.F février 2020

Après avoir laissé une dizaine d’œuvres à Saint-Brieuc, Jc-Ginger est parti en Argentine où il a réalisé de peintures de rues et des décors pour des publicités.



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Si vous souhaitez partager d'autres renseignements sur Jc-Ginger et ses oeuvres, merci de nous contacter avec le formulaire du site...

Sources

Ouest-France 25 juillet 2008, un article de Yann Léon. 

A propos de la peinture des boxeurs : Exposition "Just do paint" 2019, à l’Hôtel des Ducs de Bretagne. Kevin Magi, président du Comité de quartier du centre-ville de St Brieuc, en a assuré les visites.

Article sur l'histoire de la boxe à Robien, dans ce blog, cliquer ici

Facebook Jc-Ginger, cliquer ici


vendredi 13 septembre 2024

Richard Waïda (1921-1978), boxeur

Richard Waïda est né le 4 juin 1921 à Duisbourg (Allemagne). Il est connu pour avoir fait carrière dans la boxe dans les années 40.


Famille
Ses parents, Joseph Waïda et Émilie Pauline Kittel sont polonais. Ils se marient en Allemagne en juin 1915 et obtiennent la nationalité française en octobre 1932. Ils ont alors quatre enfants : Rufin, Élisabeth, Richard et Émile (qui sera footballeur à Reims (portrait en cliquant ici). Émile est décédé à saint-Raphaël dans le Var en 2007.

 

Élément du dossier de naturalisation de Joseph Waida, père de Richard Waïda

Le décret de naturalisation de Joseph Waïda  parait au Journal Officiel le 9 octobre 1932.


 Au mois d’août 1944, son frère Rufin est exécuté à Verzenay (près de Reims), Son nom figure sur le monument aux martyrs de la Résistance de Reims. Son histoire est racontée sur le site Le Maitron (cliquer ici)

Rufin Waïda, site Le Maitron


Le parcours de Richard Waïda dans le monde de la boxe

Richard Waïda passe par l’école de boxe de Douai. Il y est au moins jusqu’en 1938/1939.
Il sera aussi élève de Marcel Thil au R.R.C (Ring Régional de Champagne) de Reims (voir la fiche Wikipédia du R.R.C ici).

Le 16 février 1943 L'echo de Nancy nous informe qu'il bat Wirisch aux points.

Le 11 octobre 1943, on apprend dans L'écho du sport que "Waïda (Reims), léger, a été déclaré vainqueur de Bedin (Cloche des Halles) après un match très serré."

Le 21 octobre 1943 Ouest-Eclair relate la demi-finale zone Nord du 23e Challenge de « L’Auto » à Paris. La Bretagne est représentée par cinq des meilleurs boxeurs dont Le Parc et Le Page de Saint-Brieuc. Un journaliste écrit : "En « légers », la victoire remportée sur le champion Waïda par le briochin Le Parc confirme, une fois de plus, la forme actuellement détenue par le poulain de notre ami Roger Le Bert."



Le 2 décembre 1943, il bat Egelthinger aux points à Nancy.

L'Echo de Nancy  dans son édition du 22 février 1944 nous apprend que Richard Waïda est engagé dans le quart de finale du championnat de France pour sa catégorie et qu'il vient de battre Garette aux points.

Richard Waïda devient champion de France de boxe (amateur), catégorie poids légers en mars 1944 en battant le grenoblois Maserati aux points. Ce combat est résumé dans le journal Le radical de Marseille : "Maserati fait d'abord une bonne impression de mobilité et de boxe pure. Mais au deuxième round, il est sévèrement touché. Il va à terre deux fois pour ! et 9 secondes. Le grenoblois se reprend un peu au dernier round mais il est nettement battu par Waïda, robuste et solide battant."

Journal Le Cri du peuple du 6 mars 1944

 
Le Matin 18 mars 1944

 Il passe professionnel en juillet 1944.

Journal Le Petit Parisien du 12 juillet 1944

Le journal L'Auto dans sa une du 13 juillet 1944 retient le nom de Waïda comme celui d'un espoir de la boxe qui devrait percer !


