samedi 25 janvier 2025

L'arrivée du premier TGV à Saint-Brieuc en janvier 1989.

 

Le 21 janvier 1989 a lieu le baptême du 1er TGV Atlantique appelé "Ville de Saint-Brieuc". Pendant tout un week-end plusieurs milliers de briochins vont se masser sur le quai pour découvrir ce train qui va mettre la ville à 2H52 de Paris, un record de vitesse à l’époque. Avant le TGV on mettait 3h54 pour aller de Saint-Brieuc à Paris !

Le premier train du matin va permettre d’arriver dès 9h20, sans changement, au lieu de 11h32. 

Publicité SNCF 20 janvier 1989 Ouest-France

Une arrivée dans la nuit

Avant que des milliers de personnes viennent admirer ce nouveau train, trois intrépides, bien informés, ont assisté à l’arrivée en catimini du TGV dans la nuit du vendredi au samedi.

Et pour cause, l’arrivée d’un train à grande vitesse, tracté par une locomotive ordinaire, aurait été du plus mauvais effet ! La raison est simple le TGV n’est pas encore homologué pour rouler…

La rame TGV tractée par une locomotive. Photo Pierre Fenard

Pierre Fenard (avec son appareil photo) est donc sur l’ancienne passerelle de la gare avec Thierry Boschat, venu spécialement de Quintin, et Sylvie Jégou. Pierre Fenard descend sur le quai et réalise quelques remarquables clichés pour le journal Le Télégramme où il travaille.

Son texte est digne d’un reportage sur le monstre du Loc’h Ness : "0h40, dans la nuit ouatée, à pas de velours, le TGV entre en gare…Le spectacle est féérique, irréel comme un serpent de mer glissant dans la brume d’un bon rêve...La brume s’est dissipée. Le TGV gris acier brillait seul dans la lumière blafarde, dans une gare encocardée comme dans un film ! ".

L'avant du TGV en gare de St Brieuc. Photo Pierre Fenard

Des responsables sur la voie SNCF. Photo Pierre Fenard

L'inauguration officielle

De nos jours cela semble banal mais en janvier 1989, le "serpent bleu" attire une foule qui fait la queue et se presse afin de pouvoir monter pour la première fois dans une rame de TGV.

23 janvier 1989. Ouest-France

Autour des festivités

En plus de la visite en gare de Saint-Brieuc, André Coupé réalise une superbe carte 1er jour avec le TGV en premier plan et en fond la baie de Saint-Brieuc, comme pour mieux dire aux parisiens d’y venir. Car c’est bien le message que veut faire passer le maire de l'époque, Claude Saunier, il ne s'agit pas que ce train entraine une fuite vers la capitale. 

Le Club Philatélique Briochin émet une enveloppe premier jour avec une oblitération spéciale temporaire.


 

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur l'histoire de cette arrivée du TGV, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.

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Sources

Articles de Ouest-France, recherches personnelles.

Archives fournies par Pierre Fenard en décembre 2024. Un grand remerciement à Pierre pour toutes les photos transmises sur ce sujet. 

Document, l'article de Pierre Fenard dans le Télégramme du 23 janvier 1989


 

 

 


mardi 21 janvier 2025

La palissade de la rue abbé Garnier à Saint-Brieuc. 1985-1988

Les services des impôts de Saint-Brieuc, installés dans le centre Charner, ont déménagé dans un centre tout neuf, au mois d’août 1989, rue Abbé Garnier dans le quartier de Robien. Ces bâtiments ont pris la place de l’ancien Institut des sourds dont les terrains avaient été achetés par le Ministère des finances en 1978.

L'histoire qui suit est très révélatrice des petites utopies des années 80... 

Photo Pierre Fenard 1985



Une palissade de libre expression

Pendant le chantier de construction une palissade a été installée pour le chantier en 1985.  La municipalité en a fait une expérience de « décentralisation culturelle » et « d’expression libre », c'est ce que décrit Pierre Fenard dans un article du Griffon magazine en 1985, alors qu’il était en charge du service culturel et démocratie locale de la Ville.
Les centres aérés, l'Amicale Laïque, l'école Sainte-Bernadette et bien d’autres sont venus en juin pour décorer cette surface horizontale, bien tristounette au départ. D’autres personnes ont préféré écrire de la poésie.

Le Griffon magazine, 1985. Jacques Galaup en photo. Article de Pierre Fenard

Photo Pierre Fenard 1985

Ouest-France publie un petit communiqué le 6 juillet 1985 pour annoncer que "Les séances "officielles" de peinture murale, à la palissade de Robien ont pris fin à la mi-juin". Les groupes peuvent malgré tout disposer de matériel gratuit fourni par la municipalité pour continuer à décorer.

