samedi 1 avril 2023

Maisons de lotissements à Robien, quartier sud de Saint-Brieuc

 

 

Les maisons construites dans le cadre de lotissements

Page du registre du conseil municipal 1927 Lotissement Weill


A la veille de la guerre 14-18, on trouve 172 maisons regroupées autour des quelques rues qui existent alors dans le quartier de Robien, et 52 maisons éparpillées ici ou là.

En 1931, on dénombre 477 maisons ; c’est le double. Cette augmentation importante est le fait d’une forte urbanisation organisée dans le cadre du développement de lotissements.

Le mouvement auquel on assiste est que les sols agricoles ont changé de fonction pour des projets de lotissements, surtout entre 1927 et 1939. Après une interruption pendant la Seconde guerre mondiale, ce mouvement s’est achevé entre 1952 et 1958.

 

Construire à Robien 1er juillet 1928 Ouest-Eclair


 

Les lotissements sans cahier des charges strict

L’année 1927-1928 marque à Robien le commencement des lotissements. Toutefois, il faut plutôt entendre ce terme de « lotissement » comme la possibilité de construire mais sans véritable unité architecturale dans des secteurs qui viennent à peine de s’ouvrir à l’urbanisation du moment.

 
1927 Lotissement ACCART
C'est le premier lotissement et il consiste en 18 lots à la jonction du boulevard Hoche prolongé et de la future rue de l’Ondine qui n’est pas encore baptisée ainsi.

1927 Lotissement WEILL. 
Le premier lotissement est le lotissement Accart mais la réalisation du lotissement Weill marque véritablement l’urbanisation du cœur de Robien. Le projet est abordé le 27 février 1927 en conseil municipal et validé par M. Touzet,  le préfet le 21 mai 1927, dans un document de 40 pages.
M. Jules Weill, propriétaire, demeurant 4 rue de Stockholm à Paris, est l'initiateur du projet dit de la "Métairie de Robien".

Monsieur Jules Weill est né à Muttersholz dans le Bas-Rhin le 14 juillet 1871. Il est marié avec madame Marguerite Bribourg, née à  Saint-Mihiel dans la Meuse le 4 août 1874.
 
Le lotissement Weill est constitué par un immense quadrilatère de près de 10 hectares, bordé au midi par le ruisseau du Gouédic, à l’ouest par la rue Jean Jaurès, à l’Est par la rue Anne de Bretagne, et traversé en son milieu par la rue du Pont Chapet. 
 
La désignation des parcelles de la section D fait référence aux termes anciens du cadastre : "Le jardin et les quartiers de Robien", terrains proches de la rue Sainte-Anne ; "La chénaie, le petit Robien, le Grand Robien, l’avenue et la petite côte (labours, avenue et pâturages)" ; "Le champ, le manoir, les caves et les Avenables", donnant sur la rue Anne-de-Bretagne.
 
L’ensemble est morcelé en 188 lots, chaque rue fait 12 mètres de largeur sauf la rue qui borde le Gouédic qui fait 16 mètres. Des arbres seront conservés dans la partie basse du lotissement : "Quant aux arbres anciens, qui au moment de la vente se trouveront sur ces lots choisis et acquis précisément à cause de la beauté des dits arbres, ils pourront ...être maintenus tels qu'ils existeront mais pendant la durée seulement de leur existence".
 
D'autres interdictions sont plus curieuses concernant l'interdiction d'édifier dans ce lotissement des établissements, commerces ou industries qui pourraient nuire aux voisins par leur odeur, bruit, émanations. Sont concernés un éventuel hôpital, sanatorium, hospice, dispensaire, établissement de nuit, maison d'aliénés, maison de tolérance... 
Les émanations anti-hygiéniques sont prohibées comme celles venant de tas de fumier, détritus...
 
Lotissement Weill 18 juillet 1927 Revue Bretagne touristique. Archives départementales

 


1932 Lotissement EPIVENT 
C'est un ensemble de 11 lots entre l’étang de Robien et la rue Jules Ferry. Des plans sont dressés à cette occasion.
 

