vendredi 15 novembre 2024

Magasin de cycles Blouet-Hinault. Quartier de Robien à Saint-Brieuc. 1975-2022

 


Magasin Blouet, rue de Trégueux. Photo André Bougeard

Daniel Blouet, le champion de Bretagne de cyclo-cross a eu une une longévité exceptionnelle comme commerçant dans la rue de Trégueux. En 1975, après sa carrière de coureur, il a ouvert un magasin de cycles, près de la Croix-Perron. Une reconversion de passionné. 

Daniel Blouet faisait la Une de la presse et le public était enthousiaste quand il participait à une compétition. (voir les photos ci-dessous du 23 janvier 1973)

 

Daniel Blouet : champion de Bretagne de cyclo-cross 1973

Daniel Blouet récompensé.

 


En 2011, Hinault (qui déménagera en 2015 dans le boulevard Carnot) a remplacé Blouet et c'est une longue histoire, racontée dans un article de Ouest-France daté du 26 avril 2011:


Magasin Sébastien Hinault, rue de Trégueux. Photo André Bougeard.


"Derrière le comptoir de Daniel Blouet, des coupures de presse racontent les exploits de Sébastien Hinault. Vainqueur d'étape dans les grands tours, 9e de Paris-Roubaix, etc. Dans l'atelier, un mur de photos. On voit Sébastien, 7 ou 8 ans, avec son premier vélo demi-course. Cadeau de Noël. Il est rouge, c'est un Blouet.

Hinault père et fils, Blouet père et fils : tous ont couru. C'est une longue histoire, dont le fil se déroule toujours. Aujourd'hui encore, la petite échoppe de la rue de Trégueux accueille régulièrement les vélos du champion, qui vient en familier dans l'arrière-boutique.  

Daniel Blouet, l'ancien champion de cyclo-cross, vibre depuis quinze ans au rythme de la carrière de Sébastien. À l'heure de prendre sa retraite, il sait que son affaire tombe entre de bonnes mains. Le champion va prendre le relais. Mais comme, à 37 ans, sa carrière joue de savoureuses prolongations, il ambitionne de courir le Tour et de signer un nouveau contrat, le coureur de Trémuson ne sera pas en première ligne dans un premier temps.

C'est son épouse Laurence, ancienne compétitrice, qui tiendra le magasin". 

 


 

Il faut parler aussi de Daniel Hamonic, par exemple à l'occasion d'une cérémonie presque familiale, relatée dans Ouest-France, qui s'est déroulée en 2006, chez Daniel Blouet, commerce et réparation de cycles, rue de Trégueux. Daniel Hamonic, l'unique salarié de l'entreprise, y recevait la médaille du travail pour vingt ans de bons et loyaux services. À 15 ans, il signe un contrat de préapprentissage, en alternance. Quinze jours d'école, quinze jours d'atelier chez la famille Blouet.

 

Daniel Blouet, à gauche, remet un diplôme à Daniel Hamonic. Photo Ouest-France 2006

 

En 2015, Sébastien Hinault déménage dans le boulevard Carnot. Il développe et modernise son commerce jusqu'à la fermeture en septembre 2022...

 





Un autre commerce de cycles à Robien : 

Cyclomoteurs Chauffour

 

Michel Chaufour, marques Peugeot, Boréal, Flandria, 95 rue Jules Ferry.

L'histoire des magasins de cycles Chaufour commence à Saint-Brieuc à la fin des années 20, avec Joseph Chaufour qui ouvre un commerce de cycles et réparation au 18 rue de Gouédic. Les deux fils, Georges et Michel vont travailler dans l'atelier de leur père, comme Jean Landel, un ouvrier.

Joseph Chaufour. 17 juin 1961 Ouest-France

Stéphane Le Roux se souvient de ce magasin mais surtout d'une publicité : "Dans les années 70, dans la rue de Gouédic, il y avait, sur un pignon, une publicité pour le magasin de cycles Chaufour. On y voyait un motard des années 20, tout encapuchonné, qui fonçait bien recroquevillé sur sa moto".

A la fin des années 60, Michel Chaufour décide d'ouvrir son propre magasin et de s'installer au bout de la rue Jules Ferry, au numéro 95. 

Le magasin bénéficie des annonces du réseau Peugeot dont les mobylettes sont beaucoup vendues à cette époque.

Chaufour en bas à droite de cette liste. Ouest-France 4 décembre 1969


Guylaine Quéméner qui habitait le quartier a gardé un souvenir de ce magasin : "Chez Chaufour, il y avait un mainate qui disait "Bonjour" ou "Eh ben, c'est pas rien! ".

