L’architecte Roger Le Flanchec est né à Guingamp le 26 novembre 1915 dans une famille aisée. Il s'inscrit en 1932 à l'école des Beaux-Arts de Rennes. Jusqu'en 1936, Roger Le Flanchec travaille à Saint-Brieuc chez l’architecte Jean Fauny dont nous avons parlé dans l’article sur "La cité des cheminots" du boulevard Paul Doumer. Avec cet architecte départemental, il apprendra le métier.
En 1936, Roger Le Flanchec fonde son propre cabinet à Trébeurden. Il réalise de nombreux projets innovants qui s’inscrivent dans le courant moderniste. A partir de 1944, il découvre l'oeuvre de Le Corbusier et c'est une révélation. En 1947, grâce à Jean Fauny, il est admis dans l'ordre des architectes.Plus de trois cents projets ont été conçus par l'architecte, tous n'ont pas été concrétisés, loin de là. Il aura été influencé par les éléments de la nature comme les coquillages, les escargots, les haricots mais aussi par les bateaux, les paquebots, les pyramides ! Cette originalité n'était pas toujours du goût de l'administration qui devait délivrer les permis de construire, seuls 25 projets verront effectivement le jour. Mais le collège de Lannion en forme de pyramide ne verra jamais le jour, pas plus que l'auberge de jeunesse de l'Ile-Grande, pas de maison-escargot ou de maison-rocher...
Les projets... qui sont resté des projets.
Ces dessins sont extraits de la brochure de Daniel Le Coadic, Gentleman insoumis.
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| Silhouette de cachalot posée sur un rocher |
Une réalisation bien en vue
En 1949, cet immeuble très controversé (La Résidence Hélios à Trébeurden) est conçu par Roger le Flanchec et directement inspiré de la Cité radieuse de Le Corbusier. C'est une barre de 13 étages, haute de 35 mètres qui répond à l'obligation de construire des logements collectifs après-guerre. Mais dans cet endroit sur la côte, cela choque ! En 1951 le permis de construire est finalement accordé et les travaux commencent malgré les pétitions, les procès et la grogne d'une bonne partie de la population locale. Le gros oeuvre ne sera terminé qu'en 1962. Certains bruits qui courraient disaient que la résidence finirait par être rasée. Il n'en a rien été ! Au fil des années 70, les soixante-dix appartements sont vendus (Les biens, appelés «cellules», étaient à vendre nus, vides de cloisons. «Des boîtes dans la boîte», expliquait l'architecte). En 1980 l'architecte s'établit au dernier étage du toit terrasse où était prévu un restaurant. Roger Le Flanchec y restera jusqu'à la fin de sa vie.
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| L'appartement de Roger le Flanchec, "Inis Gwirin" l'île de verre en breton, au dernier étage de la Résidence Hélios. Photo Ouest-France 4 novembre 2022 |
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| 30 août 2005 Ouest-France |
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| 2 juillet 2011 Ouest-France |
A Ploumoguer, la maison Quéré. 1969-1973
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| La maison-cratère composée de 68 lignes |
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| 3 juillet 2022 Ouest-France |
A Saint-Brieuc, La maison Haricot
"La maison haricot" est une réalisation de Roger Le Flanchec. La première version a été réalisée en 1954 à Lannion et la deuxième en 1957 au 43 boulevard Paul Doumer à Saint-Brieuc. Le nom vient de sa forme que l'on perçoit très bien avec une vue aérienne. Un article complet sur la maison Haricot à retrouver dans ce blog en cliquant ici
Le temps de la reconnaissance
En mars 1995, le Château de Kerjan dans le Finistère consacre une exposition sur son parcours avec photos, maquettes et plans. L'article dans l'édition de Ouest-France du 27 mars 1995 met en évidence le côté révolutionnaire de l'architecte, son indépendance d'esprit, son refus des compromis : la résidence Hélios à Trébeurden "qui fera couler beaucoup d'encre"..."Le manoir de Kerautem à Locquénolé est un bel exemple d'intégration de l'habitation (demi-enterré) dans le paysage. La maison le Quéré de Ploumoguer, circulaire et de plain-pied, offre des courbes de béton au vent, à la lumière et résiste aux assauts les plus offensifs du bord de mer."
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| 27 mars 1995 Ouest-France |
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| Roger Le Flanchec et Michel Velly. 18 août 1995 Ouest-France Guingamp |
En 2022, les journées du Patrimoine à Trébeurden ont donné une large place à la découverte du travail de Roger le Flanchec. L'architecte Marius Guillemot, installé à Genève, a donné une conférence très suivie à cette occasion. Il souhaite éditer un livre sur la vie et l'oeuvre de Roger Le Flanchec dont la réputation dépasse largement les
frontières de la Bretagne : l’Institut français d’architecture lui a consacré
une exposition en 1996. Deux de ses œuvres sont inscrites au titre des
monuments historiques et deux autres ont reçu le label du Patrimoine du XXe
siècle (La maison Orain de Lannion de 1965 labellisée le 20 juin 2000 et la Résidence Hélios labellisée en 2011).
Roger Le Flanchec est mort à Lannion le 6 décembre 1986 à l'âge de 71 ans.
Retour sur l'article Abécédaire des architectes dans le quartier de Robien ici
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Sources
Exposition
sur 18 édifices ayant obtenu le label "Architecture contemporaine
remarquable". L'exposition a été présentée dans la gare de Rennes en
2025.
Article
de Ouest-France, 13 août 2019, Trégor : "Le Flanchec, l'architecte qui n'en fit qu'à sa tête", ici
La résidence Hélios, Ouest-France 30 août 2016, ici
111 Bretons des temps modernes. Editions Ar Men
Architecture
contemporaine en Bretagne. Coop Breizh, 2009.
Site de généalogie, Généanet, ici
Site patrimoine Bzh Fonds Roger Le Flanchec (1915-1986)
Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Institut français d’architecture. Centre d’archives d’architecture du XXe siècle. Fiche descriptive très complète, cliquer ici
Saint-Brieuc, de l’après-guerre à nos jours. Analyse du patrimoine architectural et urbain. Réalisation de l’École d’Architecture de Bretagne. Janvier 1994.
Gentleman insoumis, texte de Daniel le Couedic, ici
Base Mérimée, Ministère de la Culture
























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