jeudi 21 décembre 2023

La résidence du Parc, dans le quartier de Robien, rue abbé Garnier à Saint-Brieuc et la Résidence des Eaux minérales. 1979

 

En janvier 1979, on construit la Résidence du Parc au numéro 17 de la rue abbé Garnier à Saint-Brieuc.

Résidence du Parc, rue abbé Garnier. St Brieuc. Photo RF

Cette résidence est située sur le terrain rendu disponible après la démolition de la Coopérative agricole du Finistère qui se trouvait au bout de la briqueterie Le Dû. 
Coopérative agricole du Finistère, rue abbé Garnier. Photo 1964. Site du Musée de Bretagne

 
Sur la photo ci-dessous, comme sur le dessin de décembre 1981, on voit que des bâtiments de la briqueterie et une cheminée subsistent .

Résidence du Parc, rue abbé Garnier. St Brieuc. Photo Archives municipales


Dessin d'André Coupé 28.12.1981. La briqueterie Le Dû et la Résidence du Parc au second plan.

 
 
L'architecture est contemporaine et se compose d'un seul bâtiment de forme cubique de 6 étages, avec des terrasses pour le dernier étage. Beaucoup d'appartements bénéficient d'une agréable vue sur la Vallée de Gouédic.
 
L'entrée du bâtiment principal sur la rue Abbé Garnier s'ouvre sur la gauche avec un petit espace de style japonais agrémenté d'arbres miniatures. Face à l'entrée, un joli bassin est entouré d'arbres.
 
Résidence du Parc, entrée. Photo RF 2023

 
Le 17 B est un immeuble qui est à flanc de coteau et permet de descendre par un ascenseur jusqu'au Chemin des Eaux minérales. 

Passerelle de la Résidence du Parc. Photo RF

La Résidence du Parc, tout en haut. Photo RF
 

La "Résidence des Eaux minérales" est donc "associée" à la Résidence du Parc. Elle se situe également dans le quartier de Robien, sur la rive gauche du Gouédic. 


Résidence des Eaux minérales. St Brieuc. Photo RF


Résidence des Eaux minérales. St Brieuc. Photo RF

 

 

Prolongements

Continuer la promenade vers le Chemin des eaux minérales, ici

ou vers la suite de la rue abbé Garnier, ici


 

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mardi 19 décembre 2023

La présence protestante dans le quartier de Robien à St Brieuc. 1906-2022

 

La paroisse catholique de Robien était très influente au début du XXe siècle et on imagine bien que les très rares protestants du quartier devaient se montrer très discrets.

Il faut dire que les protestants dans leur ensemble ont eu beaucoup de mal à s’implanter dans la ville de Saint-Brieuc. 

 (ci-dessous, un livre écrit par l'abbé Camus et édité en 1900 qui donne une idée de la bataille livrée à cette époque)

 

Mais, autour du pasteur Jean Scarabin, des protestants parviennent à se réunir dans cette ville le dimanche 20 mai 1906. Tout se passe dans une salle louée dans le centre ville, au 12 rue du Champ de Mars (rue du Général Leclerc de nos jours). Les membres présents ce jour-là sont Messieurs Bird, Hansen, Hervet, Bonnet, Gouriou, Le Hech, Scarabin et Mesdames Bird, Aubin, Guillou, Doucet et Scarabin. L'assemblée désigne deux personnes pour déposer les statuts d'une association.

C'est ainsi qu'est fondée en juin 1906 l'Association de l’Église Évangélique Méthodiste de St Brieuc, inscrite au Journal Officiel du 12 juin, et dont les membres se réuniront au Temple de la rue Victor Hugo.

 

Des protestants à Robien dans les années 1900 

En 1906, il s'agit dans un premier temps de déposer les statuts à la préfecture et de nommer le comité directeur de cette Église protestante. On y trouve un habitant du quartier de Robien qui occupe le poste de secrétaire. Il s’agit de Auguste Le Hech, employé des Postes, né le 26 janvier 1869 à Bulat-Pestivien, résidant 15 rue Luzel.(Inscription au registre matricule n°1562, ici. Fiche Généalogique ici)

Dans les membres, on note aussi la présence d’une autre habitante du quartier de Robien : Anna Guillou, sans profession, née le 24 octobre 1845, résidant 39 boulevard Carnot. 

En 1920, on note une famille rue Jules Ferry.