"Les Cycles Chaufour, 95 rue Jules Ferry" était une adresse bien connue dans le quartier et à Saint-Brieuc.



 

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Sources 

 

Merci à André Bougeard pour ses photos prises dans le quartier depuis des années.

Recherches dans les archives de Ouest-France

Archives municipales de Saint-Brieuc. 

 

Prolongements

L'histoire des commerces de Robien est passionnante mais le commerce y est toujours bien vivant. L'activité des commerces d'aujourd'hui est à retrouver sur le site du comité de quartier en cliquant ici

 

 

 

 

lundi 11 novembre 2024

Visite à l'usine Saint-Brieuc, rue Jules Ferry à St Brieuc, 9 octobre 2024.

Cette visite ouverte au public s'est déroulée dans le cadre de l'opération La Baie des Sciences le 9 octobre 2024. 

Ces photos de Philippe Colas sont publiées avec son autorisation et nous le remercions.

Ce reportage complète celui déjà réalisé le 30 novembre 2022 que l'on peut retrouver en cliquant ici 

Les personnes présentes ont eu droit à un historique détaillé sur une activité industrielle qui a souvent changé de propriétaire...La présentation et la visite, très documentée, était menée de main de maître avec le sourire et beaucoup d'humour par un cadre de l'entreprise.

 

Fabrication des moules

La confection des moules n'est pas le moment le plus spectaculaire du travail de la fonderie mais c'est essentiel pour fabriquer les pièces comme cette ancre de marine ci-dessous. 


 

 

Atelier de confection des moules




Le métal en fusion 



 




Vue d'ensemble des ateliers


 


 
 
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Si vous avez des questions sur cet article merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite...

 

Pour continuer de s'informer

Visite détaillée du 30 novembre 2022, cliquer ici  

Site de Saint-Brieuc Fonderie, cliquer ici 

Un dossier complet du Comité d'Animation de Robien sur les questions d'environnement liées à Saint-Brieuc Fonderie, cliquer ici

 

dimanche 10 novembre 2024

Le Pré-Tizon, une rue puis une impasse dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc

 

Le lieu-dit « Le Pré-Tizon » est connu depuis le XVIIe siècle. M. Jules Lamy, propriétaire d'une maison en ce lieu, possédait des actes de vente, notamment un de 1791, concernant la métairie nommée Le Pré-Tizon, « située au haut de la rue Cordière, sur le chemin allant de  Saint-Brieuc à Ploufragan ». Ce Pré-Tizon s’écrit avec un z dans ces actes.

 

Les premiers plans mentionnant le Pré-Tizon

Le Pré-Tizon, c'était déjà, avant 1800, un village qui se trouvait à l’entrée de Saint-Brieuc et qui se continuait par la rue Cordière. Il désignait tout ce qui se trouve aujourd'hui rue Cuverville, rue Luzel et jusqu'à la rue du Pré-Chesnay.

On trouvait souvent écrit ce lieu-dit "Pré-Tison" avec un s.

"Le prétison" aux environs de 1800. Archives municipales 3Fi301

"Le Pré Tison". Plan 1814-1847

"Prétison". Plan 1847

En 1862-1863, la voie de chemin de fer va couper la continuité de la rue Cordière avec la rue du Pré-Tizon et les deux vont devenir des impasses.

Sur le plan ci-dessous, on voit l'emprise de la voie ferrée en bleu.

 

Le plan ci-dessous est daté de 1865. Il a été dressé suite à une demande d'autorisation pour installer un dépôt de pétrole par M. André. On distingue 7 propriétés bâties au Pré-Tison et le nom de trois propriétaires : Simon, Leroux et Leroux Jean.


Plan 1865 Archives départementales. Comité d'hygiène

 

 Plan ci-dessous de 1873, deux bâtiments sont clairement indiqués dans le secteur du Pré-Tizon

 

Archives départementales, installations classées. 5M49

On voit distinctement, sur le plan ci-dessous de 1892, la coupure entre la rue Cordière et celle du Pré-Tizon.

Plan de 1892. Pichard. archives municipales

 

Les maisons du Pré-Tizon


Le Pré-Tizon. Plan de 1897 avec quelques maisons représentées.

Dans le recensement de 1906, il y avait 10 maisons et 91 habitants au Pré-Tizon. Le nombre de maisons ne changera pas beaucoup car la place manque dans cette impasse dont un côté est occupé par l'arrière des jardins de la rue Pierre Sémard.

