mercredi 14 janvier 2026

Les ateliers municipaux de la Ville de Saint-Brieuc. Boulevard Hoche. 1936

 

Partie sud des ateliers municipaux 52 boulevard Hoche. Photographie aérienne 1978-79. Archives municipales


Ci-dessus, il faut se figurer à gauche de la photo le boulevard Hoche et l'église Sainte-Anne de Robien en vis-à-vis de l'entrée du chantier que l'on devine derrière la maison blanche et, à droite de la photo, la rue Guébriant et son école.

Le projet des ateliers municipaux. 1935

En 1935 sous la Municipalité d’Octave Brilleaud, la Ville fait l’acquisition d’un terrain et de bâtiments le 11 juillet 1935 pour établir  le chantier dit « de Robien », situé entre le boulevard Hoche et la rue Guébriant. Une annonce passe dans la presse concernant cette vente le 7 juillet 1935.

Annonce. La Dépêche de Brest 7 juillet 1935

La description établie par le Service des travaux mentionne un ensemble de maison, bureaux et chantier d’une surface de 2 700 mètres carrés et d’une autre parcelle de 1 000 mètres carrés. Le tout appartient à Yves Laurent, entrepreneur, boulevard Hoche, au lieu dit « Les quartiers de Robien » à St Brieuc (section D, numéros 510 P et 511 P).

Dossier. Archives départementales

Le plan général du chantier de Robien fait apparaitre que le terrain est assez enclavé.

Plan. Archives départementales


Plan. Archives départementales

Des écuries pour les ateliers municipaux

Dans la cour des ateliers. Photo Claude et Marie-Claude Le Sayec.
La Ville envisage de construire des écuries et ce qui convient avec, à savoir des fosses à fumier ! Les chevaux sont les outils précieux des employés de la Ville comme on le constate avec la photo ci-dessous, prise dans la cour des ateliers municipaux après guerre. Le service de ramassage des poubelles, avec les tombereaux, était entièrement localisé à Robien.

Photo. Dossier Archives municipales

Ramassage des poubelles à St Brieuc avec le tombereau.

Ci-dessous, on voit Honoré Le Hesran, un habitant de l'impasse du Pré-tizon qui travaillait avec les chevaux aux ateliers municipaux. Il était conducteur de chevaux au ramassage des ordures avec une charrette tirée par un cheval qu'on appelait alors "le tombereau". Les deux chevaux dont il était le titulaire s'appelaient Comique et Rapide. 

Honoré Le Hesran à côté du cheval "Comique" aux ateliers municipaux

Honoré Le Hesran à côté du cheval "Comique" aux ateliers municipaux

Honoré Le Hesran à côté d'un cheval des ateliers municipaux. Vers 1959

Honoré Le Hesran a été remarqué en 1956 par la Société Bretonne de Protection aux animaux pour l'attention qu'il portait aux chevaux dont il avait la charge.


De nos jours il reste encore un anneau qui servait à accrocher les chevaux. 
Anneau pour les chevaux. Photo RF 2021

 

Un chantier plus long et plus coûteux que prévu.

L’entreprise Balzarini remporte le marché du chantier des ateliers municipaux. Elle doit effectuer différents travaux concernant aussi l’électricité, la peinture, l’installation de WC. En 1936 les travaux commencent mais ils sont suspendus à la suite des importants mouvements de grève de juin et de juillet 1936. Le 23 octobre 1936, le Conseil municipal doit revoir la facture présentée par l’entreprise. Une augmentation de 12 % est acceptée par la Ville.

Les toits en dents de scie sont caractéristiques de l'architecture industrielle du XIX et début du XXe siècle, ils sont appelés toits en shed (hangar). Ils permettent d'amener de la lumière dans les usines ou ateliers avec une partie vitrée qui permet de limiter l'éclairage électrique.

Ateliers municipaux. Photo aérienne, détail. Années 40.

Albert Goupil, un artisan complémentaire des ateliers. 1937

Alors que les ateliers viennent à peine d'ouvrir, Albert Goupil, un sellier-garnisseur installé juste à côté au 40 boulevard Hoche va être amené à rendre de nombreux services. Tout au long de l'année 1937, Albert Goupil travaille beaucoup avec les ateliers municipaux pour l'entretien des accessoires des chevaux : colliers, brides, courroies, selles, dossier de siège... D'autres factures des années 40, conservées aux archives municipales, ne font que confirmer l'importance de son travail dans le domaine concerné. 

