jeudi 22 janvier 2026

La maison d'octroi, la forge, le bar de La Croix Verte, dans le quartier de Robien, rue abbé Garnier à Saint-Brieuc, côté impair

La rue abbé Garnier a beaucoup changé en un siècle !  Mais jusque qu'à la fin des années 30 certains évoquent encore "un bourbier obscur aux trottoirs impraticables" ! Tout ne s'est pas fait en un jour...

La rue abbé Garnier 10 décembre 1938 Ouest-Eclair

Ci-dessous, sur cette photo de la fin des années 40, on voit encore l'Institut des Sourds-Muets, la briqueterie Le Dû et les locaux de la Coopérative agricole du Finistère.

Photo aérienne. Fonds Henrard. Archives départementales en ligne

Ci-dessous, sur cette photo aérienne de la fin des années 70, on voit que la Résidence du Parc a remplacé la Coopérative agricole, la clinique Saint-François est construite à l'angle de la rue Bir-Hakheim.

Fin des années 70. Archives municipales.
Promenons-nous dans la rue abbé Garnier, du côté impair avec ce qui est encore sous nos yeux ou en évoquant ce qui a disparu au fil du temps.  Nous laissons pour le moment le côté pair, de l'autre côté du trottoir, où nous avions l’Institut des sourds. Commençons donc par la maison de l’octroi, le bar de la Croix Verte et la forge. Nous poursuivrons dans d'autres articles vers la briqueterie Le Dû, la Résidence du Parc et l’ancienne clinique St François...Nous partons du Pont des Sourds et remontons vers la Croix Perron.

LA MAISON DE L’OCTROI

Au 1 rue Abbé Garnier, juste à côté du Pont des sourds, se trouve une maison historique. C’est ici que l’on trouvait le pavillon de l’octroi. Au XIXe siècle, les marchands qui entraient dans une ville devaient payer une taxe que l’on appelait « l’octroi ». Cette maison date donc du XIXe siècle, un plan de 1863 indique l'emplacement de l'octroi.

Octroi Plan1863. Archives municipales

En 1901 dans le recensement de la population, on trouve le nom du responsable de l’octroi, il s'agit de Lucien de Robichon. L'octroi de la rue Abbé Garnier a été en service jusque dans les années 1930-40.

Ancienne maison d'octroi. Photo RF

Le pavillon d'octroi de la rue abbé Garnier est évoquée, et présenté par une photo, dans le cadre plus général des maisons d'octroi à Saint-Brieuc dans l’ouvrage Le Patrimoine des Communes des Côtes-d’Armor.

La pizzéria Stella Maris

Au début de la rue Abbé Garnier, entre la maison d'octroi et le café de la Croix verte s'est installée la pizzéria Stella Maris. Sa première façade était constituée de panneaux de verre avant d'opter pour une esthétique plus sobre... L'établissement est parti en 2020 dans un autre quartier de Saint-Brieuc

Stella Maris en 2008. Image Google

Stella Maris vers 2013. Image Google

 LE CAFÉ DE LA CROIX VERTE

Joséphine Callennec (à gauche) et Charles Callennec (le forgeron), un ouvrier de la forge, M. Bouazard, "Tante Marie" en tablier. Vers 1945 devant le bar de la Croix Verte

A côté de la forge se trouvait le café de la Croix Verte.
Le café "A la Croix Verte", au 3 rue Abbé Garnier, est un bar très ancien du quartier de Robien. On peut le reconnaitre sur un détail d'une carte postale du début des années 1900.

L'octroi, le café et la maison des Le Dû (carte postale ancienne).

En 1901, les propriétaires de ce débit de boissons, au 3 rue abbé Garnier, sont Jean et Louise Durand. Ensuite le café "A la Croix Verte" a été tenu par Hippolyte Savidan et sa femme. Ils vont céder leur affaire plus tard, dans les années 1930, à Joséphine Callennec dont le mari était maréchal-ferrant. 

