jeudi 4 mai 2023

Les bistrots de Robien, rue abbé Garnier


 
 

Monsieur Callennec (le forgeron) et Josephine Callennec (débitante), devant le bar de la Croix Verte

 

 

LE CAFÉ DE LA CROIX VERTE, au numéro 3

A côté de la forge se trouvait le café de la Croix Verte.
Le café "A la Croix Verte", au 3 rue Abbé Garnier, est un bar très ancien du quartier de Robien. On peut le reconnaitre sur un détail d'une carte postale du début des années 1900.

Agrandissement d'un détail de carte postale.

En 1901, les propriétaires de ce débit de boissons, au 3 rue abbé Garnier, sont Jean et Louise Durand.

Ensuite le café "A la Croix Verte" a été tenu par Hippolyte Savidan et sa femme. C'est d'ailleurs le nom de SAVIDAN qui figure sur la carte postale ancienne.

A la Croix Verte Tenu par Savidan Café


Les Savidan vont céder leur affaire plus tard, dans les années 1930, à Joséphine Callennec dont le mari était maréchal-ferrant. 

Joséphine Callennec en 1945
 

Joséphine Callennec vendait aussi du tabac pour rendre service mais elle n'avait pas le droit de faire du bénéfice sur ce produit. Le tabac et les cigarettes venaient du café qui se situait en face de la passerelle piétonne, les propriétaires payaient une patente pour avoir le droit d'en vendre.

 

 

Témoignage de Madeleine Callennec

Madeleine est née le 11 novembre 1926. Elle raconte le Café de la Croix Verte dans les années 30-40. 

"Au Café de la Croix Verte, les gens y venaient pour boire un verre mais pas seulement. Le jeu de boules était très prisé à la belle saison.

Certains habitués venaient aussi pour se retrouver autour de ce qu’on appelait « le billard russe ». D’autres jouaient à la belote et les parties s’éternisaient le soir au grand dam de Fine (Joséphine) qui aurait bien voulu fermer. Mais on ne mettait pas les gens dehors…

Dans les habitués, Alphonse était un personnage, il exerçait la fonction de bedeau de l’Institut des Sourds, il sonnait l’angélus et tous les moments importants, il s’occupait de la chapelle et de l’entretien.

Les cheminots qui logeaient « au poste », juste à côté du pont des Sourds, venaient tous les jours".

 
Beaucoup plus récemment, à partir de 1970, c'est Maryvonne Noël qui est devenue la propriétaire du café de la Croix Verte. Tout le monde se connaissait dans ce bar et avait un surnom. « Mary Picsou » était celui de la patronne. 
 
Dans un article de Ouest-France du 8 janvier 1998, le journaliste donne la parole aux clients du bar : 
« On appelle la patronne comme ça, car bien que l’on soit des amis, elle nous pique nos sous. Heureusement, elle pique aussi ceux des impôts. Les employés sont clients. Maryvonne se souvient des grèves de 1989 : « Les revendications se sont négociées chez moi ».
 
Une partie de cet ancien bar est devenue une boutique de fleurs, d'abord tenue par Mme Callennec puis vendue à Mme Bouhezza. Cette boutique existait encore dans les années 1990.
 
 
L'ancien café de la Croix Verte. Photo 2020


Jusque dans les années 2000, le bar était le siège de l'Amicale des Médaillés Militaires de Saint-Brieuc.
Cet établissement reste malheureusement à l'abandon, juste à côté du restaurant italien Stella Maris, ouvert en 2003.
 

