samedi 19 novembre 2022

L'histoire du Foyer L'igloo, 9 rue de Robien à Saint-Brieuc

 

Un premier article de Josiane Guéguen dans l'édition de Ouest-France du 12 janvier 1994 présente le projet de construction de quarante logements et de salles pour le centre de formation. De très larges extraits sont reproduis ci-dessous : 

 

Au centre, la façade de l'Igloo. Projet de l'architecte Bruno Coycault


En janvier 1994, le foyer de l'Igloo dépose un dossier d'extension devant le comité régional de l'organisation sanitaire et sociale (CROSS). Le lieu choisi pour cet agrandissement est la rue de Robien où un bâtiment de 40 logements, ainsi que de nouveaux locaux pour le centre de formation du foyer, sont prévus.

C'est en face du magasin Assaut, à l'époque (Magasin La Gambille plus tard) sur un espace de 2 350 m2 occupé aujourd'hui par un petit immeuble et par les hangars désaffectés des anciens établissements Brossette, que cette extension de l'Igloo est prévue. Un immeuble de quatre étages sera construit dans l'alignement de l'immeuble voisin. Y seront aménagés 40 logements (type T 1 ou T 1 bis) pour jeunes, jeunes couples ou jeunes femmes seules avec enfant, et des équipements collectifs tels que cafeteria, salle d'études, bibliothèque, etc. Un porche donnera sur la cour arrière où un bâtiment, adossé à la salle de Robien, accueillera sur deux niveaux les salles du centre de formation de l'Igloo. L'addition : 14,5 millions de francs, tout compris. 


Un premier Igloo en 1947 à Saint-Brieuc

Il est bien loin le petit bâtiment où le foyer de l'Igloo a vu le jour en 1947. 

Première extension dans les années 1970 avec la construction d'un bâtiment rue Waldeck-Rousseau. Puis, en 1990, réhabilitation et restructuration de cet immeuble et des ajouts successifs, qui avaient permis de faire face aux besoins exprimés, tant en accueil, qu'en restauration ou en formation, les trois secteurs d'activité de l'Igloo, « entreprise sociale au service des jeunes et de la cité », comme aime à le qualifier Michel Guernion, son directeur. Mais cela est loin de suffire, constate-t-il : « Chaque semaine, nous recevons plusieurs demandes de jeunes qui souhaitent être hébergés chez nous et que nous ne pouvons satisfaire. De plus, nous ne pouvons plus du tout assumer d'accueil d'urgence. » Une étude globale sur le logement des jeunes, réalisée en 1989 sur la ville, faisait état d'un besoin de 400 places en foyers de jeunes travailleurs. A ce moment-là, il en existait environ 250. « Mais l'étude avait mal pris en compte la présence étudiante sur la ville qui a pour effet de rendre encore plus tendue la recherche pour les jeunes de notre public (travailleurs ou stagiaires). Et depuis, il y a eu la fermeture de Paul-Bert. » 

Le chantier pourrait démarrer à la fin du premier semestre 1994. Pour une ouverture un an plus tard.

En projet, une entreprise d'insertion

Depuis 15 à 18 mois, l'association du foyer l'Igloo réfléchit à la possibilité de créer une entreprise d'insertion pour prolonger le travail mené depuis plusieurs années auprès de ses stagiaires.

« Le stage remet sur pied mais il faut quelquefois plus de temps à certaines personnes pour acquérir ou retrouver un savoir-faire et un savoir-être », explique Michel Guernion. D'où le désir de créer une entreprise d'insertion. « A condition qu'elle soit économiquement viable, que ce soit une entreprise à part entière. » Le créneau choisi : les matériaux composites (l'un des formateurs de l'Igloo est passionné et compétent dans le domaine).



Décembre 1994


En décembre 1994, titre choc dans Ouest-France !

 

Michel Guernion sur le chantier : "Ouverture prévue fin juin 1995"




1995


"L'Igloo : une année charnière", titre Ouest-France dans un article du 4 juin 1995, extraits :

"Ouverture du restaurant universitaire, baisse des crédits formation, ces événements auront des répercussions sur le fonctionnement du foyer l'Igloo en 1995...

Le changement important dans la vie de l'Igloo, c'est l'ouverture d'un nouveau bâtiment, rue de Robien. Rendue nécessaire par la saturation du foyer rue Waldeck-Rousseau, cette extension devrait ouvrir le 1er juillet prochain. Elle compte 42 appartements, principalement des studios.

