lundi 10 avril 2023

Entreprise de transports Henri Demoulin, boulevard Carnot à Saint-Brieuc. 1914

 


 

En 1914, l'entreprise de transports et déménagements Henri Demoulin avait ses bureaux à la gare de la petite vitesse (gare de marchandise) dans le boulevard Carnot à Saint-Brieuc et Place Duguesclin. 

L'entreprise Demoulin travaillait avec la gare comme correspondant des chemins de fer) et avec le port du Légué pour les liaisons en direction du Havre ou de Bordeaux.

Les premières traces de cette entreprise sont deux factures datées de 1914.

 

Ci-dessous,une facture datée du 8 mai 1914 est adressée à la municipalité de Saint-Brieuc .

Henri Demoulin. Facture 1914. Archives municipales


Ci-dessous, on peut voir une autre facture adressée à la municipalité de Saint-Brieuc datée du 13 juin 1914.

Henri Demoulin. Facture 1914. Archives municipales

 

Ensuite, en 1917, on découvre une annonce qui indique que l'entreprise a pu avoir des problèmes du fait de l'époque troublée de la Guerre de 14-18 (mobilisation du patron ou des employés?). Il y est question de la vente aux enchères de deux moteurs "laissés en souffrance" chez M. Demoulin.

 

Vente Demoulin. 24 juillet 1917 Ouest-Eclair

L'entreprise a continué ses activités après la Guerre 14-18 comme le montre cette annonce passée dans la presse le 8 décembre 1929 et ce fait divers du 11 août 1930.



 En prenant un détail d'une carte postale ancienne du boulevard Carnot et en agrandissant, on voit distinctement l'entrée de l'entreprise Demoulin avec une sorte de petit kiosque vitré. Aucune construction n'a été réalisée à cet emplacement qui est de nos jours une cour avec des voitures à vendre...

Boulevard Carnot. Détail d'une carte postale. Collection André Bougeard.

 
 
Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...
 
 
 
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Sources

Recherches dans les archives de Ouest-Eclair


Archives municipales, factures 3L135

 

Carte postale André Bougeard

 

 

jeudi 6 avril 2023

La famille Descamps, des industriels forains en Bretagne

Cet article est lié au départ à l'histoire des fêtes foraines dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, puis plus largement aux autres fêtes foraines du secteur de Saint-Brieuc et de Bretagne. 

 

La famille Descamps est une grande famille d'industriels forains depuis le début du 20e siècle et a de profondes attaches en Bretagne.

Cet article est écrit à partir d'articles de presse et de recherches généalogiques, il ne prétend pas faire le tour complet de l'histoire de la famille Descamps et ne demande qu'à être complété.

 

Les origines

L'origine du nom Descamps désigne une personne qui vient d'un lieu-dit le Camp (le champ). On trouve le nom Descamps écrit également "Décamps"...

Dans la branche de famille Descamps de la région de Saint-Brieuc, on est forain de père en fils. Les grands-parents sont venus de l’Anjou, se sont installés en Bretagne. Les enfants ont choisi à leur tour la région de Guingamp et de Saint-Brieuc et s’y sont fait estimer.

Au début 1900, les Descamps voyageaient avec des voitures tirées par des chevaux loués à M. Birien de Binic. Le démontage était difficile mais il y avait des spécialités.

 

Les années 50 

Dans les années 50, on peut lire dans Ouest-France que Mme veuve Descamps, la plus ancienne des patronnes foraines, seconde encore son fils sur toutes les fêtes foraines de la région. Les fils suivent les traces  du père et du grand-père. Ils ont un matériel moderne, un éclairage électrique qui a remplacé l’acétylène. 

 

Une grande famille d'industriels forains

Dans la presse et dans les bases de données en généalogie, on trouve de nombreux membres de la famille Descamps chez les industriels forains de Bretagne :  

La première trace dans Ouest-Eclair concerne un monsieur Descamps, forain, ayant trouvé en 1927 sur la fête foraine de Saint-Nazaire, une bourse en métal argenté qu'il avait déposée au commissariat de police.

En 1952 à Lannion, on apprend que Michel Descamps, forain, né en 1921, doit payer une amende pour "défaut de carnet forain". Une contrainte que connaissent bien les marchands forains...

En 1954 à Yffiniac, pour la Fête des Choquards, "les attractions n'ont pas manqué et tous les habitués de la place étaient là, notamment autour de la famille de M. Baptiste Descamps" (Ouest-France du 22 novembre 1954).

En février 1961, "M. Jean-Baptiste Descamps", âgé de 53 ans, domicilié 36 rue des Fontaines à Pontivy est impliqué dans un accident avec des autos-tampons sur la fête foraine de Cesson.

Yffiniac 1954 Ouest-France

Manège Descamps Yffiniac 1954 Ouest-France

Autos-tamponneuses Descamps. 1972 à Pontivy



Ci-dessous, un document de 1969 publié dans le Facebook Fête foraine de Bretagne et d'ailleurs. L'attraction Les Avions est alors dirigée par Mme Jean-Baptiste Décamps inscrite au registre du commerce de Saint-Brieuc.


 

Ci-dessous un ticket pour des réductions à la Foire du Liège de Dinan en 1971 avec le manège d'avions Descamps. Document envoyé par Lorette Lafosse et publié dans le facebook "Fêtes foraines de Bretagne et d'ailleurs".