1937. Albert Goupil. Facture 3 L 137. Archives municipales

17 novembre 1946. Albert Goupil. Facture 3 L 137. Archives municipales


Goupil. Officier du Mérite artisanal 30 janvier 1960 Ouest-France

Les équipements des ateliers municipaux

Dans un courrier du 6 novembre 1941, le capitaine Etesse, des Sapeurs-pompiers, signale qu'un camion-citerne est localisé dans le chantier municipal (une borne incendie restera d'ailleurs dans la cour des ateliers jusque dans les années 2000). A la fin des années 40, les employés municipaux disposent déjà, en plus des chevaux, de six camions.

Photo Fonds Salaün. Archives départementales

Différentes machines sont installées dans les ateliers, comme cette scie à ruban dans l'atelier de menuiserie.

Scie à ruban. Photo Archives départementales.

Tout en bas de la photo aérienne, ci-dessous, on reconnait le clocher de l'église Sainte-Anne de Robien.

Photo aérienne. Fonds Henrard. Archives départementales
 

 

Une technique rare pour l'atelier de menuiserie.

Sol de l'atelier de menuiserie. Saint-Brieuc.

Le sol de l’atelier de menuiserie est fait selon une méthode très particulière : le bois est découpé en pavés rectangulaires. Ils sont ensuite posés à la verticale alors que des lattes de parquet seraient posées à plat. Cette technique du bois debout permet en particulier d’amortir le rebond des outils quand ils échappent des mains et favorise ainsi la sécurité des menuisiers. C'est aussi un sol très résistant aux chocs. Cette technique est également utilisée pour faire des billots de boucher ou des pavés de rues en bois. 

Sol de l'atelier de menuiserie. Saint-Brieuc.

L'agrandissement du chantier. 1967

Dans sa séance du 10 novembre 1967, le Conseil municipal décide de faire l’acquisition de la propriété de la Société coopérative La Briochine, représentée par son président, M. Gustave Perrot, au 18 rue Guébriant. La propriété est contigüe aux chantiers de la Ville du boulevard Hoche et permettra d'effectuer des entrées et sorties du côté boulevard Hoche ou Guébriant. 

La photo ci-dessous, de la fin des années 70, montre le chantier tel qu'il était à cette époque.


1.Entrée boulevard Hoche

2.Ancienne conciergerie, transformée en bureaux en 2018

3.Accueil, bureaux

4.Atelier de menuiserie

5.Menuiserie, dans la partie de gauche ; salle de repas-cafeteria, dans la partie centrale ; atelier de couverture, à droite (ancienne écurie)

6.Magasin

7.Locaux de stockage démolis en 2015

8.Réserve et stockage ; atelier serrurerie.

9.Ateliers plomberie-peinture-électricité ( sur le terrain donnant rue Guébriant)

10. Atelier maçonnerie et réserves diverses. Entrée rue Guébriant (entrée fermée par sécurité).

Un déménagement envisagé en 1985

Plan. Rapport d'étape PACT-ARIM. 1985 Archives départementales

On a reparlé des ateliers municipaux en 1985 au moment où un projet de quartier pour Robien a été remis à la municipalité. C’était un « rapport d’étape » connu sous le nom de PACT-ARIM. Ce rapport contenait certainement le projet qui aurait totalement changé la physionomie de ce quartier et lui aurait donné un air de village en créant une place sur les terrains dits des "chantiers de la ville".  Cette place devait donner du côté du boulevard Hoche, sur l'église, et de l'autre sur l'école publique rue Guébriant. Un bureau de poste et une maison de quartier devaient se retrouver à deux pas de la rue Jules Ferry.

Mais rien n'a été fait pour créer une place et les ateliers municipaux n'ont pas bougé !

L'évolution des ateliers municipaux

Quand on cherche à voir l'évolution des ateliers municipaux depuis leur création, tout d'abord, on note tout ce qui n'a pas changé ! Par exemple, l'entrée est identique, la maison du gardien sur le côté droit en entrant a juste été transformée en bureaux.

Entrée et cour des ateliers municipaux, boulevard Hoche. Photo RF 2021

Un magnifique blason de Saint-Brieuc, visible sur le pignon Nord, a été restauré car il devait dater des années de construction.

Blason de Saint-Brieuc, ateliers municipaux. Photo RF 2021

Sur le côté gauche, un atelier n'a pas beaucoup changé et son horloge donne toujours l'heure exacte d'entrée aux ateliers ! L'horloge a été remplacée il y a quelques années mais on a conservé son entourage.