Partenaires de l'Igloo et élus ont participé à l'assemblée générale du foyer (photo ci-dessous).



 

En 1995, les jeunes ont leur nouveau Igloo et ils peuvent compter sur un lieu de vie avec cafétéria, buanderie, bibliothèque, salle de musculation, salle de jeux avec ping-pong, billard, amphithéâtre pouvant accueillir des animations et conférences... L'inauguration officielle a eu lieu en octobre mais le foyer était déjà ouvert depuis deux mois. (Article de Ouest-France, 28 octobre 1995)

Michel Guernion et Raymond Foudrinier, président de l'association




Les cinquante ans de l'Igloo

Depuis le premier foyer de jeunes filles en 1947 jusqu'au foyer de jeunes travailleurs (FJT) d'aujourd'hui, cinquante ans d'histoire ont été écrits. L'Igloo fête cet anniversaire le samedi 15 novembre 1997. 

Rappel des dates importantes.

1947 : création d'un foyer de jeunes filles par la Congrégation des saints coeurs de Jésus et Marie, lié à un cours de sténotypie, était déjà installé au 56 boulevard Waldeck-Rousseau. 

1970 : l'association Igloo est créée. C'est l'époque de la construction du grand bâtiment qui donne sur le boulevard. 

1980-1981 : une autre maison est achetée à côté

1991-1992 : tout le foyer est réhabilité et s'étend. 

1994-1995 : installation rue de Robien avec 40 logements et un centre de formation pour permettre aux jeunes de voir plus clair en leur avenir. »

En 1997, l'Igloo affiche un chiffre d'affaires de huit millions de franc par an, emploie 26 salariés et a accueilli 430 jeunes en 1996.


Pour ses 50 ans l'Igloo ne souhaite pas se contenter d'une fête.  La journée du samedi 15 novembre commence par une célébration eucharistique présidée par Monseigneur Fruchaud à la cathédrale de Saint-Brieuc. 

A 10 h 15 au Club 6 le Père Henri Madelin anime une conférence intitulée "Du travail de chacun vers l'activité de tous. Peut-on vivre et travailler autrement ?". Ce jésuite est rédacteur en chef de la revue Etudes. 

Tout l'après-midi est consacrée à des ateliers sur des thèmes aussi variés que le logement, la santé, la formation ou citoyenneté et spiritualité. 

A 17 h, au CMB rue Voltaire, Jean-Claude Dumoulin, directeur de l'Union des FJT anime une autre conférence. Enfin, une soirée dansante clôture cette journée.

 "Nous essayons d'être une entreprise sociale au service des jeunes et de la cité".

Michel Guernion, directeur de l'Igloo

Ouest-France du 18 octobre 1997



 Les locaux de l'Igloo

Façade de l'Igloo, rue de Robien

Vue arrière du bâtiment

Vue arrière du bâtiment. Photo site de l'URHAJ




L'Igloo en 2011



Un taux d'occupation de 88 %. C'est le chiffre à retenir de l'assemblée générale de l'Igloo en ce mois de juin 2011. Sur ses trois sites (Waldeck-Rousseau, Robien et celui de Lamballe), davantage de repas ont été servis.
« Le principe d'une restauration sociale comme la nôtre est de vendre plus de repas aux personnes extérieures qu'à nos résidents, car le prix n'est pas le même. Ce n'est pas le cas et on va tenter d'améliorer ce point », rappelle la présidente Évelyne Bot. Mais la trésorerie reste fragile et l'État reverse 50 % de moins en 2010, un désengagement qui n'est pas nouveau.  Afin de rétablir l'équilibre, trois personnes ont été licenciées. La structure tourne désormais avec 23 salariés.
Faute de pouvoir rénover les bâtiments de Waldeck-Rousseau, ils vont être vendus à la SA Les Foyers.
 

Évelyne Bot cède sa place de présidente en 2012 après neuf années de bons et loyaux services.

L'association gère trois foyers de jeunes travailleurs, dont deux à Saint-Brieuc (boulevard Waldeck-Rousseau et rue de Robien) et un à Lamballe. Elle est propriétaire des deux premiers et locataire du troisième.