Bar de La Croix Verte, rue abbé Garnier. Carte postale vers 1900

 
Ancien Bar de La Croix Verte, rue abbé Garnier. Photo RF
 
 
 
 
LE CAFÉ MORVAN
 
Au début des années 1930, au carrefour de la Croix Perron à l'emplacement de l'espace vert, à côté de l'ex-salle de bains-douches, se trouvait "Le Café Morvan", tenu par Françoise Morvan (née en 1877 à St Donan). Son activité est mentionnée dans les recensements de 1931 et 1936. C'était le numéro 13 de la rue Abbé Garnier.
Plus tard, dans les années 1960, c'était une dame seule, Mme Baudet, qui tenait ce bistrot.
Monsieur Morvan, le propriétaire était conducteur des travaux à la ville de St Brieuc. Il a vendu le terrain et la maison à la Ville pour procéder à la modification de tout ce secteur qui a beaucoup changé. Il ne reste donc pas de traces de ce bar qui a été démoli en 1972.
 
 
Ancien bar "Chez Morvan", rue abbé Garnier

 
Sur la gauche de la photo, ancien bar "Chez Morvan", rue abbé Garnier


ANECDOTE
 
Jean Pierres, né en 1925, raconte dans un article de Ouest-France des souvenirs du Café Morvan. Il se souvenait que pour obtenir gratuitement une bolée de cidre au café Morvan, les mômes rendaient de menus services.



EN 1896 déjà !
 
Au lieu-dit "La Croix-Perron", en 1896 puis en 1906, au numéro 24, Jean-Louis Philippe était inscrit comme cabaretier. Il est difficile de situer cet établissement car les numéros et les lieux ont changé.
Théophile Geslin est également indiqué comme débitant en 1896.
 


Sources

Archives municipales, dossier de presse des années 1996 et 1998 avec des articles de Ouest-France. 

Archives départementales en ligne. Recensement de la population 1901, 1906, 1911, 1936.

Site internet, greffe du tribunal de commerce.

Merci à Françoise Debré pour la photographie de ses grands-parents M et Mme Callenec (forge et bar de la Croix Verte)

 
 
La tournée des bistrots de Robien continue ici...

Bistrots rue Jules Ferry 

Bistrots boulevard Carnot

Bistrots boulevard Hoche

Le bistrot rue de Robien

Bistrots rue Luzel

Bistrots rue de Trégueux




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lundi 10 avril 2023

Entreprise de transports Henri Demoulin, boulevard Carnot à Saint-Brieuc. 1914

 


 

En 1914, l'entreprise de transports et déménagements Henri Demoulin avait ses bureaux à la gare de la petite vitesse (gare de marchandise) dans le boulevard Carnot à Saint-Brieuc et Place Duguesclin. 

L'entreprise Demoulin travaillait avec la gare comme correspondant des chemins de fer) et avec le port du Légué pour les liaisons en direction du Havre ou de Bordeaux.

Les premières traces de cette entreprise sont deux factures datées de 1914.

 

Ci-dessous,une facture datée du 8 mai 1914 est adressée à la municipalité de Saint-Brieuc .

Henri Demoulin. Facture 1914. Archives municipales


Ci-dessous, on peut voir une autre facture adressée à la municipalité de Saint-Brieuc datée du 13 juin 1914.

Henri Demoulin. Facture 1914. Archives municipales

 

Ensuite, en 1917, on découvre une annonce qui indique que l'entreprise a pu avoir des problèmes du fait de l'époque troublée de la Guerre de 14-18 (mobilisation du patron ou des employés?). Il y est question de la vente aux enchères de deux moteurs "laissés en souffrance" chez M. Demoulin.

 

Vente Demoulin. 24 juillet 1917 Ouest-Eclair

L'entreprise a continué ses activités après la Guerre 14-18 comme le montre cette annonce passée dans la presse le 8 décembre 1929 et ce fait divers du 11 août 1930.



 En prenant un détail d'une carte postale ancienne du boulevard Carnot et en agrandissant, on voit distinctement l'entrée de l'entreprise Demoulin avec une sorte de petit kiosque vitré. Aucune construction n'a été réalisée à cet emplacement qui est de nos jours une cour avec des voitures à vendre...

Boulevard Carnot. Détail d'une carte postale. Collection André Bougeard.

 
 
Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...
 
