lundi 1 juin 2026

Paul Rolland (1899-1983), architecte à Saint-Brieuc et dans les Côtes-du-Nord.

1927 Papier à en-tête. Archives municipales Saint-Brieuc 2T11 Permis de construire pour une maison boulevard Hoche.


Origines familiales

Paul Marie Joseph Rolland est né le 15 août 1899 à Mauron (56). Son père était chef de gare et sa mère ménagère. Il se marie avec Marie Joseph Provost (1896-1985). Marie Provost est née le 1er octobre 1896 à Pierric (44) et elle est décédée le 7 février 1985 à Falaise (14) à l'âge de 88 ans.
Le couple aura un fils nommé Gilles, né le 19 avril 1927 à Falaise dans le Calvados, décédé le 21 janvier 2014 à Bagneux (Hauts-de-Seine). Jean Rolland, le père de Paul Rolland, est décédé à Étables le 24 juillet 1929.

Avis de décès le 31 juillet 1929 Ouest-Eclair
Paul Rolland est décédé le 27 décembre 1983 à Pabu (22) où il est inhumé.
Archives Morbihan, 1899 Mauron.

Son livret militaire indique qu'au moment du recensement militaire en 1918, Paul Rolland habitait Étables et qu'il était étudiant en architecture. Il est incorporé comme engagé volontaire pour trois ans dans la Marine à partir du 7 janvier 1918. Sa période de combat contre l'Allemagne s'étend de janvier 1918 au 23 octobre 1919. Il sort de l'armée le 5 janvier 1921 (1ère Classe) et revient à Étables.


Archives 22.

Un architecte bien implanté dans le département

Paul Rolland a eu une longue carrière dans le domaine de l'architecture dans le département des Côtes-du-Nord. Son succès fut acquis par une synthèse du courant régionaliste et de l'Art déco.

Il débute à Dinan avec un bureau au 50 rue Clémenceau et  un autre à Lanvallay, il y conserve une activité jusqu'en 1934. Il devient membre de la Société à Responsabilité (S.R) des Architectes du N.O. de la France (1921-1931). Il possède un bureau à Étables, commune dont il est l'architecte dans les années 1927. A  Lannion, il est associé à son confrère Jules De Jaehguer (1936). Il s'installe à Saint-Brieuc au 2 rue St Guillaume (1936-1937) puis au 36 rue St Guillaume (1938-1970). Son activité le porte aussi au Val André (1945-1947) et à Saint-Quay-Portrieux (1945-1970).

Il conçoit de nombreuses villas sur le littoral : les Rosaires (villa de Monseigneur du Bois de la Ville Rabel, archevêque de Rouen, information à vérifier car il existe des plans de Paul Marteroy en 1910), Binic (un hôtel en 1932), Étables (garage Renault), Saint-Quay-Portrieux, Plouézec, Paimpol (Le salon moderne 1932). Ces réalisations sont inscrites à l’inventaire du Patrimoine culturel de Bretagne. Il réalisa aussi l'école de Le Cambout, l'école de Saint-Aaron en 1936 et l'Hôtel des Postes de Gouarec en 1934, un chantier terminé en 1936.

Bureau de Poste de Gouarec
Après-guerre 

Si la période de l'Occupation semble marquer un coup d'arrêt dans les activités de l'architecte, à l'exception d'une maison particulière dont nous avons connaissance dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, à la fin des années 40 de nouveaux projets vont être confiés à M. Rolland. Par exemple en 1948-1949, la municipalité de Quintin lui demande de dresser les plans de l'école publique.

En octobre 1949, on lui confie la réalisation d'une ferme modèle avec son habitation à Chateau-Billy. Dans son édition du 6 octobre 1949, le commentaire de Ouest-France parle d'une "maison saine et spacieuse".


6 octobre 1949 Ouest-France

En 1951, il réalise les plans pour 18 logements HLM à Quintin.