 


Un autre article de La Dépêche des Côtes-du-nord du 23 octobre 1985 relate, dans une page entière, l’intervention des artistes amateurs, grands et petits, chaque mercredi.

La Dépêche 23 octobre 1985.

 
Mercredi dernier même les grands s'y sont mis. La Dépêche

Une bonne longueur de palissade est déjà recouverte de dessins en tous genres. La dépêche


La Dépêche

La fin de la palissade 1988

La palissade restera plusieurs années à la vue des passants avant d’être démontée mi octobre 1988 par Emmaüs qui la réutilisera « pour ceinturer son dépôt de ferrailles » nous dit Ouest-France le 20 octobre 1988, avec regret : "C’est avec un peu de nostalgie qu’on l’a vue tomber. Malgré ses côtés  "barbouillis hétéroclites", elle donnait de la couleur et de l’insolite à ce quartier un peu triste."

Ouest-France 20 octobre 1988

Une palissade inspirante

En mars 1990, le journal le Griffon a publié ce poème, directement inspiré de l'histoire de cette palissade.


Le Griffon, mars 1990. Document transmis par Pierre Fenard

Ci-dessous, voilà l'Hôtel des impôts une fois terminé et tel que l'on peut voir de nos jours rue abbé Garnier.

Hôtel des impôts, rue abbé Garnier. Photo Richard Fortat.


Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur l'histoire de cette palissade, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.

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Liens

Histoire de l'Hôtel des impôts, dans ce blog en cliquant ici

Biographie de Jacques Galaup (1927-2011), adjoint à la culture de l'époque, ici

Sources

Articles du Griffon et de La dépêche des Côtes-du-Nord fournies par Pierre Fenard en décembre 2024. Un grand remerciement à Pierre pour tous les documents réunis et transmis sur ce sujet. 

Archives de Ouest-France, recherches personnelles.




vendredi 3 janvier 2025

Les établissements Méheut, récupération, rue Jules Ferry à St Brieuc

 

Les Établissements Méheut étaient spécialisés dans la récupération de ferrailles, ils se trouvaient au 81 rue Jules Ferry dans le quartier de Robien. Un grand hangar servait de lieu de stockage, il donnait aussi à l'arrière dans la rue Edgar Quinet. La maison familiale se trouvait à l'entrée du chantier, rue Jules Ferry, elle a été démolie.(voir ci-dessous)

La maison familiale à l'entrée du chantier rue Jules Ferry. Photo Roland Méheut.

C'est l'endroit où se situait cette maison
L'entreprise Méheut était située à l'angle de la rue Jules Ferry et de la rue Camille Desmoulins  (croix rouge sur la photo ), la première maison ( croix verte ), la seconde maison ( croix bleue ).


Le hangar tout en longueur des établissements Méheut, 81 rue Jules Ferry. Années 70

 
Sous un autre angle, l'entreprise Méheut rue Jules Ferry. 1962. Photo musée de Bretagne

Ci-dessous, cette photo est prise en 2004 d'une fenêtre dans la rue Jean Jaurès donnant sur le square Barillot. On voit au premier plan, sur la gauche, l'arrière des établissements Méheut dans la rue Edgar Quinet. L'avant donne sur le 81 de la rue Jules Ferry. Un autre bâtiment derrière est en train d'être démantelé, il n'en reste que la structure métallique. 

2004. Photo Jean-François Aubry, rue Jean Jaurès.


Les débuts de l'entreprise Méheut rue Jules Ferry. Années 20-30


Eugène Jean Mathurin Méheut est né le 29 juillet 1905 à Ploufragan, son père était alors ajusteur-mécanicien. Son épouse s'appelle Cécile, elle est née à Saint-Brieuc en 1907.

Archives 22. Ploufragan, naissances. Vue 165

Dans le recensement de 1931, on trouve Eugène Méheut, domicilié au 33 bis rue Jules Ferry (au début de la rue Jules Ferry, proche de la gare. Il est indiqué que M. Méheut fait le commerce des peaux. 

Recensement 1931, Eugène Méheut, rue Jules Ferry

Dans le recensement de 1936, Eugène Méheut est toujours dans la rue Jules Ferry, avec son commerce des peaux, mais il a déménagé au numéro 81. Ses deux fils sont Marcel, né en 1930 et Jean, né en 1935.