Atelier de menuiserie. Photo RF 2021
L'horloge à l'entrée. Photo RF 2021

En 2015-2016, un grand bâtiment a été détruit car il présentait des signes de fragilité. Il a été remplacé par un autre atelier avec un étage; on l'aperçoit de l'entrée dans le boulevard Hoche.

Bâtiment neuf des ateliers municipaux, boulevard Hoche. Photo RF 2021.

Au fond de la grande cour se trouve toujours l'atelier de menuiserie qui bénéficie maintenant d'une aspiration des poussières. C'est sur la droite du bâtiment que se trouvaient les écuries. Au-dessus des ateliers, sous la toiture, des greniers permettent de ranger de nombreux matériaux.

A gauche, les ateliers de menuiserie et, au centre, une salle de repas.
Dans les changements notables, il faut signaler que les ateliers municipaux ont gagné beaucoup de place quand, en 1967, la Ville a acheté le terrain voisin donnant sur la rue Guébriant. Une percée dans le mur permet de rejoindre l'autre terrain.


Le passage vers le terrain donnant sur la rue Guébriant. Photo RF 2021

Terrain donnant sur la rue Guébriant. Photo RF 2021

Au niveau des effectifs il y a beaucoup de changements, les effectifs sont passés de 80 à 40, des années 80 jusqu'à nos jours. On comptait jusqu'à 29 menuisiers en 1985. Tous les corps de métiers sont représentés : serrurerie, peinture, plomberie, électricité, maçonnerie, menuiserie, couverture. Il existe aussi un service de maintenance, un magasin pour les livraisons, des bureaux d'études et un accueil-secrétariat. 

Une impressionnante photo avec une cinquantaine d’employés des ateliers.

Des exemples de chantiers menés par les ateliers municipaux

Les employés des ateliers de la Ville font de nombreux chantiers en intérieur mais aussi quelques petites extensions de bâtiments, le remplacement des fenêtres bois par exemple sur l'Hôtel de Ville (fabrication à l’atelier) et tout remplacement de fenêtres bois dont la fabrication est réalisée en régie. Beaucoup de réalisations concourent à la réussite de diverses manifestations culturelles, sportives ou citoyennes comme pour les élections. Un autre type de chantier plus exceptionnel peut être cité en exemple, celui du remplacement du vieux campanile (petit clocher) sur la toiture de l'Hôtel de Ville. Il a été entièrement refait à l'identique dans les ateliers municipaux.

État du campanile après le remplacement. Photo J.M Pouder

Travail de l'atelier de menuiserie. Photo J.M Pouder



 

Le campanile sort des ateliers pour être replacé sur le toit de l'Hôtel de Ville. Photo J.M Pouder

Les ateliers municipaux continuent de s'adapter et de rendre de très nombreux services à la population. La qualité de leur savoir-faire est garante de la conservation du patrimoine briochin.

 

 

Des commentaires? Des réactions? Des documents ou témoignages à partager ?

Vous pouvez utiliser le formulaire de contact en haut de page. Merci

 

Retour au sommaire, ici

 

Autres articles à consulter sur le blog

Tous ces projets qui n'ont pas vu le jour à Robien, ici

La place du cheval dans le quartier de Robien, ici

Dans l'atelier de peinture, on prépare les chaises pour les écoles. Photo Ouest-France. 1997


Sources

Dossier 2 O 278-18. Archives départementales

Fonds Salaün 95 J. Archives départementales

Photographie aérienne. Fonds Henrard. Archives départementales

Photographie aérienne en couleurs. Archives municipales.


Photographies Honoré Le Hesran avec son cheval blanc (Comique) des ateliers municipaux. Document transmis par son petit-fils Stéphane Le Roux.

Photographie avec les chevaux, M et Mme Lesayec 2026

Acquisition de terrain. Délibération du Conseil municipal  du 10 novembre 1967. 

Merci à l'accueil, aux précisions apportées par Jean-Marie Pouder, responsable adjoint du service Patrimoine bâti de la Ville de Saint-Brieuc, et aux précisions de Gwendal Monnier.