 
 
 


 
1932 Lotissement CARRE-TANGUY 
Ce sont 54 lots situés de part et d’autre de la rue du Pré-Chesnay qui sera dénommée ainsi en 1935. 
 
 



1933 Lotissement ROBERT 
Au nord-est de Robien, 67 lots à l’angle de la rue Abbé Garnier et de la rue de Trégueux, traversé par la rue Bir-Hakeim, qui ne sera dénommée qu’en 1947. 
 
 
 


 
1933 Lotissement LAURENT
Au sud-ouest du quartier de Robien, 28 lots en contrebas du Tertre Marie-Dondaine.
 
 
1934 Lotissement LUCAS
M. Raymond Lucas vend un terrain qui va permettre de compléter le projet du lotissement Carré-Tanguy de 1932.




Lotissement rue du Pré-Chesnay. 22 avril 1934 Ouest-Eclair

 
 
1935-1936 Lotissement LAURENT
Un ensemble de maisons dans ce qui deviendra l'avenue des Tilleuls.


Remarque : En 1936, il n'y a ni rue ni construction dans le secteur qui deviendra l'avenue des Tilleuls. C’est la société « A et H. Laurent frères », (Alphonse et Henri-Marc Laurent) établie au 14 de la rue Jules Ferry, qui a fait établir cette rue à l’occasion de la création du lotissement.
Les autorités chargent la société "Laurent et frères" de terminer la rue dans les deux ans suivant la vente des terrains aux particuliers et des projets de constructions.
 
 
1936 Lotissement du CLOS DE ROBIEN. Il vient compléter, au sud-ouest, le lotissement Weill. Il est composé de 67 lots en étoile autour du rond-point d'où rayonnent les rues Louis Blanc, Jean Macé, Danton, Jean Jaurès et le boulevard Herriot. 
Le plan ci-dessous, daté de 1936, donne une bonne idée du développement du quartier de Robien dans cette partie sud.
 
 
Plan 1936. Lotissement de la ferme du Clos. Archives 22. Dossier 5M89


1936 Lotissement DEMOULIN : 13 lots, rue Jules Ferry et Camille Desmoulins. C'est par le rue Desmoulins que l'on pourra ensuite accéder au square Barillot quand il sera ouvert en 1955.
 
Pendant la période de la guerre et après-guerre, il n'y a plus de lotissements à se construire. 

1955 Lotissement du PRE-CHESNAY : complément du lotissement Laurent par 46 lots sur plus d'un hectare, rue des Tilleuls, de l'Ondine et du Sergent Béziers Lafosse.

 

 

Les lotissements à forte identité

Le quartier de Robien possède plusieurs lotissements bien identifiables, construits en particulier dans les années 30. Il s’agit en particulier des sept lotissements suivants, caractérisés par une forte unité socio-professionnelle et une unité de construction. 
Chaque lotissement fait l'objet d'une page particulière qui lui est consacrée, voir les liens utiles en bas de page...
 
LES LOTISSEMENTS DE CHEMINOTS
L’ensemble construit en 1931 par l’architecte Jean Fauny boulevard Paul Doumer, rue Louis Hélary, rue Anne de Bretagne et rue Denis Papin.

Les maisons de cheminots de la rue Cuverville dont il ne reste plus qu’une seule construction car les autres ont été détruites.

 
LES LOTISSEMENTS DES FORGES et FONDERIES
Les maisons construites pour des ouvriers des Forges et Laminoirs dans le boulevard Doumer. Ce sont de petites maisons aux toitures en tuile, en bord de route et en retrait.
 
Le petit lotissement de 10 maisons ouvrières impasse Béziers de la Fosse.
 
Le lotissement de la rue Chapelain de la Ville Guérin était appelé "Le lotissement de la poudrière". Le chantier est achevé un peu avant les années 50, dans une rue spécialement créée pour loger des ouvriers de Sambre-et-Meuse.
Les maisons de la rue Chapelain de la Ville Guérin sont bien reconnaissables car elles sont toutes construites sur le même principe avec des plaques de ciment. Cette technique a permis de bâtir très rapidement les logements concernés.
Habiter dans ces maisons était considéré comme une très grande chance et les ouvriers étaient tirés au sort pour savoir qui pourrait y loger.
 