1933-1934. Au volant Eugène Méheut, Marcel (né en 1930) et Cécile, son épouse. Photo transmise par Roland Méheut


Un exemple de solidarité entre récupérateurs

Les chiffonniers attirent parfois la convoitise de voleurs mais la solidarité dans ce corps de métier n'est pas un vain mot. C'est ce que nous allons voir avec cette histoire qui se déroule en mars 1937, elle est relatée dans Ouest-Eclair : deux jeunes de Saint-Brieuc décident de se procurer un peu d’argent en commettant un vol. Ils escaladent le mur de deux mètres de haut du chiffonnier Eugène Méheut, rue Jules Ferry et font une provision de 12 kilos de plomb qu’ils vont scier. Ainsi espèrent-ils que les matériaux transformés ne seront pas reconnus. Jules S. donne un faux nom et se présente ensuite chez M. Thomas qui exerce le même métier que M. Méheut pour lui revendre le larcin.

« Seulement, M. Méheut s’était aperçu du vol et avait alerté ses collègues briochins. Un coup de téléphone de M. Thomas l’avertit qu’un jeune citoyen était au magasin, proposant du plomb. Le plaignant reconnut son bien et alerta la police qui obtint des aveux ».

Le tribunal condamna Jules S. à 25 francs d’amende et acquitta son complice qui n’ayant pas participé à la transaction avait choisi de dire au tribunal qu’il n’était chez sa mère ce soir-là.  

(D’après l’article de Ouest-Eclair du 12 mars 1937)

 

L'entreprise Méheut pendant la Guerre 39-45

Pendant la Guerre 39-45, de nombreuses entreprises voient leurs règles de fonctionnement changer. Les récupérateurs comme M. Méheut doivent par exemple s’occuper de la collecte des cheveux qui est devenue obligatoire. Les coiffeurs doivent se mettre en rapport avec M. Méheut, désigné par les autorités comme récupérateurs agréé.

14 août 1943. Ouest-Eclair


Annonce. 8 février 1947. Ouest-Eclair


L'entreprise Méheut en 1948

Le 22 mai 1948, Eugène Méheut sollicite l’autorisation de construire des douches, WC, lavabos et vestiaires dans son établissement situé rue Edgar Quinet.


Plan de situation dans le dossier de permis de construire. Archives municipales. 2T68


Permis de construire. Archives municipales. 2T68

De nos jours on ne trouve plus la trace de ce bâtiment qui a été détruit pour laisser place à un petit collectif de maisons individuelles (photo ci-dessous).


Souvenirs, souvenirs

Erwan Lucas, dont la maman tenait le magasin Robien-Presse dans les années 70, se souvient : "J'habitais juste en face de Méheut, le ferrailleur. Réveillé par la pince à tôle tous les mercredis matin ! Il y avait beaucoup de "clochards" qui venaient y vendre trois cartons et deux bouts de plomb. Ils allaient ensuite boire le gain dans les très nombreux cafés de la rue Jules Ferry".

Annonce Méheut 16 décembre 1978 Ouest-France
 

Le fonctionnement de l'entreprise

Roland Méheut, fils de Marcel Méheut décrit la manière dont fonctionnait l'entreprise dans les années 50-60 et 70 :
« Dans les années 50, les paquets de journaux étaient rachetés au poids et étaient stockés dans la maison qui servait de dépôt. On y stockait aussi  les batteries de véhicules, et aussi des objets divers en bon état qui étaient revendus d'occasion (bibelots, outils etc.). A cette époque la maison Méheut ne faisait pas que récupérer les quelques ferrailles apportées par des clochards, elle rachetait des peaux de lapins, renards, blaireaux etc. Mon grand père avait des fournisseurs un peu partout dans les campagnes de Bretagne et de Normandie et allait régulièrement les récupérer en voiture ou camionnette. Les fourrures à l'époque servaient à la confection de manteaux, de cols de fourrure, de blaireaux à barbe et il y avait différents choix elles étaient triées et pendues pour sécher dans le magasin. Tous les métaux usagés étaient rachetés au poids à des particuliers ou des artisans (cuivre, fer, plomb) : je me rappelle des nombreux gros bidons de pièces trouées en provenance certainement de banques dans les années 70. Les clients pouvaient aussi racheter des métaux neufs ( tubes, barres de fer, tôles etc.). Les déchetteries d'aujourd'hui voudraient nous faire croire que le recyclage est un procédé récent, mais il n'en est rien, autrefois c'était un métier et ce que les gens déposaient était payé au poids au prix du marché et recyclé ou revendu d'occasion. »



Les locaux de l'entreprise

La première maison d'habitation de la famille Méheut était celle indiquée en numéro 2, devant les ateliers. Elle a été détruite en même temps que les ateliers pour construire l'immeuble actuel rue Jules Ferry. La maison indiquée en numéro 1 est la seconde maison familiale construite autour des années 50, elle existe toujours dans son état originel. Entre la 1 et la 2 on trouve la rue Camille Desmoulins qui permet de rejoindre le square Barillot.
 