1952, courrier de Paul Rolland à Eugène Faure. Archives municipales St-Brieuc Fonds Faure 6521.1
En novembre 1955, quai Gabriel-Péri au Légué, c'est un logement H.L.M de 12 logements sur 4 étages qui est conçu par M. Rolland (Ouest-France 14 novembre 1955).



En octobre 1957, à Hillion, un ensemble avec Mairie et Poste est l'oeuvre de M. Rolland (Ouest-France 16 octobre 1957).



Marie d'Hillion de nos jours

En décembre 1958, au Val-André, la réalisation de la nouvelle école est confiée à M. Rolland en tant qu'architecte communal. L'article de Ouest-France du 2 décembre 1958 pointe l'attachement de M. Rolland au style breton qu'il a conservé pour cette école.

 
Dans son édition du 28 décembre 1958, Ouest-France fait le point sur un important projet auquel M. Rolland est associé avec l'architecte en chef du gouvernement, Roger Hummel. Il s'agit de la future École Nationale de Navigation située à Paimpol.

Courrier de M. Rolland 3 janvier 1961 Ouest-France

En 1960, le Conseil municipal de Langueux confie son projet de Mairie et de Salle municipale à M. Rolland. (Ouest-France 10 août 1960) 

Le bâtiment de Mairie de Langueux conçu en 1960

Le 14 décembre 1960, Ouest-France expose la situation scolaire à Saint-Nicolas-du-Pélem et la réponse que peut apporter le projet de M. Rolland.
14 décembre 1960 OF
Le 4 mars 1961, Ouest-France publie une photo de la Maison du Marin à Kérity-Paimpol, sur des plans de M. Rolland concernant la transformation de cette habitation. C'est une oeuvre sociale réalisée grâce à l'amicale des Cols Bleus des Côtes-du-Nord. L'article indique que M. Rolland est "ancien marin lui-même", c'est une référence à son engagement dans la Marine en 1918 au moment de la Première Guerre mondiale...

Le 10 février 1961, publication d'un projet de M. Rolland pour la salle de réunions de Saint-Brandan. Un autre article du 31 mai montre l'équipe des ouvriers de l'entreprise Le Coq sur le chantier de cette construction.


A Saint-Brandan 31 mai 1961 Ouest-France

Le 18 février 1961, publication du projet de M. Rolland pour la construction du Cours Complémentaire de Chatelaudren.

Enfin le 16 novembre 1961, la mairie de Ploufragan est en photo. Cette réalisation imposante, commencée en 1959, est de M. Rolland avec le concours de l'entreprise Bougeard de Plérin. 


Des réalisations à Saint-Brieuc

Paul Rolland conçoit les plans d'une maison particulière en 1928 dans le boulevard Hoche.

Archives municipales 2T12
Le permis de construire est déposé le 25 avril 1928 pour M. Ballouard.

Archives municipales 1928 2T12 architecte Rolland

Il réalise aussi un immeuble en 1937 au croisement de la rue Voltaire et du boulevard Waldeck-Rousseau.

Immeuble conçu à Saint-Brieuc par Paul Rolland en 1937

Après une rénovation effectuée en 2026 par l'entreprise L'Hénoret. Photo RF

Les architectes ne se privent pas de concevoir des bâtiments utilitaires qui façonnent notre paysage. Ainsi l'édition de Ouest-Eclair du 6 janvier 1938 souligne la qualité de ce transformateur électrique, un ouvrage de M. Rolland : "La Compagnie Lebon vient d'édifier un transformateur du plus bel effet, une petite construction style breton. L'architecte est M. Rolland de Saint-Brieuc... Voilà un nouveau modèle de transformateur faisant contraste avec certains "tranfos" qui enlaidissent les routes touristiques et les paysages briochins."

 

Les plans de cette maison au 15 rue Louis Blanc à Saint-Brieuc datent de 1940. On la trouve en descendant sur la gauche, vers l’étang de Robien. Paul Rolland, installé à Saint Brieuc est alors associé avec M. De Jaegher. La maison, achevée en 1942, est construite pour un industriel, Maurice Renaud.