Joséphine Callennec en 1945

Joséphine Callennec vendait aussi du tabac pour rendre service mais elle n'avait pas le droit de faire du bénéfice sur ce produit. Le tabac et les cigarettes venaient du café qui se situait en face de la passerelle piétonne, les propriétaires payaient une patente pour avoir le droit d'en vendre.

Témoignage de Madeleine Callennec

Madeleine est née le 11 novembre 1926. Elle raconte le Café de la Croix Verte dans les années 30-40 :"Au Café de la Croix Verte, les gens y venaient pour boire un verre mais pas seulement. Le jeu de boules était très prisé à la belle saison. Certains habitués venaient aussi pour se retrouver autour de ce qu’on appelait « le billard russe ». D’autres jouaient à la belote et les parties s’éternisaient le soir au grand dam de Fine (Joséphine) qui aurait bien voulu fermer. Mais on ne mettait pas les gens dehors… Dans les habitués, Alphonse était un personnage, il exerçait la fonction de bedeau de l’Institut des Sourds, il sonnait l’angélus et tous les moments importants, il s’occupait de la chapelle et de l’entretien. Les cheminots qui logeaient « au poste », juste à côté du pont des Sourds, venaient tous les jours".

Beaucoup plus récemment, à partir de 1970, c'est Maryvonne Noël qui est devenue la propriétaire du café de la Croix Verte. Tout le monde se connaissait dans ce bar et avait un surnom. « Mary Picsou » était celui de la patronne. Dans un article de Ouest-France du 8 janvier 1998, le journaliste donne la parole aux clients du bar : « On appelle la patronne comme ça, car bien que l’on soit des amis, elle nous pique nos sous. Heureusement, elle pique aussi ceux des impôts. Les employés sont clients. Maryvonne se souvient des grèves de 1989 : « Les revendications se sont négociées chez moi ».

Une partie de cet ancien bar est devenue la boutique des fleuristes Bouhezza qui existait encore dans les années 90.

L'ancien café de la Croix Verte. Photo 2020

Jusque dans les années 2000, le bar était le siège de l'Amicale des Médaillés Militaires de Saint-Brieuc.
Cet établissement reste malheureusement à l'abandon, juste à côté du restaurant italien Stella Maris, ouvert en 2003.

LA FORGE de CHARLES CALLENNEC. 1934-1962 

Charles Callennec à gauche, ferrant un cheval devant l'entrée de la forge rue abbé Garnier
Après le Pont des sourds, l'octroi et le bar de la Croix Verte, de 1934 à 1962, il y avait la forge de Charles Callennec, le maréchal-ferrant. Le père de Charles Callennec était lui-même forgeron à Saint-Brieuc, rue Alsace-Lorraine. Charles Callennec est né le 27 avril 1898 à Saint-Brieuc, fils de Pierre Marie Callennec et Françoise Briand.

Acte de naissance de Charles Callennec. 1898

La famille habite rue des Jardins à Saint-Brieuc. Très tôt, Charles travaille avec son père. La Guerre 14-18 survient et Charles est mobilisé en 1917, affecté au 7e d’artillerie le 2 Mai 1917 puis au 301e  régiment d’artillerie le 25 mars 1918. Il est renvoyé dans ses foyers le 2 juin 1920. il est nommé brigadier maréchal-ferrant dans la réserve le 15 juin 1920. Son registre matricule est le 2206.

Fiche matricule. Document militaire.

Dans les années 1920, Charles rencontre Joséphine Briand qui tient alors un petit café attenant à la Cathédrale "Le Petit chocolat" : un nom donné car Joséphine était connue pour faire un bon chocolat chaud, très tôt, aux vendeuses qui venaient au marché, à côté de la Cathédrale. Joséphine Briand est née en 1901 à Saint-Brieuc. Charles et Joséphine se marient en février 1925. Ils vont avoir deux filles, Madeleine en 1926 et Jacqueline en 1932. Fin 1934, le père de Charles déplace sa forge rue abbé Garnier dans le quartier de Robien en 1934.  Il en informe le public par voie de presse.