 
 
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Sources

Recherches dans les archives de Ouest-Eclair


Archives municipales, factures 3L135

 

Carte postale André Bougeard

 

 

jeudi 6 avril 2023

La famille Descamps, des industriels forains en Bretagne

Cet article est lié au départ à l'histoire des fêtes foraines dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, puis plus largement aux autres fêtes foraines du secteur de Saint-Brieuc et de Bretagne. 

 

La famille Descamps est une grande famille d'industriels forains depuis le début du 20e siècle et a de profondes attaches en Bretagne.

Cet article est écrit à partir d'articles de presse et de recherches généalogiques, il ne prétend pas faire le tour complet de l'histoire de la famille Descamps et ne demande qu'à être complété.

 

Les origines

L'origine du nom Descamps désigne une personne qui vient d'un lieu-dit le Camp (le champ). On trouve le nom Descamps écrit également "Décamps"...

Dans la branche de famille Descamps de la région de Saint-Brieuc, on est forain de père en fils. Les grands-parents sont venus de l’Anjou, se sont installés en Bretagne. Les enfants ont choisi à leur tour la région de Guingamp et de Saint-Brieuc et s’y sont fait estimer.

Au début 1900, les Descamps voyageaient avec des voitures tirées par des chevaux loués à M. Birien de Binic. Le démontage était difficile mais il y avait des spécialités.

 

Les années 50 

Dans les années 50, on peut lire dans Ouest-France que Mme veuve Descamps, la plus ancienne des patronnes foraines, seconde encore son fils sur toutes les fêtes foraines de la région. Les fils suivent les traces  du père et du grand-père. Ils ont un matériel moderne, un éclairage électrique qui a remplacé l’acétylène. 

 

Une grande famille d'industriels forains

Dans la presse et dans les bases de données en généalogie, on trouve de nombreux membres de la famille Descamps chez les industriels forains de Bretagne :  

La première trace dans Ouest-Eclair concerne un monsieur Descamps, forain, ayant trouvé en 1927 sur la fête foraine de Saint-Nazaire, une bourse en métal argenté qu'il avait déposée au commissariat de police.

En 1952 à Lannion, on apprend que Michel Descamps, forain, né en 1921, doit payer une amende pour "défaut de carnet forain". Une contrainte que connaissent bien les marchands forains...

En 1954 à Yffiniac, pour la Fête des Choquards, "les attractions n'ont pas manqué et tous les habitués de la place étaient là, notamment autour de la famille de M. Baptiste Descamps" (Ouest-France du 22 novembre 1954).

En février 1961, "M. Jean-Baptiste Descamps", âgé de 53 ans, domicilié 36 rue des Fontaines à Pontivy est impliqué dans un accident avec des autos-tampons sur la fête foraine de Cesson.

Yffiniac 1954 Ouest-France

Manège Descamps Yffiniac 1954 Ouest-France

Autos-tamponneuses Descamps. 1972 à Pontivy



Ci-dessous, un document de 1969 publié dans le Facebook Fête foraine de Bretagne et d'ailleurs. L'attraction Les Avions est alors dirigée par Mme Jean-Baptiste Décamps inscrite au registre du commerce de Saint-Brieuc.


 

Ci-dessous un ticket pour des réductions à la Foire du Liège de Dinan en 1971 avec le manège d'avions Descamps. Document envoyé par Lorette Lafosse et publié dans le facebook "Fêtes foraines de Bretagne et d'ailleurs".

 

Le 8 janvier 1973 dans Ouest-France, on découvre avec stupéfaction que Constant Descamps s'est fait voler son ensemble routier tracteur-remorque  de huit mètres de long alors qu'il était stationné place Jules-Ferry où tous les manèges étaient installés pour les fêtes. La remorque a finalement était retrouvée à Kerfany et le tracteur à Quimper.

