jeudi 1 janvier 2026

Les fêtes foraines de Cesson (22). 1906-1970

Les fêtes foraines se déroulaient traditionnellement dans le pays de Saint-Brieuc à partir du printemps. La fête de Pordic commençait, suivie par celle de Cesson le dimanche et lundi de Pâques. Les marchands forains se déplaçaient ensuite au Légué, puis à Robien pour terminer avec une grande fête foraine qui durait un mois entier sur la Place du Champ de Mars à Saint-Brieuc. La fête foraine de Cesson correspondait au pardon depuis les années 1900 et peut-être bien avant... Une carte postale ancienne de Cesson en 1906 atteste de la présence d'un manège devant l'église au moment du pardon...

Carte postale du pardon de Cesson 1906.
 

1911

Un article de Ouest-Eclair daté du 18 avril 1911 fait mention de la fête foraine en parallèle du pardon de Cesson : "Quantités de baraques foraines étaient installées sur la place publique et firent de superbes recettes". On apprend aussi que pour la journée du pardon, le public avait été admis à pénétrer dans le parc de la "ruine historique de la Tour".

18 avril 1911 Ouest-Eclair

 

1939 la Fête foraine de Cesson

Fête à Cesson 10 avril 1939 Ouest-Eclair

Comme en 1936, 1937 et 1938, pour se rendre à la Fête de Cesson, des trains partent de la gare de Saint-Brieuc toutes les 15 minutes à partir de 13h30 et de Cesson, toutes les 15 minutes aussi de 13h30 à 19h. Une réduction de 50% est appliquée pour  les enfants de 4 à 10 ans. 

"Cesson est le point d’attraction des briochins le jour de Pâques…Cette année nous avons remarqué à l’arrivée au bourg par les chemins de Ginglin, de Toupin et de Langueux, une foule de promeneurs qui profitaient du beau temps…Puisque le temps était superbe et les attractions nombreuses, il y eut évidemment de la gaité..." Extraits de Ouest-Eclair, 10 avril 1939.

Bertrand Gicquel se souvient : "Mes grands parents se sont rencontrés à la fête foraine de Cesson dans les années 30, sur les chevaux de bois". (Forum facebook Cesson, 22 novembre 2024)

1940 à Cesson, l'inquiétude plane. Et quelle plume ce correspondant de Ouest-Eclair !

« La Fête de Cesson, le Pardon comme on dit encore, quoique cette assemblée ne soit plus qu’une fête profane et tout uniquement une fête foraine, la fête de Cesson donc a battu son plein, c’est bien de le dire, le dimanche et le lundi de Pâques, selon une tradition lointaine. C’est en tout cas une tradition qui n’est pas près de se perdre. Que de monde dans le bourg ! On eut dit que tous voulaient saisir cette occasion de s’amuser qui paraissait un  fruit rare en notre époque sévère, devant un avenir voilé.

Le temps fut un peu de la partie : le soleil fut l’après-midi vainqueur des nuages sombres du matin. Aussi les forains ne firent jamais tant d’affaires, surtout dimanche. Tout tournait sans arrêt. On faisait la queue interminablement aux chenilles pour attendre son tour. Il en était de même aux balançoires tournantes dites « casse-gueule ». Le vieux et pathétique manège mixte de cochons, de chevaux, de voitures avait lui-même un honorable succès avec sa clientèle de bambins. Les cochons en avaient l’air tout fiers et ils « rosissaient » avec éclat.

Les confettis eux-mêmes étaient là, malgré la cherté du papier, mais c’était sans doute des vieux stocks qu’on liquidait. Quoi qu’il en soit, ils voltigeaient un peu partout, par petites pincées, et non plus à bonnes poignées comme autrefois : c’est l’ère de la vie chère et des restrictions ! Cela n’empêchait pas les demoiselles d’en être parsemées…

Il y avait là aussi des tirs, des loteries, des boutiques de jouets, de friandises et des clients pour tout le monde ! Les auberges et cafés regorgeaient de buveurs car, je vous le demande, peut-il y avoir une fête sans gosiers altérés ? Une vieille Cessonnaise fuyait les bousculades en filant dans une rue plus calme.