 

Le 8 janvier 1973 dans Ouest-France, on découvre avec stupéfaction que Constant Descamps s'est fait voler son ensemble routier tracteur-remorque  de huit mètres de long alors qu'il était stationné place Jules-Ferry où tous les manèges étaient installés pour les fêtes. La remorque a finalement était retrouvée à Kerfany et le tracteur à Quimper.

 

Généalogie

Eugène Descamps, marchand forain, né en 1887 et inhumé à Lorient en 1922. Père de Jean-Baptiste et Constant (ci-dessous). Fiche sur Généanet, cliquer ici

Jean-Baptiste Descamps (orthographié aussi Décamps), né en 1907, industriel forain, appelé Baptiste dans la vie courante et non Jean-Baptiste, directeur d'un manège de chenille en 1949 à Lorient (article dans la presse), décédé à l’âge de 61 ans en novembre 1968. Les obsèques ont eu lieu à Yffiniac et l'inhumation à Lorient. Dans le faire-part, on trouvait les noms de Albert et Michel Décamps et de M et Mme Eugène Couëffic... (fiche Couëffic, cliquer ici)

Constant Descamps, né le 9 novembre 1917 à Lorient, en activité dans les années 50 avec ses manèges dans le Morbihan, décédé le 29 juillet 1974. (fiche, cliquer ici)


Chez les Descamps, on trouve aussi :

Jean Descamps et Michel Descamps, forains.

André Descamps, fête foraine de Lorient en 1960

Raoul Descamps, né en 1928, décédé à Pommeret (22) à l'âge de 44 ans en mars 1972.

Jean-Baptiste Descamps, né en 1851, marchand forain, nomade, marié à Pabu en 1882.


 

Des photos de Mauricette Descamps

Mauricette Descamps est la fille de Maurice Descamps, industriel forain. Elle a publié plusieurs photos de sa famille dans le Facebook Forain d'autrefois.

Maurice Descamps devant sa loterie à St Dizier. Photo Mauricette Descamps

Maurice Descamps au centre lors d'une réunion syndicale. Photo Mauricette Descamps

Mauricette Descamps derrière son frère Robert.

Ci-dessous, Robert Descamps en 2009, il était né à Angers, avait tenu une loterie, puis il avait géré l'enseigne Chupa Chups sur les fêtes foraines dans les Ardennes, comme son grand-père il était devenu le président du syndicat des industriels forains de sa région. Il est décédé en 2015.

Robert Descamps, 2009, président du syndicat des forains (Hirson)


 

A suivre, d'autres familles d'industriels forains 

en Bretagne :

 

La famille Audroin, cliquer ici

La famille Chira, cliquer ici

La famille Coéffic, cliquer ici

La famille Drouet, cliquer ici

La famille Figuier, cliquer ici

La famille Greneux, cliquer ici

La famille Hoffmann, cliquer ici

La famille Mouton, cliquer ici

L'histoire de Romain Mouton, appelé le Père Mouton, cliquer ici

L'histoire de la famille Tricoire, cliquer ici 

L'histoire de la famille Watrin, cliquer ici 
 

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur les familles d'industriels forains de Bretagne, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.

 

 

Pour lire l'article sur les Fêtes foraines à Robien et dans le secteur de Saint-Brieuc, cliquer ici

 

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Sources

Nombreuses recherches dans les archives de Ouest-France et du Télégramme. 

Article de Ouest-France du 11 avril 1950 sur la famille Descamps

Site Généanet, famille Descamps, cliquer ici

Facebook "Forain d'autrefois", cliquer ici 


 

samedi 1 avril 2023

Maisons de lotissements à Robien, quartier sud de Saint-Brieuc

 

 

Les maisons construites dans le cadre de lotissements

Page du registre du conseil municipal 1927 Lotissement Weill


A la veille de la guerre 14-18, on trouve 172 maisons regroupées autour des quelques rues qui existent alors dans le quartier de Robien, et 52 maisons éparpillées ici ou là.

En 1931, on dénombre 477 maisons ; c’est le double. Cette augmentation importante est le fait d’une forte urbanisation organisée dans le cadre du développement de lotissements.

Le mouvement auquel on assiste est que les sols agricoles ont changé de fonction pour des projets de lotissements, surtout entre 1927 et 1939. Après une interruption pendant la Seconde guerre mondiale, ce mouvement s’est achevé entre 1952 et 1958.

 

Construire à Robien 1er juillet 1928 Ouest-Eclair


 

Les lotissements sans cahier des charges strict

L’année 1927-1928 marque à Robien le commencement des lotissements. Toutefois, il faut plutôt entendre ce terme de « lotissement » comme la possibilité de construire mais sans véritable unité architecturale dans des secteurs qui viennent à peine de s’ouvrir à l’urbanisation du moment.

 
1927 Lotissement ACCART
C'est le premier lotissement et il consiste en 18 lots à la jonction du boulevard Hoche prolongé et de la future rue de l’Ondine qui n’est pas encore baptisée ainsi.

1927 Lotissement WEILL. 
Le premier lotissement est le lotissement Accart mais la réalisation du lotissement Weill marque véritablement l’urbanisation du cœur de Robien. Le projet est abordé le 27 février 1927 en conseil municipal et validé par M. Touzet,  le préfet le 21 mai 1927, dans un document de 40 pages.
M. Jules Weill, propriétaire, demeurant 4 rue de Stockholm à Paris, est l'initiateur du projet dit de la "Métairie de Robien".