 

Généalogie

Eugène Descamps, marchand forain, né en 1887 et inhumé à Lorient en 1922. Père de Jean-Baptiste et Constant (ci-dessous). Fiche sur Généanet, cliquer ici

Jean-Baptiste Descamps (orthographié aussi Décamps), né en 1907, industriel forain, appelé Baptiste dans la vie courante et non Jean-Baptiste, directeur d'un manège de chenille en 1949 à Lorient (article dans la presse), décédé à l’âge de 61 ans en novembre 1968. Les obsèques ont eu lieu à Yffiniac et l'inhumation à Lorient. Dans le faire-part, on trouvait les noms de Albert et Michel Décamps et de M et Mme Eugène Couëffic... (fiche Couëffic, cliquer ici)

Constant Descamps, né le 9 novembre 1917 à Lorient, en activité dans les années 50 avec ses manèges dans le Morbihan, décédé le 29 juillet 1974. (fiche, cliquer ici)


Chez les Descamps, on trouve aussi :

Jean Descamps et Michel Descamps, forains.

André Descamps, fête foraine de Lorient en 1960

Raoul Descamps, né en 1928, décédé à Pommeret (22) à l'âge de 44 ans en mars 1972.

Jean-Baptiste Descamps, né en 1851, marchand forain, nomade, marié à Pabu en 1882.


 

Des photos de Mauricette Descamps

Mauricette Descamps est la fille de Maurice Descamps, industriel forain. Elle a publié plusieurs photos de sa famille dans le Facebook Forain d'autrefois.

Maurice Descamps devant sa loterie à St Dizier. Photo Mauricette Descamps

Maurice Descamps au centre lors d'une réunion syndicale. Photo Mauricette Descamps

Mauricette Descamps derrière son frère Robert.

Ci-dessous, Robert Descamps en 2009, il était né à Angers, avait tenu une loterie, puis il avait géré l'enseigne Chupa Chups sur les fêtes foraines dans les Ardennes, comme son grand-père il était devenu le président du syndicat des industriels forains de sa région. Il est décédé en 2015.

Robert Descamps, 2009, président du syndicat des forains (Hirson)


 

A suivre, d'autres familles d'industriels forains 

en Bretagne :

 

La famille Audroin, cliquer ici

La famille Chira, cliquer ici

La famille Coéffic, cliquer ici

La famille Drouet, cliquer ici

La famille Figuier, cliquer ici

La famille Greneux, cliquer ici

La famille Hoffmann, cliquer ici

La famille Mouton, cliquer ici

L'histoire de Romain Mouton, appelé le Père Mouton, cliquer ici

L'histoire de la famille Tricoire, cliquer ici 

L'histoire de la famille Watrin, cliquer ici 
 

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur les familles d'industriels forains de Bretagne, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page.

 

 

Pour lire l'article sur les Fêtes foraines à Robien et dans le secteur de Saint-Brieuc, cliquer ici

 

Pour retourner au sommaire du blog, cliquer ici

 

Sources

Nombreuses recherches dans les archives de Ouest-France et du Télégramme. 

Article de Ouest-France du 11 avril 1950 sur la famille Descamps

Site Généanet, famille Descamps, cliquer ici

Facebook "Forain d'autrefois", cliquer ici 


 

samedi 1 avril 2023

Maisons de lotissements à Robien, quartier sud de Saint-Brieuc

 

 

Les maisons construites dans le cadre de lotissements

Page du registre du conseil municipal 1927 Lotissement Weill


A la veille de la guerre 14-18, on trouve 172 maisons regroupées autour des quelques rues qui existent alors dans le quartier de Robien, et 52 maisons éparpillées ici ou là.

En 1931, on dénombre 477 maisons ; c’est le double. Cette augmentation importante est le fait d’une forte urbanisation organisée dans le cadre du développement de lotissements.

Le mouvement auquel on assiste est que les sols agricoles ont changé de fonction pour des projets de lotissements, surtout entre 1927 et 1939. Après une interruption pendant la Seconde guerre mondiale, ce mouvement s’est achevé entre 1952 et 1958.