 

Dans l'impasse, à l'arrière, 14a et 14b

Les deux petites maisons basses de l’impasse, au 14 a et 14 b sont celles où habitait M. Jules Lamy, le grand-père maternel de Claude Le Goaster qui a fait effectuer des travaux de rénovation dans ces bâtiments autour des années 2020. Ces maisons datent d’environ 1900. 

Mais certaines pierres sont très anciennes et ouvragées : leurs arrêtes vives ont été taillées en chanfrein. 

Elles pourraient dater du 16e. Sont-elles des pierres de réemploi venant d'une autre construction ou des pierres d'origine du premier bâtiment construit, il est difficile de trancher mais la seconde proposition semble la plus plausible...

 

Bâtiments du numéro14.A et 14.B, impasse du Pré-Tizon. Photo RF

Porte d'entrée du 14.B impasse du Pré-Tizon. Photo RF

 

Des pierres ouvragées pouvant être du 16e.


Les petits appentis en face des maisons étaient des celliers car les maisons n’avaient pas de caves.

Impasse du Pré-Tizon. Photo RF

La maison du numéro 16 est elle aussi ancienne, d’environ 1900.

 

Le long de l'impasse, la plus proche de la voie ferrée

La maison, peinte en bleu, a été restaurée à une époque récente mais que l'on ne s'y trompe pas, c'est aussi une maison ancienne, comme les autres de l'impasse. Elle est identifiable sur le plan de 1873 présenté ci-dessus. Trois ou quatre familles y logeaient autrefois.

L'arrière de la maison, comme pour la longère dans son prolongement, donne directement sur la voie ferrée au nord et la façade est plein sud.

Impasse du Pré-Tizon. Photo RF
 

Comme souvent dans le quartier, cet ensemble de maisons bénéficiait d'un puits qui a d'ailleurs été comblé dans une période récente.

Sur le plan ci-dessous de 1912, le puits est figuré par un petit cercle.


 

Souvenirs

 

« Ce puits du Pré-Tizon était bien de plus d’un mètre de diamètre, avec une margelle tout près du sol. Au dessus il y avait un cerisier. Il était déjà bouché dans les années 70

                                                          Stéphane Le Roux

 

La maison du numéro 12 

 

La maison du 12 de l'impasse du Pré-Tizon. Photo RF

 

Si on reprend l'acte de vente de cette maison du numéro 12, on peut retrouver les propriétaires successifs.

La plus ancienne propriétaire est Françoise Le Mée, épouse de Jean Le Roux. Elle a acquis ce terrain par sa mère le 23 janvier 1837 et le transmet à sa fille le 25 avril 1842.

Jeanne-Marie Le Roux, épouse de Jacques Le Mée transmet à sa fille « la dite pièce et la dite maison »  le 28 mars 1872.

Joséphine Le Mée, en religion sœur Philomène de l’ordre du Saint-Esprit vend ce bien à Pierre Eugène Marcq le 1er mars 1895.
Sur le terrain devaient donc se trouver un ou des bâtiments qui ont été démolis.
 

Pierre Eugène Marcq vend à Marie-Joseph Guinard, entrepreneur, le 21 novembre 1902.

Henri Marie Joseph Guinard, vend en 1912 à  Yves-Marie Le Calvez, aiguilleur aux chemins de fer de l’Ouest et Mme Marie Perrine Prat, son épouse. La maison de 1902 est construite en pierre et couverte en ardoise. Elle comprend deux pièces au rez-de-chaussée, et à l’étage, deux chambres à coucher et un cabinet grenier au-dessus. On a aussi deux celliers-buanderie et des cabinets d’aisances dans le jardin. La propriété est enregistrée dans la section E numéro 1274.

1912 à 1971, propriétaires : Mathurin Collet, employé de chemin de fer et Mme Mathilde Gilles, son épouse.

1971 à 2013, propriétaire : M et Mme Le Roux.

2013 à 2021, propriétaires : Mme Turban.

Cette maison est toujours habitée.


Les habitants du Pré-Tizon


Dans le recensement de la population en 1881, on trouve au Pré-Tizon deux forgerons, Jean Métayer et Jean Lebreton ; deux employés de la gare et des chemins de fer, Pierre Minard et Joseph Gosset ; quatre cultivateurs, Jean Le Roux, Toussaint Le Roux, Jean Simon, Toussaint Le Mée ; un laboureur, Ange Simon.