En 1927, on a deux demoiselles rue Cuverville, Mlle Groler et Mlle Roelou. 

En 1930, M. Géraut, rue de l'Armistice et "au delà de la gare marchandise Monsieur Guernsen" (?).

De 1933 à 1942, M et Mme Leclerc, 15 rue du Pont-Chapet.

En 1947, M. Carlier (mari de Marthe Marquer, voir ci-dessous), 51 rue Cuverville.

En 1948-49, M. Christian Neihouser, habitant boulevard Hoche, né à Dommartin (Vosges) le 24 octobre 1873, est inscrit comme membre responsable de l’Église protestante de Saint-Brieuc. (Fiche généalogique ici)


La famille Marquer

La famille Marquer qui habitait dans la rue Cuverville était bien connue dans le monde protestant à Saint-Brieuc dans les années 1920-1930. Quelle est son histoire ?

Pierre Marquer est né le 31 mai 1858 à Goudelin dans une famille catholique (registre d’état civil, naissances, vue 345). 

Pierre Marquer naissance à Goudelin, registre 1858. Archives départementales.

Pierre Marquer est recensé sur le plan militaire au bureau de Guingamp en 1878 (Matricule 904, année1878, Guingamp, lot numéro 2, image 414) et il effectue son service militaire à Laon dans l’Aisne en 1880. 

Pierre Marquer. Recensement militaire Guingamp. 1878. Archives départementales.

Il rencontre alors le caporal Joseph Taquet, né en 1858 comme lui. C’est à son contact qu’il se convertit au protestantisme.
Pierre Marquer se fixe à Préseau (59) à partir du mois de septembre 1883.

Le 22 septembre 1884, à Préseau dans le Nord, Pierre Marquer épouse Marthe Taquet, née le 25 février 1861 à Préseau (image 95, acte ici), passementière (informations supplémentaires sur le site Généanet ici). Le pasteur Vincent François, domicilié à Denain, est témoin à leur mariage où il est désigné par l'officier d'état civil comme "ami des époux". La profession indiquée pour Pierre Marquer est celle de cordonnier. Le couple aura quatre enfants : Olympe, Marthe, Naomie et Joël.

Mariage Marquer-Taquet 1884. Archives du Nord. Commune de Préseau. Vue 139
Signature des témoins du mariage.

D’après Sébastien Fath dans son ouvrage Les baptistes en France, 1810-1950, Pierre Marquer s’engage activement dans l’évangélisation et la prédication occasionnelle dans les Églises de Préseau et Anzin dans le Nord.
L’Église Évangélique Baptiste d’Anzin est née en 1869 grâce au travail d’évangélisation des pasteurs Jean-Philippe Crétin et François Vincent, soutenus par l’Église Évangélique Baptiste de Denain. En 1897, l’Eglise inaugure son premier lieu de culte, rue Félix Faure. François Vincent (1833-1906) était un pasteur qui débordait d'énergie. Il avait épousé en 1859 Avéline Honorine Cadot, sœur du pasteur Aimé Cadot (1832-1915).

Sébastien Fath consacre quelques lignes pour établir une biographie sommaire du prédicateur laïc Pierre Marquer.

Puis la famille part à Valenciennes en juin 1900. Pierre exerce la profession de directeur d’atelier. La guerre 14-18 va leur faire quitter le Nord et leur fils Joël, né le 31 août 1885 à Valenciennes, mourra pendant cette guerre en 1916. Il avait 31 ans.

Fiche du site Mémoire des Hommes
 

Ils vont s’installer à Saint-Brieuc et s’impliquer dans la communauté protestante locale. Marthe Marquer est la première à s’inscrire comme membre de la paroisse en 1923. De 1927 à 1930, leur fille Naomie (née en 1887) va également s’engager et Pierre Marquer devient le vice-président de l’association cultuelle.


Solveig Hansen, une paroissienne née en 1916, les a côtoyés et se souvient : "Les Marquer venaient de Valenciennes dans le Nord, d'où ils avaient fui à cause de la Guerre 14-18. Une des filles avait été mariée mais son mari était décédé pendant la guerre. Olympe était mariée avec M. Descarpentries. La plus jeune s'est mariée avec René Carlier qui était venu du Nord pour travailler dans les mines de Trémuson. Naomie était célibataire. Les Marquer étaient de confession baptiste." (Témoignage recueilli le 24 mai 2023)

Olympe Marquer, née à Préseau (59) le 31 mai 1890, professeur de coupe, s'était effectivement mariée à Valenciennes, le 15 novembre 1913, avec Pierre Descarpentries, né le 13 novembre 1890 à Orchies, décédé le 24 août 1914 à Guise en Picardie. Marthe s'est mariée avec René Carlier et aura deux enfants. Naomie née en 1887 restera célibataire.