 

Construire à Robien 1er juillet 1928 Ouest-Eclair


 

Les lotissements sans cahier des charges strict

L’année 1927-1928 marque à Robien le commencement des lotissements. Toutefois, il faut plutôt entendre ce terme de « lotissement » comme la possibilité de construire mais sans véritable unité architecturale dans des secteurs qui viennent à peine de s’ouvrir à l’urbanisation du moment.

 
1927 Lotissement ACCART
C'est le premier lotissement et il consiste en 18 lots à la jonction du boulevard Hoche prolongé et de la future rue de l’Ondine qui n’est pas encore baptisée ainsi.

1927 Lotissement WEILL. 
Le premier lotissement est le lotissement Accart mais la réalisation du lotissement Weill marque véritablement l’urbanisation du cœur de Robien. Le projet est abordé le 27 février 1927 en conseil municipal et validé par M. Touzet,  le préfet le 21 mai 1927, dans un document de 40 pages.
M. Jules Weill, propriétaire, demeurant 4 rue de Stockholm à Paris, est l'initiateur du projet dit de la "Métairie de Robien".

Monsieur Jules Weill est né à Muttersholz dans le Bas-Rhin le 14 juillet 1871. Il est marié avec madame Marguerite Bribourg, née à  Saint-Mihiel dans la Meuse le 4 août 1874.
 
Le lotissement Weill est constitué par un immense quadrilatère de près de 10 hectares, bordé au midi par le ruisseau du Gouédic, à l’ouest par la rue Jean Jaurès, à l’Est par la rue Anne de Bretagne, et traversé en son milieu par la rue du Pont Chapet. 
 
La désignation des parcelles de la section D fait référence aux termes anciens du cadastre : "Le jardin et les quartiers de Robien", terrains proches de la rue Sainte-Anne ; "La chénaie, le petit Robien, le Grand Robien, l’avenue et la petite côte (labours, avenue et pâturages)" ; "Le champ, le manoir, les caves et les Avenables", donnant sur la rue Anne-de-Bretagne.
 
L’ensemble est morcelé en 188 lots, chaque rue fait 12 mètres de largeur sauf la rue qui borde le Gouédic qui fait 16 mètres. Des arbres seront conservés dans la partie basse du lotissement : "Quant aux arbres anciens, qui au moment de la vente se trouveront sur ces lots choisis et acquis précisément à cause de la beauté des dits arbres, ils pourront ...être maintenus tels qu'ils existeront mais pendant la durée seulement de leur existence".
 
D'autres interdictions sont plus curieuses concernant l'interdiction d'édifier dans ce lotissement des établissements, commerces ou industries qui pourraient nuire aux voisins par leur odeur, bruit, émanations. Sont concernés un éventuel hôpital, sanatorium, hospice, dispensaire, établissement de nuit, maison d'aliénés, maison de tolérance... 
Les émanations anti-hygiéniques sont prohibées comme celles venant de tas de fumier, détritus...
 
Lotissement Weill 18 juillet 1927 Revue Bretagne touristique. Archives départementales

 


1932 Lotissement EPIVENT 
C'est un ensemble de 11 lots entre l’étang de Robien et la rue Jules Ferry. Des plans sont dressés à cette occasion.
 

 
 
 


 
1932 Lotissement CARRE-TANGUY 
Ce sont 54 lots situés de part et d’autre de la rue du Pré-Chesnay qui sera dénommée ainsi en 1935. 
 
 



1933 Lotissement ROBERT 
Au nord-est de Robien, 67 lots à l’angle de la rue Abbé Garnier et de la rue de Trégueux, traversé par la rue Bir-Hakeim, qui ne sera dénommée qu’en 1947. 
 
 
 


 
1933 Lotissement LAURENT
Au sud-ouest du quartier de Robien, 28 lots en contrebas du Tertre Marie-Dondaine.
 
 
1934 Lotissement LUCAS
M. Raymond Lucas vend un terrain qui va permettre de compléter le projet du lotissement Carré-Tanguy de 1932.