Joséphine, l'épouse de Charles, prend le café de la Croix verte attenant à la forge.

Charles Callennec au premier plan et à droite M. Bouazard, on reconnait aussi Joséphine et les deux filles, Jacqueline la plus jeune et Madeleine la plus grande.

Témoignage de Madeleine Callennec

 Madeleine est née le 11 novembre 1926. Elle raconte la forge : « Pour accéder à la forge, on passait par la rue abbé Garnier, entre le café de la Croix Verte et la maison des Le Dû, les patrons de la briqueterie. Il y avait un grand portail en bois et on arrivait dans l’atelier de la forge. On remarquait tout de suite le gros soufflet qui était bien utile pour confectionner les fers. On faisait du sur-mesure pour les chevaux. Parfois des petits travaux se faisaient dans la rue, devant la forge. Ceux qui venaient le plus souvent, c’était les Flageul car dans leur entreprise de déménagement ils avaient beaucoup de chevaux. Gicquel, le marchand de chevaux du boulevard Carnot était aussi un habitué. Les fermiers de Ploufragan, Trégueux et des environs avaient leurs habitudes. Certains arrivaient à six heures, avant l’ouverture de la forge et accrochaient leurs chevaux aux anneaux du mur de l’Institut des Sourds, juste en face. Le samedi après-midi et le dimanche, la forge était fermée mais il n’y avait jamais de vacances dans l’année».

La forge est le bâtiment sur la droite avec des appentis qui forment une cour fermée.

 

Parole d'habitants

Un témoin de cette époque évoque la forge : M. Pierres était né en 1925, au début de la rue du Pont-Chapet à Robien. Il est interrogé dans un article de Ouest-France le 8 janvier 1998 et parle du trajet qu’il empruntait pour aller au P’tit Lycée (l’école du centre) : « Juste avant le Pont des Sourds-muets, j’attendais avec impatience de croiser les effluves de la forge de Monsieur Callennec, le maréchal-ferrant. J’adorais cette odeur de corne brûlée ».

CHARLES CALLENNEC, une personnalité dans le monde de la maréchalerie. 

Charles Callennec en 1945

Charles Callennec ne s'est pas contenté de bien faire son métier dans sa forge de la rue abbé Garnier. C'était une personnalité dans son milieu professionnel. Ainsi on découvre, à la lecture de la presse locale, qu'il est décoré Chevalier du Mérite agricole en 1931. Il devient Président des maréchaux, charrons et forgerons de Saint-Brieuc en 1938. A ce titre il est l’un des organisateurs d’un concours se déroulant en septembre où des prix seront attribués à toutes les catégories pour les patrons, ouvriers et apprentis. Mais il participe également à des réunions où il faut batailler ferme comme en mars 1938 avec le syndicat des marchands de fer et quincaillers des Côtes-du-Nord et avec le Syndicat agricole de Landerneau.

21 mars 1938. Ouest-Eclair

 

Charles Callennec  est élu vice-président lors de l’assemblée générale des maréchaux, forgerons et charrons des Côtes-du-Nord, réunis le 11 septembre 1938 à Saint-Brieuc. On mesure l’influence de cette corporation quand on voit les très nombreux organismes qui suivent ses travaux comme la Chambre des métiers, la Chambre d’agriculture, les autorités militaires, les services vétérinaires, des responsables de fêtes hippiques, des industriels. La municipalité de Saint-Brieuc est, bien entendu, présente avec son maire Octave Brilleaud, deux cultivateurs entrés en politique le sont aussi, le sénateur Bedfert et le député Le Maux. Cette assemblée générale coïncide avec le Concours agricole départemental et l’exposition corporative sur le terrain de foire de Robien. Pour les maréchaux, des prix sont décernés par la Ville, la Société des Forges-et-Laminoirs, la Société des Forges de Commercy, la Chambre d’agriculture, le Conseil général.

12 septembre 1938. Ouest-Eclair

En 1944, Charles Callennec  continue d’avoir des responsabilités en tant que délégué du Canton de Saint-Brieuc du bureau Artisanal des Matières.

