vendredi 8 août 2025

Les bistrots de Robien, rue de Trégueux et chemin des Eaux Minérales

Rue de Trégueux : Chez Rault puis Chez Line, chez Ruellan, L'Horizon et Chez Monique, Sixties

Dans le recensement de la population en 1901, on apprend le nom de deux propriétaires de débits de boissons à la Croix-Perron : Théophile de Gestin et Jean-Louis Philippe. En 1906, il s'agit de Marie Morvan, née Glon, débitante au numéro 24 et de Jeanne Marie Bresset, débitante. Ce sont peut-être les anciens propriétaires d'un de ces établissements mais le secteur a tant changé qu'il est difficile de les situer.

CHEZ RAULT, CHEZ MAHÉ, LE CAFÉ DU CHAMP DE FOIRE, CHEZ LINE, BAR DE LA CROIX-PERRON  

Avant les années 1940, à la Croix-Perron, au numéro 2 de la rue de Trégueux, il y avait un bar. Cet établissement a été tenu par M et Mme Rault en attendant que leur boucherie-charcuterie finisse d'être construite juste en face, en 1940.
Dans les années 50 et jusqu'au début des années 70, le bar était tenu par M et Mme Mahé. C'était le rendez-vous des boulistes.

Le bar s'est appelé "Café du Champ de foire", comme on le voit sur la photo ci-dessous, à l'occasion de travaux en 2020 qui ont fait apparaitre une partie de ce qui était écrit.

Ancien Café du Champ de foire, rue de Trégueux. Photo RF 2020

A la fin des années 50, début des années 60, M et Mme Mahé étaient les seuls dans ce secteur a posséder le téléphone, les gens du quartier y allaient aussi pour ça. La belote était une distraction courante dans ce bistrot où étaient aussi organisés des concours (voir plus bas l'article de Ouest-France de 1956). Dans la cour Mme Danno, la nièce de Mme Mahé avait son salon de coiffure.

Plus tard, dans les années 70 et 80, ce bar s'est appelé "Chez Line", la patronne s'appelait Line Dabat, son mari s'appelait Fernand. 

Le bar de la Croix Perron était le siège de l'Amicale des Médaillés Militaires de Saint-Brieuc en 1995.

Bar de la Croix-Perron En 2009

En 2008. Image Google Street

Après "Chez Line", le pas de porte a été repris mais uniquement dans une activité de restauration, dans un premier temps par L'Anis étoilé.

L'anis étoilé en 2011. Image Google street

Le restaurant "L'Ours herbivore" a pris la suite.


                   Paroles d'habitants

Jean-Claude Le Chevère nous livre ce témoignage : 

"En tant que cyclotouriste à l’ACB (le club briochin a compté plus de 300 licenciés dans les années 80, c’était alors le premier club de France) j’ai fréquenté deux établissements robiennais, le Tout Va Bien et la Croix-Perron. Le plus souvent nous nous arrêtions à la Croix-Perron, longtemps tenu par Line, une maîtresse femme qui n’hésitait pas à remettre en place un client dont la tenue laissait à désirer. Elle personnifiait l’endroit. On disait d’ailleurs : « on va boire un pot chez Line.» Le dimanche midi le café était toujours plein et pour nous, cyclos, il offrait l’avantage d’avoir une cour où nous pouvions ranger nos vélos en sécurité".

CHEZ RUELLAN, LE CHASSE SPLEEN, L'ARMORIQUE 

Bar au numéro 19

En 1996 existait le bar-restaurant L'Armorique, au début de la rue de Trégueux, certainement au numéro 19. Avant de fermer, cet établissement s'est appelé "Le Chasse spleen" (à vérifier).


Bar du numéro 26 

Au numéro 26 se trouvait le bar de Julie Thomas, inscrite comme "débitante" dans le recensement de 1936

Bar du numéro 28 

Au numéro 28 se trouvait le bar d'Ernestine Ruellan, inscrite comme "débitante" dans le recensement de 1936. Son mari, Henri, travaillait chez Le Bigot comme manœuvre. M. et Mme Ruellan tenaient un stand tous les ans à la Foire St Michel en septembre et ils vendaient des galettes-saucisses. Le Chasse Spleen a été installé au 28 rue de Trégueux avec un bar qui faisait aussi restaurant. L'établissement a même proposé du pain dans les années 2010.

