dimanche 18 janvier 2026

2020-2026 L'histoire de Robien, au service de multiples partenaires à Saint-Brieuc

Ce blog a déjà servi à de multiples partenaires comme un centre de ressources. En voici quelques exemples...

La compagnie de Théâtre Jeanne Simone. Octobre 2020


Dans le cadre de la programmation de la Scène nationale La Passerelle, la compagnie Jeanne Simone a proposé son spectacle "Sensibles quartiers" dans le quartier de Robien en octobre 2020. La troupe est venue en résidence pendant plusieurs jours à Robien et elle y a construit son spectacle.

J'avais pris contact en amont avec la troupe dans le but de fournir quelques éléments sur l'histoire du quartier.  Des choses ont été utiles et la troupe les a utilisées à certains moments pour faire des références à ce qui se passait autrefois à Robien. L'approche de la troupe est surtout sensible (voir, écouter, sentir...) et poétique, mais l'aspect historique est également une dimension du spectacle. J'ai eu l'occasion d'assister aux deux premières représentations de Sensibles Quartiers à Saint-Brieuc et de rencontrer quelques personnes de la troupe. Elles ont intégré, avec une incroyable réactivité, des remarques visant à préciser, enrichir ou rectifier des points d'histoire. Beaucoup de gens ont vu le quartier autrement, certains ont peut-être eu l'envie de le connaitre un peu plus...

Présentation de Sensibles quartiers ici

La compagnie Jeanne Simone devant la Résidence Carnot. Photo RF 2020

Un parcours dans Robien pendant le deuxième confinement. Novembre 2020


Cet article est paru le samedi 21 novembre 2020 dans Ouest-France. Avec toutes les ressources du blog, je n'ai pas eu de mal à proposer ce parcours, il y en aurait eu beaucoup d'autres possibles !

Découverte de l'histoire de Robien avec Ludovic Le Moignic, élu en charge du Patrimoine. Décembre 2020

En 2020, élu depuis quelques mois, Ludovic Le Moignic est en charge du Patrimoine culturel et architectural de la Ville de Saint-Brieuc. Il m’a semblé naturel de le rencontrer pour mieux nous connaître et faire le point sur ce qui se passait dans le quartier de Robien dans le domaine qui le concerne. Epidémie de Covid oblige, c’est en visio-conférence  que nous avons fait connaissance et Ludovic Le Moignic, qui n’est à Saint-Brieuc que depuis quelques années, m’a demandé de lui faire découvrir quelques aspects du quartier. J’ai préparé un circuit sur le passé rural de Robien et les débuts de la paroisse. Quelques passionnés d’histoire ont été invités le lundi 2 décembre 2020 et deux ont pu se rendre disponibles : Yannick Gicquel, fervent défenseur du patrimoine briochin, habitant de la rue Jules Ferry et Jean-Christophe Balan, auteur d'une bande dessinée est à forte connotation historique.

Ludovic Le Moignic, Yannick Gicquel et Jean-Christophe Balan

Le circuit nous a amenés à observer les vieilles maisons campagnardes, les maisons d’octroi où les denrées agricoles étaient taxées, les traces de la présence des chevaux (anneaux, commerces), les restes des anciennes propriétés du manoir de Robien, le calvaire de la Croix-Perron et enfin l’église Sainte-Anne. Françoise Le Gall, bénévole de la paroisse, a eu l’amabilité de nous ouvrir ce très bel édifice.

Un après-midi très riche d’échanges, qui appelle d’autres rencontres avec cet élu ouvert au dialogue et lui-même passionné d’histoire. L’objectif à moyen terme pourrait être de penser une signalétique sur Robien pour en faire découvrir des aspects historiques significatifs.

Ce jour-là, faire de l'histoire c'était  échanger des informations sur le terrain, dialoguer et envisager l'avenir avec un élu de la Ville de Saint-Brieuc...