Lotissement rue du Pré-Chesnay. 22 avril 1934 Ouest-Eclair

 
 
1935-1936 Lotissement LAURENT
Un ensemble de maisons dans ce qui deviendra l'avenue des Tilleuls.


Remarque : En 1936, il n'y a ni rue ni construction dans le secteur qui deviendra l'avenue des Tilleuls. C’est la société « A et H. Laurent frères », (Alphonse et Henri-Marc Laurent) établie au 14 de la rue Jules Ferry, qui a fait établir cette rue à l’occasion de la création du lotissement.
Les autorités chargent la société "Laurent et frères" de terminer la rue dans les deux ans suivant la vente des terrains aux particuliers et des projets de constructions.
 
 
1936 Lotissement du CLOS DE ROBIEN. Il vient compléter, au sud-ouest, le lotissement Weill. Il est composé de 67 lots en étoile autour du rond-point d'où rayonnent les rues Louis Blanc, Jean Macé, Danton, Jean Jaurès et le boulevard Herriot. 
Le plan ci-dessous, daté de 1936, donne une bonne idée du développement du quartier de Robien dans cette partie sud.
 
 
Plan 1936. Lotissement de la ferme du Clos. Archives 22. Dossier 5M89


1936 Lotissement DEMOULIN : 13 lots, rue Jules Ferry et Camille Desmoulins. C'est par le rue Desmoulins que l'on pourra ensuite accéder au square Barillot quand il sera ouvert en 1955.
 
Pendant la période de la guerre et après-guerre, il n'y a plus de lotissements à se construire. 

1955 Lotissement du PRE-CHESNAY : complément du lotissement Laurent par 46 lots sur plus d'un hectare, rue des Tilleuls, de l'Ondine et du Sergent Béziers Lafosse.

 

 

Les lotissements à forte identité

Le quartier de Robien possède plusieurs lotissements bien identifiables, construits en particulier dans les années 30. Il s’agit en particulier des sept lotissements suivants, caractérisés par une forte unité socio-professionnelle et une unité de construction. 
Chaque lotissement fait l'objet d'une page particulière qui lui est consacrée, voir les liens utiles en bas de page...
 
LES LOTISSEMENTS DE CHEMINOTS
L’ensemble construit en 1931 par l’architecte Jean Fauny boulevard Paul Doumer, rue Louis Hélary, rue Anne de Bretagne et rue Denis Papin.

Les maisons de cheminots de la rue Cuverville dont il ne reste plus qu’une seule construction car les autres ont été détruites.

 
LES LOTISSEMENTS DES FORGES et FONDERIES
Les maisons construites pour des ouvriers des Forges et Laminoirs dans le boulevard Doumer. Ce sont de petites maisons aux toitures en tuile, en bord de route et en retrait.
 
Le petit lotissement de 10 maisons ouvrières impasse Béziers de la Fosse.
 
Le lotissement de la rue Chapelain de la Ville Guérin était appelé "Le lotissement de la poudrière". Le chantier est achevé un peu avant les années 50, dans une rue spécialement créée pour loger des ouvriers de Sambre-et-Meuse.
Les maisons de la rue Chapelain de la Ville Guérin sont bien reconnaissables car elles sont toutes construites sur le même principe avec des plaques de ciment. Cette technique a permis de bâtir très rapidement les logements concernés.
Habiter dans ces maisons était considéré comme une très grande chance et les ouvriers étaient tirés au sort pour savoir qui pourrait y loger.
 
Les maisons des contremaîtres des Forges et Laminoirs, au 2, 4 et 6 boulevard Vauban et rue Luzel.

Celles du boulevard Vauban ont des petits airs de chalets avec leur toiture très pentue. Leurs couleurs vives présentent une originalité dans le tissu urbain. Celles de la rue Luzel sont en pierres de taille et possèdent un étage. De petites maisons ouvrières devaient exister également en complément des maisons de contremaîtres mais elles ont disparu.
 