- Non, non, j’irai pas à leur fête ! disait-elle à un passant, qué qu’j’irais faire là ? Regarder quoi, les machines qui tournent ? Ça m’étourdit ! C’est bon pour les jeunes… » 26 mars 1940 Ouest-Eclair

La fête de l'année 1946 est également marquée par un grave bagarre...

Cesson 26 mars 1940 Ouest-Eclair

1941

Un article du 19 mars 1941 dans Ouest-Eclair nous apprend que la fête foraine de Cesson se déroule le dimanche et le lundi de pâques "comme avant-guerre". Une autorisation ayant été obtenue par la mairie auprès du colonel allemand en charge de cette question. La venue d'un cirque pour les 5 et 6 avril est également annoncée.

Fête à Cesson 19 mars 1941 Ouest-Eclair

 
Cesson 11 avril 1941 Ouest-Eclair

1945

La fête foraine se déroule le lundi 2 avril (calendrier des fêtes).

1946

La fête foraine se déroule le 21 avril.

1947

La fête foraine se déroule les 6 et 7 avril (calendrier des fêtes)

 

1948

La fête foraine s'est bien passée contrairement à celle du Légué perturbée par le temps. "C'est Cesson qui était le gros point d'attraction de la foule briochine...La jeunesse s'y donna de tout coeur et l'âge mûr y prit bien aussi sa petite part, tant à l'occasion des réjouissances traditionnelles qu'auprès des établissements forains qui avaient placé leurs tentes en ce faubourg éloigné où la population elle-même est réputée pour son enthousiasme naturel. Aussi les manèges, loteries, tirs et autres attractions connurent-ils la faveur d'un public nombreux et joyeux." Ouest-France 30 mars 1948

Fête à Cesson 30 mars 1948 Ouest-France

 

5 avril 1948 Ouest-France

 

1950 à Cesson

Les préparatifs de la fête pascale de Cesson se déroulent toujours dans une grande effervescence : les industriels forains montent les manèges, les électriciens vérifient les lignes, les enfants se donnent rendez-vous sur la place du bourg, les cafés s'approvisionnent en boissons fraiches, en charcuterie fine et sandwiches. Le père Liscouët, l'un des doyens de la place et M. Jouyaux, dépositaire de Ouest-France, retrouvent les forains habituels comme les Décamps (voir le portrait en fin d'article). 

"Les promeneurs ont défilé sans arrête à la fête en écoutant la musique des pick-up, les chants en vogue, les boniments des uns et des autres, pour soulever les éclats de rire, sympathiser avec le public, faisant oublier quelques instants nos soucis, au milieu de la poussière et du vent. La fête de Cesson reste, malgré la crise financière, la grande fête des familles briochines, celle de la jeunesse, et des commerçants du bourg et aussi celle des marins-pêcheurs qui ne manquent pas de choquer le verre de l’amitié".

(Ouest-France du 11 avril 1950)


Ci-dessous, Mme veuve Derrien, la doyenne des foraines briochines, vend des confettis à la jeunesse. Mme Derrien est bien connue avec ses jeux, son bazar, sa confiserie. Elle est accompagnée par ses filles.

Fête foraine à Cesson, Mme Derrien au centre. 11 avril 1950 Ouest-France

1951 à Cesson

Autour du manège à Cesson. 27 mars 1951 ouest-France
 
"Ce jour-là, la population du centre et de tous les faubourgs se rend à pied, en car, à bicyclettes, pour respirer l'air pur de Cesson, goûter la délicieuse saucisse chaude, le pâté incomparable dans les cafés du bourg, les brioches chaudes du pays, le bon cidre tel que l'aiment les Cessonnais.