Le Chasse Spleen en 2008. Image Google.

Le Chasse Spleen en 2011. Image Google.

Le rez-de-chaussée de l'actuelle maison du 28 rue de Trégueux a beaucoup changé avec ses deux grandes portes de garages.
 

L'ex-bistrot "chez Ruellan", 28 rue de Trégueux. Photo Google Map

 L'HORIZON

 Depuis juillet 2013, on trouve aussi le bar-restaurant de l'Horizon au 43 rue de Trégueux.

L'Horizon en 2013. Image Google

Les propriétaires, Rodolphe Thollon, Joël Thouron et Marc Fernandez, tenaient auparavant le Chasse Spleen.

Rodolphe Thollon, Joël Thouron et Marc Fernandez,10 août 2013. Photo Ouest-France


Bar du numéro 48 

Au numéro 48 se trouvait le bar de Jean Jégou, inscrit comme "débitante" dans le recensement de 193

CHEZ MONIQUE (hors de Robien) 

 « Chez Monique », est un café ouvert par Monique Guégan-Oréal et Christian Guégan en 1976 au 114 rue de Trégueux (donc un peu en dehors du secteur de Robien). La terrasse et les pistes de boules bretonnes créent une autre ambiance aux beaux jours.La cessation d'activité est intervenue le 4 août 2015.

 

En 2016 Image Google street



LES SIXTIES (hors de Robien)

Au 121 rue de Trégueux, le bar Les Sixties, tenu par Gérard Bohec qui a cessé d'exercer le 8 novembre 1995. Le bar-restaurant s'est ensuite appelé "L'Intense" avant de fermer définitivement en novembre 2012 et d'être transformé en habitation aujourd'hui.


Chemin des Eaux Minérales

En 1916, Mme Boleillon  était inscrite comme débitante au Moulin au Chaix. Le 23 mars 1916, Mme Boleillon adresse une réclamation au Préfet en lui indiquant que la dernière crue a causé des dégradations aux berges et au chemin latéral longeant la rive gauche de la rivière. Elle ajoute qu'aux abords d'un petit pont en pierre établi sur le Gouédic et donnant accès à son auberge se trouvant sur la rive droite, la crue a enlevé une partie du chemin avoisinant le dit pont, et que, de ce fait, il est très dangereux d'y faire passer une charrette chargée.


Si vous avez des commentaires ou des documents sur l'histoire des bistrots de Robien, vous pouvez utiliser le formulaire de contact en haut à droite de la page, en laissant votre adresse mail pour une réponse. Merci d'avance.

 

La tournée des bistrots de Robien continue ici...

Bistrots rue Jules Ferry 

Bistrots rue abbé Garnier

Bistrots boulevard Carnot

Bistrots boulevard Hoche

Le bistrot rue de Robien

Bistrots rue Luzel

 

Retour à la maison (le sommaire) ICI

Sources

Archives municipales, dossier de presse des années 1996 et 1998 avec des articles de Ouest-France. 

Archives départementales en ligne. Recensement de la population 1901, 1906, 1911, 1936. 

 
Archives départementales, dossier 84D 61 (établissement dans le chemin des eaux minérales)

Site internet, greffe du tribunal de commerce.

 
1956 25 février. Ouest-France. Concours de belote au Café Mahé

vendredi 1 août 2025

Armor-Signalétique, entreprise, 32 rue Emile Zola à Saint-Brieuc (1994-1997)

La société Armor-Signalétique est née à la fin des années 80, appelée aussi un peu plus tard Société Nouvelle Armor Signalétique, et crée le 16 juin 1994 par Jean-Louis Raymond. Ce dernier était également dirigeant d'Armor-Peinture de 1981 à 1994 et avait lancé, dans la foulée, Armor-Développement (280 salariés dans le grand Ouest). La spécialité de l'entreprise était la peinture en lettres. 