L'Igloo en chiffres (2011)

26 salariés
26 salariés travaillent à l'association, dont cinq au centre de formation.
450 jeunes accueillis chaque année.
1,5 million d'euros de budget.

(Informations de Ouest-France du 16 juin 2011)

Photo ci-dessous, la présidente Évelyne Bot, à gauche ; le secrétaire Gérard Bourgeon  le trésorier Gérard Thys et la directrice de l'Igloo, Stéphanie Bethelot.

Les responsables de l'Igloo. 16 juin 2011. Photo Ouest-France


 

L'Igloo à Robien continue de proposer aux jeunes des chambres et des studios équipés de connexions Internet, un parking, un local pour les deux roues, une cuisine collective ou une kitchenette dans les studios et T2 et offrant des espaces de vie.

 

Si vous avez des documents ou des témoignages à partager à propos de l'Igloo, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.  


 

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Sources

Site de l'Igloo, cliquer ici 

Nombreuses recherches dans les archives de Ouest-France 

Article du blog de l'histoire de Robien, Bruno Coycault, architecte ayant conçu l'Igloo, cliquer ici

 



samedi 12 novembre 2022

Jean Radenac, boulanger 20 boulevard Hoche à St Brieuc. 1946-1968

 

Jean Radenac, était connu dans le quartier de Robien car il tenait une boulangerie au 20 boulevard Hoche, en descendant sur la gauche du boulevard vers la Croix-Perron. 

Jean Radenac est  né le 10 juin 1912 à Grâce-Uzel où il a tenu d'abord un commerce qu'il a transformé en boulangerie. Marie, née Guiguen, était son épouse (elle était appelée Maria) et elle tenait la boulangerie avec lui. Ils se sont mariés le 26 mai 1936 à Plessala et ils auront 7 enfants.

 

Jean Radenac, boulanger à Saint-Brieuc

 

Arrivé à St Brieuc, Jean Radenac a demandé une autorisation de travaux qui lui a été délivrée le 26 novembre 1946 afin qu'il puisse construire un four et un magasin d'une vingtaine de mètres carrés attenant à son habitation. L'inspecteur départemental de l'urbanisme trouvait au départ que la boulangerie semblait insuffisamment éclairée et que la construction du four obstruait un soupirail. Mais les services de l'hygiène ont déclaré conforme cette demande de travaux. (dossier des archives municipales 2T59)

 


 

Au début des années 60, M. Radenac avait un jeune ouvrier d'une vingtaine d'années qui s'appelait Bernard Baron.

La boulangerie aurait fermé après 1965, d'après d'anciens habitants du quartier et différentes annonces parues dans la presse...

A partir de différents articles parus dans la presse locale on peut tenter de reconstituer l'histoire de cette boulangerie. Le long récit d'un incendie s'étant déclaré dans la boulangerie est ainsi rapporté dans un article de Ouest-France du 20 avril 1957. On apprend que Jean-Claude, le fils, travaille déjà avec son père mais doit partir effectuer son service militaire.

 

Le 20 boulevard Hoche à St Brieuc. Photo RF 2022

Demande de permis de construire de M. Radenac.1946. 2T59

Demande de permis de construire de M. Radenac.1946. 2T59


Quelques années plus tard, dans l'édition de Ouest-France du 21 mars 1960, on apprend que c'est M. Lucas qui est mentionné comme boulanger au 20 boulevard Carnot. Mais cela n'est que temporaire puisque dans le compte-rendu d'un petit accident de la route ( le 12 avril 1961) est mentionné "Jean-Claude Radenac, 23 ans, boulanger-pâtissier, 20 boulevard Hoche". C'est donc que le fils a poursuivi l'activité de son père dans la boulangerie.

Enfin, un autre article du 20 décembre 1966 parle de "Mme Marie-Thérèse Radenac (née Morzadec), 21 ans, boulangère, 20 boulevard Hoche"... (Elle se faisait appeler "Marité")

Sans doute ce jeune couple a-t-il repris une affaire autre part dans les années après 1968... 

On trouve deux annonces dans la presse, au moment de la Foire-exposition où M. Radenac tient un stand. La première annonce, en 1966, invite tous les boulangers à venir prendre un apéritif ou un digestif chez lui, afin de présenter son nouveau four. La deuxième annonce invite de nouveau les boulangers à une démonstration de son four le dimanche 15 septembre 1968 dans sa boulangerie.