Jusqu'au soir, la jeunesse a défilé devant les balançoires, les chenilles, les loteries, les boutiques de bonbons, de gâteaux, de délicieux berlingots, les petits bazars, les manèges d'enfants, les loteries et tirs, envahissant les autos-tamponneuses, s'engouffrant au dancing ambulant, lançant  les balles de sciure et les confettis, tout cela dans une atmosphère de fête foraine, dans le bruit des pick-up et divers manèges".
 

1952 à Cesson

A Cesson. Le Télégramme. 1952

En 1952, Le Télégramme évoque la fête foraine de Cesson :
"Un soleil d'été, une chaleur douce, un dimanche de Pâques, avaient incité les Briochins à se rendre en foule, à la traditionnelle fête de Cesson qui obtint un succès considérable. On se pressait, on se bousculait sur la petite place du bourg entre les manèges, les tirs et les loteries que dominait placidement le clocher de l’église. La jeunesse joyeuse a pris d'assaut les casse-gueule, les chenilles, les auto-tampons, tenté sa chance à la roue de la fortune, rivalisé d'adresse au tir à la carabine. Après s'être grisés de tours de manèges, les promeneurs s'évadaient vers la vieille Tour ou vers les grèves, fuyant le bruit de la foule".

Ce texte et cette photo ont été retrouvés par Pierre Perrin et oubliés dans le Facebook Cesson et la baie de Saint-Brieuc.

 

1953 à Cesson

"Les balançoires près du Pont de Cesson", 7 avril 1953 Ouest-France

 

Monique Tanghe se souvient

 "J'ai connu les fêtes foraines de 1954 à 1960. Que de bons souvenirs ! Une année ma mère a gagné à la loterie une belle poupée bretonne. Cette poupée a trôné sur le lit de mes parents en déco pendant des années et nous enfants avions l'interdiction de jouer avec.
Un autre souvenir : Ma mère ne voulait pas que j'aille dans les "casse gueule " trop dangereux vu mon jeune âge, aussi je devais me contenter des avions comme mon frère et ma sœur ; le forain avait bien repéré que nous étions 3. J'attrapais souvent le pompon donnant droit à un tour gratuit du coup ma mère repayait un tour à mon frère et ma sœur. Au bout de plusieurs tours ma mère m'a demandé de ne plus prendre le pompon ! 
 

A l'époque le manège avec des balançoires on l'appelait " Le casse-gueule ". A Cesson, Il était situé près de l'église, ce manège me fascinait mais j'étais trop jeune pour monter dessus".

Ce casse-gueule était placé Rue de la République et ensuite derrière l’église.

« A l’arrivée du bourg, sur un terrain ayant appartenu autrefois aux Chemins de fer des Côtes-du-Nord, il y avait le manège des balançoires et les autos-tampons de M. Décamp , nécessitant un vaste emplacement, étaient installées sur la route du cimetière ».

Sur la place de l’église on retrouve les tourniquets-loteries, les roues de la fortune, les bouteilles de vin, les étalages d’ours en peluche et de poupées bretonnes, les chanteurs ambulants, les diseuses de bonne aventure, la charmeuse de vipères, les étalages de cocardes et d’objets souvenirs.  

D'après l'édition du 7 avril 1953 de Ouest-France


La course de petits chevaux. 7 avril 1953 Ouest-France


1954 à Cesson

Des jeunes de Ginglin à la fête de Cesson. 20 avril 1954 Ouest-France

1955 à Cesson
 
Une attraction à la fête de Cesson. 12 avril 1955 Ouest-France

La foule dans la rue de la République à Cesson.12 avril 1955 Ouest-France
 
On vient de très loin à la fête de Cesson pour "humer l'air salin, passer agréablement l'après-midi et la soirée en compagnie des sympathiques Cessonnais, faire les cent pas dans la grande rue du bourg et tourner autour des attractions foraines. Il n'y a plus de marchands de farine comme autrefois, mais des marchands de brioches, de saucisses roulées dans des galettes, des marchandes de frites, de berlingots, de caramels, de nougats et de chewing-gum. Le "mazout" ne manque pas dans les cafés : il coule dans les verres, remplaçant la bolée d'autrefois...
L'acrobate, les chiens savants, le monstre des mers, la voiture d'Hitler formaient les principales exhibitions de la fête et la salle de bal ambulante attirait la jeunesse désireuse d'évoluer sur la piste et se dégourdir les jambes. Pendant ce temps, la musique de pick-up lançait ça et là des airs en vogue, créant l'ambiance de la fête foraine. " Ouest-France 12 avril 1955