Titre de Ouest-Eclair. 6 septembre 1946

En 1946 se tient le 34e Congrès National des Maréchaux, Forgerons et Charrons , à Saint-Brieuc. C’est un grand moment pour ces professions et des délégués de toute la France sont présents. Charles Callennec  est dans le comité d’organisation aux côtés de M. J Barbot de Lannion, le Président départemental. En plus des allocutions et des rencontres, des excursions sont programmées à Dinan, St Malo, Portrieux et Bréhat, ainsi que des visites d’usines. Le banquet de clôture est présidé par M. Alexandre Varenne, ministre.

M et Mme Callennec étaient des personnes estimées dans le quartier, et bien au delà. Charles Callennec va malheureusement finir sa vie tragiquement en 1962 alors qu'il ferrait un cheval. C'est toute une page qui se tourne avec la disparition du forgeron du quartier.

L'entrée de l'ancienne forge, rue abbé Garnier. 2021


Les travaux de 2022-2023
 
En octobre 2022, des travaux démarrent après l'achat de la maison et de ses dépendances. Lors des démolitions, quelques traces du passé de cette forge sont mises à jour comme des anneaux de chevaux, une auge en pierre, un fer à cheval et un puits.
 
L'arrière de la maison. 10 octobre 2022. Photo RF

L'extérieur du puits. Photo RF

L'intérieur du puits déjà comblé. Photo RF

Auge en pierre et anneaux de chevaux. Photo RF

Fer à cheval suspendu. Photo RF

Fer à cheval de la forge Callenec. Photo RF
 

Articles à consulter

Toutes les maisons de l'octroi du quartier de Robien, cliquer ici

L'histoire de la Croix-Perron, cliquer ici

Les bistrots de la rue de Trégueux, cliquer ici

Tous les bistrots de la rue abbé Garnier, cliquer ici

Les traces du passé rural du quartier de Robien, cliquer ici 

La place du cheval dans le quartier de Robien, cliquer ici


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Sources

Sur la maison de l’octroi : Le Patrimoine des communes des Côtes-d’Armor, éditions Flohic. 1996

Archives municipales. Photos aériennes

Archives départementales en ligne. Photographies aériennes. Recensement de la population 1901, 1906, 1911

Presse locale, Ouest-France et Le Télégramme

Merci à André Bougeard, habitant du quartier pour ses cartes postales et photographies.

 

Entretien avec Madeleine Callennec, fille de Charles et Joséphine Callenec.11 mars 2021.

 

Merci à Françoise Debré, petite fille de M et Mme Callennec (forge et bar de la Croix Verte) pour les photographies de ses grands-parents et l'organisation de la rencontre avec sa mère Madeleine Le Royer (née Calennec). 

 

Site GénéArmor : Registre matricule de Charles Callennec, cliquer ici 

Charles Callennec, acte de naissance, année 1898, St Brieuc, vue 86




 



2020-2026 L'histoire de Robien, au service de multiples partenaires à Saint-Brieuc

Ce blog a déjà servi à de multiples partenaires comme un centre de ressources. En voici quelques exemples...

La compagnie de Théâtre Jeanne Simone. Octobre 2020


Dans le cadre de la programmation de la Scène nationale La Passerelle, la compagnie Jeanne Simone a proposé son spectacle "Sensibles quartiers" dans le quartier de Robien en octobre 2020. La troupe est venue en résidence pendant plusieurs jours à Robien et elle y a construit son spectacle.

J'avais pris contact en amont avec la troupe dans le but de fournir quelques éléments sur l'histoire du quartier.  Des choses ont été utiles et la troupe les a utilisées à certains moments pour faire des références à ce qui se passait autrefois à Robien. L'approche de la troupe est surtout sensible (voir, écouter, sentir...) et poétique, mais l'aspect historique est également une dimension du spectacle. J'ai eu l'occasion d'assister aux deux premières représentations de Sensibles Quartiers à Saint-Brieuc et de rencontrer quelques personnes de la troupe. Elles ont intégré, avec une incroyable réactivité, des remarques visant à préciser, enrichir ou rectifier des points d'histoire. Beaucoup de gens ont vu le quartier autrement, certains ont peut-être eu l'envie de le connaitre un peu plus...

