samedi 5 avril 2025

Maisons réutilisant du patrimoine industriel ou commercial à Robien, quartier sud de Saint-Brieuc


Le quartier de Robien, au sud de Saint-Brieuc, ne manque pas d'exemples de reconversion d'anciens locaux industriels ou commerciaux. 
Petit tour d'horizon...

Ancien garage Laurent, boulevard Hoche

Au 115 boulevard Hoche (en face de l'actuelle Sécurité Sociale), on trouvait en 1923 la Société Générale des huiles et pétroles, puis il y a eu le Dépôt de liquides inflammables (D.L.I.). Après la fin de Société Interfuel SN (en 1990), deux activités ont été domiciliées au 115  boulevard Hoche. La Compagnie des éléphants (théâtre), déjà en activité en 1996, a eu son siège au 115 boulevard Hoche.

Au début 96, Robien, la troupe de théâtre appelée "La Compagnie des Éléphants" de Pascal Deldin avait son local au 115 boulevard Hoche, dans un entrepôt désaffecté. Pascal Deldin était un collaborateur de Roland Fichet, du Théâtre de la Folle Pensée. Il avait créé sa propre compagnie de théâtre pour enfants en 1995. Dans la troupe, on trouvait aussi Catherine Guernion, Anne-Sophie Conan et Thérèse Jaslet (ces deux dernières sont ci-dessous en photo).

Représentation de La Baleine. Photo Ouest-France

La compagnie pouvait donner des spectacles boulevard Hoche, avec un nombre de places limitées, comme en octobre 1996 et mai 1997 où la pièce La Baleine avait été présentée, avant de partir en tournée dans les écoles et salles de spectacle du département.

La compagnie a ensuite effectué un déplacement au 12 rue Voltaire à Saint-Brieuc.


Le 28 septembre 2012 a été créée la compagnie Néon Citronnade, son activité était le spectacle vivant et était domiciliée au 115. L’association permettait alors d’organiser des concerts et de développer les activités des groupes suivants : Sbrbs, The 1969 club, Bops, Hermann Lopez… Sous les locaux se trouvaient des cuves...

C'est au 115 boulevard Hoche qu'est né Le Café du Dimanche en août 2015. 

Malgré la fermeture du café, la partie habitation existe toujours. Juste à côté, un autre logement d’habitation était aussi à l’origine une partie du garage Laurent. 
 
Boulevard Hoche. L'ancien garage transformé, emplacement du Café du Dimanche. Photo RF
Le café du dimanche. 21 août 2015, Ouest-France.
Boulevard Hoche. Une autre partie de l'ancien garage transformé en maison d'habitation. Photo RF


 
 
Ancienne torréfaction, puis entrepôt des Nouvelles Galeries, 7 Rue de Robien

Cet espace était au départ une torréfaction et un entrepôt. Plus tard, le local est devenu un entrepôt des Nouvelles Galeries de Saint-Brieuc. La grande porte de garage permettait la descente de camions. Au 7 rue de Robien, ce lieu bénéficiant d'un volume exceptionnel en hauteur a permis d'y créer un endroit de spectacle. Philippe Saumont s'y est installé à partir de 2009 avec sa compagnie, Le Théâtre des Tarabates, et il y est resté plusieurs années et a vendu en 2019..."Le Théâtre de l'Endive" de Nicolas Saumont, créé en 2012,  était également domicilié à cette adresse.

Philippe Saumont raconte dans quel état il a trouvé ce local en 2009 : " Quand je suis arrivé, il n’y avait rien, ni fenêtre ni porte, ni eau ni électricité. J’ai tout fait moi-même, avec mon fils Geoffrey, sauf la plomberie et le gros œuvre. Le local était cloisonné et je suis rentré pour la première fois par le plafond du local poubelle. Il y avait énormément de vieux trucs que nous avons vidés une fois les ouvertures faites. J’ai fait aussi une salle de bain, une cuisine et un toilette handicapé au rez-de-chaussée pour les éventuels publics. Au sous-sol c’était la chaufferie en état de cave. Des dalles ont été faites ainsi que des escaliers en béton. 