Maison conçue par l'architecte Paul Rolland, rue Louis Blanc Saint Brieuc. Photo RF
Cette élégante maison néo-bretonne, influencée par le courant Art-déco, présente deux faces bien distinctes avec du côté rue de petites ouvertures (et ces trois audacieuses petites ouvertures carrées) et à l’arrière, dominant l’étang, de plus larges baies. 
Dessin de l'architecte Paul-Marie Rolland, rue Louis Blanc Saint Brieuc.

La Perception rue Henri-Servain, 1959

Un vaste ensemble de quatre étages est créé par M. Rolland pour regrouper les différentes perceptions de Saint-Brieuc dans un lieu central, jouxtant la Mairie et la Cathédrale. On ne dénombre pas moins de 45 fenêtres et 14 larges baies vitrées. Ouest-France dans son édition du 14 mai 1959 souligne que c'est un immeuble "d'une belle architecture bretonne". L'article évoque aussi les contraintes techniques car les terrains sur lesquels repose l'édifice sont marécageux : "Il faudra plus de soixante pieux de ciment armé, dont la longueur dépassera trente mètres, pour soutenir la masse de la construction".

 


Le lieu où va être édifiée la Perception. 14 mai 1959 Ouest-France

Le bâtiment de la perception conçu par M. Rolland, de nos jours. Photo Google street

Des publications dans Ouest-Eclair et Ouest-France au sujet de Paul Rolland

La presse des années 30 fait état de plusieurs conflits entre les municipalités d’Étables et de Saint-Brieuc et M. Rolland. 

Saint-Brieuc 9 septembre 1933

Saint-Brieuc 23 août 1934

Saint-Brieuc 16 janvier 1935


Etables 5 avril 1935 (Conseil municipal du 30 mars)

Étables 28 novembre 1938

Quintin, projet d'école 29 avril 1949

Anecdote 

Un article de Ouest-France daté du 22 août 1961 relate un fait divers impliquant M. Henri Rioche et M. Louis Dussaux, 53 ans, chef d'agence au cabinet de M. Rolland, architecte et résidant 17 rue Jules Ferry à Saint-Brieuc.


 Anecdote

Lors de la période de l'Occupation allemande, le jeune Raymond Lévy fut apprenti architecte au cabinet de Paul Rolland. Il était élève du peintre Émile Daubé. Il fut arrêté, ainsi que sa famille, le 12 juillet 1943 pour la seule raison qu'il était juif. Il a réalisé de nombreux croquis de ses parents, de ses camarades en prison à Saint-Brieuc qui sont parvenus jusqu'à nous mais il est mort à Auschwitz en 1943.

Raymond Lévy. Photo archives 22

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Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages...) ou des remarques, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre...

A lire en complément

La maison Renaud, 15 rue Louis Blanc, 1942, cliquer ici

Abécédaire des architectes de Robien, cliquer ici

Sources

Registre des naissances 1899 Mauron (56), vue 48, ici

Archives de Ouest-Eclair et Ouest-France

Recensement militaire 1919 Saint-Brieuc, archives départementales 22, vue 383, cliquer ici

Site de généalogie Généanet, cliquer ici

Archives personnelles de M et Mme Pierre-Yves Pondaven, propriétaires de la maison de la rue Louis Blanc à Saint-Brieuc.

Plusieurs maisons construites par Paul-Marie Rolland sont à l'inventaire du Patrimoine de Bretagne.

Daniel Le Coëdic, les architectes et l'idée bretonne.


 

Jules Hamonet (1889-1952) et fils, photographes à Saint-Brieuc.

 

Archives municipales. Factures 3L137
 

Le photographe Jules Hamonet a exercé dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc entre les années 1910 et 1950, dans une période ou d’autres photographes souvent plus connus avaient pignon sur rue à Saint-Brieuc comme Delaunay et Binet, années 30 ; Maquin, Hamonic (également éditeur de cartes postales) et Waron, fin des années 40 ; Dhainaut, installé en 58…

Photo Delaunay 1960 31 mai Ouest-France

Chez les Hamonet, la photographie c'est une histoire de famille sur plusieurs générations : les parents et trois fils exerceront ce métier. C'est ce qui explique qu' il est parfois difficile de démêler quelles sont les photos du père ou des fils !