Présentation de Sensibles quartiers ici

La compagnie Jeanne Simone devant la Résidence Carnot. Photo RF 2020

Un parcours dans Robien pendant le deuxième confinement. Novembre 2020


Cet article est paru le samedi 21 novembre 2020 dans Ouest-France. Avec toutes les ressources du blog, je n'ai pas eu de mal à proposer ce parcours, il y en aurait eu beaucoup d'autres possibles !

Découverte de l'histoire de Robien avec Ludovic Le Moignic, élu en charge du Patrimoine. Décembre 2020

En 2020, élu depuis quelques mois, Ludovic Le Moignic est en charge du Patrimoine culturel et architectural de la Ville de Saint-Brieuc. Il m’a semblé naturel de le rencontrer pour mieux nous connaître et faire le point sur ce qui se passait dans le quartier de Robien dans le domaine qui le concerne. Epidémie de Covid oblige, c’est en visio-conférence  que nous avons fait connaissance et Ludovic Le Moignic, qui n’est à Saint-Brieuc que depuis quelques années, m’a demandé de lui faire découvrir quelques aspects du quartier. J’ai préparé un circuit sur le passé rural de Robien et les débuts de la paroisse. Quelques passionnés d’histoire ont été invités le lundi 2 décembre 2020 et deux ont pu se rendre disponibles : Yannick Gicquel, fervent défenseur du patrimoine briochin, habitant de la rue Jules Ferry et Jean-Christophe Balan, auteur d'une bande dessinée est à forte connotation historique.

Ludovic Le Moignic, Yannick Gicquel et Jean-Christophe Balan

Le circuit nous a amenés à observer les vieilles maisons campagnardes, les maisons d’octroi où les denrées agricoles étaient taxées, les traces de la présence des chevaux (anneaux, commerces), les restes des anciennes propriétés du manoir de Robien, le calvaire de la Croix-Perron et enfin l’église Sainte-Anne. Françoise Le Gall, bénévole de la paroisse, a eu l’amabilité de nous ouvrir ce très bel édifice.

Un après-midi très riche d’échanges, qui appelle d’autres rencontres avec cet élu ouvert au dialogue et lui-même passionné d’histoire. L’objectif à moyen terme pourrait être de penser une signalétique sur Robien pour en faire découvrir des aspects historiques significatifs.

Ce jour-là, faire de l'histoire c'était  échanger des informations sur le terrain, dialoguer et envisager l'avenir avec un élu de la Ville de Saint-Brieuc...

Le site complet de Jean-Christophe Balan, à découvrir ici


L'enquête d'utilité publique sur l'étang de Robien. Janvier 2021

Les différents articles parus dans le blog au sujet du ruisseau du Gouédic et de l'étang ont été utiles au commissaire enquêteur Cédric Thoraval qui a mentionné ce travail dans son rapport final.
"Nous avons lu avec attention les articles que vous avez publiés sur votre blog à ce sujet. Leur lecture en a été très instructive, notamment la partie relative à la construction de l'étang.
Je vous remercie pour ces informations historiques".

M. Thoraval a confirmé tout l'intérêt d'une telle recherche historique lors de notre échange du lundi 25 janvier à la Mairie et a rendu compte de cette démarche de partage d'informations dans le document final (voir l'extrait plus bas). 
 


Extrait du document final de l'enquête d'utilité publique. Mai 2021


Des échanges avec l'écrivain Christian Prigent.
Depuis le début de la mise en ligne d'articles sur l'histoire de Robien, l'écrivain Christian Prigent est attentif à ces publications qui lui rappellent les lieux de son enfance, rue de l'Ondine et dans les environs.
Pendant les différentes périodes de confinement, nous avons pu échanger par téléphone et par mail. Les plans que j'avais trouvés aux archives départementales, sur l'entrepôt des Postes rue de l'Ondine, ont particulièrement retenu son attention et une reproduction a été publiée en 2021 dans son ouvrage intitulé Chino au jardin et édité chez P.O.L.
 