Radenac 9 septembre 1966

 
Radenac 13 septembre 1968


Jean Radenac, boulanger représentant, ancien combattant, ancien prisonnier de Guerre, est décédé le 31 décembre 1992 à Saint-Brieuc. Il a été enterré au cimetière de l'Ouest le 4 janvier 1993. 

 


 

Jean-Claude Radenac, le fils né en 1937 qui avait aussi exercé la boulangerie, est décédé en septembre 2003, il est inhumé au cimetière de St Herblain (44).

 

 

Le saviez-vous ?

 

C'est à quelques mètres de l'ancienne boulangerie Radenac qu'est installé le fournil d'Emmanuel de Bressy, boulanger bio qui avait à un moment proposé de mettre en place une boulangerie participative !


E. de Bressy. Photo Ouest-France


On nous signale

 

Les RADENAC auraient eu aussi une épicerie boulangerie rue Reine Astrid, en haut de la rue F. Bienvenue à Beauvallon... Qui en a le souvenir?

 

 

Sources  

Articles de Ouest-France : nombreuses mentions indiquant le commerce de M. Radenac comme boulangerie de service dans les années 45 à 50, 20 avril 1957 incendie (article complet ci-dessous),  12 avril 1961, 20 décembre 1966.

Sur le site Généanet, fiche conçue par André Vigne (accessible ici)

 

Si vous avez des documents ou des témoignages à partager à propos de la boulangerie et de la famille Radenac, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.  

 

 

Retour au commerce en 1955, ici 

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Article du 20 avril 1957 dans Ouest-France.

 

Le feu dans le fournil d'un boulanger boulevard Hoche

 


 

Hier soir, M. Radenac, boulanger, 20 boulevard Hoche, commençait, vers 21 h. 45, le travail qui devait lui prendre toute la nuit car, en prévision des deux journées complètes de fermeture pour Pâques, il fallait un nombre important de fournées.

M. Radenac devait œuvrer pendant plusieurs heures puis son fils, Jean-Claude, qui est sur le point de partir au service militaire devait le rejoindre, aussi son fils aîné s’était-il couché de très bonne heure et dormait au moment où le feu éclata.

M. Radenac utilise pour son four le mazout mais seulement pour l’entretien de la chaleur, le premier coup de feu étant donné à l’aide d’une flambée de copeaux. Chaque soir un tas de ces copeaux est donc amoncelé devant le four.


Hier soir, M. Radenac emplit le foyer puis remonta achever son repas en compagnie de la famille dans la salle a manger qui se trouve au-dessus du fournil.

M. Radenac a six enfants, depuis Jean-Claude, 20 ans, jusqu’au dernier-né 6 mois. Tout allait bien quand, soudain, Marguerite, une des fillettes, âgée de 9 ans, qui s’était dirigée vers le Foyer- heureuse curiosité ! –cria : «Les copeaux ont pris feu ».

Ce fut une émotion générale : tandis que Marie-Hélène, la plus grande des jeunes filles, âgée de 18 ans, se rendait téléphoner aux pompiers chez M. Ramio, le café le plus proche, les enfants plus jeunes, sortaient dans la nuit en criant à tous les échos : « Le feu ! le feu ! » 

Alertés par ces cris, les voisins, M. Hélard, d’une part, M. Jolly d’autre part, puis M. Ramio arrivèrent sans retard avec chacun l’extincteur de leur maison.

M. Hélard nous a lui-même déclaré : « Le feu, mis sans doute par une étincelle tombée du foyer avait gagné le tas de copeaux ; quand M. Radenac puis nous-mêmes nous attaquâmes ce feu, il avait déjà de l’avance.

Cependant, il ne s’était pas propagé dans le tas de copeaux aussi vite que je l'aurais à priori pensé. Mais, quelle fumée ! Elle sortait par la petite fenêtre qui donne sur la cour de la maison et, lorsque nous entrâmes, un violent courant d’air activa et le feu et la fumée. J’étais loin d’avoir vidé mon extincteur et déjà j'étouffais, je pleurais, J’étais au bord du vomissement quand, fort heureusement, les pompiers arrivèrent. »

Il faut féliciter les sauveteurs qui, par leur prompte intervention ont ainsi sauvé le matériel de travail de M. Radenac. Car, en définitive, seul le pétrin, rempli d’ailleurs de pâte, fut noirci par les flammes et un peu d’eau fut jetée tout autour de la salle.