 

 

Maisons contemporaines, maisons d'architectes à Robien, quartier sud de Saint-Brieuc

Pas moins de 17 réalisations de maisons contemporaines recensées à Robien

Cliquez ci-dessous pour voir l'emplacement de ces maisons

Introduction

On déniche dans le quartier de Robien, parfois bien cachées, quelques maisons contemporaines, appelées aussi « maisons d’architectes ». Ce terme désigne des maisons uniques, qui représentent les propriétaires des lieux. Elles ont un caractère unique, se distinguent par leur originalité et parfois leur côté décalé. D’autres choisissent au contraire la discrétion absolue, ne montrant rien en façade, contrairement aux maisons de caractère d’autrefois qui devaient révéler en façade le rang social des propriétaires. Certaines sont bâties sur un terrain nu et sont des créations complètes tandis que d’autres s’appuient sur un bâti déjà existant et composent avec cette contrainte. Mais tirer profit d’une contrainte, c’est ce qui plaît aussi aux architectes. L’autre contrainte stimulante peut être de trouver comment intégrer cette habitation moderne aux caractères du quartier et des abords immédiats de la maison. Un rappel aux matériaux comme la brique, très utilisée à Robien, peut faciliter cette intégration.

Certains architectes choisissent de proposer quelque chose de radicalement neuf. L’intérêt, non négligeable, est de pouvoir concevoir alors des maisons très économes en énergie, des maisons passives…
Ces maisons contemporaines sont souvent composées de formes cubiques, on en remarque aussi certaines qui optent pour une isolation extérieure sous un bardage bois.
Enfin, n’imaginons pas que ces maisons d’architecte sont des inventions récentes. Les années 30 et 40 ont été très fertiles dans le milieu de l’architecture contemporaine et le quartier de Robien en porte la marque. On est toujours la maison contemporaine d’une époque.

LES PIONNIERS

1942. MAISON DE L’ARCHITECTE PAUL-MARIE ROLLAND, RUE LOUIS BLANC

Une ancienne maison d’architecte, dont les plans datent de 1940, se trouve rue Louis Blanc, en descendant sur la gauche, vers l’étang de Robien. Elle est l’œuvre de l'architecte Paul-Marie Rolland, de Saint Brieuc, associé alors avec M. De Jaegher. 
Maison conçue par l'architecte Paul-Marie Rolland, rue Louis Blanc Saint Brieuc. Photo RF

La maison, achevée en 1942, a été construite pour le premier propriétaire M. Renaud. Il n’y a eu qu’un autre propriétaire avant ceux qui y résident aujourd’hui.
Cette élégante maison néo-bretonne, influencée par le courant Art-déco, présente deux faces bien distinctes avec du côté rue de petites ouvertures et à l’arrière, dominant l’étang, de plus larges baies. Notons que Paul-Marie Rolland a conçu d’autres maisons à Binic, Étables, Saint-Quay-Portrieux, Plouézec.
ARTICLE complet à lire dans ce blog sur Paul Rolland, en cliquant ici
 

Vue sur l'étang de la maison rue Louis Blanc à Saint Brieuc. Photo RF

 

1957. LA MAISON « HARICOT » DE L’ARCHITECTE ROGER LE FLANCHEC

La maison "haricot" est située au 43 boulevard Paul Doumer. Elle tient son nom de "maison haricot" en raison de sa forme que l'on perçoit très bien avec une vue aérienne.



Cette maison est l’œuvre de l’architecte Roger Le Flanchec, un grand admirateur de Le Corbusier. Elle est une transposition du projet originel de la maison Orain construite en 1954 à Brélévenez (Lannion). Cette version que nous pouvons voir à Saint-Brieuc est de 1957 mais le permis avait été déposé dès juin 1954. 
 
Maison conçue par l'architecte Roger Le Flanchec, boulevard Paul Doumer à Saint Brieuc. 

Cette maison contemporaine nous offre un bel exemple de « Maison Haricot » avec une avancée en arrondi. Elle est inspirée par l’architecture navale. Elle a été conçue pour les propriétaires de l’époque Jean et Yvette Le Mener. 
Article complet à lire dans ce blog en cliquant ici

 

