lundi 25 mai 2026

Maison 1940-1941, architecte Paul Rolland, 15 rue Louis Blanc à Saint-Brieuc

 

Plan de Paul Rolland pour la famille Renaud, rue Louis Blanc à Saint-Brieuc 19 octobre 1940
Dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, une élégante maison d’architecte dont les plans datent de 1940, se trouve 15 rue Louis Blanc, en descendant sur la gauche, vers l’étang de Robien. Elle est l’œuvre de l'architecte Paul Rolland, de Saint-Brieuc, associé alors avec M. De Jaegher. 

Les différents propriétaires
La maison, achevée en 1942, est construite pour les premiers propriétaires M et Mme Maurice Renaud, industriel. En octobre 1956, Mlle Marie-Claude Renaud, la fille de M et Mme Renaud, se marie avec M. Gérard Sauër, directeur technique de l'entreprise de pinceaux Raphaël et par la suite M et Mme Sauër deviennent propriétaires de cette maison.
Mariage Renaud-Sauër 16 octobre 1956 Ouest-France
Après la famille Sauër, dans une époque plus récente, la maison a été rachetée
par Catherine et Pierre-Yves Pondavenen, entrepreneurs à Pordic, qui en ont conservé les attributs d'origine. De petites modifications ont toutefois été apportées comme la suppression d'une cheminée à l'intérieur, une isolation par l'extérieur de la façade sur rue...
Ils ont baptisée en breton leur maison "Hiboud an aven", ce qui signifie "Murmure de la rivière".
Plaque actuelle de la maison

Plaque d'origine de la maison.
Un projet global
Dans ce projet tout est pensé du global au détail. Ainsi le dessin, daté du 19 octobre 1940, représente la maison avec sa façade sud-est totalement intégrée avec l'environnement proche avec l'étang au premier plan. Ce n'est pas une construction hors-sol mais tout au contraire elle est conçue comme un élément au sein du paysage.
Photo de l'étang vu du parc de la maison
De même, en consultant les plans et esquisses préparatoires, il est intéressant de voir que tout a été pensé dans les moindres détails au niveau de l'agencement, des petites innovations souhaitées par les propriétaires. L'architecte Rolland a essayé de tout réunir dans un même projet. 
 
Côté rue
Cette élégante maison néo-bretonne, influencée par le courant Art-déco, présente deux faces bien distinctes, avec du côté rue de discrètes ouvertures. Un parement de pierres donne une touche néo-bretonne à l'édifice. Quatre pans de toitures triangulaires de différentes tailles viennent rompre avec le côté trop imposant de l'ensemble en ardoise. Au niveau visuel, le jeu avec les différentes ouvertures, souvent de tailles réduites, est du meilleur effet. Les six petites ouvertures quasiment au ras du sol répondent aux quatre petites fenêtres et à la niche positionnées en horizontal.

Dessin de l'architecte Paul Rolland
A l'arrière
A l’arrière, dominant l’étang, la maison est dotée de larges baies pour que les propriétaires puissent profiter de la belle vue sur l'étang qui, à l'époque, était très vaste. 

Vue sur l'étang de la maison rue Louis Blanc à Saint Brieuc. Photo RF
Sur le balcon à l’arrière, un brise soleil a été pensé à l'origine. Il n'est pas fréquent de rencontrer un tel agencement dans une maison des années 40, ni même à une époque plus récente !
Un escalier partant de la terrasse permet astucieusement d'accéder
au niveau du jardin.
Terrasse donnant sur un escalier vers le jardin.
La vue offre un véritable bain de nature aux habitants de cette maison.

Sur les côtés, coupes transversales.
Dans un tel projet, les vues de la maison sur les côtés ne sont pas négligées. En raison de la dénivellation importante du terrain, un soin particulier est apporté au pignon sud dont la silhouette est très élégante.  
 
Les plans en coupe sont aussi intéressants car on y voit bien les deux niveaux d'habitation avec le positionnement des deux cheminées, les combles et le sous-sol.

On note la présence des deux cheminées sur ce plan.
Les plans des trois niveaux
Le 9 juillet 1941, les plans des trois niveaux sont dressés.
Les plans de l'étage font apparaitre les trois chambres et une salle de bain. 
Sur le second plan, on voit que l'on rentre dans la maison par un vaste hall très lumineux, bien dégagé ouvrant avec une large porte vitrée sur un grand "living room" qui lui-même donne sur le balcon avec une vue imprenable. Plus discret est le "fumoir", sorte de bureau où on peut recevoir peu de personnes dans un espace restreint. A l'origine, la cuisine est fermée mais les propriétaires actuels la modifieront pour qu'elle s'ouvre sur le balcon.
Au sous-sol on trouve le garage, la cave, la chaufferie et "le fruitier", en terre battue qui sert à la conservation des fruits et légumes.
Le soucis du  détail
Un travail de recherche daté du 12 mai 1940 est esquissé par Paul Rolland pour concevoir une "porte bretonne, motif rouet breton ou gouvernail avec motifs celtiques". Dans les faits, ce sera un deuxième type de porte au style plus épuré qui sera fabriqué et installé d'après un dessin réalisé le 18 juillet 1941.
Projet non réalisé. 12 mai 1940

Projet de porte réalisé. 18 juillet 1941
De même, dans un croquis, Paul Rolland, fait des propositions sur les rideaux, l'éclairage, les corniches, les plinthes, et une  "glace murale reflétant la baie en face et agrandissant la salle".
Un placard sous une fenêtre est dessiné le 13 mars 1941, en attendant l'accord des propriétaires.
80 ans plus tard, ce carrelage noir et blanc dans le vestibule est encore du plus bel effet et se marie bien avec une décoration contemporaine. 
Étude du vestibule. 14 mars 1941
Sur proposition de M. Renaud, l'architecte établit un croquis pour construire un garde-manger "sous l'allège de la fenêtre de la fenêtre de la cuisine".
A l'extérieur Paul Rolland
propose un portail avec des motifs bretons et des boules surmontant les piliers. 