Vie personnelle

Richard Waïda a épousé Christiane Bernadette Poulet à Reims (date du mariage inconnue à ce jour). Ils auront cinq enfants : Michel, Philippe Richard (né en 1952 et décédé en 1975 à Reims, avis publié le 2 août 1975), Claire, Alain et Annie sont tous deux décédés mais leurs dates de naissance et de décès restent inconnues à ce jour.

Richard Waïda est décédé le 3 avril 1978 à Mérinville dans le Loiret. Christiane Waïda, née Poulet, est décédée à Reims en 2023 à l'âge de 96 ans.

 

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A lire en complément sur ce blog

La boxe à Robien, cliquer ici

 

Sources
Courriers échangés en septembre 2024 avec Fannie Jardon .

Articles de presse

Le radical de Marseille, sur Gallica, ici

L'Auto, 1944, ici

Site Généanet, fiche sur Richard Waïda, cliquer ici

Archives Reims Football, fiche sur Waïda Émile

 

vendredi 6 septembre 2024

L'histoire de la rue François Villon, ex Chemin de la Poudrière à Robien

 

Une rue à la limite du quartier Robien

La rue François Villon n’est pas très connue, elle est située à l’extrémité sud du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Les promeneurs l’aperçoivent sur leur droite quand ils descendent la rue Louis Blanc pour aller à l’étang de Robien. Elle est séparée de la rue Chapelain de la Ville Guérin par une mince bande de terrain.

Rue François Villon à St Brieuc. Photo RF

Vue aérienne. Rue François Villon et rue Chapelain de la ville Guérin à St Brieuc. 

 

 

La poudrière

Cette rue s'est appelée "chemin de la Poudrière" ou "sentier de la poudrière". Ce nom de "poudrière" vient du fait qu'il y avait un entrepôt de poudre sur le côté droit du chemin, en montant de l'étang. Celui-ci était gardé par des militaires encore au début du siècle. Il fut abandonné par l'armée beaucoup plus tard.
Les habitants des premières maisons du secteur vivaient-elles en sécurité à côté de ce dépôt de munitions? Nous n'avons malheureusement pas de témoins pour en parler !
 
Nous ne savons pas non plus si ce dépôt contenait encore des munitions quand les premières maisons ont été construites...
Quelques maisons sont bâties dans cette rue sur le côté droit en montant. La poudrière se situait plus bas que la première maison. 
 
A l’origine ce terrain était assez plat, le roc le limitait côté nord.
Il faut aussi imaginer que le chemin de la poudrière n’était pas très large et qu’il n’y avait pas cet espace remblayé et aplani pour les besoins de stationnement de l’usine Saint-Brieuc Fonderie.
 
Le chemin donnait à pic sur le ruisseau du Gouëdic et un petit sentier y descendait en partant du sentier de la poudrière comme on le voit sur le plan ci-dessous.
On remarque aussi qu'un mention "Rue à créer" est déjà portée sur le plan à cette époque. Ce sera la rue Chapelain de la Ville Guérin, mais il faudra attendre 1959-1960.
 
Acte de vente avec mention "chemin de la poudrière". Document de Mme Bigot


Cette photo aérienne des années 40 montre bien la présence de la poudrière et du chemin la contournant.

Photo aérienne, années 40. Archives municipales.

 
 
Encore au début des années 60, des témoins oculaires se souviennent de cet édifice qu'ils décrivent comme une sorte de construction simple, en pierres, de taille moyenne (3 mètres de haut) et de forme plutôt cubique. 
 

Le lotissement de la Poudrière 1926

En 1926, Armand Béziers de Lafosse (né en 1894) vend un terrain à M et Mme Lejeune. Constant Lejeune est employé au chemin de fer et habite avec son épouse à Robien, au lieu-dit « Le Coucou ». 
 
Comme l’indique le plan dans l’acte de vente, dans cette « rue », il n’y a que trois parcelles : la maison située le plus en haut de la rue est celle de M. Mesléard, suivie de celle de M. Ernest Roy (la plus grande parcelle).
Ernest Roy possédait une scierie dans le quartier, rue André Gide, avant que M. Aubin la reprenne.
Enfin, la dernière parcelle de 300 m2 est vendue à M. Constant Lejeune. Ces terrains ont la particularité d’être situés sur deux niveaux : un niveau bas, au niveau du chemin de la Poudrière, et un niveau haut qui donne dans ce qui sera plus tard la rue Chapelain de la Ville Guérin. (voir la photo aérienne).
 