L'année 2021 est celle du début de partenariat avec les archives municipales et de nombreuses visites du quartier...

Lien pour découvrir une vidéo réalisée par Estelle Cunin des archives, cliquer ici

En mars 2021, plusieurs visites sont proposées (avec les masques obligatoires !)

"Casques sur les oreilles, bloc-notes à la main, une dizaine de personnes a assisté à la visite des quartiers de Robien et de la Gare avec, pour guides, Yolaine Coutentin, responsable des archives municipales, et Richard Fortat, historien amateur".(Ouest-France 12 mars 2021)


Les archives départementales. 2020-2021

Le 14 juin 2021, vingt-cinq personnes des Archives départementales ont participé à une visite de découverte du quartier de Robien (partie Ouest). Le 6 septembre se déroulait la deuxième partie de la visite (partie Est).

Cette initiative vient de la volonté des personnels des archives de mieux connaitre leur environnement proche. L'idée était aussi de montrer comment la recherche historique sur le terrain s'appuie sur le fonds d'archives du département. Et réciproquement, comment les documents collectés aux archives sont mis en valeur, par exemple à travers des visites ou avec ce blog sur l'histoire de Robien.

6 septembre 2021. Boulevard Hoche

6 septembre 2021. Rue de Robien

6 septembre 2021. Rue de Robien devant les anciens établissements Flageul

En 2023, deux circuits ont été proposés dans le quartier de Robien en lien avec l'exposition "Les archives sortent du bois" des archives départementales (voir à la fin de l'article présenté ici)


Le Comité d'Animation de Robien 

Le C.A.R publie ou relaie régulièrement les articles sur l'histoire de Robien sur son Facebook...


Essentielle culture.

Un compte Facebook a été créé par les différents services culturels de la Ville au moment du premier confinement en 2020. Les articles du blog de l'histoire de Robien sont relayés et un public averti en prend connaissance... Des commentaires montrent l'intérêt porté à ces contenus et permettent parfois aussi de faire avancer la recherche.



Ouest-France

Le 24 mars 2021, le bar-hôtel "Le Tout va bien", rue Jules Ferry a malheureusement brûlé. Le rédacteur de l'article de Ouest-France a pu puiser dans l'article consacré à cet établissement sur le blog pour en raconter l'histoire. Et il faut signaler que le lien a été mis dans la version numérique vers le blog et les sources ont été parfaitement mentionnées. Du vrai professionnalisme et de l'éthique !

En novembre 2023, Catherine Lemesle, journaliste à Ouest-France, s'est appuyée sur des éléments de l'article du blog de l'histoire de Robien pour  écrire un article posant la question : Pourquoi l’eau courante n’arrive à Saint-Brieuc qu’en 1910 ?

Article en ligne (3 novembre 2023) pour les abonnés à Ouest-France en cliquant ici

 

Le Télégramme 2025

En septembre, un article est consacré à l'histoire de Robien suite à la visite guidée que j'avais conduite au moment des journées du patrimoine. Et me voilà désigné comme "L'érudit briochin" qui a conduit "une visite surprenante du quartier de Robien" ! ... "Le passionné en connait presque chaque pierre, chaque maison, chaque rue..."

22 septembre 2025 Le Télégramme

En décembre 2025, Julien Molla
, journaliste au Télégramme, m'a contacté pour trouver 4 ou 5 contacts sur Robien afin de réaliser une série sur les habitations atypiques dans le quartier de Robien. A chaque article le blog était mentionné. Un beau travail du Télégramme, avec des articles bien écrits... 