Le site complet de Jean-Christophe Balan, à découvrir ici


L'enquête d'utilité publique sur l'étang de Robien. Janvier 2021

Les différents articles parus dans le blog au sujet du ruisseau du Gouédic et de l'étang ont été utiles au commissaire enquêteur Cédric Thoraval qui a mentionné ce travail dans son rapport final.
"Nous avons lu avec attention les articles que vous avez publiés sur votre blog à ce sujet. Leur lecture en a été très instructive, notamment la partie relative à la construction de l'étang.
Je vous remercie pour ces informations historiques".

M. Thoraval a confirmé tout l'intérêt d'une telle recherche historique lors de notre échange du lundi 25 janvier à la Mairie et a rendu compte de cette démarche de partage d'informations dans le document final (voir l'extrait plus bas). 
 


Extrait du document final de l'enquête d'utilité publique. Mai 2021


Des échanges avec l'écrivain Christian Prigent.
Depuis le début de la mise en ligne d'articles sur l'histoire de Robien, l'écrivain Christian Prigent est attentif à ces publications qui lui rappellent les lieux de son enfance, rue de l'Ondine et dans les environs.
Pendant les différentes périodes de confinement, nous avons pu échanger par téléphone et par mail. Les plans que j'avais trouvés aux archives départementales, sur l'entrepôt des Postes rue de l'Ondine, ont particulièrement retenu son attention et une reproduction a été publiée en 2021 dans son ouvrage intitulé Chino au jardin et édité chez P.O.L.
 
L'année 2021 est celle du début de partenariat avec les archives municipales et de nombreuses visites du quartier...

Lien pour découvrir une vidéo réalisée par Estelle Cunin des archives, cliquer ici


Les archives départementales. 2020-2021

Le 14 juin 2021, vingt-cinq personnes des Archives départementales ont participé à une visite de découverte du quartier de Robien (partie Ouest). Le 6 septembre se déroulait la deuxième partie de la visite (partie Est).

Cette initiative vient de la volonté des personnels des archives de mieux connaitre leur environnement proche. L'idée était aussi de montrer comment la recherche historique sur le terrain s'appuie sur le fonds d'archives du département. Et réciproquement, comment les documents collectés aux archives sont mis en valeur, par exemple à travers des visites ou avec ce blog sur l'histoire de Robien.

6 septembre 2021. Boulevard Hoche

6 septembre 2021. Rue de Robien

6 septembre 2021. Rue de Robien devant les anciens établissements Flageul

En 2023, deux circuits ont été proposés dans le quartier de Robien en lien avec l'exposition "Les archives sortent du bois" des archives départementales (voir à la fin de l'article présenté ici)


Le Comité d'Animation de Robien 

Le C.A.R publie ou relaie régulièrement les articles sur l'histoire de Robien sur son Facebook...


Essentielle culture.

Un compte Facebook a été créé par les différents services culturels de la Ville au moment du premier confinement en 2020. Les articles du blog de l'histoire de Robien sont relayés et un public averti en prend connaissance... Des commentaires montrent l'intérêt porté à ces contenus et permettent parfois aussi de faire avancer la recherche.



Ouest-France

Le 24 mars 2021, le bar-hôtel "Le Tout va bien", rue Jules Ferry a malheureusement brûlé. Le rédacteur de l'article de Ouest-France a pu puiser dans l'article consacré à cet établissement sur le blog pour en raconter l'histoire. Et il faut signaler que le lien a été mis dans la version numérique vers le blog et les sources ont été parfaitement mentionnées. Du vrai professionnalisme et de l'éthique !

En novembre 2023, Catherine Lemesle, journaliste à Ouest-France, s'est appuyée sur des éléments de l'article du blog de l'histoire de Robien pour  écrire un article posant la question : Pourquoi l’eau courante n’arrive à Saint-Brieuc qu’en 1910 ?