Les maisons des contremaîtres des Forges et Laminoirs, au 2, 4 et 6 boulevard Vauban et rue Luzel.

Celles du boulevard Vauban ont des petits airs de chalets avec leur toiture très pentue. Leurs couleurs vives présentent une originalité dans le tissu urbain. Celles de la rue Luzel sont en pierres de taille et possèdent un étage. De petites maisons ouvrières devaient exister également en complément des maisons de contremaîtres mais elles ont disparu.
 
Après guerre, Rue Luzel, il existait aussi des chalets en bois confortables avec jardin. L'usine se situait alors entre le boulevard Carnot et le boulevard Hoche.
On peut aussi noter que dans la rue Jules Ferry, au 83, 85 et 85, trois maisons ouvrières semblables se suivent mais cela ne constitue pas, vu le nombre, un lotissement.

De même, dans les rues François Merlet et Robespierre, proches de la fonderie, on trouve de petites maisons ouvrières trop peu nombreuses pour que l'on parle de lotissement mais qui sont très ressemblantes.


UN LOTISSEMENT COMMERCIAL
Les maisons mitoyennes de la galerie commerciale (Habitat à Bon Marché) construite en 1928. C’est là que vous trouvez aujourd’hui la Crêperie Bleu Marine et le salon de coiffure, rue Aristide Briand. 
 
 
UN LOTISSEMENT DE BARAQUES EN BOIS
Le Tertre Marie-Dondaine n’est pas un lotissement au sens classique du terme mais il en possède plusieurs caractéristiques : les habitations sont très rapprochées, situées sur un espace bien identifié, elles ont une unité de style reconnaissable (des baraques en bois, de la même taille, construites avec les mêmes matériaux), elles disposent d’un petit jardin potager.
Cet ensemble de baraques a été créé par le propriétaire de la scierie  pour ses employés sur le tertre Marie Dondaine. Les baraques étaient construites avec les matériaux de la scierie. Progressivement d'autres personnes sont venues y habiter.
On note dans les professions des chefs de famille du Tertre en 1936 : trois manœuvres, un mouleur aux forges et laminoirs, un chiffonnier, un cimentier, un rémouleur...
 
 
CONCLUSION
 
Plusieurs lotissements de Robien sont créés par les deux grands employeurs « historiques » du quartier des secteurs du chemin de fer et de la fonderie. Ils sont donc très marqués par une population ouvrière. Ils ont pour but de rapprocher les ouvriers et leur famille des principaux lieux de production et d’emploi du quartier à savoir la gare et les fonderies.
 
 

Le saviez-vous ?

 

En mars 1949, M. Armand Vallée, ancien adjoint au maire de Saint-Brieuc et père de l’abbé Vallée, reçoit le Légion d’Honneur au titre du Ministère du Travail.

M. Vallée créa en 1902, avec M. Francis Guyon, la Société Coopérative des Habitations à Bon Marché (H.B.M) à Saint-Brieuc.

Des prêts étaient octroyés aux demandeurs et cette société a ainsi permis à de nombreux ouvriers de devenir propriétaires de leur maison avec un jardin.

(D’après un article de Ouest-France du 12 mars 1949)


 


Racontez-nous votre maison dans un lotissement

Sur le site, plusieurs articles ont déjà présenté certains ensembles de maisons qui forment des lotissements originaux, mais racontez-nous aussi comment vous vivez dans ces lotissements :
Connaissez-vous les dates de construction, l’architecte ? Ce lotissement a-t-il été construit pour une population particulière (ouvriers d’une usine par exemple). Est-ce que la proximité des habitations dans ce lotissement est source de problèmes ou d’enrichissements ? S’est-il passé des événements importants dans votre maison ? Dans votre lotissement ? Comment cette maison a-t-elle évolué au fil du temps (extension) ? Quelles sont les contraintes lorsque l’on souhaite rénover ? Etes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?