 

1956 à Cesson

A la fête foraine de Cesson. Une loterie particulièrement bien achalandée retient l'attention d'un nombreux public. 6 avril 1956 Ouest-France

  

1957 à Cesson

A la fête foraine de Cesson 23 avril 1957 Ouest-France

Devant l'église, les avions Descamp à la fête foraine de Cesson 23 avril 1957 Ouest-France

Édition de Ouest-France du 23 avril 1957 : "Favorisé par les vacances pascales et un temps printanier d'une douceur exceptionnelle, la fête foraine de Cesson a connu une affluence record".

 

1959 à Cesson
 
Fête foraine de Cesson, les avions Descamp. 31 mars 1959 Ouest-France
 
"Malgré un temps pluvieux (du moins le dimanche), la fête foraine de Pâques a connu à Cesson son traditionnel succès". Ouest-France 31 mars 1959
 
Ce n'est pas à Cesson mais c'est le même manège...Photo publiée par Dominique Majean sur le Facebook Forains d'autrefois


1960 à Cesson

Les manèges des avions en cours de montage à Cesson. 15 avril 1960 Ouest-France

"Dans les années 60 dimanche et lundi de Pâques, la fête foraine drainait les jeunes des alentours, beaucoup venaient à vélos ou en mobs.
Dans la rue de la République la famille Quinio tenait pour l'occasion un garage à vélos. Monnayant quelques pièces on pouvait y laisser son 2 roues, alors sous bonne garde.
On allait faire un tour d'auto-tampon, de balançoire, s'exercer au tir à la carabine ou prendre un ticket à la loterie Toto... sans oublier la barbe à papa où la pomme d'amour. Le lundi c'était le grand prix cycliste de la corniche cher à Monsieur Dupoirier. Une époque sym
pa ! " Jean-Yves Houron (Forum Cesson, 22 novembre 2024)
 
1968 à Cesson
 
Fête foraine à Cesson, les avions Descamp 16 avril 1968 Ouest-France

 

1970 à Cesson

Fête foraine à Cesson 31 mars 1970 Ouest-France

 
"Les manèges modernes ont détrôné les chevaux de bois et leur musique métallique, mais les enfants ont la facilité de prendre l'avion, de tourner sur place et de voir le public d'un peu plus haut que sur la murette voisine". 
Ouest-France 31 mars 1970.

La fête foraine de Cesson existait encore à la fin des années 90 et se déroulait sur le grand parking devant le bar Le cessonnais.
 

  

Souvenirs, souvenirs

 

"C'était le bonheur ! "  

Aude Briens

 

Les petites autos Figuier. Photo de Noël Briens, avec sa soeur et ses parents au second plan. Photo publiée dans le Facebook de Cesson, 22 nov 2024
 

Souvenirs des petits coups de main...

"Nous allions toquer aux portes des caravanes afin de leur de mander s'ils voulaient de l'eau que nous allions chercher au niveau du café de la place Jules Verne afin d'avoir des tickets pour la fête. Je me souviens d'un jerricane plus lourd que moi, arrivé un peu usé à l'arrivée". Christian Lugrezi


"Nous on allait chercher des boulets de charbon sur la ligne de chemin de fer au niveau du tunnel pour vendre à M. Langlais qui habitait rue de la Tour et on pouvait s’acheter des tickets pour le casse-gueule". Yvonne Hervé.