Article en ligne (3 novembre 2023) pour les abonnés à Ouest-France en cliquant ici

 

Le Télégramme 2025

En septembre, un article est consacré à l'histoire de Robien suite à la visite guidée que j'avais conduite au moment des journées du patrimoine. Et me voilà désigné comme "L'érudit briochin" qui a conduit "une visite surprenante du quartier de Robien" ! ... "Le passionné en connait presque chaque pierre, chaque maison, chaque rue..."

22 septembre 2025 Le Télégramme

En décembre 2025, Julien Molla
, journaliste au Télégramme, m'a contacté pour trouver 4 ou 5 contacts sur Robien afin de réaliser une série sur les habitations atypiques dans le quartier de Robien. A chaque article le blog était mentionné. Un beau travail du Télégramme, avec des articles bien écrits... 

2 janvier 2026 Le Télégramme

 

3 janvier 2026 Le Télégramme

Le monde forain

Suite à  la publication d'une douzaine d'articles sur des familles du monde forain qui avaient fait les beaux jours des fêtes foraines dans le quartier de Robien, de nombreux échanges se sont développés par l'intermédiaire de deux Facebook : "Forains d'autrefois" et "Les fêtes foraines de Bretagne et d'ailleurs". Des articles comme par exemple celui sur la famille Hoffmann sont devenus des références dans le milieu forain. 

En décembre 2025, la documentariste Angellina Thieblemont a pu approfondir ses recherches sur le monde forain en découvrant tous les articles qui lui sont consacrés sur ce blog.  

Un projet de deux étudiantes en licence Tourisme. Février 2022

Ségolène Misiak et Marie Gjasula-Masson sont étudiantes en Licence Professionnelle Tourisme et Patrimoines au campus Mazier de Saint-Brieuc. Elles travaillent sur un projet d’étude avec les archives de Saint-Brieuc et les TUB afin de valoriser le quartier de Robien. Une très bonne idée qui sera peut-être reprise par la suite...

Les deux étudiantes ont souhaité recueillir un avis sur leur dossier. Ayant choisi le trajet de la navette gratuite qui passe à Robien, une visite explicative sur le parcours a permis de préciser plusieurs points de l'histoire du quartier.

 

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samedi 17 janvier 2026

Les écoles publiques dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, rue Guébriant, boulevard Carnot. 1903

  

Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales

 

Plan de l'école des garçons à Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales

Cet article n'a pas pour ambition de raconter l'histoire complète des écoles publiques du quartier de Robien mais simplement de donner quelques repères et d'évoquer la création de ces écoles en illustrant de documents anciens...

Le projet pour les écoles publiques de Robien. 1901

Le quartier de Robien subit une véritable explosion démographique au passage du XXe siècle. Entre 1896 et 1901, la population va tripler et atteindre plus de 1000 habitants. Les familles ont beaucoup d'enfants et il devient urgent d'y construire des écoles publiques.Après avoir fait  dresser des plans par l’architecte de la Ville de Saint-Brieuc, le 20  décembre 1901, la municipalité, sous la conduite de M. Louis Hélary, délibère en vue de la création d’une école publique de filles et d’une école de garçons à Robien.

Plan d'ensemble de la construction des écoles de Robien 1901. 5 Fi 057. Archives municipales
« L’école de filles comprend deux classes pouvant contenir 50 élèves et une classe enfantine pour 50 enfants. La maison d’habitation comprend un appartement de 6 pièces pour la directrice et deux logements de chacun deux pièces et un cabinet pour les institutrices ». 

La classe enfantine dispose d’un réfectoire. Dans la cour de l’école des filles, on a prévu un préau et des toilettes. Sur ce premier plan de 1901, la cour des filles donne sur le boulevard Carnot.