Autres articles à propos des lotissements dans ce blog

 
Dans la rubrique "L'habitat ouvrier à Robien et les lotissements ouvriers" :

 

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Sources

Recensement 1936, archives départementales.
 
Anciens journaux du CAR (février 1992 pour le lotissement de la Poudrière) 
 
Avec les contributions de Claude Corack, Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Xavier Pageot, Claude Le Sayec, Mary Simon, Guillaume Agouf...
 
 

L'histoire de la rue Louis Hélary (ex rue des Caves) dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc

 

 

Cette histoire de la rue Hélary va nous amener à découvrir des aspects du patrimoine géologique, industriel et religieux du quartier de Robien et de St Brieuc.

 

 

Les origines de la rue Hélary

 

Dans ce secteur Est de Robien, n’existaient quasiment ni constructions ni route jusqu’au début du XXe siècle.
En 1931 débuta la construction d’un lotissement de logements économiques pour les cheminots du quartier de Robien. On appela communément ce lotissement « La Cité des Cheminots". Dans ce projet, une rue de 90 mètres de long, fut ouverte entre la rue Anne de Bretagne et le boulevard Paul Doumer, sur le tracé de l’ancienne voie privée Louis Blaize.
La première idée du Conseil municipal, votée le 22 juillet 1932, fut de choisir le nom de « rue des Caves ».
Les habitants manifestèrent leur désapprobation en faisant savoir qu’ils n’habitaient pas dans des caves !
 

En 1935, le Conseil municipal trouva en remplacement le nom d'un ancien maire de Saint-Brieuc, Louis Hélary (1832-1909).


Deux plaques de la rue Louis Hélary à St Brieuc. Photo RF

 

Les caves de Robien

 

Mais revenons à nos caves...

Et de quoi parle-t-on au juste dans le quartier à cette époque quand on évoque « des caves » ?
Rien à voir, en fait, avec le sens commun donné à la cave d’une maison.

Une explication est donnée par l’abbé Le Roux, au détour d’un article dans le bulletin paroissial de Sainte-Anne de Robien, « La Famille Catholique » du 8 février 1914.

L’abbé, passionné d’histoire, commence ainsi son article : 

« Qui n’a pas entendu parler des caves de Robien ? Elles n’avaient pas bonne réputation, nos Caves. L’histoire, ou la légende, racontait des faits capables de terroriser les honnêtes gens. A certains jours, et passé une certaine heure, par exemple au brun de la nuit, il n’eût pas fallu s’aventurer dans ces parages ; on y eût fait des rencontres très désagréables. Qu’y a-t-il de fondé dans ces racontars ? Je ne saurais le dire. Mais aujourd’hui, à mesure que les maisons se construisent, et surtout depuis que Sainte Anne a pris possession de ce domaine, et que le Saint Sacrifice y est offert tous les jours, le mal recule. Et si le vice a été autrefois le roi de ces lieux, il en est banni actuellement et il a dû chercher asile ailleurs ».

L’histoire commence donc dans une ambiance inquiétante, avec une petite pointe du curé de Robien rappelant que s’en remettre à Sainte-Anne est le meilleur moyen de résoudre bien des problèmes. L’origine de ces caves va être révélée dans les lignes qui suivent.

 

 

Les anciennes carrières de Robien

 

« Mais bien avant ces jours de triste réputation, plus ou moins méritée, les Caves eurent aussi leurs jours de gloire. Au XIIIe siècle, lorsque St Guillaume, évêque de St Brieuc, eut décidé de reconstruire la Cathédrale, vous eussiez vu, à l’endroit où se trouvent les Caves aujourd’hui, de nombreuses équipes d’ouvriers. C’était la corporation des carriers et celle des tailleurs de pierre, qui éventraient la petite colline et préparaient les matériaux pour bâtir la maison du Seigneur. 