Un patron audacieux

Le jeune et bouillonnant patron, alors âgé de 50 ans, avait des projets à revendre ! C'était l'époque Tapie... Il innove et, en 1989, il est récompensé par un prix professionnel décerné par l'Association pour le Progrès de la Peinture. Il envisage alors de créer un Musée des métiers de la peinture, et pourquoi pas à Saint-Brieuc qui possède une grande tradition dans le domaine ?

Jean-Louis Raymond avait une formation d'ingénieur en BTP et "s'était frotté au conseil en entreprises, entant que permanent de la Fédération Nationale du Bâtiment" (Ouest-France 27 décembre 1991). Sur le secteur de Saint-Brieuc, il était, au début des années 90, l'animateur de l'Agence de Développement Économique (ADE).

Jean-Louis Raymond PDG d'Armor-Signalétique (3 février 1993 Ouest-France)

La société était domiciliée au 32 rue Émile Zola à Saint-Brieuc mais les locaux étaient situés entre le boulevard Vauban et la rue Luzel. 

Image Google Street

Emplacement d'Armor-Signalétique. Le bâtiment a été rasé depuis...

Les difficultés

Comme l'écrit Ouest-France dans son édition du 4 février 1993, frappées par la crise économique, les filiales d'Armor-Management déposent le bilan et à Saint-Brieuc, ça ne va pas mieux : "Les juges du Tribunal de Saint-Brieuc ont choisi la procédure du redressement pour la société Armor-Peinture et sa "petite soeur" Armor-Signalétique. secouées par la crise du bâtiment les deux entreprises traversent une période difficile".

Armor-Peinture 4 février 1993 Ouest-France
Le patron reste malgré tout confiant en 1993 et n'envisage pas de licenciements, il affirme être "dans la meilleure position possible pour assurer la pérennité de l'entreprise". Finalement, quelques années plus tard, la société déposera le bilan le 27 janvier 1997 et la liquidation sera effective le 8 juin 1998.

16 juin 1998 Ouest-France

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11 août 1989, annonce dans Ouest-France
Sources 

Annuaire des entreprises, ici 

Pappers Entreprises, 7 sociétés détenues par J.L Raymond, ici

Renseignements fournis par le fils de Jean-Louis Raymond (juin 2025)

Lien

L'histoire d'Armor-Peinture dans ce blog, cliquer ici


mardi 10 juin 2025

Marie Bouguereau-Botrel (1873-1937). Légion d'Honneur 1931

Marie Bouguereau. 1925 

Mme Bouguereau-Botrel est une personne du quartier de Robien dont la vie mérite d’être mise en valeur. Avec son mari, M. Gaston Bouguereau, né en 1869 au Mans, agent d’assurance et conseiller municipal, elle habitait la maison du 49 de la rue Luzel.

Acte de naissance Marie Botrel. Archives de la Sarthe


Une carrière exemplaire

Marie-Ange-Françoise Botrel est née le 4 août 1873 au Mans. Elle se marie avec Gaston Bouguereau le 10 septembre 1895 au Mans d’où ils sont originaires tous les deux. 

En 1907, on trouve une première trace dans les archives de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc de la présence de Mme Bouguereau-Botrel lorsqu'elle devient infirmière diplômée. "Déjà vingt infirmières ont obtenu leur diplôme, certifié par le comité central". 

Registre contenant les archives de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc

 
Première page du registre ouvert le 23 février 1887. Archives départementales


Mention de Mme Bouguereau

En 1908, Mme Bouguereau est citée dans le bulletin de la société de secours aux blessés militaires : Le dimanche 2 août 1908 est organisé une grande fête sportive à Saint-Brieuc et sous une tente, décorée du drapeau de la Croix-Rouge, se tiennent prêtes de nombreuses personnes du service médical dont  Mme Bouguereau-Botrel.

Lors de l'assemblée générale du comité de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc, elle intègre "les 24 membres devant composer le Conseil des Dames". (Registre des archives de la Croix-Rouge, page 44)

 

Pendant toute la guerre 14-18 

Archives de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc. Archives 22

Madame Bouguereau va rendre de grands services à Saint-Brieuc pendant la Première guerre mondiale. Elle sera particulièrement active au sein de l'Hôpital complémentaire numéro 7 et va se dévouer sans compter, malgré une santé fragile, à toutes les œuvres de guerre. Son action peut être mesurée à la lecture des archives de la section de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc pendant toute cette période.