2 janvier 2026 Le Télégramme

 

3 janvier 2026 Le Télégramme

Le monde forain

Suite à  la publication d'une douzaine d'articles sur des familles du monde forain qui avaient fait les beaux jours des fêtes foraines dans le quartier de Robien, de nombreux échanges se sont développés par l'intermédiaire de deux Facebook : "Forains d'autrefois" et "Les fêtes foraines de Bretagne et d'ailleurs". Des articles comme par exemple celui sur la famille Hoffmann sont devenus des références dans le milieu forain. 

En décembre 2025, la documentariste Angellina Thieblemont a pu approfondir ses recherches sur le monde forain en découvrant tous les articles qui lui sont consacrés sur ce blog.  

Un projet de deux étudiantes en licence Tourisme. Février 2022

Ségolène Misiak et Marie Gjasula-Masson sont étudiantes en Licence Professionnelle Tourisme et Patrimoines au campus Mazier de Saint-Brieuc. Elles travaillent sur un projet d’étude avec les archives de Saint-Brieuc et les TUB afin de valoriser le quartier de Robien. Une très bonne idée qui sera peut-être reprise par la suite...

Les deux étudiantes ont souhaité recueillir un avis sur leur dossier. Ayant choisi le trajet de la navette gratuite qui passe à Robien, une visite explicative sur le parcours a permis de préciser plusieurs points de l'histoire du quartier.

 

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vendredi 16 janvier 2026

Roger Le Flanchec (1915-1986), architecte en Bretagne

L’architecte Roger Le Flanchec est né à Guingamp le 26 novembre 1915 dans une famille aisée. Il s'inscrit en 1932 à l'école des Beaux-Arts de Rennes. Jusqu'en 1936, Roger Le Flanchec travaille à Saint-Brieuc chez l’architecte Jean Fauny dont nous avons parlé dans l’article sur "La cité des cheminots"  du boulevard Paul Doumer. Avec cet architecte départemental, il apprendra le métier.

En 1936, Roger Le Flanchec fonde son propre cabinet à Trébeurden. Il réalise de nombreux projets innovants qui s’inscrivent dans le courant moderniste. A partir de 1944, il découvre l'oeuvre de Le Corbusier et c'est une révélation. En 1947, grâce à Jean Fauny, il est admis dans l'ordre des architectes.Plus de trois cents projets ont été conçus par l'architecte, tous n'ont pas été concrétisés, loin de là. Il aura été influencé par les éléments de la nature comme les coquillages, les escargots, les haricots mais aussi par les bateaux, les paquebots, les pyramides ! Cette originalité n'était pas toujours du goût de l'administration qui devait délivrer les permis de construire, seuls 25 projets verront effectivement le jour. Mais le collège de Lannion en forme de pyramide ne verra jamais le jour, pas plus que l'auberge de jeunesse de l'Ile-Grande, pas de maison-escargot ou de maison-rocher...

Les projets... qui sont resté des projets.

Ces dessins sont extraits de la brochure de Daniel Le Coadic, Gentleman insoumis.



Silhouette de cachalot posée sur un rocher




Une réalisation bien en vue

En 1949, cet immeuble très controversé (La Résidence Hélios à Trébeurden) est conçu par Roger le Flanchec et directement inspiré de la Cité radieuse de Le Corbusier. C'est une barre de 13 étages, haute de 35 mètres qui répond à l'obligation de construire des logements collectifs après-guerre. Mais dans cet endroit sur la côte, cela choque ! En 1951 le permis de construire est finalement accordé et les travaux commencent malgré les pétitions, les procès et la grogne d'une bonne partie de la population locale. Le gros oeuvre ne sera terminé qu'en 1962. Certains bruits qui courraient disaient que la résidence finirait par être rasée. Il n'en a rien été ! Au fil des années 70, les soixante-dix appartements sont vendus (Les biens, appelés «cellules», étaient à vendre nus, vides de cloisons. «Des boîtes dans la boîte», expliquait l'architecte). En 1980 l'architecte s'établit au dernier étage du toit terrasse où était prévu un restaurant. Roger Le Flanchec y restera jusqu'à la fin de sa vie. 