Après guerre, Rue Luzel, il existait aussi des chalets en bois confortables avec jardin. L'usine se situait alors entre le boulevard Carnot et le boulevard Hoche.
On peut aussi noter que dans la rue Jules Ferry, au 83, 85 et 85, trois maisons ouvrières semblables se suivent mais cela ne constitue pas, vu le nombre, un lotissement.

De même, dans les rues François Merlet et Robespierre, proches de la fonderie, on trouve de petites maisons ouvrières trop peu nombreuses pour que l'on parle de lotissement mais qui sont très ressemblantes.


UN LOTISSEMENT COMMERCIAL
Les maisons mitoyennes de la galerie commerciale (Habitat à Bon Marché) construite en 1928. C’est là que vous trouvez aujourd’hui la Crêperie Bleu Marine et le salon de coiffure, rue Aristide Briand. 
 
 
UN LOTISSEMENT DE BARAQUES EN BOIS
Le Tertre Marie-Dondaine n’est pas un lotissement au sens classique du terme mais il en possède plusieurs caractéristiques : les habitations sont très rapprochées, situées sur un espace bien identifié, elles ont une unité de style reconnaissable (des baraques en bois, de la même taille, construites avec les mêmes matériaux), elles disposent d’un petit jardin potager.
Cet ensemble de baraques a été créé par le propriétaire de la scierie  pour ses employés sur le tertre Marie Dondaine. Les baraques étaient construites avec les matériaux de la scierie. Progressivement d'autres personnes sont venues y habiter.
On note dans les professions des chefs de famille du Tertre en 1936 : trois manœuvres, un mouleur aux forges et laminoirs, un chiffonnier, un cimentier, un rémouleur...
 
 
CONCLUSION
 
Plusieurs lotissements de Robien sont créés par les deux grands employeurs « historiques » du quartier des secteurs du chemin de fer et de la fonderie. Ils sont donc très marqués par une population ouvrière. Ils ont pour but de rapprocher les ouvriers et leur famille des principaux lieux de production et d’emploi du quartier à savoir la gare et les fonderies.
 
 

Le saviez-vous ?

 

En mars 1949, M. Armand Vallée, ancien adjoint au maire de Saint-Brieuc et père de l’abbé Vallée, reçoit le Légion d’Honneur au titre du Ministère du Travail.

M. Vallée créa en 1902, avec M. Francis Guyon, la Société Coopérative des Habitations à Bon Marché (H.B.M) à Saint-Brieuc.

Des prêts étaient octroyés aux demandeurs et cette société a ainsi permis à de nombreux ouvriers de devenir propriétaires de leur maison avec un jardin.

(D’après un article de Ouest-France du 12 mars 1949)


 


Racontez-nous votre maison dans un lotissement

Sur le site, plusieurs articles ont déjà présenté certains ensembles de maisons qui forment des lotissements originaux, mais racontez-nous aussi comment vous vivez dans ces lotissements :
Connaissez-vous les dates de construction, l’architecte ? Ce lotissement a-t-il été construit pour une population particulière (ouvriers d’une usine par exemple). Est-ce que la proximité des habitations dans ce lotissement est source de problèmes ou d’enrichissements ? S’est-il passé des événements importants dans votre maison ? Dans votre lotissement ? Comment cette maison a-t-elle évolué au fil du temps (extension) ? Quelles sont les contraintes lorsque l’on souhaite rénover ? Etes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?


Autres articles à propos des lotissements dans ce blog

 
Dans la rubrique "L'habitat ouvrier à Robien et les lotissements ouvriers" :

 

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Sources

Recensement 1936, archives départementales.
 
Anciens journaux du CAR (février 1992 pour le lotissement de la Poudrière) 
 
Avec les contributions de Claude Corack, Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Xavier Pageot, Claude Le Sayec, Mary Simon, Guillaume Agouf...
 
 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...