Mais, quand nous quittâmes M. Radenac, à 22 h. 20, il parlait déjà de rallumer son four. Il vérifiait les fournées toutes préparées et murmurait : « Heureusement tout s’est assez bien passé. Il n’y aura pas de dégâts mais seulement un retard. Nous allons rattraper cela. »

 

 

 


 

 

vendredi 11 novembre 2022

Sodisfrais, fromages en gros, 6 boulevard Carnot à Saint-Brieuc. 1967-1973

 

 

Depuis au moins 1967, les Établissements Sodisfrais étaient installés au 6 boulevard Carnot, face à l’usine des Forges-et-Laminoirs. De nos jours ce numéro correspond au garage Jules Ferry au bout du boulevard Carnot en allant vers la rue Luzel.

Elle  a été immatriculée officiellement le 22 février 1971.

La société est alors spécialisée dans la vente de fromages en gros. il arrive que Sodisfrais recrute du personnel en passant des annonces.

Sodisfrais 19 juillet 1969, annonce Ouest-France


A la fin des années 60, on trouve parfois des publicités de Sodisfrais qui paraissent  dans Ouest-France.

Sodisfrais 19 décembre 1969 Ouest-France

 

Sodisfrais possède une vingtaine de véhicules garés dans la cour couverte.

M. Pallier est le directeur et M.Benoit Gouriet est le gérant de la société à Saint-Brieuc.

 

Au mois d'août 1971, l’entreprise est victime d’un cambriolage. Les voleurs emportent le coffre-fort avec plus de 50 000 francs. Le coffre-fort est retrouvé place de Robien, mais sans l'argent !


 

En 1973, un conflit social oppose la direction et les employés au sujet des salaires. 

 

Grève chez Sodisfrais 25 juin 1973 Ouest-France


 

La presse locale ne mentionne plus l'entreprise Sodisfrais de Saint-Brieuc après 1973, a-t-elle disparu alors ?

 

 

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Si vous avez des éléments pour compléter cet article sur Sodisfrais (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...

 

 

 

Sources

Articles de Ouest-France de 1969 à 1973.

Infogreff, cliquer ici

 

 

vendredi 4 novembre 2022

Les rues de Robien à Saint-Brieuc. Désignation des noms de rues

 

La désignation de 54 rues de Robien ne s'est pas faite en un jour. Du XIXe siècle à nos jours, les choix ont été tranchés par le Conseil municipal car c’est bien le Conseil municipal qui délibère pour nommer les rues. Avant 1900, ce n’est pas compliqué puisque Robien n’a pratiquement aucune rue ! Mais avec le développement du quartier cela devient nécessaire.

Beaucoup de rues sont nommées en 1930, 1932 et 1936 au moment où la municipalité fait le choix d'autoriser la construction de nombreux lotissements.

Il est intéressant de noter que des noms de rues ont disparu. Ainsi, à moins d’être centenaire, vous n’avez certainement jamais entendu parler de la « rue de l’armistice », du « chemin des Régats », du « chemin des Pissots », de la « rue des Caves », du « boulevard de la Vallée », de la « rue Nouvelle », de la rue "Bretagne toujours" ou de la « rue Ste Anne »…

On apprendra aussi que la rue Louis Hélary a été déplacée ! 


Dans cet article, il ne s’agit ni de raconter l’histoire des personnages qui ont donné ces noms de rues, ni de parler de toute l'histoire de cette rue. C’est avant tout une base de données à laquelle on peut se référer.

Nous aurons l’occasion de préciser beaucoup plus de choses sur l’histoire de différentes rue dans des articles spécifiques. Les liens sont indiqués dans cet article.
 
Rue Cuverville et rue abbé Garnier. Registre des délibérations, Conseil Municipal. Archives municipales



 

Liste des rues par ordre alphabétique


 

Rue Anne de Bretagne
Ancienne voie appartenant à "l’Association des mals-lotis de Robien". Délibération du 22 juillet 1932

 

Rue Jeanne d’Arc
Délibération du 22 juillet 1932


 

Rue du sergent Béziers de Lafosse
En 1947, c’est une voie privée avec le nom d’un briochin mort pour la France. La délibération pour en faire une rue viendra plus tard.