 

Tous ces ouvriers travaillaient avec ardeur, en priant et en chantant. C’étaient les âges de foi. On besognait dur ; on vivait heureux sur terre, et on était sûr de gagner le paradis que des criminels insensés, parés de noms pompeux de philosophes ou de savants, n’avaient pas encore fermé à l’homme qui peine du matin au soir. Ce sont ces ouvriers qui ont légué au monde les admirables chefs d’œuvre du Moyen-âge. …

Vous n’aviez pas songé, en faisant une promenade d’agrément dans les Caves, que des milliers d’ouvriers ont travaillé là ? Ces caves sont pourtant d’anciennes carrières de granit, qui furent exploitées longtemps et d’où sortirent en particulier les pierres sculptées et taillées de la cathédrale de Saint Brieuc
».

Un carrier


Ainsi se termine le volet de cette histoire qui montre l’apport non négligeable du quartier de Robien, et des ouvriers des carrières, dans l’édification de cette belle cathédrale de St Brieuc.


 

Des caves aux questions d’environnement.

Ce que l’article de 1914 ne dit pas c’est que ces cavités ont été remblayées, dans les années 20, par le mâchefer qui est une sorte de résidu solide venant des industries sidérurgiques. Dans le cas présent, l’usine, c’était celle toute proche des Forges-et- Laminoirs. Les maisons de la fin du boulevard Doumer en descendant (lui même remblayé avec le mâchefer) étaient d’ailleurs habitées par des ouvriers de cette usine.

 

Vue aérienne, situation de la rue Louis Hélary. Photo Google

 

 

Le saviez-vous ?


Le nom de la rue Louis Hélary fut trouvé en remplacement en 1935 pour honorer ce natif de Guingamp (1832-1910), ingénieur des Arts et Métiers, agent-voyer en chef du département, c’est à dire responsable de la construction et de l’entretien des chemins qui reliaient les villages. Il fut ensuite maire de Saint-Brieuc de 1898 à 1904. 

 

Vue de la rue Louis Hélary. Photo RF



Le saviez-vous?

 

Le recensement de 1936 nous apprend que les premiers habitants n’étaient pas nombreux dans la rue Louis Hélary, il n’y avait que six familles :

François Le Charpentier, chauffeur, Marie son épouse et leurs deux fils
Jean Turmel, employé des chemins de fer, Thérèse son épouse et leurs trois fils.
Emile Marcaletti, Italien, mécanicien, Virginia son épouse et leur fille
Jean Monjarret, chef de bureau, Jeanne son épouse et leur fille
Marie Philippe et sa fille
François Cren, employé des chemins de fer, Marie son épouse, leur trois fils et leur fille.

 

 Le saviez-vous?

En 1906, lors de la disparition mystérieuse de Mlle François T., les recherches s’orientent vers les endroits où un corps pourrait rester dissimulé à l’abri de tous et on s’oriente alors dans la Vallée de Toupin, le Légué et les caves de Robien où des fouilles minutieuses sont effectuées.

C’est en fait dans la Vallée de Toupin que cette fille « prise d’un accès de folie subite »  fut retrouvée. Elle s’était enfuie de son domicile et avait vécu cachée dans la vallée pendant un mois, « couchant dans une anfractuosité de roche, vivant de racines et de mûres et se désaltérant dans le ruisseau ».  Trois jeunes pâtres la retrouvèrent les cheveux couverts de mousse et les vêtements maculés de terre. 


D'après Ouest-Eclair des 29 septembre 1906 et 9 octobre 1906

 

Une maison d'architecte

Rue Louis Hélary se trouve avec un bardage bois en pin Douglas qui recouvre toute sa façade côté rue. Elle a été bâtie en auto-construction par la famille Blanchard, un couple d'architectes qui y habite et qui avait déjà réalisé le projet de la famille de Bressy boulevard Hoche.

Cette maison a été édifiée en 2016 sur un terrain qui n'avait jamais été vendu car il était constitué de remblais comme on peut le voir mentionné sur le plan du lotissement Epivent daté de 1932. Les architectes ont contourné ce problème en construisant une dalle de béton qui repose sur des pieux métalliques de huit mètres de haut.