Monsieur Jules Weill est né à Muttersholz dans le Bas-Rhin le 14 juillet 1871. Il est marié avec madame Marguerite Bribourg, née à  Saint-Mihiel dans la Meuse le 4 août 1874.
 
Le lotissement Weill est constitué par un immense quadrilatère de près de 10 hectares, bordé au midi par le ruisseau du Gouédic, à l’ouest par la rue Jean Jaurès, à l’Est par la rue Anne de Bretagne, et traversé en son milieu par la rue du Pont Chapet. 
 
La désignation des parcelles de la section D fait référence aux termes anciens du cadastre : "Le jardin et les quartiers de Robien", terrains proches de la rue Sainte-Anne ; "La chénaie, le petit Robien, le Grand Robien, l’avenue et la petite côte (labours, avenue et pâturages)" ; "Le champ, le manoir, les caves et les Avenables", donnant sur la rue Anne-de-Bretagne.
 
L’ensemble est morcelé en 188 lots, chaque rue fait 12 mètres de largeur sauf la rue qui borde le Gouédic qui fait 16 mètres. Des arbres seront conservés dans la partie basse du lotissement : "Quant aux arbres anciens, qui au moment de la vente se trouveront sur ces lots choisis et acquis précisément à cause de la beauté des dits arbres, ils pourront ...être maintenus tels qu'ils existeront mais pendant la durée seulement de leur existence".
 
D'autres interdictions sont plus curieuses concernant l'interdiction d'édifier dans ce lotissement des établissements, commerces ou industries qui pourraient nuire aux voisins par leur odeur, bruit, émanations. Sont concernés un éventuel hôpital, sanatorium, hospice, dispensaire, établissement de nuit, maison d'aliénés, maison de tolérance... 
Les émanations anti-hygiéniques sont prohibées comme celles venant de tas de fumier, détritus...
 
Lotissement Weill 18 juillet 1927 Revue Bretagne touristique. Archives départementales

 


1932 Lotissement EPIVENT 
C'est un ensemble de 11 lots entre l’étang de Robien et la rue Jules Ferry. Des plans sont dressés à cette occasion.
 

 
 
 


 
1932 Lotissement CARRE-TANGUY 
Ce sont 54 lots situés de part et d’autre de la rue du Pré-Chesnay qui sera dénommée ainsi en 1935. 
 
 



1933 Lotissement ROBERT 
Au nord-est de Robien, 67 lots à l’angle de la rue Abbé Garnier et de la rue de Trégueux, traversé par la rue Bir-Hakeim, qui ne sera dénommée qu’en 1947. 
 
 
 


 
1933 Lotissement LAURENT
Au sud-ouest du quartier de Robien, 28 lots en contrebas du Tertre Marie-Dondaine.
 
 
1934 Lotissement LUCAS
M. Raymond Lucas vend un terrain qui va permettre de compléter le projet du lotissement Carré-Tanguy de 1932.




Lotissement rue du Pré-Chesnay. 22 avril 1934 Ouest-Eclair

 
 
1935-1936 Lotissement LAURENT
Un ensemble de maisons dans ce qui deviendra l'avenue des Tilleuls.


Remarque : En 1936, il n'y a ni rue ni construction dans le secteur qui deviendra l'avenue des Tilleuls. C’est la société « A et H. Laurent frères », (Alphonse et Henri-Marc Laurent) établie au 14 de la rue Jules Ferry, qui a fait établir cette rue à l’occasion de la création du lotissement.
Les autorités chargent la société "Laurent et frères" de terminer la rue dans les deux ans suivant la vente des terrains aux particuliers et des projets de constructions.
 
 
1936 Lotissement du CLOS DE ROBIEN. Il vient compléter, au sud-ouest, le lotissement Weill. Il est composé de 67 lots en étoile autour du rond-point d'où rayonnent les rues Louis Blanc, Jean Macé, Danton, Jean Jaurès et le boulevard Herriot. 
Le plan ci-dessous, daté de 1936, donne une bonne idée du développement du quartier de Robien dans cette partie sud.
 
 
Plan 1936. Lotissement de la ferme du Clos. Archives 22. Dossier 5M89


1936 Lotissement DEMOULIN : 13 lots, rue Jules Ferry et Camille Desmoulins. C'est par le rue Desmoulins que l'on pourra ensuite accéder au square Barillot quand il sera ouvert en 1955.
 
Pendant la période de la guerre et après-guerre, il n'y a plus de lotissements à se construire. 

1955 Lotissement du PRE-CHESNAY : complément du lotissement Laurent par 46 lots sur plus d'un hectare, rue des Tilleuls, de l'Ondine et du Sergent Béziers Lafosse.

 

 

Les lotissements à forte identité

Le quartier de Robien possède plusieurs lotissements bien identifiables, construits en particulier dans les années 30. Il s’agit en particulier des sept lotissements suivants, caractérisés par une forte unité socio-professionnelle et une unité de construction. 
Chaque lotissement fait l'objet d'une page particulière qui lui est consacrée, voir les liens utiles en bas de page...
 
LES LOTISSEMENTS DE CHEMINOTS
L’ensemble construit en 1931 par l’architecte Jean Fauny boulevard Paul Doumer, rue Louis Hélary, rue Anne de Bretagne et rue Denis Papin.

Les maisons de cheminots de la rue Cuverville dont il ne reste plus qu’une seule construction car les autres ont été détruites.