 

Rue Bir Hakeim
Ancienne « Rue nouvelle ». Délibération du 27 juin 1947.


 

Rue Louis Blanc
Ancien lotissement Cherdel. Délibération du 31 janvier 1936.


 

Rue Bretagne toujours
Dans le recensement du quartier de Robien en 1931, on trouve cette rue proche de la rue Anne de Bretagne. Elle disparait ensuite, peut-être pour la rue Denis Papin nommé ainsi en 1932.


 

Rue Aristide Briand
En remplacement de la rue Sainte Anne de Robien prolongée, après une délibération du 22 juillet 1932


 

Place Octave Brilleaud (ex Place de Robien)
Délibération du 5 février 1959
Maire de St Brieuc de 1931 à 1934, puis réélu en 1935, révoqué en tant que Franc-maçon par les autorités allemandes en décembre 1940. Mort à St Brieuc en 1956.

 

 

Rue Ferdinand Buisson
Délibération du 22 juillet 1932

Le plan ci-dessous, de 1938, indique des noms de rues qui n'ont plus cours comme "Ancien chemin d'Yffiniac", "Rue Louis Blaize", "Rue de l'Armistice"...
 


Boulevard Carnot
La voie qui longeait l’emprise de la gare et desservait la gare de marchandise portera longtemps le nom de « Boulevard extérieur ». Le nom de Carnot est affecté le 15 février 1889. En 1947, on évalue l’importance du boulevard Carnot par le fait qu’il est l’entrée de l’institut des sourds, de la gare de marchandise, des Forges et Laminoirs.


 

Rue des Caves
Un terrain chaotique était appelé « les caves de Robien ». Le conseil municipal du 22 juillet 1932 choisit de garder cette idée de cave pour nommer la rue ouverte entre la rue Anne de Bretagne et le boulevard Paul Doumer. Le nom de Louis Hélary fut choisi en 1935 pour remplacer celui de « rue des Caves » à Robien


 

Rue Chapelain de la Ville Guérin

La rue du lotissement de la Poudrière est devenue la Rue Chapelain de la Ville Guérin à l’issue d’une délibération du 5 février 1959.


Procureur-Syndic de la ville de St Brieuc de 1693 à 1697.


 
Esplanade Jacques Chirac
Au pied de la passerelle piétonne est créée une place, en octobre 2019, le Conseil municipal a voté la dénomination "Esplanade Jacques Chirac" sur proposition du député et conseiller municipal Bruno Joncour, le 30 septembre 2019, jour des obsèques de l'ancien président Jacques Chirac.  

 

 

Rue Condorcet
Ancienne voie privée du lotissement Weill. Délibération du 22 juillet 1932
De son vrai nom, Condorcet s'appelait Marie Jean Antoine Nicolas de Caritat, Comte de Condorcet. C'est un peu long pour mettre sur une plaque de rue !

 

 

Rue du Coucou
Ancien Chemin du Coucou, entre le boulevard Hoche et la rue du Pré Chesnay. Délibération du 5 février 1959


 

Rue Cuverville (Jules Cavelier de Cuverville)
Ancien chemin des Regats. Délibération du 26 décembre 1912.
De son vrai nom, Jules Armand Marie Cavelier, comte de Cuverville.


 

Rue Danton
Délibération du 31 janvier 1936 


 

Ouest-Eclair. 2 février 1936

Rue Camille Desmoulins
Ancien lotissement Cherdel, nommée le 31 janvier 1936. 

A noter que l’entrepôt de la maison Desmoulin, transport et garde-meuble se trouvait dans cette rue Desmoulins !


 

Boulevard Paul Doumer
Ancienne voie privée du lotissement Weill. Délibération du 22 juillet 1932 

 

1932. Juillet. Délibération du conseil municipal





Chemin des Eaux minérales
Délibération du 26 novembre 1839


 

Rue et impasse Jules Ferry
Appelée avant « Grande route de Quintin » et « route départementale numéro 3 du Légué à Lorient ». Voie longtemps limitée jusqu’au croisement avec la rue Le Monnier. La suite s’appelait le Tambour-Major. Progressivement, avec l’urbanisation, la rue va se prolonger jusqu’au pont des Villes-Moisan. 