Façade boulevard Carnot, St Brieuc. Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales
 
Pignon boulevard Carnot, école des filles. St Brieuc. Robien. 1901. 5 Fi 124. Archives municipales

Ecole des filles boulevard Carnot, St Brieuc. Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales
 L’école des garçons comprend deux classes pouvant contenir chacune 50 élèves. La maison d’habitation comprend un appartement de 5 pièces pour l’instituteur et un logement de quatre pièces pour l’adjoint. Sur ce premier plan de 1901, la cour des garçons donne sur la rue Guébriant. Ce projet est approuvé par le Ministre de l’Instruction Publique le 10 octobre 1902.
St Brieuc. Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales
 

Les débuts de l’école publique. 1903

L’école des garçons ouvre en 1903. Mais les plans sont revus pour l'école des filles.

Plans d'agrandissement. 16 juillet 1904 Archives municipales


 
Plans d'agrandissement. 16 juillet 1904. Archives municipales


Plan de 1905, approuvé en 1907. Archives municipales

Après approbation du plan de l'architecte en octobre 1904, le projet de construction de l'école des filles est mis en route.

L'architecte Bourgin est l'auteur de nombreux plans pour la ville de St Brieuc. L'historien M. Illio a raison de dire qu'il mérite une mention spéciale : "Il fut à la fois architecte du département et architecte de la commune. Il mourut en 1929. Il était le beau-frère du Président de la République Millerand. A son compte, il construisit beaucoup de bâtiments, qui contribuèrent à donner à la Ville sa physionomie du XXe siècle. Pour l'Etat, Bourgin a construit l'Hôtel des Postes, pour la commune (son ami, le maire Servain, était un grand bâtisseur), les écoles publiques Baratoux, Guébriant, Carnot, Poutrin, Berthelot...


L'école est aussi un lieu de culture pour le quartier de Robien.

"Une bibliothèque populaire", fondée par la Municipalité, est installée en janvier 1906 à l'école de la rue Guébriant. 

Heures d'ouverture : 20h à 22h les lundi, mercredi et vendredi; dimanche de 17h à 19h.


En 1905, Mlle Cances est nommée adjointe boulevard Carnot (Ouest-Eclair 23 mai 1905)

Dans le recensement de 1906, on trouve  le nom des premiers instituteurs qui logent dans l’école rue Guébriant : Jean Morvan, né en 1866 à Pludual ; Marie Morvan, institutrice, née le Normand, née en 1866 à Loc Envel et Louis Tassel, instituteur, né en 1887.

Le directeur de l'école des garçons et la directrice de l'école des filles disposent d'un jardin (plan ci-dessous)

Jardins entre les deux écoles. 1901 Archives municipales

 

1905 Archives municipales


1905 Archives municipales

Les plans dressés par l'architecte en 1905 se révèlent déjà insuffisants.

En 1906, un projet d’agrandissement de l’école des filles est transmis aux différentes autorités, il porterait le nombre des classes de quatre, à six pour un total de 282 élèves déjà présentes. Le projet prévoit la construction d’une salle de travail manuel et d’une salle d’enseignement ménager et d’un préau pourvu de sanitaires. Personne ne conteste cet agrandissement car l'école est beaucoup trop à l'étroit : une classe se trouve pour le moment dans l’appartement de la directrice !  Les nouveaux plans sont approuvés le 22 janvier 1907 mais il faut attendre 1909 afin que se concrétise la construction des classes supplémentaires. Elles sont bien nécessaires pour faire face à l'augmentation constante des effectifs : entre 1901 et 1912, la population aura augmenté de 600 habitants, c'est considérable. 


Le quartier de Robien bénéficie d'un très bel outil avec ses écoles publiques mais cela va générer des jalousies du côté du quartier de Gouédic !  Voilà maintenant que l'on peut lire dans la presse en 1909 que "le quartier de Robien est favorisé" !

2 décembre 1909 Ouest-Eclair

En janvier 1910, un nouveau chantier est lancé avec la construction de deux classes supplémentaires pour l'école des garçons.