 
LES LOTISSEMENTS DES FORGES et FONDERIES
Les maisons construites pour des ouvriers des Forges et Laminoirs dans le boulevard Doumer. Ce sont de petites maisons aux toitures en tuile, en bord de route et en retrait.
 
Le petit lotissement de 10 maisons ouvrières impasse Béziers de la Fosse.
 
Le lotissement de la rue Chapelain de la Ville Guérin était appelé "Le lotissement de la poudrière". Le chantier est achevé un peu avant les années 50, dans une rue spécialement créée pour loger des ouvriers de Sambre-et-Meuse.
Les maisons de la rue Chapelain de la Ville Guérin sont bien reconnaissables car elles sont toutes construites sur le même principe avec des plaques de ciment. Cette technique a permis de bâtir très rapidement les logements concernés.
Habiter dans ces maisons était considéré comme une très grande chance et les ouvriers étaient tirés au sort pour savoir qui pourrait y loger.
 
Les maisons des contremaîtres des Forges et Laminoirs, au 2, 4 et 6 boulevard Vauban et rue Luzel.

Celles du boulevard Vauban ont des petits airs de chalets avec leur toiture très pentue. Leurs couleurs vives présentent une originalité dans le tissu urbain. Celles de la rue Luzel sont en pierres de taille et possèdent un étage. De petites maisons ouvrières devaient exister également en complément des maisons de contremaîtres mais elles ont disparu.
 
Après guerre, Rue Luzel, il existait aussi des chalets en bois confortables avec jardin. L'usine se situait alors entre le boulevard Carnot et le boulevard Hoche.
On peut aussi noter que dans la rue Jules Ferry, au 83, 85 et 85, trois maisons ouvrières semblables se suivent mais cela ne constitue pas, vu le nombre, un lotissement.

De même, dans les rues François Merlet et Robespierre, proches de la fonderie, on trouve de petites maisons ouvrières trop peu nombreuses pour que l'on parle de lotissement mais qui sont très ressemblantes.


UN LOTISSEMENT COMMERCIAL
Les maisons mitoyennes de la galerie commerciale (Habitat à Bon Marché) construite en 1928. C’est là que vous trouvez aujourd’hui la Crêperie Bleu Marine et le salon de coiffure, rue Aristide Briand. 
 
 
UN LOTISSEMENT DE BARAQUES EN BOIS
Le Tertre Marie-Dondaine n’est pas un lotissement au sens classique du terme mais il en possède plusieurs caractéristiques : les habitations sont très rapprochées, situées sur un espace bien identifié, elles ont une unité de style reconnaissable (des baraques en bois, de la même taille, construites avec les mêmes matériaux), elles disposent d’un petit jardin potager.
Cet ensemble de baraques a été créé par le propriétaire de la scierie  pour ses employés sur le tertre Marie Dondaine. Les baraques étaient construites avec les matériaux de la scierie. Progressivement d'autres personnes sont venues y habiter.
On note dans les professions des chefs de famille du Tertre en 1936 : trois manœuvres, un mouleur aux forges et laminoirs, un chiffonnier, un cimentier, un rémouleur...
 
 
CONCLUSION
 
Plusieurs lotissements de Robien sont créés par les deux grands employeurs « historiques » du quartier des secteurs du chemin de fer et de la fonderie. Ils sont donc très marqués par une population ouvrière. Ils ont pour but de rapprocher les ouvriers et leur famille des principaux lieux de production et d’emploi du quartier à savoir la gare et les fonderies.
 
 

Le saviez-vous ?

 

En mars 1949, M. Armand Vallée, ancien adjoint au maire de Saint-Brieuc et père de l’abbé Vallée, reçoit le Légion d’Honneur au titre du Ministère du Travail.

M. Vallée créa en 1902, avec M. Francis Guyon, la Société Coopérative des Habitations à Bon Marché (H.B.M) à Saint-Brieuc.

Des prêts étaient octroyés aux demandeurs et cette société a ainsi permis à de nombreux ouvriers de devenir propriétaires de leur maison avec un jardin.

(D’après un article de Ouest-France du 12 mars 1949)


 


Racontez-nous votre maison dans un lotissement

Sur le site, plusieurs articles ont déjà présenté certains ensembles de maisons qui forment des lotissements originaux, mais racontez-nous aussi comment vous vivez dans ces lotissements :
Connaissez-vous les dates de construction, l’architecte ? Ce lotissement a-t-il été construit pour une population particulière (ouvriers d’une usine par exemple). Est-ce que la proximité des habitations dans ce lotissement est source de problèmes ou d’enrichissements ? S’est-il passé des événements importants dans votre maison ? Dans votre lotissement ? Comment cette maison a-t-elle évolué au fil du temps (extension) ? Quelles sont les contraintes lorsque l’on souhaite rénover ? Etes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?


Autres articles à propos des lotissements dans ce blog

 
Dans la rubrique "L'habitat ouvrier à Robien et les lotissements ouvriers" :

 

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Sources

Recensement 1936, archives départementales.
 
Anciens journaux du CAR (février 1992 pour le lotissement de la Poudrière) 
 
Avec les contributions de Claude Corack, Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Xavier Pageot, Claude Le Sayec, Mary Simon, Guillaume Agouf...
 
 

L'histoire du boulevard Carnot à Saint-Brieuc

 

 

Le boulevard Carnot, début des années 60, photo Archives municipales.