LES MAISONS ECO-RESPONSABLES

9 BOULEVARD HOCHE

Certaines maisons contemporaines relèvent d'une démarche éco-responsable, c’est le cas de la maison située au 9 boulevard Hoche, proche de la Croix-Perron.
Le projet a été imaginé par la famille de Bressy et l’architecte Erwan Blanchard en a conçu les plans. Le chantier s’est achevé en 2013. Les deux parties contemporaines de la maison sont deux cubes, isolés dans une ossature bois. Elles viennent rehausser un bâtiment plus ancien (maison de 1925), caractéristique du quartier, en granit et brique, et un garage (de 1926). La partie ancienne de la maison est isolée de l’intérieur par un pare-vapeur. 
Les propriétaires ont eu le souci de travailler avec des artisans locaux, comme Olivier Cabon, un charpentier de Plerneuf. Le bois est local ainsi que les matériaux d’isolation (ouate de cellulose). Par contre la VMC double flux, les fenêtres et les portes viennent d’une entreprise allemande qui offrait une excellente qualité en termes de rendement énergétique. Au final, c’est une maison passive, ce qui veut dire concrètement qu’il n’existe aucun moyen de chauffage.
Depuis l’été 2019, l’atelier de boulangerie d’Emmanuel de Bressy est installé dans l’extension se situant au dessus du garage. Cette situation devrait perdurer au moins jusqu’en 2021… 
Lorsqu’il parle de ce projet, Emmanuel de Bressy insiste sur le fait que c’est avant tout une maison très agréable à vivre, très confortable. La satisfaction vient aussi pour cette famille d’avoir réalisé un projet en cohérence avec leur idée de sobriété énergétique et de respect de la planète.
Par la suite cette maison a été transformée en colocation avec un réaménagement des différents espaces.
Maison 9 boulevard Hoche

Maison 9 boulevard Hoche
 
La vue plongeante de l'étage supérieur sur le jardin. Photo RF


Le salon au premier étage donne sur le jardin du côté sud. Photo RF

RUE LOUIS HELARY

Rue Louis Hélary se trouve une maison que l’on pourrait comparer à celle du boulevard Hoche : elle est dans le même style avec un bardage bois en pin Douglas qui recouvre toute sa façade côté rue. Il n’y a rien d’étonnant à cette « filiation » puisque cette maison a été construite en auto-construction par un couple d'architectes qui y habite et avait réalisé le projet de la famille de Bressy.

Cette maison a été édifiée en 2016 sur un terrain qui n'avait jamais été vendu car il était constitué de remblais comme on peut le voir mentionné sur le plan du lotissement Epivent daté de 1932. L'architecte a contourné ce problème en construisant une dalle de béton qui repose sur des pieux métalliques de huit mètres de haut. Dans les caractéristiques techniques de la maison on peut aussi mentionner l'utilisation de panneaux de bois compressés, une isolation en ouate de cellulose et des murs intérieurs en lames de bois, une toiture constituée d'un bac acier en raison d'une faible pente.

Maison rue L. Hélary à Saint Brieuc. Photo RF

Maison rue L. Hélary à Saint Brieuc. Photo RF


Remblai rue Hélary. Lotissement Epivent 1932 Archives départementales.

RUE ZAMENHOF

Au bout de la rue Zamenhof, on trouve également une maison en ossature bois aux lignes pures, construite et habitée par l'architecte Nicolas Sur. La maison, bien que non labellisée, est conçue selon les principes de la construction passive : Très ouverte au Sud pour mettre à profit les apports solaires, elle est en contrepoint très fermée au Nord. 

Maison rue Zamenhof, Saint Brieuc. Photo Nicolas Sur.
 
La maison est construite en ossature bois, poteaux et poutres en lamellé-collé pour la structure principale, murs à ossature bois pour les remplissages de façade, caissons bois pour les planchers et la toiture. 
 
Maison rue Zamenhof, Saint Brieuc. Photo Nicolas Sur
 
 
L'enveloppe est isolée par de la ouate de cellulose insufflée dans les murs et caissons doublée d'une laine de bois extérieure, des baies triple vitrages et une étanchéité à l'air soignée lui assurant une très bonne performance thermique. Ces principes d'éco-construction sont associés à la mise en oeuvre d'une ventilation double-flux et de panneaux solaires pour l'eau chaude sanitaire, permettant de s'affranchir d'un système de chauffage. 
 