Affiche 1910. Archives départementales 2o278.14

L'affaire du pensionnat. 1909

Par une lettre du 17 février 1909, Mme Boutier, la directrice de l'école du boulevard Carnot, sollicite le Conseil municipal demande l'autorisation officielle d'établir un petit pensionnat qui fonctionne déjà depuis deux ans. La Ville a mis a disposition un petit pavillon pour les instituteurs mais comme il y a de la place, la directrice y loge des élèves pensionnaires. Certains conseillers s'y opposent mais le Maire et M. Boyer, le rapporteur de ce sujet, ont convaincu leur auditoire. Les Républicains votent pour l'officialisation du pensionnat.

Instituteurs boulevard Carnot :
Boutier, direction 7 classes
Laboureur, directrice 7 classes
Gilbert, adjoint
Le Pennec, née Rolland
Le Men, née Cances
Le Maître, née Souyet, jusqu’au 10 septembre
Anne-Marie Busson, née Le Bihan, vient des Villages, remplace Le Maître à partir du 18 septembre (voir ci-dessous sa fiche, AD22 dossier personnel 1T573)
Le Mercier
Nicolas, née Le Roux

Document AD22
Instituteur école rue Guébriant en 1911
M. Morvan, direction d’école 5 classes
Mme Morvan, née Le Normand
Nicolas
Kerroux
Conan
 

Les transformations de l'école jusqu'en 1914

Avant 1914, l'école a bien changé, des classes supplémentaires ont été construites, des cours professionnels sont créés (comptabilité, couture, etc.) et une cantine scolaire est proposée en hiver.

École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122
 
 
École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122
École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122

École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122

 
 Archives départementales 2o278.14

 Archives départementales 2o278.14

L'école pendant la Guerre de 1914

École des Filles. Robien, année 1917. Photo Germaine Guays. Ouest-France 28 novembre 1990

 

Parole d'écolière. Germaine Hello née en 1905.

"Je me plaisais beaucoup à l'école Carnot; la directrice était Madame Laboureur et mon institutrice s'appelait Madame Le Mercier. Elle était très sévère, il fallait travailler dur. On passait le Certificat d’Études à 11 ou 12 ans. Mais pendant l'année scolaire 1917-1918, nous avons dû laisser la place aux blessés de guerre. Je suis donc allée à l'école de la Providence".

Germaine Hello (Guays par son nom de mariage) raconte que l'école des filles a été fermée à la dernière année de la Guerre 14-18. Elle fait référence à cette période où la Ville de Saint-Brieuc avait été obligée de trouver des lieux pour soigner les victimes de la guerre. Quatorze hôpitaux étaient ouverts et l'école des Filles, 15 boulevard Carnot était désignée comme "Hôpital complémentaire 100". Cet hôpital possédait 122 lits et avait déjà fonctionné du 1er juin 1915 au 10 mai 1916.

Germaine a organisé des retrouvailles le 14 décembre 1991, dans la petite salle de Robien, pour retrouver ses anciennes camarades de classe présentes sur la photo de 1917. Léonie Belleret (dit "Mimi-Jan") et Eugénie Corbel étaient au rendez-vous 74 ans après. Martine Guilvic et Alice Hervé n'avaient pu venir...

Les premiers instituteurs et institutrices

Dans les recensements, on trouve les noms des enseignants des écoles publiques du quartier de Robien :

1906, Rue Guébriant : Jean Morvan, instituteur, né en 1866 à Pludual ; Marie Morvan, institutrice, née le Normand, née en 1866 à Loc Envel ; Louis Tassel, instituteur, né en 1887

1906, Boulevard  Carnot : numéro 13 Marie-Julienne Boutier, veuve née Arthur, directrice école publique ; numéro 15 Alice Herpe, institutrice;

1909, Mme Boutier, directrice de l'école boulevard Carnot, direction 7 classes ; Gilbert, adjoint ; Le Pennec, née Rolland;
Le Men, née Cances ; Le Maître, née Souyet, jusqu’au 10 septembre ; Busson, vient des Villages, remplace Le Maître à partir du 18 septembre ; Le Mercier ; Nicolas, née Le Roux.