Robien dans les années 70.

La maison construite dans les années 50. Photo RF 2024

 
Vue élargie

Le responsable de la société qui récupérait les ferrailles était Jean-Claude Méheut. Beaucoup plus récemment on note la création d’une entreprise Méheut au 16 février 1971 et sa radiation le 3 mai 1995.

Intérieur du bâtiment. Au premier plan, un fils Nicolas. Photo Ouest-France




Le personnel de l’entreprise Méheut :
Eugène Méheut, né en 1905, créateur de l’entreprise dans les années 30.
Jean-Claude Méheut, frère de Marcel, né en 1935, successeur de son père.
 

Marcel Méheut, fils d’Eugène, né en 1930, a travaillé quelques années avant de rentrer à l’Ecole Normale d’instituteurs.
Eugène Nicolas, employé.
Martial Nicolas (fils d’Eugène Nicolas), employé à la suite de son père.

 

La disparition de l'entreprise Méheut

Sur cette photo aérienne contemporaine, on voit que les Établissements Méheut ont disparu.

On trouve à la place un immeuble de trois étages sur la rue Jules Ferry et quatre maisons particulières rue Edgar Quinet.


 
Immeuble ayant remplacé les établissements Méheut, 81 rue Jules Ferry

Souvenirs, souvenirs
 
"La famille Méheut est restée attachée au quartier de Robien quelques années encore après la disparition de l'entreprise, les arrières petits enfants d'Eugène étaient inscrits au club de boxe du Sporting Club Briochin d'Yvon André". Roland Méheut, décembre 2024

 

Parole d'habitante

« Dans le grenier de M. Méheut on trouvait de tout car il récupérait les ferrailles et le cuivre mais aussi des objets. C’est comme ça que j’ai acheté deux aigrettes avec des porte-encens et un ensemble de fers à repasser qui était entièrement démonté ».

Mme Quinio, habitante de le rue du Pré Chesnay, juin 2021

 

Fourneau, fer à repasser en fonte. Fabriqué entre 1875 et 1900 à Chambon-Lacroisade, breveté SGDG. Photo RF 2021


 

Marque sur le fourneau, fer à repasser. Photo RF


Aigrette, acheté chez M. Méheut. Photo RF


Si vous avez des renseignements pour compléter cet article sur l'entreprise Méheut à Robien, merci de laisser un message sur le formulaire de contact, avec vos coordonnées mail pour que je puisse vous répondre.

 

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Sources

Registre des naissances de Ploufragan, 1905, Eugène Méheut, vue 165, cliquer ici

Permis de construire 2T68, dossier 1650. Archives municipales

Correspondances avec Roland Méheut en décembre 2024

Journal Le Griffon 1969

Article et photo de Ouest-France, 23 avril 1996.

Photo et courrier de Jean-François Aubry.

Site du Greffe du Tribunal de commerce

L'entreprise Méheut rue Jules Ferry. 1962. Photo musée de Bretagne (agrandissement d'une photo du quartier de Robien autour de l'usine Sambre-et-Meuse)

L'entreprise Méheut, rue Lemonnier. 1963. Photo musée de Bretagne (agrandissement d'une photo du quartier de Robien autour de l'usine Rigot-Stalars)

Les chiffonniers de Paris. Antoine Compagnon. Gallimard. 2017

L’histoire des chiffonniers du XXe siècle, et de leur manière de trier et de recycler, nous ramène à ce début de XXIe siècle où les concepts d’économie circulaire sont d’actualité.

La concentration autrefois de nombreux chiffonniers industriels dans le quartier de Robien trouve aujourd'hui un héritage naturel dans l'engagement de ses habitants à en faire un Eco-Quartier vivant. 

 

Chiffonniers, fourreurs, marchands de peaux. Quartier de Robien

Repères

 

1920. Chiffonnier : Mennou Albert, 29 boulevard Carnot

1932-1936. Fourreurs : La Pelleterie de Bretagne, Jean et Thérèse Thomas, 13 bis rue Jules Ferry

1932-1936. Peaux : Eugène Méheut, 33 bis rue Jules Ferry

1932-1936. Peaux : Pradat, 7 boulevard Hoche

1948-1949. Récupération de peaux : Méheut, 81 rue Jules Ferry ; Pradat, 47 rue Jules Ferry ; Thomas, 21 rue Jules Ferry, Presle rue Luzel

1955. Chiffons : Thomas Jean,  21 rue Jules Ferry

1955.  Récupération de peaux : Pradat, peaux brutes, 47 rue Jules Ferry

1973. Récupération de chiffons et peaux : Méheut E,  35 rue Jules Ferry ; Pradat, 47 rue Jules Ferry

 





L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...