Plan avec la mention "chemin de la Poudrière". Document Mme Bigot


Ci-dessous, sur cette partie d'un plan de 1936 concernant le Lotissement de la ferme du Clos à Robien, on distingue un rectangle le long d'un chemin, tout en bas de l'image, c'est la poudrière  !

Plan 1936. Archives départementales 22. Dossier 5M 89.



Un nouveau nom en deux temps !

A la toute fin des années 50, des travaux d'assainissements des eaux sont entrepris par la municipalité dans ce secteur. Le chemin de la Poudrière est aligné et la poudrière détruite. 
Le 5 février 1959, une délibération transforme "le passage du Pont des Villes Moisans vers la Poudière" en lui donnant un nouveau nom : la rue des Villes Moisan.
Malheureusement, dans la même période une autre rue des Villes Moisan venait d'être donnée sur la commune de Ploufragan dans le prolongement de la rue Jules Ferry.
Les confusions étaient incessantes, des personnes se retrouvaient désorientées et au niveau du courrier le problème était insoluble. Edgard Soufflet, qui habitait dans cette rue et en subissait directement des désagréments, souffla à un conseiller municipal du quartier de donner le nom du poète rebelle François Villon.

C'est ce qui fut fait : le 9 avril 1963, une délibération du Conseil municipal, donna le nom de rue François Villon


Le site de la poudrière à l'heure actuelle.

De nos jours la végétation a tout envahi le site de l'ancienne poudrière et en particulier un gros chêne a poussé. La végétation et la terre, visibles aujourd’hui, sont le résultat de l’érosion et de terres des jardins de la rue Chapelain de la Ville Guérin.

Le bas de la rue François Villon à St Brieuc. Photo RF



La rue François Villon aujourd'hui

 
A l’heure actuelle il n’y a que 6 maisons dans cette rue mais seules celles des numéros 2 et 4 sont les maisons des années 20. C’est Mme Bigot, habitante actuelle du numéro 2 de la rue depuis 1991, qui a eu l’amabilité de nous donner connaissance de son acte de vente. Mme Bigot a su tirer admirablement profit de l’emplacement très particulier de sa maison et de son terrain sur deux niveaux. 
 

Maison de Mme Bigot, avant rénovation, 2 Rue François Villon
Jardin-terrasse de Mme Bigot, construit sur le roc. Photo RF

Jardin-terrasse de Mme Bigot, construit sur le roc, 2 Rue François Villon à St Brieuc. Photo RF

 

 La plus proche de la rue Jules Ferry porte le numéro 12.

Les maisons aux numéros 10, 8 et 6 sont des maisons mitoyennes anciennes ayant été rénovées dans les années 70-80.

Juste derrière ces maisons se trouvait un groupe de trois baraquements en sapin, couvert de bitume, appartenant à M. Jean Jouy. Il en habitait un et louait les autres. Les bâtiments en péril ont été détruits entre 1980 et 1990.

 

Le saviez-vous ?


Le nom de Béziers Lafosse revient souvent dans l'histoire du quartier de Robien, pas seulement par le nom de la rue mais parce que la famille possédait une grande partie des terrains dans la partie sud de Robien.
Le terrain vendu, dans le cadre de ce petit lotissement de 1926 de la Poudrière, n’est qu’une petite parcelle (numéro 455 de la section D) de ce qui était avant appelé « La ferme du Clos » appartenant à Mme Louis Blaize depuis 1898.
M. Louis Blaize (père de M. Emile Blaize) l’avait acquis le 6 janvier 1857.
 
M. Béziers Lafosse est veuf en premier mariage de Mme Rose Marie Jarnouen de Villatray et en deuxième mariage de Mme Louise Marie Félicité Alexandrine Blaize.
Avec Mme Blaize il a eu deux enfants dont l’un est décédé (c’est le Sergent Béziers Lafosse qui a donné son nom à la rue). L’autre enfant est le vendeur du terrain. Il s’agit de Armand Édouard Hippolyte Béziers Lafosse (né en 1894), docteur en droit, juge honoraire, demeurant Pordic, villa Ker Joseph.
 