Pierre Marquer est décédé à Saint-Brieuc le 21 novembre 1939 et Marthe en 1948.

Compléments : 

Information pour Olympe sur le site Généanet, ici et pour son mari sur le site Mémoire des Hommes, ici) 

Mariage Pierre Marquer et Marthe Taquet en 1884, ici


 

Quand la musique dérangeait 1930

En 1930, une affaire qui s'est déroulée dans le quartier de Robien a fait grand bruit, bien au-delà des Côtes-du-Nord !

M et Mme Carro qui tenaient un bistrot dans le bas de la rue Luzel y avaient installé un piano mécanique. Autour de cette musique, des bals se déroulaient sans que personne ne trouve à redire jusqu'au jour où l’Évêque de Saint-Brieuc se mit à condamner le plus fermement cette pratique, trouvant que ces lieux étaient des endroits de perversion de la jeunesse.

Le malheur frappa la famille Caro qui perdit leur fils de 4 ans. Condamnés moralement par l’Église M et Mme Caro se virent refuser un enterrement religieux.

Seul le pasteur réformé Jean Scarabin, qui officiait au Temple de St Brieuc, leur offrit cette cérémonie.

Le journal L'oeuvre et le journal Le Citoyen (lu dans le Finistère)  relatèrent cette affaire.

L'oeuvre. 21 juillet 1930

Le pasteur Scarabin en 1939

Les protestants vus par les catholiques dans les années 1930

Entre 1936 et 1938, les curés des Côtes-du-Nord ont répondu à une vaste enquête sur la vie dans leur paroisse. Quatre questions sur les protestants sont posées, elles figurent à la page 40 d’un questionnaire qui en comporte 41, c’est dire que ce n’est pas le sujet central ! Mais cela nous renseigne sur la manière dont les protestants des Côtes-du-Nord sont vus par des catholiques.

J. Marcadet, le curé de la paroisse Sainte-Anne-de-Robien,  a répondu qu’il n’y avait qu’une seule famille protestante dans la paroisse et, en parlant des parents catholiques qui seraient allés dans un temple protestant : « Quelques uns sont allés dans cette salle par curiosité ».

Un article du journal paroissial du 31 août 1930 met aussi en évidence la défiance envers les protestants qui viennent "chez nous", comme le mentionne le curé dans son titre. Les termes utilisés ne sont pas anodins : le curé "met en garde" au sujet de ces "quêteurs inconnus"...


Bulletin paroissial. 1930. Archives départementales.

 

Dans les années 1960

Bien plus tard, dans les années 60, dans la paroisse de Robien, l’heure est au dialogue entre catholiques et protestants sous l’impulsion de Jules Auffray, curé de Robien et du pasteur Kieffer.

Les chrétiens se retrouvent pour un temps fort, au moment de la semaine de l’Unité, qui se déroule chaque mois de janvier.

A l'occasion de l'ordination du pasteur Kieffer, une conférence est organisée dans une salle du quartier de Robien à St Brieuc où le pasteur Paul Gerber s'adresse à tous les chrétiens.

En 1967, une grande exposition sur la Bible est présentée pendant une semaine au mois de mai. Elle est accompagnée de trois conférences. La première est proposée au Temple par le pasteur Jean Barral (de l'Alliance biblique) et la seconde, à la salle de Robien, est animée par le chanoine Péron, curé de Guingamp et par le pasteur Barral.

Dans les années 70, la forme des rencontres change mais sur le fond, le dialogue se poursuit.  En 1976, le pasteur Blanc rencontre l'abbé Auffret de Robien, Le Borgne de Plérin, Le Conniat de St Vincent de Paul et l'abbé Giblat. Ces rencontres se déroulent dans un très bon état d'esprit.

En janvier 81, échange de chaire, le pasteur Le Cozannet donne la prédication à l'église de Robien et une semaine plus tard, le curé de Robien prêche au Temple.

Emile Le Cozannet

Dans les années 1990 et 2000, l’église de Robien est un lieu très vivant et de nombreuses cérémonies œcuméniques s’y déroulent.