Maison rue Zamenhof, Saint Brieuc. Photo Nicolas Sur

LES MAISONS SPECTACULAIRES

RUE CONDORCET

La maison la plus spectaculaire du quartier Robien se trouve sans doute au 17 de la rue Condorcet. C'est l'extension d'une maison construite en 1927 : deux grands cubes, posés l’un sur l’autre, forment la partie contemporaine. De petites lucarnes carrées et colorées viennent égayer la façade nord. On peut y voir des similitudes avec le Musée du Quay Branly à Paris. Elle est l’œuvre de deux architectes Jennifer Carré et Blandine Houssais. Blandine Houssais a travaillé avec l'agence Nunc au Légué avant de s'installer à Paris puis dans le Trégor. Jennifer Carré est partie à Nice.
Maison rue Condorcet à Saint Brieuc. Photo RF

Cette partie moderne vient se coller à une plus ancienne en pierre et en brique. L’arrière de la maison est tout aussi surprenant, sinon plus. On retrouve les deux cubes posés l’un sur l’autre et un autre cube coloré posé comme en équilibre sur une partie de la terrasse au sud.
Cette maison a fait l’objet il y a quelques années d’un reportage sur une chaine nationale de télévision. Ce projet le méritait amplement !
Cette réalisation a également été repérée dans le livre "Architecture contemporaine en Bretagne".
Le site des deux architectes donne aussi quelques clés pour comprendre leur travail : "Les travaux ont été effectués en site occupé, déterminant le choix d'un procédé constructif préfabriqué en atelier. La structure est en acier galvanisé assemblée par vissage et par boulonnage afin de garantir un chantier propre et rapide. Le revêtement extérieur est constitué de panneaux de Trespa, (composite de 70% fibres de bois, de 30% résine) de couleurs et finitions différentes. Le noir texturé du volume supérieur fait écho à l'ardoise, le gris satiné décline les éclats de mica du granit, le rouge rappelle les encadrements de briques des ouvertures d'origine".

Maison rue Condorcet à Saint Brieuc. Photo RF


RUE CONDORCET
Sur la rue Condorcet, à quelques mètres de la maison précédente,vous ne remarquerez certainement rien de particulier dans cette maison semblable aux autres des rues avoisinantes...
Maison rue Condorcet à Saint Brieuc. Photo RF

Pourtant elle peut aussi avoir cette palme de maison la plus spectaculaire mais il faut la voir côté jardin. C’est là que ses formes anguleuses et ses couleurs chaudes se révèlent. Il faut donc aller du côté du boulevard Edouard Herriot pour découvrir cette étonnante maison contemporaine. Les couleurs et les formes sont audacieuses. Une maison Unique ! 
 
Maison rue Condorcet à Saint Brieuc, entrée bld Paul Doumer. Photo RF

Yannick Barbançon en a été le deuxième propriétaire et nous fait la présentation :
"Les travaux ont été faits en 1993-1994 sur les plans du cabinet d'architectes Harley (aujourd'hui en retraite, il exerçait à St Michel). Un très bel exercice à la fois d'architecte et de BTP puisque une partie de la façade sud a été ouverte sans aucun dommage pour le bâtiment ancien.
La conception interne, toute en demi-étages était une vraie trouvaille en terme de facilité d'utilisation.
La distribution interne est aussi particulièrement soignée, parfaitement adaptée pour une famille avec enfants.
Dans la partie neuve : un grand séjour (près de 50m2) orienté au sud (tout en baies vitrées) avec cuisine ouverte et arrière cuisine le tout donnant sur une grande terrasse. L'ancien rez-de-chaussée de la "vieille" maison  a été réutilisé et transformé. Sous le séjour en ½ étage inférieur, on trouve un atelier, un cellier et une cave à vin. Et en rez de jardin le garage pour 2 voitures ouvrant sur la cour aménagée et le fameux portail rouge".
Yannick Barbançon explique qu'en 1996, il a terminé tous les aménagements extérieurs. Et surtout, s'inspirant des maisons nordiques, il a peint  le bardage en ce rouge plus chaud (plus orangé) qu'un rouge basque pour obtenir cette luminosité.
Nous sommes bien d'accord, cette couleur, il fallait la trouver et oser !
 
Maison rue Condorcet à Saint Brieuc, entrée bld Henri Herriot. Photo RF


RUE DANTON

Une autre maison contemporaine originale se trouve face au garage Peugeot, dans la rue Danton. Couleurs, matériaux, pavés colorés en verre, tout est réuni pour en faire une maison qui ne laisse pas indifférent. L'acier Corten est prédominant. Ce matériau est aussi appelé acier patinable, acier auto-protecteur. La corrosion est superficielle et n'évolue pas. On l'utilise pour la construction ou pour des éléments comme les clôtures, les portails.
Maison rue Danton à Saint Brieuc. Photo RF