 

 

Les origines du boulevard Carnot

 

Avant l’arrivée du chemin de fer en 1863, trois grands axes routiers partent du centre ville et ont leur prolongement en traversant, au sud, le quartier Robien. Si on utilise les terminologies utilisées de nos jours, nous avons le boulevard Clémenceau prolongé par la rue abbé Garnier, la rue de la gare prolongée par la rue Jules Ferry et les rues de Quintin et Cordière prolongées par la rue Luzel.

Mais le chemin de fer change la donne, surtout pour l’axe principal qui est la rue de Quintin (rue Jules Ferry actuelle).

 

Gare et quartier sud. Plan 1897

 

Apparaît alors la nécessité de créer une voie perpendiculaire pour faire communiquer la circulation qui passe sous le Pont des Sourds et, à l’autre extrémité, sur le Pont Pierre Sémard, avec la rue Jules Ferry actuelle.

 

Cet axe de communication, longeant la voie ferrée et desservant la gare de marchandise,  est appelé dans un premier temps "Le chemin de ceinture au midi de la gare". Il mesure plus de 800 mètres.

 

Chemin de ceinture de la gare. Plan 1865. Archives départementales

 

Puis ce chemin va "monter en grade" et portera le nom de "Boulevard extérieur" jusqu’en 1889. Enfin, le nom de boulevard Carnot lui est officiellement attribué le 15 février 1889, rendant ainsi hommage au Président de la République Sadi Carnot, assassiné à Lyon le 24 juin 1894.

 

 

Le boulevard Carnot. Plan 1912 archives municipales

 

 

Le boulevard Carnot. Plan 1912 archives municipales



L'éclairage public s'est développé progressivement dans le boulevard extérieur (futur boulevard Carnot). Tout d'abord, par décision du 13 août 1884, la Ville a établi « quatre becs de gaz à la place des réverbères à l’huile qui éclairent la voie publique entre l’entrée de la gare aux marchandises et l’octroi. »

 

Le 28 novembre 1884, l’éclairage a été prolongé dans le boulevard jusqu’au pont de chemin de fer, à l’ouest avec « l’installation de dix lanternes posées sur des candélabres en fonte ».

L'électrification est venue plus tard, après 1910. 


La circulation dans le boulevard Carnot n’était pas toujours facile au début du XXe siècle, comme on peut le lire dans cet article du 28 janvier 1912 publié dans Ouest-Eclair :

 

« L’administration des Ponts-et-chaussées vient de recharger le boulevard Carnot, qui allait devenir sans tarder tout à fait impraticable, par suite de nombreux et pesants charrois qui s’y font.

Malheureusement, un inconvénient nouveau surgit : surtout par ce temps de pluie, une boue épaisse recouvre ce boulevard si fréquenté et il faudra procéder à un balayage fréquent pour enlever peu à peu cette couche de boue.
On serait également heureux de voir construire d’un côté ou de l’autre de la voie un trottoir en ciment  qui permettrait de circuler sans être obligé de patauger dans la boue 
».

 

 

 

Les caractéristiques du boulevard Carnot


 

Sur le plan de la géographie urbaine on peut se demander pourquoi encore de nos jours, on ne trouve quasiment que des numéros impairs dans le boulevard Carnot.

La raison en est simple : la voie ferrée et les installations qui en dépendent ont pratiquement toujours occupé le côté pair.

Au début du boulevard, quelques bâtiments existaient du côté pair (voir ci-dessous) mais ils ont disparu dans le plan de rénovation du quartier de la fin des années 80, car ils n'avaient plus vraiment d'utilité (ancien entrepôts Kervégant, ancien local de l'Amicale Sportive des Cheminots Briochins, ancienne épicerie économique des cheminots, local transformé en brocante, hangars...).

D'après Madame Balavoine, une fille de cheminot, le bâtiment tout à fait sur la gauche est l'ancien Économat des cheminots. Elle se souvient que certains produits étaient suspendus par des cordes en hauteur.

 

 Bâtiments maintenant détruits, côté pair, boulevard Carnot. Photo Yannick Gicquel


 

Ci-dessous, cette vue aérienne des années 70, remet dans un plan plus large ces bâtiments construits du côté de la gare de marchandise.

 

Gare de marchandise et boulevard Carnot. 1970, vue aérienne

 

 

Deuxième caractéristique : du fait de l’emprise foncière de la gare de marchandises et de l’usine des Forges-et-Laminoirs (remplacée par la Caisse d’Assurances Maladie), c’est un boulevard où il n’y a pas eu de nouvelles constructions pendant des décennies.

C’est ce qui explique que, dans le recensement de 1891, on trouvait 33 maisons, 68 ménages, 268 habitants et qu’en 1936 les chiffres soient pratiquement identiques : 32 maisons, 69 ménages, 268 habitants. C’en est presque incroyable !

 

 

Plan de Saint-Brieuc 1935. Gare et gare sud. Archives municipales

 

La population qui se fixe dans le boulevard Carnot est ouvrière. Dans le recensement de 1901, sur les 222 habitants, on trouve de nombreux  employés de chemins de fer (auxquels il faut adjoindre les aiguilleurs, conducteurs, chauffeurs, mécaniciens,  ajusteurs et chaudronniers), des maçons, un charron, un manœuvre, un tailleur de pierres, un laboureur, un employé aux Forges et Laminoirs, de nombreux brossiers ainsi qu’un typographe.