Délibération le 30 septembre1904 pour le nom de rue Jules Ferry. L’impasse faisait 320 mètres.


 

Rue Abbé Garnier
Délibération du 27 février 1920

 

 

Rue André Gide

Prolongement de la rue Aristide Briand, de la rue Jules Ferry vers la rue Béziers de la Fosse
Délibération du 5 février 1959


 

Rue Jean Giraudoux
Rue créée pour accéder de la rue Jules Ferry à la rue Béziers de la Fosse.

Délibération du 5 février 1959

 

 

Rue Guébriant
Jusqu’en 1900 environ, la partie bâtie de Robien ne comprenait guère que le boulevard Carnot et la rue Jules Ferry. La rue de Guébriant était le chemin V. O. 19 (chemin vicinal 19). Elle est nommée par délibération municipale le 29 novembre 1898.
De son vrai nom, Guébriant s'appelait Jean Baptiste Bude, comte de Guébriant


 

Rue Louis Hélary
Dans une délibération du 22 juillet 1932, ancienne voie privée Louis Blaize, le conseil municipal nomma rue des Caves une nouvelle rue de Robien, à cause de ces petits accidents de terrain. Les habitants protestèrent, disant qu’ils n’habitaient pas des trous ; on changea en Rue Louis Hélary, le 29 mars 1935. 

 

1932, juillet. Délibération du conseil municipal

 

 


Boulevard Édouard Herriot (ex boulevard de la Vallée) 

Délibération du 5 février 1959

  



Boulevard Hoche 

Délibération du 30 septembre 1904 Prolongement jusqu’à la rue Luzel après 1947


 

Rue Jean Jaurès
Délibération du 22 juillet 1932


 

Rue Eugène Lemoine
Voie perpendiculaire à la rue Luzel, desservant 17 logement dans le cadre d'un ensemble de logements sociaux, dont l'accès se situe au niveau des numéros 43 et 45.
Délibération du 26 octobre 2010

 

Rue Paul Le Flem
Délibération du 28 juin 1985.
Compositeur de musique, mort à Tréguier en 1984.

 

Paul Le Flem





Rue Le Monnier

Délibération du 29 mars 1935. La rue dénommée rue Louis Blaize puis Louis Hélary en 1932 fut débaptisée et reçut le nom de Le Monnier. Le nom de Louis Hélary remplaça celui de « rue des Caves » à Robien.
Théophile Le Monnier, mort en 1927, il légua sa fortune en totalité à l'Hôpital-Hospice de Saint-Brieuc


 

Rue Luzel
Chemin Départemental 45, longtemps limitée dans sa portion entre le Pré-Tizon et le Pré-Chesnay. Délibération d’août 1914 pour le nom « Rue Luzel ».
François Marie Luzel, né à Plouaret (22), professeur, journaliste, archiviste du département du Finistère. Il a aussi recueilli de nombreux chants et poésies inédits en langue bretonne.


 

Rue Jean Macé
Délibération du 31 janvier 1936


 

Rue François Menez (ancien Chemin d'Yffiniac)
Cette rue permet de rejoindre le boulevard Hoche quand on est au début de la rue Jules Ferry. Délibération du 5 février 1959.
Romancier et poète, il fit ses études à l'Ecole Normale de St Brieuc jusqu'en 1905 puis devint professeur de lettres. Il assura des émissions sur la Bretagne à la création de Radio-Rennes.


 

Rue François Merlet (ou impasse?)
1988? A préciser avec les services municipaux.
Diplômé de l’École des Chartes, après Evreux, c'est à St Brieuc que François Merlet est nommé archiviste en chef du département des Côtes-du-Nord en 1925.

 





Rue Nouvelle
Construite vers 1940, devenue rue Bir Hakeim par délibération du 27 juin 1947


 

Rue de l’Ondine
Rue baptisée au départ par les particuliers vers 1940 puis par délibération du 5 février 1959.


 

Rue de la Paix
Délibération du 22 juillet 1932


 

Rue Denis Papin
Dans une délibération du 22 juillet 1932. Elle prend peut-être la suite de la rue "Bretagne toujours".


 

Rue du Pont Chapet
C’est une partie du chemin vicinal numéro 8. Cette rue va de la Croix-Perron à un pont sur le Gouédic appelé Pont Chapet. Délibération du 21 février 1930

 

Chemin de la Poudrière
L’ancienne poudrière s’y trouvait jusqu’après la Seconde guerre mondiale. Ce chemin deviendra la rue François Villon.