Dans les caractéristiques techniques de la maison on peut aussi mentionner l'utilisation de panneaux de bois compressés, une isolation en ouate de cellulose et des murs intérieurs en lames de bois, une toiture constituée d'un bac acier en raison d'une faible pente.

Maison rue Louis Hélary à Saint Brieuc. Photo RF

Maison rue L. Hélary à Saint Brieuc. Photo RF



Remblai rue Hélary. Lotissement Epivent 1932 Archives départementales.


 

Si vous avez des commentaires ou des renseignements sur cet article, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page

 

  

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Sources


Archives départementales. AP 647. 

Bulletin paroissial de la paroisse Ste Anne de Robien, « La famille catholique » du 8 février 1914

Les rues de Saint-Brieuc, leur histoire, leurs curiosités. 1947, J. B. Illio.

Site de généalogie, Généanet, Louis Marie Hélary, 1832-1910

Recensement de St Brieuc 1936, vue 274

La Cité des Cheminots", un lieu original à Robien, cliquer ici

Ouest-Eclair 29 septembre 1906 et 9 octobre 1906

Entretien avec Erwann Blanchard, architecte. 2022 

 

30 juillet 2003 Rue Louis Hélary. Article Ouest-France






 

vendredi 17 mars 2023

L'histoire de la Croix-Perron dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc

 

Un coin de campagne devenu un carrefour très fréquenté...


Les 5 rues qui aboutissent à la Croix-Perron. Photo RF

 

 

Les origines de la Croix-Perron

Aujourd'hui, la Croix-Perron à Robien est un carrefour très fréquenté. C’est une croix, située à proximité de l’actuel rond-point, qui a donné son nom à cet endroit de Robien.

La croix primitive a disparu, on ne sait pas à quoi elle ressemblait. En 1901, elle a été remplacée par un calvaire en granit des ateliers Balavoine. En 1911, le calvaire a été modifié et rehaussé par un support en granit où est inscrit "Mission 1911".


Le calvaire de la Croix-Perron. Photo RF



Annonce de la marbrerie Balavoine-Pincemin. La Croix des Côtes-du-Nord 1911

 

La proximité de l'église Sainte-Anne-de-Robien pouvait donner à ce calvaire des occasions d'être un lieu sacré pour les paroissiens. Ils ne manquaient pas de l’honorer, de le fleurir. Ce calvaire constituait le point d'arrivée ou de départ d'une procession comme on le voit sur une photo ancienne où la procession remonte de la Croix-Perron vers le boulevard Hoche.

La Croix-Perron est masquée en bas à gauche. Photo des années 20-30


Décoration du calvaire.


Jusqu’au début du XXe siècle, ce carrefour n’avait pas l’importance qu’il a de nos jours car dans ce secteur il n’existait que trois chemins qui y conduisaient. L’actuelle rue Abbé Garnier était le chemin de la Ville-Hesry, on trouvait aussi le chemin du Pont-Chapet et le chemin de Trégueux. 

 

La Croix-Perron, carte postale ancienne (1911).



Un plan de 1902 indique que la voie qui part du Pont des sourds vers la croix serait "La route de la croix Péran" (et non Péron ou Perron). C'est une simple erreur d'orthographe et ce plan en comporte d'autres (sur la gauche de l'image, on lit Guébrian sans t à la fin)

 

Plan 1902. Bibliothèque Nationale en ligne.

 
Il faut noter que pendant longtemps on écrira « Croix-Péron » avec un accent, ne vous étonnez pas si cette orthographe perdure.

 

La Croix-Perron devient un carrefour majeur

 

Longtemps considéré comme un petit coin tranquille, les choses changent quand la rue Guébriant (un ancien chemin) est percée en 1898 et où le boulevard Hoche est créé en 1900. Il s’agit à partir de ce moment de cinq rues qui aboutissent à la Croix-Perron.
Dans ce secteur, les chemins deviennent progressivement des rues, on passe d'une ambiance campagnarde à une ambiance urbaine. Les premières automobiles font leur apparition.
La rue Abbé Garnier est nommée en 1920, la rue de Trégueux en 1930.