AVANT, en 2008

 
APRES, en 2010

Quand j’ai vu le volume, j’ai tout de suite imaginé un théâtre pour y travailler les créations. Je m’en servais de lieu de travail avec une salle de 50 places, un atelier au sous-sol de 100 m2 et une partie habitation sur 80 mètres carrés. C’était un lieu de création avant tout et un lieu de résidence que je prêtais à des compagnies pour travailler et créer des spectacles.

Bref, c'était un sacré chantier mais ça valait le coup. C’est parce que je ne savais pas que c’était impossible que je l’ai fait".(Échanges sur Messenger, 30 mars 2025)

30 mai 2014 Ouest-France

Ce lieu atypique a été repris en mars 2019 par Swan Thomas qui lui a redonné vie avec une programmation surtout musicale. Le nom du lieu est Au P'tit Robien.

Stage de marionnettes au Petit Théâtre

Les pages jaunes signalent, mais sans donner de dates qu'une autre association aurait été installée au 7 rue de Robien : "Plaisir D'Orient est une association culturelle et de loisirs située au 7 rue Robien à Saint Brieuc. Elle propose diverses activités ayant pour objectif de promouvoir la culture orientale et de favoriser les échanges interculturels. Les membres peuvent participer à des cours de danse, de musique, de cuisine et de calligraphie, ainsi qu'à des événements organisés par l'association tels que des spectacles et des soirées culturelles".
 
Article complet sur Philippe Saumont, à lire ici
 
 
Ancien local rue Lemonnier
 
A l'écart, dans une cour intérieure entre le boulevard Hoche et la rue Lemonnier un grand bâtiment en briques apparentes est ce qui reste des vastes établissements de récupération Pradat.

Ce bâtiment a été reconverti en plusieurs appartements se situant au dessus de garages. La toiture en zinc offre des ouvertures qui permettent d’apporter de la lumière à l'étage. Des balcons métalliques contemporains ont été ajoutés sur la façade ouest.

Entrée arrière, boulevard Hoche. Photo RF


Vue aérienne du bâtiment entre le bld Hoche et la rue Lemonnier


 
Ancien commerce de récupération, 8 rue Lemonnier
Au 8 de la rue Lemonnier, un bâtiment est reconverti en habitation. C’est un bâtiment commercial des années 20 (1925), dont la première destination était le commerce des peaux de renards et la seconde la récupération de ferraille et autres matériaux (Entreprise de Ludovic Le Gall). Deux amis ont racheté ce local il y a quelques années et l’ont divisé pour en faire deux logements. Ils ont abattu le fond de la construction et apporté de la terre pour créer les deux jardins. 
 
8 Rue Lemonnier. Photo RF 2021

Vue aérienne des deux habitations avec les jardins à l'arrière

 

Ancienne entreprise « Armor Étanchéité », rue André Gide

Rue André Gide, juste à côté du traiteur Ferchal, une partie du bâtiment de l’entreprise « Armor Étanchéité » (puis Imprimerie Jacq) est reconvertie en deux appartements depuis 2019. M Ferchal nous apprend que c'était la réserve de l'ancienne épicerie qui se trouvait à l'emplacement actuel du salon de coiffure. L'épicerie était sur la rue Jules Ferry mais sa réserve donnait sur la rue André Gide.
 
Rue André Gide. Photo RF


Ancien dépôt des P.T.T, 7 rue de l'Ondine

Au 7 rue de l’Ondine se trouve un bâtiment en briques et poutres métalliques apparentes, transformé en maison particulière. C'était un ancien dépôt des P.T.T construit dans les années 30. 

Nous possédons quelques renseignements car le 5 septembre 1932, M. Louis Crescenci, directeur des Postes et Télégraphes des Côtes-du-Nord, adressa au préfet une demande concernant le dépôt d’essence installé dans le bâtiment servant à la fois de magasin et de garage.

Le directeur précisait dans son courrier : « trois véhicules automobiles sont affectés aux services des constructions et dérangements des lignes téléphoniques et à la poste automobile rurale ». L’utilisation de ces véhicules nécessite un approvisionnement en essence par fûts de 200 litres.