MAISONS DISCRÈTES, MAISONS D’ARCHITECTES

Au 14 de la rue Aristide Briand, on remarque à peine cette façade d’une sobriété absolue, sans ouverture de fenêtre, avec une simple toiture arrondie en zinc. Tout se passe du côté jardin, du côté parc pourrait-on dire car la maison s’ouvre très largement sur le Square Barillot. Le message semble être « Pour vivre heureux, vivons caché ». Le cabinet d'architectes qui a conçu ce projet en 1988 pour M. Yves Pierre est pourtant un concentré de célébrités dans le milieu des architectes avec Debullois-Guervily-Dunet
Yves Pierre était le fils des magasins des établissements Pierre, bien connus à Saint-Brieuc dans la fabrication et vente de meubles (rue de la Gare depuis les années 40). Il a lui-même repris l’affaire jusqu’au moment de la fermeture du magasin en 2012.
Meubles Pierre,15 septembre 1948 Ouest-France

Quand il a voulu faire construire une maison à Robien, il n’a pas choisi un terrain mais a fait raser la maison qui se trouvait au
Une extension a été créée du côté square Barillot en 1990.

Maison rue A. Briand à Saint Brieuc

Au numéro 28 du boulevard Hoche, derrière une palissade en bois noir, se cache totalement une maison réalisée par Michel Velly, un architecte briochin des années 80/90, grand adepte de la trame. Elle est appelée maison « Buffereau » et sa construction est de 1990. Une photo vous permettra de découvrir ce qui se cache derrière cette énigmatique entrée en chicane.

Article complet à retrouver en cliquant ici
 
 
Maison 28 bld Hoche à Saint Brieuc. Photo RF

Maison 28 boulevard Hoche à Saint Brieuc. 

Dans le bas de la rue Cuverville, derrière un grand portail et une haie, on peut aussi découvrir une maison contemporaine très sobre, jaune et blanche.

Maison rue Cuverville à Saint Brieuc. Photo RF



GÉOMÉTRIE
Maison Morel, 23 rue de Trégueux
En descendant la rue de Trégueux, au numéro 23, sur la gauche on peut voir une proposition radicale de maison contemporaine, basée uniquement sur des lignes horizontales et verticales. On pourrait se croire dans le désert mexicain ! 
Le permis de cette maison a été déposé le 30 décembre 1983 et elle a été construite en 1984-85 et habitée par l'ancien architecte de la ville de Saint-Brieuc, Patrick Morel. 
 
Photo début des années 90
On peut noter que le mur forme une enceinte et le seuil de la maison. Le mur qui longe la rue de Trégueux intègre parfaitement la boite aux lettres et le bac à plantes sur le côté droit.
La composition développe le thème du cube.
C’est une maison qui possède une double orientation dont une privilégiée sur l'arrière vers la vallée du Gouédic. 
Maison 23 rue de Trégueux à Saint Brieuc. Photo RF
Maison 23 rue de Trégueux à Saint-Brieuc. Photo RF


Patrick Morel est un architecte qui aime les formes géométriques comme on le voit avec la réalisation de l'école de La Vallée, au 13 rue Balzac à Saint-Brieuc et l'école des Villages. Entre les années 1980 et 2010, on lui doit aussi l'îlot Saint-Vincent de Paul dans le centre-ville, les anciennes halles place de la Grille et l'auberge de jeunesse. Il a aussi réalisé un projet lié à l'urbanisme de la ville en créant un passage sous la rue de Gouédic qui permet d'assurer une liaison piétonne dans la vallée de Gouédic.

Ecole de La Vallée, au 13 rue Balzac à Saint-Brieuc. Image Google-street

 

Sources

La description et l'intérêt architectural doivent beaucoup à la fiche extraite de Saint-Brieuc, de l’après-guerre à nos jours. Analyse du patrimoine architectural et urbain. Réalisation de l’École d’architecture de Bretagne. Janvier 1994. Fiche RE.1

M. Morel a répondu à de nombreuses questions lors d'une visite guidée sur l'architecture de Robien en 2023.

 

RUE DE TREGUEUX

Tout en bas de la rue de Trégueux en descendant à gauche, une autre maison contemporaine a vu le jour après l'abandon d'un projet de logements collectifs écologiques.

Photo RF avril 2025


De nouveau dans la rue Cuverville, au numéro 4, deux blocs rectangulaires, séparées par la porte d’entrée. Une seule ouverture côté rue, avec une fenêtre horizontale : la maison ne se dévoile que sur la partie Ouest.