"On aidait à monter ou démonter les manèges. Démonter c'était mieux, on trouvait quelques pièces à terre". Blaise de Tartos

Souvenirs des familles de forains

"La famille Décamp était très généreuse, elle nous laissait des tickets gratuits en compensation du stockage de quelques pièces de dépannage dans un grenier de la ferme de mes parents. C’était la fin des années 40". Maurice le Vaillant

 
"Madame Deschamps était sympa, outre le paiement, elle nous donnait des tickets de manège. Ils en avaient plusieurs : chenille, auto-tampons (casse-gueule ?)... Avec ma sœur, on n’y avait pas le droit ! Pas assez sécurisé, et pas convenable pour des jeunes filles !
Dans mon souvenir, la chenille était devant l'église à droite, les auto-tampons, devant "La Providence", et le casse-gueule devant "L'économique", le manège des enfants à gauche de l'entrée de l'église
".
Christiane Gaillard

"La Loterie Toto attirait un monde fou à côté de la confiserie qui faisait ses nougats et bonbons sous nos yeux ébahis". Noël Briens

"Avec le casse-gueule, tu pouvais t’envoyer les pieds dans la pancarte de l’épicerie : il fallait la plier !" Christian Robert


Témoignages publiés sur les forums Facebook Cesson et le baie de Saint-Brieuc.

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Paul Rolland (1899-1983), architecte à Saint-Brieuc et dans les Côtes-du-Nord.

1927 Papier à en-tête. Archives municipales Saint-Brieuc 2T11 Permis de construire pour une maison boulevard Hoche.


Paul Marie Joseph Rolland est né le 15 août 1899 à Mauron (56). Son père était chef de gare et sa mère ménagère. Il se marie avec Marie Joseph Provost (1896-1985). Marie Provost est née le 1er octobre 1896 à Pierric (44) et elle est décédée le 7 février 1985 à Falaise (14) à l'âge de 88 ans.
Le couple aura un fils nommé Gilles, né le 19 avril 1927 à Falaise dans le Calvados, décédé le 21 janvier 2014 à Bagneux (Hauts-de-Seine).

Jean Rolland, le père de Paul Rolland est décédé à Étables le 24 juillet 1929.

Avis de décès le 31 juillet 1929 Ouest-Eclair
Paul Rolland est décédé le 27 décembre 1983 à Pabu (22) où il est inhumé.
Archives Morbihan, 1899 Mauron.

Son livret militaire indique qu'au moment du recensement militaire en 1918, Paul Rolland habitait Étables et qu'il était étudiant en architecture. Il est incorporé comme engagé volontaire pour trois ans dans la Marine à partir du 7 janvier 1918. Sa période de combat contre l'Allemagne s'étend de janvier 1918 au 23 octobre 1919. Il sort de l'armée le 5 janvier 1921 (1ère Classe) et revient à Étables.


Archives 22.

Un architecte bien implanté dans le département

Paul Rolland a eu une longue carrière dans le domaine de l'architecture dans le département des Côtes-du-Nord. Son succès fut acquis par une synthèse du courant régionaliste et de l'Art déco.

Il débute à Dinan avec un bureau au 50 rue Clémenceau et  un autre à Lanvallay (1910-1934). Il devient membre de la Société à Responsabilité (S.R) des Architectes du N.O. de la France (1921-1931). Il possède un bureau à Étables, commune dont il est l'architecte dans les années 1927. A  Lannion, il est associé à son confrère Jules De Jaehguer (1936). Il s'installe à Saint-Brieuc au 2 rue St Guillaume (1936-1937) puis au 36 rue St Guillaume (1938-1970). Son activité le porte aussi au Val André (1945-1947) et à Saint-Quay-Portrieux (1945-1970).