L’intérêt pour nous réside dans les plans trouvés aux archives départementales qui sont joints à cette demande d’autorisation (voir les autres plans dans l'article consacré à la Rue de L'Ondine).

 
Rue de l'Ondine. Photo RF

Dépôt P.T.T rue de l'Ondine. Série M. 5M89 installations classées. Archives départementales.

 
 
 
Anciens établissements Le Feuvre, impasse Jules Ferry
Dans la rue Jules Ferry, au bout d’une petite impasse du même nom, proche de l’agence du Crédit Agricole, un bâtiment des anciens établissements Lefeuvre (fabriquant de caravanes) a été transformé et rénové pour accueillir cinq appartements, tous au rez-de-chaussée. Un très grand garage couvert a été conservé. L’ensemble est bardé de panneaux métalliques.

Impasse Jules Ferry. Photo RF

Vue aérienne de l'impasse Jules Ferry

 
 
Local, 9 rue Danton
 
Une maison contemporaine originale se trouve face au garage Peugeot, dans la rue Danton, au numéro 9. Le caractère industriel est marqué par l’emploi d’un habillage métallique sur le pignon ouest et de plaques d’acier vieilli sur le côté rue.
 

Rue Danton. Photo RF
 
 
Local 5 Rue de Trefois
 
Au numéro 5 B de la rue de Trefois, une très belle façade sur rue est la partie visible d’un projet de rénovation d’un bâtiment caractéristique de l’art-déco. 
 
Le permis de construire a été déposé le 27 décembre 1949 par M. Mérienne pour construire un atelier.
 

Rue de Tréfois. Photo RF



1949. Demande de permis de construire. M. Mérienne. 2 T 76 Archives municipales.

 
 
1949. Demande de permis de construire. M. Mérienne. 2 T 76 Archives municipales.

 
1949. Demande de permis de construire. M. Mérienne. 2 T 76 Archives municipales.

 
D’une certaine manière, on peut aussi considérer que de nombreux bars-restaurants du quartier sont aussi des exemples de reconversion d’un lieu de commerce en habitation. On ne pourrait tous les citer puisque des 27 bars recensés, il ne reste plus guère d’établissements qui ont gardé une fonction commerciale (bar ou restaurant). 
 
Ce petit tour d’horizon montre comment un quartier ne cesse de se recréer en revivifiant les formes héritées du passé pour les adapter aux besoins et aux désirs du présent.


Racontez-nous votre maison

Si vous habitez dans un ancien local commercial ou industriel du quartier, racontez nous l’histoire de ce bâtiment et comment vous y vivez :

Pouvez-vous nous dire les dates de construction du bâtiment d'origine et celles de la rénovation?
Si vous êtes le propriétaire, à qui avez-vous fait appel pour la reconversion du bâtiment et pour sa rénovation ? Etes-vous satisfait d’habiter dans un ancien bâtiment industriel ? S’est-il passé des événements importants dans ce bâtiment ? Reste-t-il des éléments de ce passé industriel ou commercial? Lesquels ? Comment cette maison a-t-elle évolué au fil du temps (extension) ? Etes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?

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Autres articles à lire

Les établissements de récupération Pradat, rue Lemonnier, cliquer ici

Caravanes Lefeuvre, cliquer ici

Le Gall, récupérateur rue Lemonnier, ici

Histoire de la rue de l'Ondine (dépôt P.T.T et autres curiosités),cliquer ici

Les garages de Robien, cliquer ici

 

 

Sources

Documentation accessible sur le blog du C.A.R. Anciens journaux du Comité d'Animation Robien

 

Renseignements fournis par David Gobé pour sa maison du 8 de la rue Lemonnier.

 
Renseignements fournis par M. Ferchal pour ses appartements de la rue André Gide.
 
Permis de construire 1949. Rue de Tréfois. Archives municipales

 

Avec les contributions de Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Xavier Pageot, Claude Le Sayec, Mary Simon, Guillaume Agouf...