Jules Hamonet, père (1889-1952)

Jules Hamonet est né le 15 janvier 1889 à Langueux, son père est bourrelier et il a cinq frères. Il se marie le 10 janvier 1910 à Saint-Brieuc avec Francine Jeanne Quinio (1891-1979). Il est déjà inscrit comme photographe en 1910 sur l'acte de mariage.

Registre des mariages. Jules Hamonet. 1910 Archives départementales.





Le couple aura 5 enfants : René en 1913, Marcel en 1918, André en 1920, Rémy en 1926, René en 1930.

Après avoir fait deux années de service militaire dans le 71e Régiment d'Infanterie, Jules Hamonet combat pendant la Guerre de 14-18 dès le 4 août 1914. Il est blessé le 14 août 1916 à Verdun et il est hospitalisé à Lyon pour soigner ses plaies multiples dues à des éclats de grenades. Sa santé est fortement altérée et cela lui vaut d'être déclaré "réformé temporaire" le 18 août 1917 avec une gratification de 400 francs. On sait qu'en 1920, au moment de la naissance de son fils André, Jules Hamonet, père, exerce dans un studio photographique au 48 boulevard Hoche à Saint-Brieuc.

Facture Hamonet 1937

La maison Hamonet édite des photos sous un format carte-postale comme cela se fait beaucoup au début du XXe siècle. Ci-dessous, cette photo avec le personnel du magasin de confection Pincemin rue des Trois-frères-Merlin à Saint-Brieuc est sous format carte-postale (publié aussi page 19 du livre de François Thomas, Saint-Brieuc de ma jeunesse). 

Photo Hamonet Saint-Brieuc, non datée, en vente sur le site de Clément-Maréchal

Plus tard, Jules Hamonet exerce au 7 boulevard Hoche, c'est là qu'il va décéder en 1952. 

La maison du 48 boulevard Hoche

Ancienne maison Hamonet, 7 boulevard Hoche, image Google

Témoignage

Michel Dhainaut, né en 1933, était passionné de photographie depuis tout jeune. Habitant dans le quartier de Robien, il aimait venir chez Jules Hamonet après l'école : "Il y a avait le magasin du côté rue dans le bas du boulevard Hoche et par derrière se trouvait le studio. Le développement se faisait dans la cave. Il me montrait comment faire les retouches et j'ai appris les techniques de développement." Plus tard Michel Dhainaut fera son apprentissage à Saint-Brieuc, avant de faire de la photo son métier. Il exercera à Paris, adhérent de la Société Française de Photographie, il aura la chance de côtoyer les grands photographes d'après-guerre, les Doisneau, Cartier-Bresson etc. avant de revenir s'installer à Saint-Brieuc et de travailler avec les éditions Le Flohic. Il réalisera avec eux un énorme travail sur la collection : Le Patrimoine des communes de France.

La rencontre avec Jules Hamonet aura constitué une étape sur son beau parcours professionnel... 

Livre photo de Michel Dhainaut.

La disparition de Jules Hamonet.1952

Pendant l'Occupation, la profession de photographe peut rendre bien des services pour confectionner de faux papiers à des résistants. C'est ce que fera Jules Hamonet d'après le témoignage de son fils René (Ouest-France 6 août 2013).

Jules Hamonet exercera jusque dans les années d'après-guerre et en 1948 il tient encore son studio photo.

Le 29 janvier 1952, son décès brutal à l'âge de 63 ans surprend et attriste de nombreuses personnes. Sa nécrologie dans Ouest-France est élogieuse : "Jules Hamonet était un Briochin connu, une silhouette sympathique, un excellent camarade, jovial, serviable, toujours à la disposition des amateurs photographes dans les réunions, connu dans toute la campagne de la région où il allait "tirer" les mariages et noces d'or."