Acte de vente. 1926. St Brieuc. Photo RF


Le saviez-vous ?

Au numéro 2, au-dessus de l'ex Poudrière, se trouvait Théodore Bon, Facteur de Robien-sud et voisin d’Ernest Roy.


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Sources

Acte notarié de 1926, vente d'un terrain entre M. Armand Béziers Lafosse et M et Mme Lejeune. Document de Mme Bigot.

Les rues de Saint-Brieuc, leur histoire, leurs curiosités ». 1947, J. B. Illio.

Entretiens avec Mme Bigot, habitante de la maison du 2 rue François Villon.

 

Merci pour ses renseignements très précis à Dominique Soufflet, né en 1952 rue du Pré-Chesnay et arrivé dans cette rue en 1954, au numéro 12. Dominique fait également remarquer des erreurs de Google Earth sur la numérotation comme le numéro 6 après le 26 au croisement de la rue Chapelain et de la rue François Villon.

 

Délibérations du conseil municipal en ligne sur le site des Archives municipales : 5 février 1959 (rue des Villes Moisans), 9 avril 1963 (Rue François Villon).

 

Témoignage de Claudine Rizzo (souvenirs de la poudrière), mai 2020.

Renseignements fournis par Christian Pinçon à propos de son grand-père M. Ernest Roy.

 

 

 

 

jeudi 5 septembre 2024

Histoire de la maison Buffereau, architecte Michel Velly, 28 boulevard Hoche à Saint-Brieuc

Maison Buffereau, 28 boulevard Hoche. Photo RF Janvier 2024

Au numéro 28 du boulevard Hoche, derrière une palissade en bois noir, se cache une maison réalisée par Michel Velly, un architecte briochin des années 1980-1990. Elle est appelée Maison Buffereau, du nom de son propriétaire ; sa construction est de 1986. La première proposition de l'architecte était une construction avec un bardage bois extérieur mais c'était du "déjà vu" et la décision a été rapide : "On refait tout!".

Maison Buffereau, 28 boulevard Hoche. Photo RF 2022

La maison Buffereau a été construite bien en retrait du boulevard, à 15,01 mètres de la voie publique, pourquoi une telle précision ? C'est en fait pour ne pas être soumise aux contraintes des règles de l’urbanisme.


Les extérieurs

On comprend mieux cette volonté de ne pas être soumis à l'obligation de faire une maison "comme les autres" lorsque l'on découvre la façade sud, composée d’un carrelage extérieur blanc à modèle unique de 20 cm sur 20 cm.
La baie vitrée est dans la même proportion que la suite de vitrages rectangulaires.
Les deux terrasse en bois, au nord et au sud, sont constituées de quatre carrés identiques. Celui au sud possède un carré d’eau et celui au nord d’un carré de végétaux.

Extérieurs côté nord, quatre carrés dont un végétalisé. Photo RF janvier 2024

Sur le côté ouest, une butte a été créée pour rattraper la dénivellation entre les deux terrains mitoyens.

Le mur de clôture situé au sud a été volontairement démoli en partie sur le faitage et d’une manière irrégulière. Alors que ce signe extérieur de propriété est quasiment toujours tiré au cordeau, cette option radicale, choisie par l'architecte, est importante à mentionner.

Mur donnant sur le boulevard Hoche.


Et l'intérieur ?

Que se cache-t-il derrière cette énigmatique entrée en chicane qui ne laisse rien paraitre ? La porte d’entrée est à l'abri des regards et protégée des intempéries.

La première impression qui se dégage est le minimalisme. Pas d'accumulation d'objets, peu d'éléments décoratifs mais un ensemble cohérent épuré, en noir et blanc. 

La menuiserie intérieure pour le coin cuisine a été fabriquée par un artisan local, M. Fraboulet de Trévé. Les proportions sont celles d’un carré d’1,80 m sur 1,80 m.

Le salon est éclairé en lumière naturelle par les grandes baies vitrées. La cuisine, et le couloir, sont éclairés par des puits de lumière.