En 1996, 200 personnes sont réunies pour une prière oecuménique dans l’église Sainte-Anne-de-Robien. C’est Pierre Charlot, président du Conseil presbytéral de L’Eglise Réformée, de France qui débute la cérémonie par un discours d’accueil.

Pierre Charlot

La présidence est assurée par le pasteur Thomas Mentzel de l’Eglise Réformée. On note aussi la présence de José Loncke de l’Eglise Baptiste de Morlaix.

A gauche, le pasteur Thomas Mentzel

En 1998, catholiques et protestants prient ensemble et Caroline Engel, pasteure à  de l’Eglise Réformée est présente, ainsi que d’autres membres de la communauté protestante comme le docteur Erling Hansen, bien connu alors à St Brieuc, et des évangéliques baptistes. Catholiques et protestants alternent lectures et chants.

 

En janvier 1999, à l'église Sainte-Anne de Robien, protestants et catholiques sont venus prier ensemble sous la présidence de  Monseigneur Fruchaud dans une célébration préparée en commun. La pasteure Caroline Engel était présente pour les protestants. (Ouest-France, 22 janvier 1999).

Dans les années qui suivront de moins en moins de moments de partages et de cérémonies se déroulent à l'église de Robien et les semaines de l'Unité continueront dans d'autres lieux...


Les protestants évangéliques dans le quartier de Robien.

L’Église protestante évangélique s'est installée à partir de 1960 au 10 rue Anne-de-Bretagne, dans le quartier de Robien. Elle est membre de la Fédération évangélique de France.

En 1975, deux manifestions sont annoncées par voie de presse.

17 mai 1975 Ouest-France

18 juillet 1975 Ouest-France

En 1985, on trouve cette Eglise sous le nom de "Mission évangélique Croix-Péron", en référence au nom du carrefour de la Croix-Péron, proche de la rue Anne-de-Bretagne.

Jusqu'en 2010, elle bénéficiait des services de pasteurs puis elle a été animée par une association culturelle présidée par Pierre Dubois. L'assistance moyenne au culte du dimanche était de 50 personnes. Ce groupe s'est particulièrement investi en 2010 pour présenter à l'espace Lamennais une pièce de théâtre jouée par 15 acteurs amateurs sur l'évangile de Marc, appelée "Marc, l'expérience" (samedi 22 janvier 2011).

L'Eglise évangélique a déménagé par la suite dans un autre quartier de Saint-Brieuc.

10 rue Anne de Bretagne à St Brieuc
 

Une autre Église évangélique appelée "Association La Paix de l’Éternel" a utilisé les anciens locaux industriels du site de la rue du Pré-Chesnay au numéro 38 à partir de 2015. Elle a fait des travaux pour transformer en partie des bâtiments en lieu de culte. D'autres travaux de mise aux normes et construction de sanitaires ont également été effectués.

L'association est enregistrée comme une association culturelle et de loisirs qui pratique le chant Gospel. C'est aussi une association religieuse qui avait pour but : "adorer et louer Dieu l’Éternel, d’évangéliser les gens, afin de donner espoir aux âmes découragées et de réconforter celles déjà fortes".

Puis les buts ont été redéfinis ainsi : "faire vivre et connaître la confession de foi du christianisme".(Association Loi 1901)
Son siège a été situé au départ dans le quartier Balzac puis au 22 rue Ambroise Croizat bâti. 2 11ème étage, porte 22 à Saint-Brieuc.

Le 38 de la rue du Pré-Chesnay à St Brieuc. Photo RF

Intérieur du 38 de la rue du Pré-Chesnay à St Brieuc. Photo RF


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Si vous avez des remarques ou des éléments pour compléter cet article, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...

 

Sources

Registre des membres de la paroisse protestante de Saint-Brieuc.

Questionnaires  3F11a et 3F11b. Diocèse de St Brieuc

Articles de Ouest-France, 22 janvier 1996, 23 janvier 1998, 27 janvier 1999.

Article sur l'histoire des protestants dans les Côtes-du-Nord, ici 

Fiche dans Généanet sur Auguste Le Hech, ici

Mariage Pierre Marquer et Marthe Taquet en 1884, ici

A propos de Pierre Marquer, histoire de l'Eglise évangélique d'Anzin, cliquer ici

Article de Ouest-France du 24 janvier 2010 sur la présence de l’Église évangélique rue Anne de Bretagne

 

 

 

vendredi 1 décembre 2023

Les associations de personnes âgées du quartier de Robien à Saint-Brieuc.