Il conçoit de nombreuses villas sur le littoral : les Rosaires (villa de Monseigneur du Bois de la Ville Rabel, archevêque de Rouen, information à vérifier car il existe des plans de Paul Marteroy en 1910), Binic (un hôtel en 1932), Étables (garage Renault), Saint-Quay-Portrieux, Plouézec, Paimpol (Le salon moderne 1932). Ces réalisations sont inscrites à l’inventaire du Patrimoine culturel de Bretagne. Il réalisa aussi l'école de Le Cambout, l'école de Saint-Aaron en 1936 et l'Hôtel des Postes de Gouarec en 1934, un chantier terminé en 1936.

Bureau de Poste de Gouarec
Après-guerre 

Si la période de l'Occupation semble marquer un coup d'arrêt dans les activités de l'architecte, à l'exception d'une maison particulière dont nous avons connaissance dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, à la fin des années 40 de nouveaux projets vont être confiés à M. Rolland. Par exemple en 1948-1949, la municipalité de Quintin lui demande de dresser les plans de l'école publique.

En octobre 1949, on lui confie la réalisation d'une ferme modèle avec son habitation à Chateau-Billy. Dans son édition du 6 octobre 1949, le commentaire de Ouest-France parle d'une "maison saine et spacieuse".

 

6 octobre 1949 Ouest-France

En 1951, il réalise les plans pour 18 logements HLM à Quintin.

En novembre 1955, quai Gabriel-Péri au Légué, c'est un logement H.L.M de 12 logements sur 4 étages qui est conçu par M. Rolland (Ouest-France 14 novembre 1955).



En octobre 1957, à Hillion, un ensemble avec Mairie et Poste est l'oeuvre de M. Rolland (Ouest-France 16 octobre 1957).



Marie d'Hillion de nos jours

En décembre 1958, au Val-André, la réalisation de la nouvelle école est confiée à M. Rolland en tant qu'architecte communal. L'article de Ouest-France du 2 décembre 1958 pointe l'attachement de M. Rolland au style breton qu'il a conservé pour cette école.

 
Dans son édition du 28 décembre 1958, Ouest-France fait le point sur un important projet auquel M. Rolland est associé avec l'architecte en chef du gouvernement, Roger Hummel. Il s'agit de la future Ecole Nationale de Navigation située à Paimpol.

Courrier de M. Rolland 3 janvier 1961 Ouest-France

En 1960, le Conseil municipal de Langueux confie son projet de Mairie et de Salle municipale à M. Rolland. (Ouest-France 10 août 1960) 

Le bâtiment de Mairie de Langueux conçu en 1960

Le 4 mars 1961, Ouest-France publie une photo de la Maison du Marin à Kérity-Paimpol, sur des plans de M. Rolland concernant la transformation de cette habitation. C'est une oeuvre sociale réalisée grâce à l'amicale des Cols Bleus des Côtes-du-Nord. L'article indique que M. Rolland est "ancien marin lui-même", c'est une référence à son engagement dans la Marine en 1918 au moment de la Première Guerre mondiale...

Le 10 février 1961, publication d'un projet de M. Rolland pour la salle de réunions de Saint-Brandan. Un autre article du 31 mai montre l'équipe des ouvriers de l'entreprise Le Coq sur le chantier de cette construction.


A Saint-Brandan 31 mai 1961 Ouest-France

Le 18 février 1961, publication du projet de M. Rolland pour la construction du Cours Complémentaire de Chatelaudren.

Enfin le 16 novembre 1961, la mairie de Ploufragan est en photo. Cette réalisation imposante, commencée en 1959, est de M. Rolland avec le concours de l'entreprise Bougeard de Plérin. 


Des réalisations à Saint-Brieuc

Une maison particulière en 1928 dans le boulevard Hoche.

Archives municipales 2T12
Le permis de construire est déposé le 25 avril 1928 pour M. Ballouard.

Archives municipales 1928 2T12 architecte Rolland

Un immeuble en 1937 au croisement de la rue Voltaire et du boulevard Waldeck-Rousseau.