La construction tient compte de la contrainte d'un terrain tout en longueur.

La présence d’un mur aveugle, très haut en mitoyenneté (Établissement éducatif Roc’h Bihan), est également très importante. 

En fonction de ces contraintes, le choix se porte alors sur une enfilade, avec une salle de bain, trois chambres et un coin jeu pour les enfants à l’extrémité du bâtiment au nord.
Cette enfilade de chambres, quasi monastiques, est complétée par une autre enfilade, celle de rangements de plus de vingt mètres de long et soixante centimètres de largeur qui montent  jusqu’au plafond et sont cachés par des tentures.

 

La maison, objet d'étude

Cette maison atypique fait l'objet d'une fiche descriptive dans l'ouvrage Saint-Brieuc, de l’après-guerre à nos jours, une réalisation de l’École d’architecture de Bretagne.

Les auteurs soulignent l'importance du seuil avec le bassin et le caillebotis en bois suivant une trame précise, de la façade revêtue de carreaux blancs. Ils concluent : "Tout en s'insérant parfaitement au quartier, cette maison tranche radicalement avec la logique résidentielle connue."

Photo extraite de Saint-Brieuc, de l’après-guerre à nos jours.

La maison Buffereau est également présentée dans l'ouvrage Architectures en Bretagne de Philippe Bonnet-Daniel Le Couédic.



Une autre réalisation de Michel Velly

On retrouve des points de similitudes entre la Maison Buffereau et le projet conçu par Michel Velly pour la mairie du Foeil dans les Côtes d'Armor.

Michel Velly, mairie Le Foeil 1989-1995. Photo crédit Michel Denancé

Michel Velly, mairie Le Foeil 1989-1995. Photo Google Street 2009
Un Prix pour Michel Velly. 7 novembre 1994 Ouest-France


Petite confidence...

Une trame en architecture est un réseau constitué par la répétition d'éléments de dimensions égales, formant une sorte de quadrillage. La trame permet d’exprimer l’unité et la continuité entre espace interne et espace externe, permet d’établir les circulations, l’articulation et l’emboîtement des espaces selon toutes les possibilités. A l’époque où le groupe Supertramp était très à la mode, l’architecte Michel Velly était surnommé Supertrame !

 

L'art du paradoxe

Michel Velly aime manier les paradoxes en architecture comme quand il déclare partir du principe "Moins, c'est plus". C'est ce qui l'animait quand "il a balayé d'un coup de crayon toute fioriture" pour réaliser un vaste ensemble fonctionnel à Yffiniac en 1993.

Michel Velly sur le chantier à Yffiniac. 16 décembre 1993 Ouest-France


Conclusion

Il est assez rare de pouvoir découvrir une maison où l'on ressent une telle cohérence. Tout y est pensé, ordonnancé, réalisé avec soin. Mais cela n'a pas empêché l'évolution de cette habitation au fur et à mesure des années. Nichée à l'abri des regards, le long du boulevard Hoche à Robien avec ses maisons de ville, cette habitation ne s'inscrit pas dans la continuité.

Et le pari est totalement réussi par J.P Buffereau et son architecte qui ont fait le choix d'un geste architectural de rupture.

 

A lire dans ce blog

Maisons contemporaines, maisons d'architectes à Robien, cliquer ici

Abécédaire des architectes à Robien, ici

 

Vos remarques et questions avec le formulaire de contact en haut à droite du blog.

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Sources

Renseignements fournis par Jean-Philippe Buffereau, propriétaire de la maison du 28 boulevard Hoche (visite de la maison en janvier 2024). Un très grand merci pour toutes les précisions apportées ce jour-là à propos de ce véritable concept architectural.

Extrait d'une monographie de la collection de l’Institut français d’Architecture : Gros plan 10 - Michel Velly, édité en 1991. Maison du 28 boulevard Hoche. 

Saint-Brieuc, de l’après-guerre à nos jours. Analyse du patrimoine architectural et urbain. Réalisation de l’École d’architecture de Bretagne. Janvier 1994. Fiche RE.8.
 

Architectures en Bretagne. Philippe Bonnet-Daniel Le Couédic, éditions Palantines, page 310.

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...