 

 

 

samedi 29 mars 2025

"Voyages et témoignages", conférences à Saint-Brieuc (Robien, Cesson ...), 1988-1999

A partir de 1988 un cycle "Voyages et témoignages" s’est déroulé dans les quartiers de Saint-Brieuc. En ce qui concerne la quartier de Robien les soirées se passaient dans la petite salle de Robien. Le rythme était d’une soirée par mois. L’organisation reposait alors sur le comité de quartier de Robien, Pierre Fenard, du service culture de la Ville de Saint-Brieuc, assurait la promotion et le suivi de ces conférences dans le journal Le Télégramme. Ouest-France annonçait également ces manifestations mais avec moins de présence sur place.

Louis Bocquenet au retour du Laos, 1991


Liste des conférences

A Robien, le 25 octobre 1991, Louis Bocquenet et Theu Tran Van, évoquaient le Laos.
Le 25 novembre 1991, Christiane Pawlowski et Anne-Marie Thierry ont présenté « Retour en Pologne » (80 personnes présentes).
Le 13 décembre 1991, Roger et Mariannick Moisan, parlaient de l’Irlande.
Le 17 janvier 1992, Claude  Sichez, professeur de chinois à Saint-Brieuc, avait beaucoup de choses à dire sur la Chine.
Le 7 février 1992, Guido Lopez, intervenait en tant que musicien Bolivien.

Le 4 décembre 1992, il était question du Yémen avec Nicole et Dominique Carliez, et Michel Pommarède, journaliste.

Le Télégramme, article P. Fenard
1991 Le Télégramme. Article P. Fenard
 

1992 17 janvier Ouest-France

Les conférences dans d'autres quartiers

Des conférences dans le cadre de "Voyage et témoignages" se déroulaient dans d'autres quartiers de Saint-Brieuc comme en témoigne un article du Télégramme daté du 8 décembre 1990. Jean-Louis Lutz intervenait alors à la salle Courteline à la Ville Hellio sur les cirques dans le monde.

1990 8 décembre. Le Télégramme, archive Pierre Fenard

 

Ouest-France du 26 janvier 1990 annonce la soirée à venir à Cesson avec en particulier les films de Jean-Pierre Le Dantec et Patrick Prado.

1990 26 janvier Ouest-France
En novembre 1993 à la Ville-Jouha, Fabrice Picard raconte sa remontée de la Volga...

1993 22 novembre Ouest-France.

1998 Le retour des conférences à Robien

Le cycle de conférence a continué au cours des années 90 en se déplaçant toujours dans les différents quartiers de la ville.
Un article du Télégramme du 11 décembre 1998 signale que les conférences viennent de nouveau dans le quartier de Robien : "Mme Bréhand, du comité de quartier, s’est particulièrement investie dans cette manifestation". On y apprend que le 6 novembre 1998, il était question de La Tunisie ; le 4 décembre, La Bretagne et le 15 janvier 1999 sera consacré au Mexique après la mission humanitaire des Scouts de France.


Le Télégramme. Article de Pierre Fenard

La soirée d’avril 1999 a permis de découvrir le Vietnam au travers des témoignages de Noëlle et André Bouët, de Tonhy Vannier et d’Armelle Bothorel.




Le Télégramme, article de Pierre Fenard

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur ce cycle de conférences, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.

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Sources

Archives du Télégramme fournies par Pierre Fenard en décembre 2024. Un grand remerciement à Pierre pour tous ces documents. 

Archives de Ouest-France, recherches personnelles.

 

jeudi 20 mars 2025

Histoire de l'alimentation en eau à Saint-Brieuc

Les réservoirs de nos jours à Berrien. Photo RF janvier 2025

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la ville de Saint-Brieuc était presque essentiellement alimentée en eau potable par des sources. Onze puits publics et quatre cents puits privés fournissent le reste.

En 1862, un premier réseau de distribution est créé dans Saint-Brieuc à partir de deux réservoirs situés boulevard Charner où se trouve "La Fontaine Saint-Quay". Le réseau mesure alors 640 mètres et sera prolongé en 1864 jusqu'à une borne fontaine rue de Gouédic.