Le 24 mars 1920, un bilan est dressé (page 209) : "Au moment de la mobilisation, le comité de Saint-Brieuc avait pour mission le fonctionnement de deux hôpitaux auxiliaires, l’un inscrit en première série, l’autre en deuxième, ainsi que d’une infirmerie de la gare.
L’infirmerie de la gare installée dans les bâtiments de la gare était prête à fonctionner dès le quatrième jour de la mobilisation
. (page 212). Le personnel est composé de M. Le Docteur du Bois Saint-Seurin, vice-président du comité, médecin chef ; de M le commandant le Vallois, administrateur ; de Mme Bouguereau, vice-présidente, surveillante générale qui avait sous sa direction cinq infirmières diplômées  auxquelles venaient se joindre pour les ravitaillements des infirmières de l’hôpital annexe 3…

Archives de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc. Archives 22

Le premier train de blessés est arrivé en gare de Saint-Brieuc le 25 août 1914 à 4h26 du matin (600 hommes venant de Maubeuge). Pendant les cinq années qu’ont duré les hostilités, le nombre de blessés évacués sur Saint-Brieuc a été de 20 000 français, 762 Belges et 786 Allemands.
…Médecins, administrateur, surveillante générale, infirmières et brancardières se sont dépensés sans compter de jour comme de nuit pour ravitailler les blessés, les recevoir, les transporter dans les voitures d’ambulances qui les conduisaient dans les hôpitaux de la ville
". 

Madame Bouguereau se sera occupée des grandes choses comme des petites. Ainsi lorsque le café doit être servi aux permissionnaires du front qui arrivent en gare, les dames infirmières en sont chargées. Le Président de la Croix-Rouge et Mme Bouguereau vont visiter les commerçants et hôteliers et ils obtiennent la garantie d’avoir chaque mois 27 kilos de café (page 195).

Elle sait aussi reconnaitre les mérites des personnes qui travaillent dans son domaine. Ainsi tient-elle à ce que Mlle Bulhière, dévouée responsable du dispensaire, soit félicitée pour son action. (page 207)


 

Après la guerre

La paix revenue, Madame Bouguereau prend la direction du Foyer du Soldat dès sa création. Puis elle est successivement vice-présidente de la Société de secours aux Blessés militaires (Croix-Rouge), animatrice de l’école d’infirmières.

On lui confie plus tard la direction de l’école d’infirmières à l’Hospice de Saint-Brieuc pour la préparation au diplôme d’état et elle devient administratrice du Bureau de Bienfaisance.

Le registre des archives de la Croix-Rouge détaille ces différentes missions :

Page 214 : « À l’heure actuelle, bien que la guerre soit terminée depuis dix-huit mois, une de nos infirmières les plus distinguées, Madame Bouguereau, Vice-présidente de notre comité, continue chaque jour de donner aux blessés, du centre de Réforme de Saint-Brieuc, les soins les plus dévoués et les plus éclairés. »

Le Président du comité explique qu’à la fin de la guerre c’est la lutte contre la tuberculose qui devient une priorité pour la Croix-Rouge au sein de « l’œuvre antituberculeuse ».
Existant depuis 1904, un dispensaire situé rue Renan prolongée demande à être intégré officiellement pour cette lutte en juin 1919.

Au sein du comité de la Croix-Rouge, elle a toujours bénéficié d'une grande confiance, pour preuve lors de l'assemblée générale du 21 septembre 1915, c'est elle qui avait obtenu le plus de voix à l'élection du comité des dames et elle avait été élue pour 5 ans. (page 153, registre de la Croix-Rouge) 

En mars 1920, au moment du renouvellement des membres, Mme Bouguereau est réélue dans ses fonctions de vice-présidente de la Croix-Rouge jusqu’en 1925. Elle est aussi membre de cinq commissions : dispensaire, propagande, matériel et lingerie, fêtes et Foyer du soldat.(Page 220)

Commissions Croix-Rouge 1920. Archives 22

Après l’élection des responsables, le comité se réunit le 19 juin 1925 sous la présidence de M. Perrio pour le comité des Hommes et de Madame de Verchère pour le comité des Dames. Madame Bouguereau reste à la vice-présidence qu’elle partage avec deux autres dames, mais elle se recentre sur une seule commission, celle du dispensaire.