Immeuble conçu à Saint-Brieuc par Paul Rolland en 1937

Un transformateur boulevard Hoche 

Les architectes ne se privent pas de concevoir des bâtiments utilitaires qui façonnent notre paysage. Ainsi l'édition de Ouest-Eclair du 6 janvier 1938 souligne la qualité de ce transformateur électrique, un ouvrage de M. Rolland : "La Compagnie Lebon vient d'édifier un transformateur du plus bel effet, une petite construction style breton. L'architecte est M. Rolland de Saint-Brieuc... Voilà un nouveau modèle de transformateur faisant contraste avec certains "tranfos" qui enlaidissent les routes touristiques et les paysages briochins."


 


Une maison de Paul-Marie Rolland en 1942, rue Louis Blanc.

Les plans de cette maison rue Louis Blanc à Saint-Brieuc datent de 1940, se trouve rue Louis Blanc. On la trouve en descendant sur la gauche, vers l’étang de Robien. Paul-Marie Rolland, installé à Saint Brieuc est alors associé avec M. De Jaegher.
Maison conçue par l'architecte Paul-Marie Rolland, rue Louis Blanc Saint Brieuc. Photo RF

La maison, achevée en 1942, a été construite pour le premier propriétaire M. Renaud. Il n’y a eu qu’un autre propriétaire avant ceux qui y résident aujourd’hui et qui ont eu l’amabilité de nous envoyer un dessin d’époque venant de leurs archives.
Cette élégante maison néo-bretonne, influencée par le courant Art-déco, présente deux faces bien distinctes avec du côté rue de petites ouvertures (et ces trois audacieuses petites ouvertures carrées) et à l’arrière, dominant l’étang, de plus larges baies. 
Dessin de l'architecte Paul-Marie Rolland, rue Louis Blanc Saint Brieuc.

La Perception rue Henri-Servain, 1959

Un vaste ensemble de quatre étages est créé par M. Rolland pour regrouper les différentes perceptions de Saint-Brieuc dans un lieu central, jouxtant la Mairie et la Cathédrale. On ne dénombre pas moins de 45 fenêtres et 14 larges baies vitrées. Ouest-France dans son édition du 14 mai 1959 souligne que c'est un immeuble "d'une belle architecture bretonne". L'article évoque aussi les contraintes techniques car les terrains sur lesquels repose l'édifice sont marécageux : "Il faudra plus de soixante pieux de ciment armé, dont la longueur dépassera trente mètres, pour soutenir la masse de la construction".

 


Le lieu où va être édifiée la Perception. 14 mai 1959 Ouest-France

Le bâtiment de la perception conçu par M. Rolland, de nos jours. Photo Google street

Des publications dans Ouest-Eclair et Ouest-France au sujet de Paul Rolland

La presse des années 30 fait état de plusieurs conflits entre les municipalités d’Étables et de Saint-Brieuc et M. Rolland. 

Saint-Brieuc 9 septembre 1933

Saint-Brieuc 23 août 1934

Saint-Brieuc 16 janvier 1935


Etables 5 avril 1935 (Conseil municipal du 30 mars)

Étables 28 novembre 1938

Quintin, projet d'école 29 avril 1949
 

Anecdote 

Un article de Ouest-France daté du 22 août 1961 relate un fait divers impliquant M. Henri Rioche et M. Louis Dussaux, 53 ans, chef d'agence au cabinet de M. Rolland, architecte et résidant 17 rue Jules Ferry à Saint-Brieuc.


 

 

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A lire en complément

Abécédaire des architectes de Robien, cliquer ici

Sources

Registre des naissances 1899 Mauron (56), vue 48, ici

Archives de Ouest-Eclair et Ouest-France

Recensement militaire 1919 Saint-Brieuc, archives départementales 22, vue 383, cliquer ici

Site de généalogie Généanet, cliquer ici

Archives personnelles de Pierre-Yves Pondaven (propriétaire de la maison de la rue Louis Blanc à Saint-Brieuc)

Plusieurs maisons construites par Paul-Marie Rolland sont à l'inventaire du Patrimoine de Bretagne.

Daniel Le Coëdic, les architectes et l'idée bretonne.


 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...