Décès Jules Hamonet. 31 janvier 1952 Ouest-France

Jules François Aimé Hamonet, fils (1913)

En avril 1913, va naître un fils, prénommé lui aussi Jules, comme son père, et qui deviendra photographe, comme son père.

Registre des naissances. Jules Hamonet. 1913 Archives départementales.

 Anecdote

Un souvenir raconté par M. Jean Pierre le 8 janvier 1998 dans Ouest-France : "Avec les fils du photographe Hamonet, on allait chasser les moineaux sur la colline de Brézillet".

Portraits individuels ou de groupes

Jules Hamonet, père, suivi par son fils aîné, se spécialisent dans les portraits en tous genres (photos d'identité ou artistiques). Ils réalisent les clichés en extérieur ou dans le studio du boulevard Hoche.

Ci-dessous, voici le portrait d'Alfred Dacquay, le vice-président des cyclotouristes de Saint-Brieuc, par Jules Hamonet. En tant que passionné de vélo, secrétaire puis trésorier de cette association, Jules Hamonet fils connait bien Alfred Dacquay ! Dans le milieu du cyclotourisme, Jules est surnommé "petit Jules Hamonet"

21 avril 1949 Ouest-France

Ci-dessous une autre photo de Jules Hamonet publiée dans Ouest-France en 1950 dans le cadre d'un article sur l'Amicale Cyclotouriste Briochine, une association qui lui est chère.

Photo Jules Hamonet dans Ouest-France 13 janvier 1950

Ci-dessous, un aperçu de différentes photos prises par Jules Hamonet pour illustrer les activités du club de cyclotourisme à partir de 1938 dans Ouest-Eclair et jusqu'en 1950 dans Ouest-France.


La photo ci-dessous évoque l'histoire de l'immigration italienne des années 1930  dans la région de Saint-Brieuc. Les Italiens de la ville et de ses environs posent en habit du dimanche. Une scène immortalisée... par le photographe Jules Hamonet.

Photo Hamonet. Le Télégramme 13 août 2014
Avant guerre dans Ouest-Eclair puis de 1947 à 1950, Jules Hamonet publie régulièrement des photos dans Ouest-France. Son goût pour les photos de groupes, au contact des gens dans les campagnes, peut s'exercer au travers de cette activité dans la presse. Cette activité semble avoir plus celle du père...

Photo Jules Hamonet 7 mai 1942 Ouest-Eclair

Photo de Jules Hamonet dans Ouest-France.16 juin 1949

Photos de sport ou photo de reportage

C'est à Jules Hamonet, père, que l'on doit cette photo d'un combat de boxe en 1921 dans la cour des établissements Buvat, rue Jules Ferry à Saint-Brieuc, preuve que la photo de reportage l'intéressait depuis au moins les années 20.

Photo publiée en 1957 dans Ouest-France

Jules Hamonet, dans Ouest-France, photographie le quotidien et les faits divers comme on le voit ci-dessous pour cet accident survenu à quelques pas de chez lui en 1938.

Jules Hamonet figure dans le répertoire des photographes professionnels en 1940, ce document est conservé par le Musée de Bretagne.

Image Musée de Bretagne


Un photographe pour l'histoire

Sa passion de la photographie conduit Jules Hamonet, fils, à photographier la Libération de la Ville de Saint-Brieuc le dimanche 6 août 1944. René, son jeune frère, évoque ce souvenir lors d'un entretien avec Ouest-France le 6 août 2013.

René Hamonet, frère de Jules, en 2013. Ouest-France 6 août 2013

René Hamonet, alors âgé de 13 ans, ne perd pas une miette de la scène historique qui se joue devant ses yeux. A ses côtés, son frère aîné Jules, photographe, capture l'arrivée des troupes alliées rue de Gouédic : "Jules photographiait, mon père filmait. Et moi, je suivais." Les deux frères n'échangent aucune parole ou presque avec les Américains à cause de la barrière de la langue mais "je me souviens d'un soldat qui nous répétait "no good", "ce n'est pas bien", en désignant les femmes tondues dans la rue."