Élection Croix-Rouge 1925. Archives 22


Le 13 août 1928, un long communiqué détaille la procédure pour que des jeunes filles entreprennent de devenir infirmière et le sens de cette mission. Les futures candidates doivent s'adresser à Mme Bouguereau en tant que
vice-présidente de la Société de secours aux Blessés militaires (Croix-Rouge) et Présidente de l’école d’infirmières.


13 août 1928 Ouest-Eclair

Le 15 mars 1929 Madame Bouguereau est réélue à son poste de vice-présidente. Elle s’occupe toujours du dispensaire et en plus du Foyer du soldat.(Page 247)

Élection Croix-Rouge 1929. Archives 22

Un très bel hommage lui est rendu dans un discours du Président de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc en 1930 : « Nous avons de brillantes recrues : Mme Bouguereau s’est révélée tout de suite de haute valeur et ses devoirs de composition ont fait l’étonnement du jury. Dans ce temps d’avant-guerre, elle s’est formée pour les grands services qu’elle rendrait à la Croix-Rouge dans les années qui devaient donner aux infirmières bien formées une si tragique raison d’être". ( pages 255 et 256)
 

Les distinctions

Mme Bouguereau-Botrel va recevoir différentes distinctions au cours de sa carrière. Notons en particulier :

Médaille de Bronze de la Reconnaissance française, en octobre 1919 (La Dépêche de Brest du 6 octobre 1919 et Ouest-Eclair du 2 octobre 1919)

2 octobre 1919 Ouest-Eclair

Médaille d'honneur des épidémies (médaille d'argent), par décision ministérielle du 30 septembre 1919. Publication le 1er janvier 1920 dans le Bulletin de la société française de secours aux blessés militaires. 

1er janvier 1920

Brevet de Capacité professionnel d'infirmière, publication dans le
bulletin de la société française de secours aux blessés militaires du 1er janvier 1925.

Pour ses "28 années de collaboration dévouée aux œuvres d’assistance et d’hygiène publique", elle est nommée au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1931. La publication en est faite au Journal Officiel du 17 mai 1931. Mais le Maire de Saint-Brieuc va lui rendre hommage public exceptionnel, d'autant plus qu'un ministre est présent. Cela va se produire le jour de l'inauguration de la nouvelle Chambre de Commerce et de la Gare d'Etat de Saint-Brieuc le 17 mai 1931. M de Chappedelaine, ministre de la Marine Marchande fait partie des invités. Après l'inauguration de la Gare, Ouest-Eclair dans son édition du 18 mai 1931, évoque ainsi la remise de médaille à Mme Bouguereau par M. Henri Servain (1857-août 1931): "Une touchante cérémonie a lieu ensuite. Mme Bouguereau, la femme de bien, l'infirmière si dévouée, va recevoir la distinction qu'elle a mérité par le dévouement dont elle a toujours fait preuve. Dans une courte allocution, M. Servain rappelle les qualités de coeur de celle qui, pendant les hostilités, fut l'âme de l'infirmerie de la gare et qui se dépensa toujours pour le Foyer du Soldat et pour toutes les oeuvres auxquelles elle collaborait. Puis M. le Sénateur-Maire accroche sur le corsage de Mme Bouguereau la croix de chevalier de la Légion d'Honneur. La foule applaudit chaleureusement."

Mme Bouguereau-Botrel. Légion d'honneur 1931.

 Inauguration de la gare 18 mai 1931 Ouest-Eclair

 

La place de Mme Bouguereau dans les manifestations publiques.

Dès 1924, on peut noter la présence de Mme Bouguereau dans différentes manifestations officielles se tenant à Saint-Brieuc : A l'assemblée générale des cheminots mutualistes "Remarqué aux places d'honneur : M et Mme Bouguereau" (23 mai 1924 Ouest-Eclair)... "Sur l'estrade aux places d'honneur avaient pris part : M et Mme Bouguereau".