1911. Instituteurs école rue Guébriant : M. Morvan, direction d’école 5 classes ; Mme Morvan, née Le Normand ; Nicolas ; Kerroux ; Conan.

1917, Mme Laboureur, directrice de l'école boulevard Carnot ; Mme Lefloch, veuve Gilbert, adjointe (de 1910 à 1929). 

1929, Jean Villeneuve, directeur école jusqu'en 1932 (Dossier 1T563 AD22)

1931, Rue Guébriant : Jean Villeneuve, directeur école ; Marie Villeneuve, femme, institutrice ; Au numéro 6, François Le Nôtre instituteur ; au numéro 22 Émilie Tassel institutrice.

1931 à 1940, Radégonde Carré, née Liéré, née le 30 septembre 1886 à Vouillé dans les Deux-Sèvres, adjointe à l'école Carnot du 1er octobre 1934 au mois de décembre 1940 (Dossier personnel aux Archives 22 1T574)

1936, Rue Guébriant : Camille Saindrenan, directeur de l’école ; Marie Saindrenan, institutrice ; Hélène André, institutrice.

1936, boulevard Hoche : numéro 26 Ferdinand Nicolas, directeur école ; Marie Nicolas, institutrice

Plan du quartier. 1938. Archives municipales 5Fi190

Une plaque pour François Clairon

En juin 1920, une plaque va être posée à l'école en mémoire de M. Clairon, instituteur-adjoint à l'école Guébriant et tué en 14-18.

François Clairon 22 juin 1920. La dépêche de Brest.
Portrait, Jean Villeneuve, directeur 1929

Jean Villeneuve est né le 29 mars 1876 à Merdrignac. après avoir enseigné comme instituteur dans le département, il arrive comme directeur à l'école Guébriant en 1929 et y restera jusqu'en 1931 (dossier AD22 1T563). Portrait complet à retrouver en cliquant ici



La nécessaire construction de l'école Hoche

Le 13 juillet 1936, la municipalité s’engage dans l’acquisition d’un vaste terrain appartenant à Monsieur Sébert, situé entre le boulevard Hoche et le sentier d’Yffignac (qui deviendra la rue François Ménez). Cette décision procède d’une analyse détaillée des effectifs scolaires qui ne font qu'augmenter. La situation est exposée au Conseil municipal : l’école publique de garçons de Robien « Ecole Guébriant » qui comptait 188 élèves en 1927-1928 passe à 197 en 1930 et 287 élèves en 1936.

Depuis la création de l’école, le nombre de classes est passé à 5 mais s’est révélé insuffisant et il est devenu nécessaire d’installer une classe de garçons dans la salle des fêtes de l’école des Filles pour pouvoir y installer un maître supplémentaire. En 1936, la situation est la suivante : 287 garçons, 6 classes, soit 48 élèves par classe. Le directeur annonce 300 élèves à la rentrée prochaine.

La population du quartier ne va cesser d’augmenter avec les nouveaux lotissements en cours. La municipalité table sur 400 élèves à l’école des garçons dans un avenir proche.
Du côté de l’école des filles, l’effectif est passé de 259 en 1929 à 336 en 1932-1933. Il faut donc prévoir une dizaine de classes de filles. Suite à la création de l’Ecole libre de filles, le nombre des élèves est tombé à 315 puis est revenu à 336 en 1935 pour 7 classes, soit 48 élèves par classe. La municipalité a dû pour les filles, aménager une classe dans la partie non occupée de la salle des fêtes. En retirant les garçons du groupe scolaire actuel de Guébriant, les locaux seraient très vite occupés par les classes de filles. Le 23 avril 1937, la Ville complète ses acquisitions de terrains en vue de la construction d’une nouvelle école. Elle achète un terrain attenant à celui de M. Sébert, de 427 mètres carrés à M. Louis Feurgard, propriétaire, 7 rue Jules Ferry. Malheureusement la guerre 39-45 viendra ruiner la réalisation de ce projet. La première rentrée
de l’école Hoche ne se déroulera qu'en septembre 1956.