Les femmes occupent d’autres métiers : on recense une ouvrière en chiffons, une blanchisseuse, une lingère, une brossière, une tricoteuse, des couturières, une domestique, des factrices, une pinceautière, une tailleuse, une brodeuse, une repasseuse.

 

 

 

Les lieux importants du boulevard Carnot

 

On peut évaluer l’importance du boulevard Carnot au fait qu’il a été pendant longtemps la voie d’accès à trois lieux emblématiques : l’Institut des Sourds-muets, une institution au rayonnement départemental (ouverture en 1855);  la gare de marchandises, la plus importante du département (1863); l’usine des Forges et Laminoirs, symbole de l’essor de l’industrie métallurgique du département sur un siècle (1873 à 1976).

On notera aussi la présence de grandes entreprises qui doivent leur installation à l’intérêt d’être proches de la gare de marchandise : des entreprises de transports, depuis un siècle (La Sernam, Le Bail, et Flageul, juste à l’angle de la rue Jules Ferry), une grande quincaillerie (Le Tinier-Morin), une entreprise de couverture (Davy), une usine de conserves (Porcher ayant pris la suite d’autres conserveries sur ce site depuis les années 30), les Établissements Le Bigot (commerce de gros en légumes ayant eu jusqu’à 80 employés avant 1945).

 

Fin 78, début 79, hangars et camions de la Sernam, boulevard Carnot. Archives municipales


 

Bureaux de l'entreprise Le Bail, boulevard Carnot. Photo RF

 

Il faut également mentionner la présence d’une école publique, possédant de très intéressants bâtiments (plans de 1901 ci-dessous), l’école Carnot, qui deviendra plus tard, en 1986, l’école Diwan. 

 

Plans de l'école Carnot, 1901. Archives

 

 

Enfin, le boulevard Carnot est associé à un ouvrage d’art permettant aux piétons de rejoindre, de l’autre côté des rails, le côté nord de la gare : il s’agit de la célèbre passerelle Harel de la Noë, remplacée en 2017 par une passerelle moderne.

 

Passerelle Harel de la Noë, boulevard Carnot.

 

Mais on ne peut quitter le boulevard Carnot sans évoquer ses bistrots et restaurants qui ont toujours été très prisés. Ils ont changé de nom au gré des époques depuis les années 1900 :

Au numéro 3, Au bon coin puis le Mat’Xandra et maintenant Caramel et compagnie.

Au numéro 9, Chez Théorel, Le Café des Cheminots, Chez Pincemin, puis le Sympatic, le Zen.

Au numéro 23 Daoulas, l’Express, Chez Colette, Chez Jacky.

Au 33, Chez Bauchat pendant la guerre 39-45 et La Passerelle, encore de nos jours.

 


Au premier plan, le Café de la Passerelle. Carte postale archives municipales

 

 

 

Les curiosités du boulevard Carnot

 

 

Un dépôt de carburants en 1865

 

On sait que le quartier de Robien a un passé ouvrier important mais a-t-on bien conscience qu’il a longtemps eu une très forte tradition d’implantation de dépôts de carburants et de garages ? La première demande d'autorisation d'un dépôt de carburant date de 1865 ! Elle est le fait de Pierre-Marie André qui exerce la profession de lampiste et s'est installé du côté Robien, le long de la voie ferrée qui vient juste d'être construite. Dans la ville de Saint-Brieuc, en 1865, on trouve huit marchands qui possèdent un ou deux fûts "d'huile de pétrole" d'environ 150 litres chacun. Le 26 juin 1865, le Maire reçoit une demande de M. André, dont le papier à en-tête indique :  Éclairage à la luciline et au pétrole, magasin de lampes et d’appareils d’éclairage pour la Ville et les grands Établissements. Entrepôt Général des Pétroles d’Amérique Inexplosibles.

M. André souhaite établir un dépôt d’huiles de pétrole dans un magasin qu’il va faire construire le long du chemin de ceinture (futur boulevard Carnot), "au midi de la gare, en bord du chemin de fer, entre le Pré Tison et l’ancien bureau d’Octroi de la route de Quintin".
Le Conseil d’Hygiène est saisi et formule des recommandations, l’ingénieur en chef de la compagnie des chemins de fer de l’Ouest, concerné par la proximité du dépôt, malgré une appréhension, ne s’ y oppose pas formellement. C’est le premier dépôt classé dangereux boulevard Carnot, d’autres viendront par la suite.

 

Papier à en-tête 1865. M. André St Brieuc. Archives 22

 

 

L'économat du Chemin de fer

 

Dans la suite de bâtiments existant du côté pair se trouvait l'épicerie économique des cheminots, elle était appelée "L'économat du Chemin de fer". 

Dans les locaux adjacents il y avait également les bureaux de La Prévoyance et des Retraites, et de la Sécurité Sociale propre à la S.N.C.F.

 

L'ancien Economat du Chemin de fer transformé en brocante.

 

A l'arrière, on trouvait l'écurie des chevaux qui tiraient les voitures de livraison des colis confiés à la messagerie (bagages non accompagnes et colis), et accessoirement les achats faits à l’Economat, ceci jusqu’à leur remplacement par des fourgons Renault.