23 mai 1924 Ouest-Eclair

6 août 1924 Ouest-Eclair


La disparition de Mme Bouguereau-Botrel. 1937
Mme Bouguereau-Botrel décède en juin 1937 à l’âge de 63 ans.

Mme Bouguereau-Botrel 10 juin 1937 Ouest-Eclair

Recensement rue Luzel à Saint-Brieuc, famille Bouguereau-Botrel.

L'avis de décès et un article nécrologique paraissent le même jour dans Ouest-Eclair.

10 juin 1937 Ouest-Eclair

Son décès provoque beaucoup d’émotion et Ouest-Eclair publie le 10 juin un portrait posthume, retraçant la carrière de Mme Bouguereau-Botrel, et exprimant le sentiment commun de reconnaissance : "La défunte était la providence des déshérités, particulièrement dans le quartier de Robien. Le milieu des employés de chemin de fer éprouva, lui aussi, ses qualités inlassables de dévouement. Bref, c’est une femme de grand cœur qui disparaît emportant avec elle les regrets unanimes." 

C’est l’abbé Lhotellier, recteur de Robien qui procède à la levée du corps le 11 juin à l’église Sainte-Anne-de-Robien.

Dans le cortège qui mène au cimetière, derrière le char recouvert de gerbes et de fleurs, on note la présence de très nombreuses personnalités du monde religieux,  civil et militaire : des enfants du Bureau de Bienfaisance, une délégation de soldats du 71e, le Maire M. Brilleaud et ses adjoints, les médecins de l’hospice, les directeurs d’établissements scolaires, des délégations de la gendarmerie, de la police, des pompiers…
Au cimetière, M. Fromentin, président de la Fédération des retraités de chemin de fer prend la parole car Mme Bouguereau était leur bienfaitrice, Mme Étienne s’exprime aussi au nom de l’Association pour le Suffrage des Femmes de France, ce qui laisse à penser que Mme Bougereau-Botrel devait militer pour que les femmes puissent avoir accès au vote, au moins était-elle de ce courant de pensée.


Gaston Bouguereau

Gaston Bouguereau 56 ans, en 1925
Gaston Bouguereau aura occupé la place de conseiller municipal à Saint-Brieuc. Il est souvent cité dans la presse en tant que rapporteur de la commission des finances.

17 novembre 1929 Ouest-Eclair

Il décède en octobre 1938 à l’âge de 68 ans, peu de temps après son épouse. Les obsèques ont lieu le 12 octobre 1938 à l’église de Robien.

12 octobre 1938 Ouest-Eclair

Le saviez-vous ?

Une biographie de 52 pages de Mme Bouguereau-Botrel a été éditée à l'imprimerie Moderne de Saint-Brieuc, en 1938.


Si vous avez des remarques à partager ou des renseignements à communiquer sur Mme Bouguereau-Botrel, merci d'utiliser le formulaire de contact en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre. 

  

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Sources

Photographie de M et Mme Bouguereau transmise par Cédric TREHOREL en juin 2025. Le couple assistait au mariage du couple Guernion à Hillion dans les Côtes-du-Nord en 1925 et M Bouguereau était un des témoins. La plupart des personnes d'Hillion ont été identifiées, seul le couple (assez distingué) au premier rang, ne l'est pas. Nous en sommes arrivés à penser que cela pourrait bien être M et Mme Bouguereau...

Ouest-Eclair : 19 mai 1931, 11 septembre 1933, 10 juin 1937, 12 juin 1937, 12 octobre 1938.

Archives du Mans, acte de naissance de Marie Anne Françoise Botrel, vue 162, acte 703.(image ci-dessous)

Recherches dans le Bulletin de la société de secours aux blessés militaires. 

Archives départementales des Côtes d'Armor. Dossier contenant les archives de la Croix-Rouge de Saint-Brieuc. 1J250

Recensement de 1931 et 1936 à Saint-Brieuc, Archives 22

Site Généanet, famille Botrel, cliquer ici. 

L'histoire de Mme Étienne, militante pour le droit de vote des femmes, est à retrouver dans ce blog en cliquant ici


 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...