 Une bizarrerie

Le 21 mars 1938, le journal La dépêche de Brest publie un article décrivant la première Fête de l'arbre qui se serait déroulée "au terrain de camping de Robien" avec les enfants des écoles. Ce qui est bizarre c'est qu'aucune autre archive ne rapporte la trace d'un camping à Robien à cette époque. Le camping ne sera aménagé qu'en 1957...


Les écoles publique de Robien pendant la Seconde Guerre mondiale

Les écoles du groupe Guébriant-Carnot  sont réquisitionnées pour les besoins de l’armée au début de la guerre 39-45. Le  Conseil municipal fait le point le 15 mars 1940 sur toutes les mesures qu’il a fallu prendre d’urgence. La recherche de locaux de remplacement pour recevoir les élèves du quartier de Robien a concentré toutes les attentions. La municipalité a utilisé au maximum les locaux des écoles les plus proches mais elle a dû se résoudre, à partir du 1er octobre 1939, à installer des classes dans des locaux privés qui ne sont pas vraiment adaptés. Ainsi une classe s’est retrouvée maintenant dans les bureaux des Huiles Shell, rue Émile Zola, une autre dans une dépendance du Café du Bon Coin, rue de Robien ! Rue Émile Zola le loyer payé par la mairie sera de 1500 francs pour l’année. De son côté, M Le Bras, propriétaire du Bon Coin qui garantit la location d’une grande pièce cimentée à usage de garage, avec un petit terrain vague devant le local et accepte la somme de 1200 francs pour l’année. D'autres élèves empruntent la passerelle piétonne pour rejoindre le Foyer laïc boulevard Charner où des salles de classe ont été aménagées.

Après six mois d’occupation, les locaux seront rendus à la ville à partir du 31 mars 1940. Les ennuis ne sont pas terminés…Les écoles du quartier sont réquisitionnées par les troupes d’occupation. La cantine ne peut plus fonctionner. Le service départemental des réfugiés met alors à la disposition du matériel de cuisine au service de la Ville. D’autre part, la Ville est autorisée par le service départemental des réquisitions à occuper trois baraquements édifiés par ce service sur la Place de Robien. Ils ont été aménagés pour un usage scolaire et fonctionnent depuis le 1er octobre 1941. Ces baraquements devaient servir provisoirement de classes mais cette situation perdurera au moins jusqu'en 1948. (décision du conseil municipal de fin décembre 1947)

Décembre 1941, un élève de l'école Guébriant rencontre le Maréchal Pétain

Sous le titre « Dix enfants des Côtes-du-Nord sont partis pour Vichy », le journal Ouest-Eclair nous raconte qu’un rendez-vous a été organisé par le maréchal Pétain avec 10 enfants du département dont le jeune Antoine Chalmet de l’école Guébriant. Accompagnés par le censeur du Lycée Le Braz, ils sont partis en train « pour être à Vichy les hôtes du chef de l’Etat l’après-midi du dimanche 28 décembre 1941 et seront de retour par mardi matin par l’express de cinq heures. » La conclusion de l’article est pleine d’enthousiasme : « Nul doute que ces heureux et jeunes voyageurs reviendront de Vichy avec un souvenir impérissable de leur réception par le Maréchal Pétain. » Ouest-Eclair 29 décembre 1941


Souvenir d'enfant

« Pendant la guerre, un abri avait été construit au bout de la cour de l’école, comme sur le modèle des abris du chemin de fer. Quand il y avait des alertes il fallait aller s’y cacher. »
Michel Dhénaut


Les écoles juste après-guerre 

Guy Flageul est né en 1939, il se souvient de ses premiers pas à l’école Guébriant et Hoche après 1945 : 

« On commençait à l’école Guébriant au début du primaire.