 

Renée Masserot, née en 1920, se souvient que  son père s'approvisionnait à l'Économat. «Mon père pouvait, de par son métier d'employé de chemin de fer bénéficier de l’Économat. C'était une épicerie, implantée boulevard Carnot. Cette petite surface de l'époque proposait aussi un catalogue de meubles, cycles. Je me souviens de mon premier vélo. Nous étions allés à l’Économat de Rennes, en train (que nous ne payons pas) pour l'acheter !» (article du Télégramme 21 novembre 2000)

 

 

Dominique Soufflet, un autre habitant du quartier des années 60-70, se souvient qu'il y accompagnait sa grand-mère, Lucie Hure, qui fut en charge d’une halte ferroviaire de campagne de 1919 jusqu’à sa retraite en 1949. Cet emploi était réservé aux veuves de guerre du Chemin de fer.

Ce local a été transformé pendant un temps en brocante avant d'être détruit lors de la rénovation du secteur en 1998.

 

 

 

Un magasin Emmaüs en 1987

 

24 novembre 1987. Ouest-France

 

 

 

Le Noisélia, délice sucré

 

Dans les années 1990, les boulangers de la rue Carnot, Chantal et Georges Leroux, sont les créateurs d’une spécialité appelée Le Noisélia. Ce gâteau était composé de miel, de noisettes, de fruits confits et de chocolat.

 

Georges Leroux dans son atelier de boulangerie, boulevard Carnot. Photo Ouest-France 1991

 

 

 

Un atelier photographique

 

Le photographe professionnel Paskal Martin avait son atelier photographique boulevard Carnot dans les années 90. Il a publié plusieurs albums comme Rétro sillons  (1990), Sur les paysans du Mené, La vie des pêcheurs (1995) ou Les SDF et leurs chiens (2008). On lui doit aussi de nombreuses collaborations pour des livres de littérature jeunesse.

 

Paskal Martin en 2002. Photo Ouest-France

 

 

 

 

Un abri de la Seconde Guerre mondiale redécouvert en 2016

 

Au moment où la passerelle Harel de la Noë, son escalier et les sanitaires ont été démolis, une ouverture est apparue, faisant apparaître une construction en béton recouverte par une abondante végétation. L'oeil attentif du Président de l'Association Harel de la Noë a été attiré par ce curieux édifice...

 

L'abri adossé au mur du boulevard Carnot. Photo Ouest-France 2016

 

L'abri adossé au mur du boulevard Carnot. Photo Ouest-France 2016


 

Cet abri s’appuyait sur vingt-cinq mètres contre un mur de pierre qui longeait le boulevard Carnot. A l’intérieur, des bancs en béton se font face sur presque toute la longueur.

 

L'intérieur de l'abri. Photo Ouest-France 2016


 

Il pourrait s’agir d’un abri Reichsbahn, construit par les services ferroviaires allemands. Ces constructions servaient d’abris au moment des bombardements et on les trouvait fréquemment dans les gares au moment de la Seconde Guerre mondiale.

 

(D’après un article de Ouest-France paru le 24 mai 2016)

 

Pierre Gorreguès, le président de l’association Harel de la Noë et Franck Bourrier, secrétaire de l’association, devant l’entrée de l’abri en béton.


 

 

 

Un négociant de chevaux


Depuis les années 30, Auguste Gicquel, un négociant de chevaux, se trouvait aux numéros 43-45 du boulevard (de nos jours juste à côté de l’emplacement du garage Citroën). 

 


 

M. Gicquel était bien placé car, lorsque les chevaux étaient vendus, ils les faisaient monter dans des wagons à bestiaux pour les expédier chez des acheteurs.

A cette époque, le cheval était encore très présent dans le quartier.

On peut distinguer son enseigne sur le pignon de la maison et le portail bleu où rentraient les chevaux qui étaient ensuite dirigés derrière, dans un bâtiment en briques que l’on aperçoit aussi du boulevard.

 

Le négociant en chevaux 43 boulevard Carnot. Photo RF

 

Le négociant en chevaux 43 boulevard Carnot. Photo RF



La maison de Gustave Vaucouleur, le patron de l’usine des Forges-et-Laminoirs

 

Au numéro 57, nous retrouvons toute la famille Vaucouleur : Gustave Vaucouleur, Jeanne, son épouse et Denise, leur fille. La famille Vaucouleur habite dans une grande maison bourgeoise, entre l’arrière de l’usine et la voie ferrée.

 

Le 23 septembre1912, Monsieur Gustave Vaucouleur obtiendra l’autorisation de raccorder sa maison au réseau électrique de l’usine des Forges-de-Bretagne.

 

Cette maison bourgeoise entourée d'un parc, et habitée en dernier par la famille Cottarel, n'existe plus de nos jours ; elle a été rasée dans les années 70 et remplacée par une résidence.

 

Dans le boulevard Carnot, la maison Vaucouleur à droite.  Archives municipales

 

Gros plan sur la maison Vaucouleur

 

 

Un lotissement ouvrier

 

Le 24 novembre 1939, la Société des Forges-et-Laminoirs de Bretagne et du Bourget, sollicite l’autorisation de construire une série de dix maisons ouvrières.

C’est l’entreprise de M. Yvon Scotta, successeur de l’entreprise Zocchetti, qui est chargée de ce chantier sur des terrains du boulevard Carnot, tout près de la maréchalerie de l’usine. Ces dix maisons seront détruites dans les années 60-70.