L'appartement de Roger le Flanchec, "Inis Gwirin" l'île de verre en breton, au dernier étage de la Résidence Hélios. Photo Ouest-France 4 novembre 2022

30 août 2005 Ouest-France

2 juillet 2011 Ouest-France

A Ploumoguer, la maison Quéré. 1969-1973

La maison-cratère composée de 68 lignes
 A l'Ile-Grande, la maison-bateau. 1936-1938

3 juillet 2022 Ouest-France

A Saint-Brieuc, La maison Haricot

"La maison haricot" est une réalisation de Roger Le Flanchec. La première version a été réalisée en 1954 à Lannion et la deuxième en 1957 au 43 boulevard Paul Doumer à Saint-Brieuc. Le nom vient de sa forme que l'on perçoit très bien avec une vue aérienne. Un article complet sur la maison Haricot à retrouver dans ce blog en cliquant ici

Le temps de la reconnaissance

En mars 1995, le Château de Kerjan dans le Finistère consacre une exposition sur son parcours avec photos, maquettes et plans. L'article dans l'édition de Ouest-France du 27 mars 1995 met en évidence le côté révolutionnaire de l'architecte, son indépendance d'esprit, son refus des compromis : la résidence Hélios à Trébeurden "qui fera couler beaucoup d'encre"..."Le manoir de Kerautem à Locquénolé est un bel exemple d'intégration de l'habitation (demi-enterré) dans le paysage. La maison le Quéré de Ploumoguer, circulaire et de plain-pied, offre des courbes de béton au vent, à la lumière et résiste aux assauts les plus offensifs du bord de mer."

27 mars 1995 Ouest-France
En août 1995, une exposition rétrospective lui est consacrée à Guingamp. A cette occasion, Michel Velly, architecte lui aussi, présente au public son collègue et ami.

 
Roger Le Flanchec et Michel Velly. 18 août 1995 Ouest-France Guingamp

En 2022, les journées du Patrimoine à Trébeurden ont donné une large place à la découverte du travail de Roger le Flanchec. L'architecte Marius Guillemot, installé à Genève, a donné une conférence très suivie à cette occasion. Il souhaite éditer un livre sur la vie et l'oeuvre de Roger Le Flanchec dont la réputation dépasse largement les frontières de la Bretagne : l’Institut français d’architecture lui a consacré une exposition en 1996. Deux de ses œuvres sont inscrites au titre des monuments historiques et deux autres ont reçu le label du Patrimoine du XXe siècle (La maison Orain de Lannion de 1965 labellisée le 20 juin 2000 et la Résidence Hélios labellisée en 2011).

Roger Le Flanchec est mort à Lannion le 6 décembre 1986 à l'âge de 71 ans.

Retour sur l'article Abécédaire des architectes dans le quartier de Robien ici

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Photo publié dans l'ouvrage 111 Bretons des temps modernes. Editions Ar Men
 

Sources

Exposition sur 18 édifices ayant obtenu le label "Architecture contemporaine remarquable". L'exposition a été présentée dans la gare de Rennes en 2025.

Article de Ouest-France, 13 août 2019, Trégor : "Le Flanchec, l'architecte qui n'en fit qu'à sa tête", ici

La résidence Hélios, Ouest-France 30 août 2016, ici
111 Bretons des temps modernes. Editions Ar Men

Architecture contemporaine en Bretagne. Coop Breizh, 2009.
Site de généalogie, Généanet, ici
Site patrimoine Bzh Fonds Roger Le Flanchec (1915-1986) 

Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Institut français d’architecture. Centre d’archives d’architecture du XXe siècle. Fiche descriptive très complète, cliquer ici

Saint-Brieuc, de l’après-guerre à nos jours. Analyse du patrimoine architectural et urbain. Réalisation de l’École d’Architecture de Bretagne. Janvier 1994. 

Gentleman insoumis, texte de Daniel le Couedic, ici

Base Mérimée, Ministère de la Culture



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...