 

Rue du Pré Chesnay
Délibération du 29 mars 1935, le Pré Chesnay est l’ancien nom de cette partie du quartier.

 

Rue du Pré-Tizon
Le lieu-dit « Le Pré-Tizon » est connu depuis le XVIIe siècle. Cette voie de circulation se continuait en direction du centre par la rue Cordière. Après l'arrivée du chemin de fer, la rue est devenue l'impasse du Pré Tizon.

 

Rue Edouard Quinet
Ancien lotissement Cherdel, délibération du début du XXe siècle. 

 

Edouard Quinet



Rue de Quintin
C’était la route de st Brieuc à Quintin. Elle partait du centre, traversait le terrain pris ensuite par le chemin de fer et passait par le pont du Carpont. Sur les plans très anciens de St Brieuc on trouve le nom de rue de Quintin.

 

Voie de la Région Bretagne 

Le long de la voie ferrée, une route à sens unique est créée en 2019 pour permettre aux véhicules (voitures et bus) d'accéder du boulevard Carnot au parking situé à proximité de la passerelle piétonne.

 

Rue Robespierre (de la rue du Pré Chesnay à la rue Emile Zola)
Délibération du 5 février 1959


 

Rue de Robien
Sur les plans très anciens de St Brieuc on trouve le nom de Robien, d’abord comme « chemin de Robien » sur le plan de 1892 puis « rue de Robien » sur le plan de 1897.


 

Rue Pierre Semard
Délibération du 19 juin 1967.

Pierre Semard était un syndicaliste, secrétaire général de la Fédération des cheminots en 1921. Il fut fusillé par les nazis en 1942.

 

Pierre Semard





 

Rue du Tertre Marie-Dondaine
Délibération du 19 juin 1967


 

Rue Albert Thomas
Cette rue a été nommée ainsi le 22 juillet 1932 et s’appelait « rue de l’armistice » après la guerre de 14-18.

 

Avenue des Tilleuls
Baptisée par des particuliers vers 1940


 

Rue de Tréfois ou Tréfoy (en direction du village de Tréfoy en Ploufragan)
Ancien chemin V. O numéro 1 (chemin vicinal 1). Délibération du 29 juillet 1932


 

Rue de Trégueux
C’est un ancien chemin vicinal. Délibération du 21 février 1930


 

Boulevard de la Vallée
Ce boulevard deviendra le boulevard Edouard Herriot. Il commence au Pont Chapet et suit la vallée de Gouédic, jusqu’au rond-point Jaurès. C’est un boulevard fait de décombres amenés là de 1930 environ à 1945.

 

Boulevard Vauban
De la rue Luzel à la rue du Coucou. Délibération du 21 novembre 1954

 

Rue François Villon
Délibération du 9 avril 1963

 

Venelle d’Yffiniac
Avant le 20e siècle, on appelait venelle ou sente, ou chemin d’Yffiniac, une voie allant de la rue Luzel jusqu’à la Croix-Perron. La partie qui va de la rue Jules Ferry à la Croix-Perron devint le chemin V. O. 19 (chemin vicinal 19) puis la rue Guébriant. L’autre partie, de la rue Luzel à la rue Jules Ferry, est appelé communément chemin du Coucou, du nom d’anciennes bâtisses au milieu de la venelle mais le nom officiel est Venelle d’Yffiniac.

 

Rue Zamenhof
Nommée par décision du Conseil le 30 janvier 1998 

Louis-Lazare Zamenhof, le créateur de l'Espéranto




Rue Emile Zola
Ancien chemin dit des Pissots que la ville a élargi, délibération du 22 juillet 1932. C’est la rue de l’industrie des pétroles et des essences après la Seconde guerre mondiale.

 

 

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Sources

Les rues de Saint-Brieuc, leur histoire, leurs curiosités ». 1947, J. B. Illio.

Saint-Brieuc, au nom des rues, Michel Le Brazidec, 2004.

Journal du CAR numéro 46 de Mars 1999.

Bulletin municipal, été 1972.

Site des archives municipales de St Brieuc, étude de géographie urbaine, 1946, article en ligne.

Registres en ligne du Conseil Municipal. Archives municipales

 

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