 Mais après on allait à Hoche dans des baraquements provisoires, ce n’était pas des classes en dur.

Enfin, quand on était à l’âge du Certificat d’Études, on retournait à Guébriant ».

En 1949, M. Francis Boisard est le directeur à Guébriant et il est récompensé par la Médaille d'argent de l'enseignement (Ouest-France 12 octobre 1949).

L'école de filles et l'école maternelle dans les années 60

A la rentrée de septembre 1956, les classes maternelles et l’école des filles ne bougent pas, elles ne déménagent pas dans la nouvelle école du boulevard Hoche.  Les plus grandes filles des classes de Cours Moyen rentrent par le boulevard Carnot tandis que les maternelles, CP, CE1 rentrent par la rue Guébriant. Ce n'est qu'au moment de la mixité dans les écoles que les filles rejoindront alors les garçons à l'école Hoche.

Dans la cour de l'école Guébriand à la rentrée. 16 septembre 1959 Ouest-France
 
Souvenirs, souvenirs
 
"Je suis allée dans cette école jusqu’en 1951. La directrice était Mme Lécuyer, assistée  de Mme Corbel, Mme Jonny et Mme Glon. Dans les années 69/70, l'école était dirigée par M. Le Corvaisier. Sa femme y enseignait aussi. Un grand instituteur comme on en voit plus beaucoup".
                                                           Françoise Sérandour. 
 
 
Le saviez-vous ?
 
Boulevard Carnot. Photo RF
 
Avez-vous déjà remarqué ces deux anneaux, l'un en dessous de l'autre, sur un pilier du portail de l'école boulevard Carnot ? Ce sont les anneaux qui permettaient de mettre le drapeau tricolore lors des cérémonies patriotiques.
 
L'attachement à l'école
 
Les parents sont attachés à leur école et sont impliqués dans la vie de ces établissements scolaires. Ils se regroupent au sein d'associations. Même lorsqu'ils ne sont plus élèves ou parents d'élèves, certains veulent continuer d'entretenir cette mémoire. C'est ainsi que sera créée en 2003 l'Association des Anciens élèves des écoles Guébriant et Carnot. On y retrouve Liliane Frostin présidente, Monique Combes secrétaire, Lucien Pailly trésorier.
 

2003. Création de l'association des anciens élèves des écoles Guébriant et Carnot. Journal officiel

 

Pour preuve également le succès remporté par des sites comme "Copains d'avant" qui permet de retrouver ses anciens camarades de classe...
26 janvier 2006 Ouest-France


L'association des anciens de Hoche-Guébriant. A droite Liliane Frostin, la présidente. 1er février 2014 Ouest-France

A suivre :

L'histoire de l'école Hoche, cliquer ici

 

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Rappel : cet article est très loin de retracer toute l'histoire de l'école Guébriant dans le quartier de Robien mais si vous avez des commentaires ou des documents à partager sur l'histoire de l'école Guébriant, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.


Nicole Connan a effectué sa première rentrée à l'école maternelle publique Guébriant en tant qu'institutrice en 1975, et en 1981, elle est devenue directrice. Photo Ouest-France 23 janvier 1997


Sources

Plans des écoles de Robien 1901. 1905. 1909. 5 Fi 124. 5 Fi 122. Archives municipales

Délibérations du Conseil municipal. 1936, 1937. Archives municipales

Délibérations du Conseil municipal du 15 mars 1940 et 6 septembre 1943.

Les écoles de Saint-Brieuc. Dossier 2o 278.14. Archives départementales.

Création d'association de parents d'élèves. 1959 et 2003. Journal officiel

Article de Ouest-France 1989, 28.11.1990, 1993

Recensements 1901, 1906, 1931, 1936. Archives départementales en ligne

J.B Illio, Histoire de Saint-Brieuc, 1931



 

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