Les personnes âgées du quartier de Robien ont eu depuis longtemps l’habitude de se regrouper ou d'être regroupées "pour que l'on s'occupe d'elles". Il peut y avoir un peu de paternalisme dans cette intention mais on peut y voir aussi une marque de respect pour ceux qui ont beaucoup donné pour leur famille, leur entreprise, leur quartier, leur ville. Replaçons-nous également dans le début du XXe siècle où les personnes arrivées à l'âge de la retraite ne touchent aucune pension. Pour les plus modestes, et ils sont nombreux à Robien, une aide n'est pas mal venue.

Les noms qui évoquent cet âge avancé dans la vie ont varié suivant les époques.
Dans les années 50,
dans la presse on évoque : Les vieux du quartier, Les vieux travailleurs, La journée des Vieillards. Dans les années 70, le vocabulaire est plus neutre : Le Foyer-club du 3e âge, Le Foyer-club de Robien, Le Foyer municipal…

 

Le Parti Communiste sur le terrain

Après-guerre, le Parti Communiste déploie une activité conviviale et militante dans les bistrots du quartier.

Dans la presse, c'est à la fin de l'année 1946, que l'on apprend que la cellule "Debord", du quartier de Robien du Parti Communiste Français organise "un banquet des vieux et des vieilles de Robien" appelé aussi "Le Noël des travailleurs nécessiteux de Robien". Ce repas se déroule le 24 décembre au Restaurant Hamon, au 14 rue Luzel. Le journal L'Aube nouvelle du 28 décembre 1946 titre "Le Noël des vieux et des vieilles de Robien". 

Le parti ne cache pas ses intentions auprès de ce "public ciblé" comme on dirait de nos jours : "Ce copieux repas, dont nous sommes sûrs qu'ils garderont longtemps le meilleur souvenir, fut servi à tous ces braves vieux et ces braves vieilles, qui savent combien le Parti Communiste met de vigueur et de patience à les défendre. 

Marcel Le Guen le leur rappela à l'issue du banquet, dans une brève allocution qui émut jusqu'aux larmes les vieilles mamans qui se trouvaient là. Et ensuite on chanta les vieilles chanson du bon vieux temps, d'une voix chevrotante quelquefois, mais avec toute son âme et de tout son coeur.


Les années 50, les goûters de bienfaisance

Dans les années 50, les personnes âgées ne sont pas organisées pour avoir des activités propres, elles sont plutôt prises en charge par des oeuvres charitables. Par exemple, à l'opposée politique du Parti Communiste, La Ligue Féminine d’Action Catholique Française de Robien invite « les vieux du quartier » au mois de mai 1950.

Sur la photo ci-dessous de mauvaise qualité malheureusement, on parvient à distinguer plusieurs femmes avec leur coiffe bretonne.

"Les vieux de Robien". 12 mai 1950  Ouest-France


Ce jour-là, quarante-deux personnes sont présentes, surtout des personnes défavorisées. Le compte-rendu de Ouest-France fait que l’on s’y croirait : « Inutile de dire que la joie rayonnait sur tous les visages. Le repas touchant à sa fin, c’était le moment des chansons par les doyennes ayant voulu succéder aux dames du comité et à la petite Claudine Le Seignoux, 6 ans, qui s’était fait applaudir.
Ce goûter organisé pour la seconde fois comprenait le menu copieux suivant : apéritif, pâté, pain, brioche, chocolat, beurre, confiture, crème pâtissière, gâteaux secs, choux à la crème, vin, cidre, café arrosé, cigarettes pour les messieurs, oranges pour les dames.
Les vieux ont emporté en plus une boite de café et un kilo de sucre avec des cadeaux tirés au sort, offerts en partie par les commerçants du quartier. Une quinzaine d’absents ou malades recevront à domicile leur part de cette fête annuelle, par les dames de la Ligue Féminine, qui les visiteront avec leur amabilité et leur délicatesse habituelles.
»

 


Le 14 janvier 1953, la Ligue Féminine d’Action Catholique Française de la paroisse Sainte-Anne de Robien offre un goûter « aux vieux travailleurs du quartier » avec le concours du Foyer de la rue Madeleine et de la municipalité.