Une borne fontaine
En 1864, un autre réservoir est établi en haut de la rue Cordière d'où partent deux tuyaux en fonte de dimensions différentes qui vont alimenter les bornes fontaines des quartiers bas de la ville. En 1889, la Ville lance un concours pour se doter d'un réseau de distribution de l'eau conséquent. Le projet de M. Le Moussu est retenu, il prévoit de faire un captage dans la région de Plaintel

Et en 1893, M. Mazelier, ingénieur, établit les plans définitifs de ce projet dont les canalisations font déjà plus de six kilomètres.(D'après un article de Ouest-France du 5 mars 1957)

En 1895 l'alimentation en potable est assurée en ville avec le réservoir de Château-Bily à Plaintel

1896, registre du conseil municipa
En 1909, après une épidémie de typhoïde, le conseil municipal décide le 30 novembre de faire évoluer ce système et de construire une usine de purification des eaux à Château-Bily. 

En 1922, on décide le pompage des eaux du Gouet dans le barrage de Saint-Barthélémy pour répondre à l’accroissement des besoins.

A l'approche du XXe siècle, les différentes équipes municipales vont prendre en charge ce dossier de l'eau mais ce long travail ne se fera pas en un jour et aura tendance à s'étaler dans le temps à cause des aléas de l'histoire (guerre 14-18, crise économique de 1929, guerre 39-45...). La municipalité s'attachera à faire avancer le dossier des lavoirs publics pour les habitants des différents quartiers, par exemple à La Beauchée en 1927, aux Villages et à Cesson en 1933, à La Tullaye en 1933, au pont Chapet en 1949 etc.

1928. Installation de canalisations à Saint-Brieuc. Archives municipales 6Fi871

Après 1945

En 1941, le service des eaux de Saint-Brieuc compte 98 kilomètres de conduites et 4 420 abonnés. Après-guerre, d'autres travaux sont entrepris. Et alors qu'une délibération avait été prise le 31 janvier 1952, sans effet, il faut attendre le mois de mai 1954 pour que le conseil municipal décide d’étendre l’adduction d’eau pour des quartiers qui n'en bénéficiaient pas encore pour différentes parties d'autres quartier, comme Robien, qui étaient encore mal desservies.

Dans l'édition de Ouest-France du 14 mai 1954, le 1er adjoint M. Mazier intervient sur ce sujet : "...Il s'agit de travaux importants dont la première tranche, la construction du réservoir de Berrien et la pose de canalisations pour desservir Les Villages, représente 125 millions...On pense que les travaux pourront commencer avant la fin de l'année. Il y a là une nouvelle qui ne peut que réjouir la population."

Les réservoirs sur les hauteurs de Berrien dans le quartier des Villages.

En décembre 1956, différentes personnalités se rendent sur le terrain aux Villages pour constater l'avancée du chantier d'adduction d'eau.

Photo Ouest-France décembre 1956

Le 6 mars 1957, Ouest-France publie un article conséquent avec des photos et une carte pour expliquer comment la construction des réservoirs de Berrien va changer la vie quotidienne de nombreux habitants de Saint-Brieuc.


Le problème est simple : "Les quelque 100 kilomètres de tuyaux et la station de Château-Bily commencent à devenir trop modestes pour une ville comme Saint-Brieuc en pleine croissance... Le facteur principal de ce réseau reposera sur la construction de réservoirs sur le plateau de Berrien, derrière Les Villages".

Dans une première phase, l'eau passera par la station de purification et de stérilisation de Château-Bily pour être ensuite refoulée dans deux réservoirs de six mille mètres cubes, construits au point le plus haut, à Berrien (cote 132). Dans une seconde phase deux autres cuves identiques seront construites à Berrien.

Les grands travaux commencent sur le plateau de Berrien où l'entreprise Limousin de Paris est au travail. "Son personnel spécialisé, aidé par la main-d'oeuvre locale, prépare les fondations des deux premiers réservoirs... De son côté l'entreprise Boudin-et-Chaussé, de Nantes, poursuit la pose des conduites en fonte de 60 cm de section qui alimenteront la ville Les ouvriers qui utilisent un matériel moderne, entièrement mécanisé, défoncent la Route Nationale 12 entre Saint-Brieuc et Les Villages. La circulation a dû être réglementée, le sens Guingamp-Saint-Brieuc est dévié par la route de l'aérodrome...Les briochins ne sont pas mieux servis que leurs voisins des Villages. Dans toutes les rues du Centre-ville les tuyauteries doivent être renforcées et doublées par des conduites de 30 cm." 