Des Résistants à Libération de Saint-Brieuc 1944. Photo Jules Hamonet

Soldats américains à Libération de Saint-Brieuc 1944. Photo Jules Hamonet

Marcel et René Hamonet photographes

Deux autres frères Hamonet étaient photographes :

Marcel Hamonet est né le 30 avril 1918. Il exerce le métier de photographe très jeune avec son père, il est enregistré sous cette profession lors du recensement de 1936. Il se marie avec Simone Hamet en 1943 et le couple aura trois enfants Yann, Goulven et Gaël.

Acte de naissance Marcel Hamonet, fils de Jules. Archives départementales


On retrouve sa trace comme photographe au milieu des années, 32 et 60 rue Chateaubriand à Saint-Brieuc. Son épouse, Simone, travaillait avec lui. Marcel a eu aussi son magasin-atelier de photo au 3 rue de Trégueux, l'adresse mentionnée était parfois celle de la Croix-Perron, toute proche et bien connue des briochins. 

Ci-dessous, voici l'emplacement de l'ancien atelier photo Hamonet qui possédait une petite vitrine. Il a été remplacé par un bâtiment moderne où il y a eu un tatoueur, une clinique vétérinaire... C'est madame Hamonet qui s'est installé à la mort de son mari à cet endroit après 1952 pour continuer l'activité dans le domaine de la photographie. Elle assurait les prises de vues pour les portraits, photos d'identités. Elle s'occupait aussi de faire les retouches sur les photos.

Emplacement de l'ancien atelier Hamonet. Image Google-Street

En été M. Hamonet avait une boutique aux Rosaires (ci-dessous, on voit qu'il profite de ses périodes de travail aux Rosaires pour envoyer quelques lignes et une photo à Ouest-France, à l'occasion d'un concours de tir aux Rosaires, édition du 9 août 1955). 


Photo Hamonet 1955 Ouest-France

Marcel Hamonet a fini sa carrière à Quintin. Son épouse, Simone Hamonet est décédée en mars 2018.

Hamonet. Publicité 1965 Quitin Ouest-France

Hamonet. Publicité 1986 Ouest-France

René Hamonet, né en 1930 a également exercé dans la photo, il est décédé en janvier 2015 dans sa 85e année (en photo plus haut dans cet article).


D'autres photos de Jules Hamonet dans Ouest-France


Si vous avez d'autres renseignements sur l'activité du photographe Jules Hamonet ou sur la famille Hamonet à Saint-Brieuc, merci d'utiliser le formulaire de contact en laissant vos coordonnées pour que je puisse vous répondre. 

 

Le saviez-vous ?

Henri Moinet, un autre photographe a habité dans le quartier de Robien au 113 boulevard Hoche. Sa spécialité était le portrait. Il raconte qu'il prenait ses photos avec un Semflex, puis des amis artistes les retouchaient au crayon ou au pastel pour donner plus de relief...

Henri Moinet

 Le saviez-vous ?

Dans les photographes qui ont habité le quartier de Robien, on peut aussi citer Gaston Sévin, 12 rue Jules Ferry et M. Renouard. Leurs noms figurent sur une liste de demandes de commerçants et artisans pour maintenir, agrandir ou reprendre leur activité de photographe entre 1940 et 1945. 

 

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Sources

Archives de Ouest-Eclair et de Ouest-France (en particulier l'édition du 6 août 2013 avec l'interview de René Hamonet)

Archives municipales. Factures. Dossier 3 L 137. 

Archives départementales, série U. Registre du commerce de Saint-Brieuc n° 697

Généanet, fiche Jules Hamonet, cliquer ici

Site Généarmor, registre matricule, cliquer ici

Collections en ligne du Musée de Bretagne, cliquer ici

Cet article est cité dans "Portrait Sépia", un site dédié aux photographes, fiche sur Hamonet ici. D'autres photographes briochins sont à retrouver à partir du sommaire de Portrait Sépia.

L'histoire du vélo dans le quartier de Robien, cliquer ici

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...