 

1947. Lotissement ouvrier de 10 maisons, boulevard Carnot. Archives municipales

 

 

 

Les transformations du boulevard Carnot


 

Le boulevard Carnot années 80-90. Archives municipales

 

Dans le quartier de Robien, le boulevard Carnot est fortement marqué par la fermeture de plusieurs sites qui employaient de nombreux ouvriers.

A partir de la fin des années 70, les friches industrielles laissées par ces fermetures sont progressivement remplacées par des projets immobiliers incluant des logements, des équipements et des services publics.

Ainsi, après l’arrêt des Forges-et-Laminoirs, l’usine constitue une vaste friche industrielle. En 1974, des bâtiments sont rasés et ces terrains, bien placés, sont convoités pour de nouveaux projets.


Entre 1977 et 1979, une nouvelle résidence va voir le jour, la Résidence Carnot aux 16, 18 et 20 boulevard Carnot. Un premier permis de construire est déposé le 27 août 1975 pour construire un immeuble de  36 logements boulevard Carnot. Un avis favorable est donné par la Ville de St Brieuc avec comme condition de démolis la maison de M. Vaucouleur, l'ex patron des Forges-et-Laminoirs. 

 

Plan 1977, localisation de la future Résidence boulevard Carnot
 

 

Il est aussi mentionné qu'une protection efficace contre le bruit devra être trouvée car l’immeuble sera situé entre la voie de chemin de fer et le boulevard Carnot.

Des modifications sont apportées à 4 reprises, jusqu’en décembre 1977, par F Gross Quélen, architecte à Saint-Brieuc, 2 rue Chateaubriand. En fait, ce sont 39 logements qui seront mis à disposition de nouveaux habitants.

 

Plan, Résidence boulevard Carnot, archives municipales.

 

Le 20 mars 1979, les travaux sont officiellement terminés.

De nos jours les trois entrées de la résidence portent les numéros 16, 18 et 20 boulevard Carnot.

 

Sources : Archives départementales, dossier 256 W 10


Résidence 16, 18 et 20 boulevard Carnot à Saint-Brieuc. Photo RF 2021.

 

En 1982, la C.P.A.M (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) s’installe au 106 boulevard Hoche, entre le boulevard Carnot et le boulevard Hoche, à la place des Forges-et-Laminoirs.

 

La CPAM, vue du boulevard Carnot. Photo RF 2020

 

En 1987, c’est le lancement du projet « Le Bigot », à l’emplacement des Établissements Le Bigot, situés à l’angle de la rue Jules Ferry et du boulevard Carnot, avec l’office municipal de HLM. L'Entreprise de Conserveries Porcher frères, dont l'activité était la préparation de plats cuisinés au 39 boulevard Carnot, est également concernée. En 1988 les établissements Le Bigot et Porcher sont démolis.

 

Photo aérienne 1988, Archives municipales

 

 

 Ci-dessous, une partie des immeubles construits boulevard Carnot en 88-89


Immeubles boulevard Carnot. Photo RF 2021

 

 

 

A la fin des années 80-90, la Ville procède à de nombreux aménagements dans la rue Jules Ferry et dans le boulevard Carnot où les bâtiments les plus proches de la gare de marchandise sont détruits.

 

Bâtiments du côté de la gare marchande, boulevard Carnot. Années 80-90. Archives municipales



Le bâtiment représenté sur la photo ci-dessous est celui de l'Amicale Sportive des Cheminots Briochins, boulevard Carnot. L'Amicale se situait à proximité de L’Économat, fréquenté aussi par les cheminots.


Amicale Sportive des Cheminots Briochins, boulevard Carnot (à côté de l'ancienne épicerie économique des cheminots). Années 80-90. Archives municipales




Après destruction des bâtiments, boulevard Carnot. Fin 1990, début 2000. Archives municipales

 

A la fin de l’année 1998, d’autres friches sont démolies ainsi que le mur SNCF dans le boulevard Carnot. 

Ci-dessous, à droite Didier Bebin et Michel Leborgne, président du comité de quartier. Ouest-France, 9 juillet 1998

 



 

En octobre 2014, on assiste à la démolition des entrepôts de la SERNAM, le long de la voie ferrée, boulevard Carnot. 

 

Démolition des locaux de la Sernam 2014. Photo blog du C.A.R

 

En janvier 2022, une grosse maison du début XXe est entièrement démolie.

Démolition Boulevard Carnot. 18 janvier 2022 Photo RF

Démolition Boulevard Carnot. 18 janvier 2022 Photo RF




 

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A lire pour compléter la visite

 

Les bistrots du boulevard Carnot, cliquer ici

Les Forges-et-Laminoirs, cliquer ici 

Le lotissement des Forges-et-Laminoirs, bld Carnot, cliquer ici

L'entreprise Le Bigot, cliquer ici 

La conserverie Porcher, cliquer ici

Robien, un quartier déterminé par l'implantation de la gare, cliquer ici

 

 

Sources

 

Recensements de la population de Saint-Brieuc 1846, 1881, 1886, 1896, 1906, 1931. Archives départementales.

 

Installations dangereuses, demande M. André, 1865. Archives départementales.

 

Archives municipales : plans de l'école Carnot 5 Fi 125, plan 1912 cote 5 Fi 92, plan 1935 5 Fi 88 densité de population, photo 1970 Sernam FRAC 222 78,résidence Carnot 1970 FRAC 222 78

 

Archives de Ouest-France

 

 Souvenirs de Dominique Soufflet à propos de l’Économat SNCF

 

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

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