Le goûter des vieux travailleurs de Robien". 15 janvier 1953  Ouest-France


Le 25 octobre 1953, dans le cadre de « La Journée nationale des Vieillards », les vieillards de tous les quartiers de Saint-Brieuc sont invités à un vin d’Honneur par Les Louise de Marillac. L’inscription doit se faire chez les sœurs de Saint-Vincent de Paul.


En janvier 1955, on apprend que c'est la municipalité qui offre un goûter aux "anciens" inscrits dans les différents foyers de la ville (Bureau de bienfaisance, Ursulines, salle du Colombier à Gouédic, Ginglin, les Villages et Robien). Le maire Victor Rault se déplace et salue à chaque fois les doyens dans chaque foyer. (Ouest-France 10 janvier 1955)



La création du Foyer-club, 1960

En 1960, M. Poupard, le maire de Saint-Brieuc, vient chez Anne-Marie Le Hénaff, au 22 rue Bir-Hakeim, pour lui proposer de mettre en place un « Foyer-club » sur le quartier de Robien.  C’est la personne qui convient car elle a travaillé dans la couture, la restauration et elle aime s’occuper des autres. Elle relève le défi et comme elle s’explique dans un article de Ouest-France du 16 novembre 1994 : « Il a fallu tout créer, faire du porte-à-porte. » En 1962, le club compte déjà 350 adhérents, c’est un succès.  Son mari, Marcel Le Hénaff, un ancien cheminot devenu enseignant à l’institut des jeunes sourds, lui donne un coup de main. Alors qu’on lui a assuré qu’elle serait à la présidence pendant seulement deux années, 34 ans après elle sera toujours là mais elle ne le sait pas encore !

En 1960, les anciens de Robien sont donc regroupés autour de Mme Le Hénaff, la directrice bénévole, secondée par Mme Langlois et Mme Bric. Au programme : sorties, goûter, bals, carnaval…

A gauche, Mme Le Hénaff, photo du 19 mars 1980


Les années 70 du foyer-club

En mai 1970, les 250 membres du Foyer des anciens de Robien effectuent en car un voyage touristique dans le Finistère, principalement à Plouescat où un excellent repas a été servi au restaurant "La Caravelle". La journée s'est terminée à Plounévez-Moëdec avec un autre repas et des danses au son d'un orchestre animé par M et Mme Cadet.

Le Foyer des anciens de Robien. 22 mai 1970 Ouest-France

En mai 1972, Mme Le Hénaff organise la sortie annuelle du foyer municipal de Robien à Carnac, Quiberon et le golfe du Morbihan avec une halte pour un banquet le midi à l’hostellerie du Pays de Baud. Deux cent trente anciens participent à ce banquet musical. A la table d’honneur on trouve les doyens : Mme Bailly, 86 ans et M. Octave Fretois, 84 ans. En soirée tout le monde est reçu par M. A. Charles, député des Côtes-du-Nord, dans sa propriété de la Harmoye, où est servie une collation.

Dans les activités traditionnelles, on trouvait chaque année le mardi-gras. Par exemple, en mars 1976, soixante-dix personnes du foyer, costumées, défilent sur la place de Robien entrainées par l’accordéon de Mme Cadet. Un goûter clôture ce moment convivial avec les habitués du foyer.

Les anciens du foyer de Robien". 17 mars 1976  Ouest-France



En janvier 1977, plusieurs centaines de personnes âgées de Robien se retrouvent dans la petite salle du quartier pour un après-midi animé par Jeannine Cadet de l'Accordéon-club d'Armor. La crèche vivante grandeur nature, dont les personnages étaient des anciens eux-mêmes a eu beaucoup de succès. Des chants, des danses et un goûter ont mis une bonne ambiance...

Robien 8 janvier 1977 Ouest-France

En mars 1979, au moment du carnaval, une centaine de retraités se sont retrouvés salle de Robien avec des déguisements. La pluie a contrarié le défilé prévu mais tout le monde a dansé au son de l’accordéon.

Sur tout un week-end d’avril 1979, les anciens du foyer de Robien se retrouvent pour leur kermesse : « L’ambiance qui régnait dans la salle a prouvé qu’il n’était pas nécessaire d’être jeune pour s’amuser ». Cette sympathique petite fête était animée par M et Mme Cadet de l’Accordéon-Club d’Armor  qui ont fait danser sur des airs de tango, de marche et de valses. (Ouest-France 2 avril 1979)

La grande salle de Robien est parfois le lieu de rassemblement des différents clubs de retraités comme en mars 1980 où les 1500 adhérents des onze clubs de retraités participent au deuxième festival des retraités briochins. Plus de vingt numéros sont présentés.