 

Le Pré-Tizon. Recensement 1906. Archives départementales

Dans le recensement de la population en 1906, on trouve au Pré-Tizon 10 maisons et 91 habitants, ce qui est assez considérable pour quelques maisons. 

On peut remarquer la présence de Pierre Gicquel qui exerce la profession de cultivateur ; Pierre Poilpot et Yves Geldon, charretiers. Les employés de la compagnie des chemins de fer de l'Ouest sont représentés en nombre  avec Yves-Marie Le Cavez, Marie-Joseph Lemoux, Jean-François Salou, Jean Renaud, Julien Provost, Pierre Fromentin, Julien Hellio (retraité) et Jean-Marie Marhic.

Les femmes sont souvent ménagères ou couturières. On trouve aussi Louise Lebreton, une brossière aux établissements Pitet qui se trouvent à proximité.



Des habitants du Pré-Tizon au conseil municipal

 

En décembre 1913, une intervention de deux habitants du Pré-Tizon, en séance du conseil municipal, vient rappeler que la proximité immédiate des Forges-et-Laminoirs devait représenter une nuisance. Ces habitants "demandent qu'un silencieux soit établi pour l'évacuation des vapeurs de l'usine pendant la nuit, afin de ne pas troubler le sommeil des habitants". Le patron est d'accord pour remédier à ce problème. (Ouest-eclair 1er décembre 1913)

 

Avec ce plan ci-dessous sur la densité de la population en 1935 dans le quartier de Robien, on voit les maisons construites dans le secteur du Pré-Tizon.

Plan 1935. Archives municipales 5Fi188

Des habitants du Pré-Tizon victimes des guerres


Trois habitants du Pré-Pizon sont décédés pendant la Guerre 14-18 et un autre est mort des suites de sa captivité.

Il suffit de cliquer sur les noms en bleu pour accéder à leur fiche militaire.

Jules Briand, Pré-Tizon, tué le 18 mai 1916 (né le 29.07.1895 à Saint- Brieuc)

Jean-Baptiste Liscouet, Pré-Tizon, tué le 22 avril 1915


Pierre-François Moulin, Pré-Tizon, soldat au 110e d'artillerie lourde, 21 novembre 1917, mort de ses blessures.Il était le frère de Francis Moulin, lui aussi tué en 14-18.


M. Geldon a été prisonnier de guerre et il est décédé des suites de sa captivité pendant la Seconde guerre mondiale.

 

Le Pré-Tizon à Saint-Brieuc, 2020. Image Google-Map

 

Souvenirs, souvenirs

 

Voici quelques souvenirs de famille rassemblés par Stéphane Le Roux qui est d'une troisième génération ayant vécu au Pré-Tizon.

« Mes grands-parents Le Hesran habitaient dans l’impasse et ma mère y est née en 1943. Plus tard, en 1971, elle est revenue dans le quartier et, avec mon père, ils ont acheté la maison de Denise Collet au numéro 12 de l’impasse du Pré-Tizon. C’était comme un retour aux sources. Mon père a fait des travaux pour mettre du confort dans cette maison qui n’avait pas d’eau courante, de salle de bain et de sanitaires à l’intérieur. Mon grand-père Honoré Le Hesran travaillait aux ateliers municipaux, il conduisait les chevaux.

 

La maison du 12 de l'impasse du Pré-Tizon. Photo RF

De mon côté, j’ai grandi enfant dans l’impasse, on faisait du vélo mais quand je jouais au ballon c’était souvent tout seul car il n’y avait pas beaucoup d’enfants. J’allais à l’école Guébriant en maternelle et à Hoche en primaire. Après l’école, ma mère me donnait une liste et j’allais faire les courses chez les commerçants du quartier. »

 

Ci-dessous, on peut remarquer la structure de l'ancien bec de gaz qui dépasse encore de la façade en 1974. 

En 1974, M et Mme Le Roux dans l'impasse du Pré-Tison

 

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Sources

Archives départementales en ligne. Recensement de la population 1901, 1906, 1931 (vue 576), 1936 (vue 352). 

Les rues de St Brieuc. J.B Illio 1947.

Gallica, plans de la Bibliothèque Nationale en ligne (1902). 

Archives de Ouest-Eclair et de Ouest-France. 

Mémoire en images. Saint-Brieuc 1990-1950 Alain Lamour

Entretiens et correspondances avec des habitants et d'anciens habitants de l'impasse du Pré-Tizon, merci à Claude Le Goaster, Stéphane Le Roux et à M et Mme Monnier.

 

 




L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...