Maison 4 rue Cuverville à Saint Brieuc. Photo RF



QUATRE EXTENSIONS
En descendant la rue Luzel, sur la gauche, on aperçoit en retrait de la route une construction contemporaine, au second plan, derrière un beau bâtiment art déco d’une blancheur immaculée. Le contraste, entre le blanc de l’avant et le gris anthracite, est saisissant. 
Maison rue Luzel à Saint Brieuc. Photo RF


Rue Jean Jaurès, un grand cube a été adossé à une maison traditionnelle du quartier en granit. Elle est surmontée d’une terrasse. Une peinture street-art, de l’artiste Pan Pan, vient renforcer l’aspect contemporain de l’ensemble. 
 
Maison rue Jean Jaurès à Saint Brieuc. Photo RF

En retrait de la rue Jules Ferry, on aperçoit à peine une belle extension en forme de cube noir, aux larges baies vitrées. Il s’agit d'une rénovation et extension entre deux maisons : une coté jardin et une autre coté rue. L'extension a permis de relier ces deux maisons. C'est une réalisation de l'architecte Xavier Pageot.
 
Maison rue Jules Ferry à Saint Brieuc. Photo RF
Maison rue Jules Ferry à Saint Brieuc. Photo Xavier Pageot

Le jardin, maison rue Jules Ferry. Photo Xavier Pageot

Au 33 de la rue Cuverville, une extension rehaussant un garage permet de relier la maison d’origine au dessus du rez-de-chaussée.
L’extension est réalisée sur une maison qui aurait pu être repérée dans l'article sur les maisons du début du XXe. Il s'agit d'une maison double (31 et 33) qui aurait été réalisée vers 1900-1910 pour y loger les cadres des industries en expansion dans le quartier.
Notons qu'une peinture street-art, de bona-berlin, une artiste allemande, permet là-aussi de renforcer l’aspect contemporain de l'extension de la maison.

Maison rue Cuverville, Saint Brieuc. Photo RF

Maison rue Cuverville, Saint Brieuc. Photo RF
 

Retour au sommaire ICI

 

Racontez-nous votre maison

Si vous habitez une maison contemporaine, racontez-nous son histoire :
Notez les dates de construction et le nom de l’architecte. Avez-vous des plans ?
Est-ce une maison transformée, une extension (date et style de la maison d'origine) ou est-ce une création sur un espace nu ?
Etes-vous le premier propriétaire ?
Comment cette maison s’intègre dans le quartier ?
Y a-t-il des rappels avec les matériaux utilisés à Robien (exemple : brique) ?
Quels matériaux avez-vous utilisé ?
Avez-vous proposé quelque chose de radicalement nouveau ?
A qui avez-vous fait appel pour la conception, la construction ?
Etes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?

Sources

Archives personnelles de Pierre-Yves Pondaven (maison de la rue Louis Blanc)

Entretien téléphonique avec Emmanuel de Bressy.

Renseignements fournis par l'architecte Nicolas Sur, lui-même, concernant la réalisation de sa maison rue Zamenhof et sur les maisons "Haricot" du boulevard Paul Doumer et "Velly" du boulevard Hoche.

Entretien avec Yvette Le Mener, propriétaire de la maison "Haricot" du 28 boulevard Paul Doumer. Avril 2020 

Extrait d'une monographie de la collection de l’Institut français d’Architecture : « Gros plan 10 - Michel Velly » édité en 1991. Maison du 28 boulevard Hoche.  

Article de Ouest-France Trégor sur l'architecte Le Flanchec

Renseignements fournis par Lionel Bras sur la maison du 33 rue Cuverville et par Yannick Barbançon pour la maison rue Condorcet.

Architecture contemporaine en Bretagne. Coop Breizh, 2009. Mention et photo concernant l'extension de la maison rue Condorcet conçue Blandine  Houssais et Jennifer Carré.

Site de Jennifer Carré et Blandine Houssais, maison de la rue Condorcet, cliquer ici 
Site de Blandine Houssais, avec ses réalisations en Bretagne, cliquer ici 

Merci à Xavier Pageot pour ses conseils avisés et ses photos de son extension rue Jules Ferry.

Site patrimoine bzh Fonds Roger Le Flanchec (1915-1986) 

Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Institut français d’architecture. Centre d’archives d’architecture du XXe siècle. Fiche descriptive très complète, cliquer ici

Avec les contributions de Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Mary Simon, Guillaume Agouf...

carte 

 


 

 

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...