On peut noter aussi que les anciens du foyer ne manquent pas d’accompagner leurs amis dans les cérémonies comme les Noces d’Or. Par exemple ils sont en nombre pour celles de M et Mme René Ramio, commerçants bien connus à Robien, mariés depuis le 28 mars 1932.

Les 50 années de mariage de M et Mme Ramio. 5 avril 1982 Ouest-France

 

Les années 90

En novembre 1994, Anne-Marie Le Hénaff laisse la présidence après 34 ans de bons et loyaux services alors qu’elle vient d’avoir 82 ans ! Renée et Robert Le Coq quittent également leurs responsabilités dans le club où ils étaient depuis quinze années.

16 novembre 1994 Mme Le Hénaff



En 1994, le foyer-club de Robien compte 190 adhérents. Les activités proposées sont des jeux de société, du tricot, des travaux manuels pour fournir des lots à la kermesse annuelle, des bals certains dimanches.

Les années 2000 à 2020

En 2004, les adhérents du club sont attristés par la disparition de Jeannine Cadet qui avait animé depuis tant d'années les moments récréatifs du club avec son accordéon.

Jeannine Cadet

En 2007, beaucoup d'émotion, dans la petite salle de Robien, où se réunissent chaque semaine, les adhérents du club de Robien, de l'office des retraités briochins. Françoise Langlois, 84 ans, cheville ouvrière du club depuis 1961, puis responsable depuis 1994, quitte sa « présidence ».

En octobre 2009, le maire, Bruno Joncour, honore une doyenne, Léa Le Couédic, 96 ans, du club O.R.B de Robien.

En 2015, un hommage est rendu à la doyenne de l’ORB, Julia Lavanant, 97 ans, du club O.R.B de Robien.

En mars 2015, le club de l'Office des retraités briochins de Robien fête les 100 ans de Cécile Marquer. "Née le 13 mars 1915, elle est adhérente de l'association depuis vingt-cinq ans. Elle y joue encore à la belote et ses stratégies de jeu sont redoutables pour ses adversaires ! Jusqu'à ses 98 ans, cette ancienne coiffeuse montait encore vaillamment les quatre étages de son immeuble. Elle a aussi eu quatre enfants, une fille et trois garçons. Outre Cécile Marquer, douze autres retraités du club de Robien ont entre 90 et 100 ans". (Ouest-France 20 mars 2015) 

Cécile Marquer, centenaire à Robien

En 2017 changement de présidence : Une passation de relais et de pouvoirs en douceur et dans la bonne humeur comme on le fait toujours à l'Office des retraités briochins. Après dix ans de bons et loyaux services à la tête du club de Robien, Anne-Marie Cramer passe le relais à Colette Balay, son « binôme » depuis six ans.

"Le club de Robien est un lieu de rencontre où les retraités partagent jeux, activités, animations... On y trouve écoute et solidarité. Ce sont les vertus qu'Anne-Marie a su cultiver pendant toute sa « gouvernance" . (Ouest-France 23 janvier 2017)

Colette Balais et Anne-Marie Cramer. 23 janvier 2017 Ouest-France
 

En 2022, un hommage est rendu par la municipalité à Nathalie Tronel, 97 ans, du club de Robien.




Et de nos jours ?

L’Office des Retraités Briochins (ORB22) regroupe tous les retraités qui le souhaitent au sein de leur association, forte de plus d’un millier d’adhérents.


Sur le site de l'ORB22, on note que Colette Balay et Françoise Tabouelle sont les deux référentes du club de Robien qui se réunit dans la petite salle de Robien, Place Octave Brilleaud.


Dans le quartier de Robien, ce club est un lieu de rencontre et un repas est organisé une fois par mois pour les membres.



 

Si vous avez des commentaires ou des documents à partager sur l'histoire des associations de personnes âgées à  Robien, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.


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Sources
 
Archives de Ouest-Eclair et de Ouest-France 
 
Office des retraités, club de Robien, cliquer ici 
 
ORB22, cliquer ici
Office des Retraités, 6, bis, rue du Maréchal-Foch. Tél. 02 96 61 95 61. www.orb22.fr
 
 
 

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...