Sur la route des Villages, les travaux sont importants. 1958

Dans l'édition du 7 janvier 1958, on suit l'avancée des travaux mais aussi l'état d'esprit dans lequel on se trouve à cette époque où les questions climatiques sont déjà une préoccupation importante :

"La sécheresse de juillet 1957 avait ménagé une surprise désagréable aux briochins : coupures d’eau, baisse de pression, menaces encore plus graves qu’une pluie providentielle avait enfin écartée. Si la ménagère n’avait pas prêté la veille une attention suffisante à son journal et, si au saut du lit, elle n’avait pas pris soin de remplir sa lessiveuse, elle risquait non seulement de ne pouvoir « débarbouiller » ses enfants, mais d’être privée d’eau pour la journée. En quarante-huit heures, le liquide que l’on gaspille si facilement devenait précieux comme le sel, le charbon, le courant électrique et…le cidre des années de disette. Mais ces désagréments nous ne les connaitrons pas en 1958, à moins d’une sécheresse vraiment exceptionnelle. Deux  des quatre réservoirs, prévus sur la colline de Berrien aux Villages, sont prêts à fonctionner. »

Les deux réservoirs déjà construits en 1958. Ouest-France 7 janvier 1958

Les conduites à l'intérieur d'un des deux réservoirs de Berrien. Ouest-France 7 janvier 1958

Les années 60

Petit à petit, différentes rues de Saint-Brieuc vont être approvisionnées comme par exemple en 1960 où le service des eaux réalise une extension du réseau d’eau avec 134 mètres de canalisations dans le boulevard Vauban.

1960 Ouest-France Saint-Brieuc

Dans une époque récente, il existait encore de très nombreuses fontaines, des lavoirs et différents bassins, ils ont été recensés par les service de la Ville (cliquer sur l'image pour agrandir).


Un avis éclairé

Louis Bregeat, en mars 2025 sur Facebook, témoigne de son admiration sur le site de Berrien : "Le paysage vu des réservoirs de Berrien, bien sûr point haut de Saint brieuc, permet d'embrasser tout le sud de l'agglomération, jusqu'aux éoliennes de Lanfain, avec une vue incroyable sur la vallée du gouet et ses affluents au niveau des mines. Magnifique".

Le saviez-vous ?

Près du lavoir Saint-Jouan, non loin de l’École normale des garçons, existait une fontaine dont l'eau pure faisait la joie des habitants du quartier dans les années 40. Chaque jour, on y allait avec des bouteilles, des pots, des petits seaux pour recueillir cette précieuse boisson qui, disait-on, était très saine et très recherchée.

L'eau de la Fontaine Saint-Jouan. Ouest-France du 3 octobre 1946

 Le saviez-vous ?
Un très beau lavoir se trouvait rue de la Fontaine, il a été démoli en 1969.
Lavoir de la Fontaine 11 octobre 1969 Ouest-France
  

 Le saviez-vous ?

Dans le quartier des Villages, bien caché, on trouve encore la trace d'un grand lavoir de La Gravelouse construit en 1937.

Le lavoir. Photo RF

Les trois sorties d'eau : le lavoir, le ruisseau du Gouessard et le trop plein des réservoirs de Berrien.

L'ancienne source

Si vous avez des témoignages et d'autres renseignements sur ce sujet, merci d'utiliser le formulaire de contact, en laissant votre adresse mail svp

 

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Sources

Recherches dans les archives de Ouest-Eclair et Ouest-France

Dossier des délibérations du Conseil municipal, archives municipales en ligne.

L'alimentation en eau dans le quartier de Robien, cliquer ici

Merci à Sylvie Boudon et Jean Richard pour la balade-découverte dans le quartier des Villages en janvier 2025.

Merci à Catherine Lemesle, journaliste à Ouest-France, pour avoir repris en les citant, des éléments de l'article du blog de l'histoire de Robien pour écrire un article posant la question : Pourquoi l’eau courante n’arrive à Saint-Brieuc qu’en 1910 ? Article en ligne (3 novembre 2023) pour les abonnés à Ouest-France en cliquant ici



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...