 

Vue aérienne, image Google

Dans les années 30, à la Croix-Perron, il n'est pas facile de se déplacer dans cette rue mal entretenue, à entendre les plaintes des riverains relayées par la presse. 

La Croix-Perron 14 janvier 1938 Ouest-Eclair


Dans les années 70

Au début des années 70, la circulation n'est pas encre trop dense au niveau de la Croix-Perron. La zone de Brézillet n'est pas développée.

 
En 1972. Le Griffon numéro 26


Un rond-point remplace les feux

Depuis les années 2000, l'intersection, reliant le centre-ville à Brézillet, est régulièrement encombrée. C'est une rue très passante menant à La Croix-Saint-Lambert, à l'hôpital Yves-Le-Foll, à Brézillet, Loudéac et Moncontour...
Le trafic dans les rues de Trégueux et Abbé-Garnier atteint jusqu'à 7 500 voitures par jour. Le trafic, ne cessant d’augmenter, la municipalité conçoit des travaux d’aménagement.

Le Comité de Quartier s’est toujours préoccupé de ce secteur de Robien car les riverains ne sont pas sans faire remonter de nombreuses doléances. Par exemple les habitants de la rue Bir-Hakeim ont fait signer une pétition (plus de 250 signatures) demandant que des plots soient installés pour empêcher les automobilistes venant du centre ville d’emprunter cette rue comme un raccourci. Ils seront entendus par la mairie.
A l’automne 2009, le dossier est présenté au Comité de Quartier (tardivement puisque les travaux sont déjà en cours !). Ce projet de rond-point prévoit notamment un îlot central pour une meilleure insertion des bus dans le giratoire, des traversées piétonnes sécurisées. La zone de stationnement située près des feux fait l’objet d’une transformation en espace vert. Les trottoirs sont élargis et des pistes cyclables sont prévues sur les embranchements du rond-point, mais elles ne donnent pas entière satisfaction au comité de quartier.
Le rond-point de la Croix-Perron, qui remplace les nombreux feux, est mis en service en décembre 2009.

 

La Croix-Perron. Photo RF 2020

En mai 2015, la nouvelle plaque du rond-point de la Croix-Perron est dévoilée.

La nouvelle plaque dévoilée par le maire Bruno Joncour et au premier plan Didier Le Buhan et Louise-Anne Gautier. Ouest-France 8 mai 2015


La population de la Croix-Perron

Dans les recensements de la population, on apprend qu’en 1901, on a 90 habitants dans un habitat dispersé. On trouve beaucoup d’employés du chemin de fer, deux débitants de boissons Théophile de Gestin et Jean-Louis Philippe, un maréchal-ferrant François Perrot et un charretier Jean-Louis Chicoine.

En 1906, on recense 17 maisons et 130 habitants. Au numéro 8, on a l’épicerie de Marie et Catherine Cocheri, au numéro 24 le débit de boissons de Marie Morvan, née Glon et aussi celui de Jeanne-Marie Bresset.

 

Le saviez-vous?

L'écrivain Louis Guilloux raconte qu'il venait voir le philosophe Georges Palente dans sa petite maison, en descendant la rue de Trégueux sur le côté gauche, toute proche de la Croix-Perron.

 

La boucherie Rault, une institution

La boucherie Rault est une véritable institution de la Croix-Perron. M.Rault travaille d’abord, dans les années 20, dans une boucherie à la Croix-Mathias, au niveau du pont de chemin de fer. Puis, les Rault vont tenir le bistrot de la Croix-Perron au 2 rue de Trégueux (où se trouve actuellement « L’ours Herbivore »), tout en exerçant aussi la boucherie. 

 

M. Rault, tout à droite, devant la boucherie Le Coq, de la Croix Mathias où il travaillait avant de venir à la Croix-Perron. Photo André Bougeard.

Pendant ce temps, entre 1938 et 1940, M et Mme Rault font construire leur maison sur le trottoir d’en face. Une fois achevée, le rez-de-chaussée de cette maison permet au couple Rault d’avoir pignon sur rue, dans un secteur en pleine expansion. Cette maison est très intéressante à observer car elle présente des éléments d'architecture originaux (forme des ouvertures, ferronneries décoratives...)

Le fils, Marcel, reprend l’affaire de son père jusqu’au début de l’année 1991 où il cesse son activité.

Fondations de la Boucherie Rault. La Croix-Perron. Photo ancienne André Bougeard.


Construction de la Boucherie Rault. La Croix-Perron. Photo ancienne André Bougeard.


 Boucherie Rault. Photo RF 2020




Les bars de la Croix-Perron

Dans le recensement de la population en 1901, on apprend le nom de deux propriétaires de débits de boissons à la Croix-Perron : Théophile de Gestin et Jean-Louis Philippe.

En 1906, il s'agit de Marie Morvan, née Glon, débitante au numéro 24 et de Jeanne Marie Bresset, débitante. Ce sont, sans doute, les anciens propriétaires d'un de ces établissements mais on ne peut les situer avec certitude. Cela confirme tout de même ce que les anciens du quartier racontent quand ils disent que l’établissement au 2 rue de Trégueux « a toujours existé ». Toujours, peut-être pas, mais depuis plus de 100 ans, oui !
Avant les années 1940, à la Croix Perron, au numéro 2 de la rue de Trégueux, il y avait un bar. Cet établissement a été tenu par M et Mme Rault en attendant que leur boucherie-charcuterie finisse d'être construite juste en face, en 1940. 

Plus tard, c'était "Le Café du Champ de Foire", puis dans les années 70 et 80, ce bar s'est appelé "Chez Line", la patronne s'appelait Line Dabat, son mari s'appelait Fernand. 

Dans les années 2020, le bar est remplacé par le restaurant "L'Ours herbivore". 

Notons que le bar de la Croix Perron était le siège de l'Amicale des Médaillés Militaires de Saint-Brieuc en 1995.

Dans les années 1930, au carrefour de la Croix Perron à l'emplacement de l'espace vert, à côté de l'ex-salle de bains-douches, se trouvait "Le Café Morvan".
Plus tard, dans les années 1960, c'était une dame seule, Mme Baudet, qui tenait ce bistrot. Monsieur Morvan, le propriétaire était conducteur des travaux à la ville de St Brieuc. Il a vendu le terrain et la maison à la Ville pour procéder à la modification de tout ce secteur qui a beaucoup changé. Il ne reste donc pas de traces de ce bar qui a été démoli en 1972.

 

Le café Morvan de la Croix-Perron


 


Le saviez-vous ?

La Croix-Perron renfermait un secret découvert en 1995. En fait, le curé de la paroisse avait déjà évoqué dans le bulletin paroissial de l'époque, son souhait de mettre ce parchemin, avec les noms des donateurs, sous la croix.

Le mystère de la Croix-Perron 16 septembre 1995. Le Télégramme

Anecdote

Dans le quartier de Robien, du côté de la Croix-Perron, les premiers à avoir eu une voiture étaient le photographe Hamonet, le père Rault de la boucherie et D’Hooghe, un entrepreneur d’origine belge.

 

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Sources

Archives départementales en ligne. Recensement de la population 1901, 1906.
 

Les rues de St Brieuc. J.B Illio 1947.
 

Gallica, plans de la Bibliothèque Nationale en ligne (1902).
 

Merci à André Bougeard pour toutes ses informations et photos sur la boucherie Rault et sur ce secteur autrefois et merci à Dominique Rault pour les précisions apportées sur l'histoire de sa famille.
 

Ouest-France 11 novembre 2009. 

Le Télégramme 16 septembre 1995.
 

Journaux du CAR juin 1991, novembre 2009
 

Journal La Croix des Côtes-du-Nord, année1911 

 

 

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