L'architecte Paul Rolland
Avec cette maison rue Louis Blanc à Saint-Brieuc, l'architecte Paul Rolland réussit un coup de maître. Paul Rolland a conçu d’autres maisons particulières à Binic, Étables, Saint-Quay-Portrieux, Plouézec. Mais celle-ci est remarquable car son talent a sans doute pu s'exprimer dans un projet où les futurs propriétaires avaient des moyens financiers conséquents.
Après-guerre Paul Rolland s'est surtout fait remarquer par la conception de nombreux édifices publics comme des écoles, des mairies, des perceptions...
Un article complet est à découvrir dans ce blog sur Paul Rolland en cliquant ici
Signature de Paul Rolland sur un plan. 18 juillet 1941

Voir aussi dans ce blog
Les maisons d'architectes à Robien, cliquer ici
Abécédaire des architectes à Robien, cliquer ici
Sources
Archives personnelles de Pierre-Yves Pondaven, propriétaire de maison de la rue Louis Blanc.
Histoire de la famille Sauër, cliquer ici
 
Si vous avez des remarques ou d'autres éléments à communiquer sur cette maison (propriétaires, architecte...), merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.
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Des expertises sur la passerelle de Robien à Saint-Brieuc, avril 2026

Le 13 avril 2026 il y avait foule sur la passerelle qui traverse la voie ferrée reliant le quartier de Robien au centre-ville, et utilisée également par les voyageurs de la SNCF.

Il était procédé à des expertises pour faire avancer le dossier des malfaçons constatées par tout le monde sur ce chantier : dalles présentant des fissures, contre-marches rouillées, stagnation des eaux de pluie sur la passerelle, soudures cassées des mains-courantes etc...

Les marques de rouille. Photo RF

D'autres marques de rouille qui impressionnent tant le métal semble rongé, et sur des dizaines de mètres !
Les 14, 15 et 16 avril, d'autres investigations étaient en cours...

14 avril 2026 ; Photo RF

14 avril. Carottage sur une dalle du côté Robien. Photo RF

14 avril Carottage sur une marche

14 avril. Explorations  au niveau de l'écoulement d'eau
15 avril. Photo RF
15 avril. Photo RF

Vous pourrez peut-être voir de curieuses marques ici ou là, ce sont des traces de ces relevés...


Le 11 mai 2026 Ouest-France publiait un article indiquant que le Conseil d'Etat déboutait GTM Ouest (une filiale du groupe Vinci) qui réclamait le recouvrement du solde des travaux effectués pour Saint-Brieuc  Agglomération (plus de 2 millions d'euros)... C'est la troisième décision de justice qui donne raison à l'Agglomération.

11 mai 2026 Ouest-France
L'autre sujet récurent est celui des ascenseurs en panne sur cette même passerelle. Rappelons que ces pannes à répétition ont un impact sur les personnes qui prennent le train avec des valises lourdes qu'elles doivent porter sur une quarantaine de marches, sur les parents avec des poussettes et leurs enfants en bas âge, sur les personnes à mobilité réduite qui n'ont aucune solution pour traverser la voie ferrée ! 

Rappelons aussi que c'est Saint-Brieuc Armor-Agglomération qui a la responsabilité de cette passerelle, non la SNCF ou la mairie... Les usagers attendent des élus une prise de conscience de l'image désastreuse que cela donne de la ville-centre et des désagréments importants que cette situation génère. Évidement tout le monde attend aussi que les élus apportent des solutions durables, pas ponctuelles !

Les habitants du quartier de Robien sont bien placés pour constater la fréquence des pannes des ascenseurs de cette passerelle et des grincements qui nous font parfois penser que l'on est dans l'ascenseur d'une maison fantôme ! Ne parlons pas de la saleté !

Où voit-on autant de déjections de pigeons ?!
Au printemps, après avoir été hors d'usage pendant plusieurs semaines, ils ont été de nouveau en panne, seulement quelques jours après leur remise en fonction ! Pendant le long week-end de la Pentecôte 2026 avec le festival Artrock, les deux ascenseurs du boulevard Carnot et Charner ainsi que pendant l'épisode ce canicule de fin mai, étaient en panne !

Les réparateurs interrogés constatent l'usure et la dégradation de différentes pièces. Ils soulignent l'absence de vidéo protection réelle. En effet celle qui existe serait factice, elle ne serait reliée à aucun centre de surveillance ! Si cette information est exacte, elle laisse sans voix ! Est-ce qu'une surveillance vidéo pourrait dissuader certaines personnes mal intentionnées ? On pourrait presque se demander si ce sont des ascenseurs neufs ou d'occasion qui ont été installés sur cette passerelle à l'origine en 2017? Mais arrêtons de plaisanter, vite il faut des solutions !

Les rampes

Si ça faisait rire on pourrait s'amuser de l'évolution des rampes, déjà rafistolées avec du ruban adhésif, qui tombent et finissent par disparaitre comme en cette fin du mois de mai 2026 !

La rampe penche !

La rampe pique du nez !

La rampe est enlevée !

Richard Fortat 29 mai 2026

L'article ci-dessous paru dans l'édition de Ouest-France du 5 octobre 2023 montre bien que ce problème n'est pas nouveau !

Si vous avez des documents ou des témoignages à partager, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.  

Un autre article à lire dans ce blog sur l'histoire de cette passerelle et de la passerelle Harel-de-la-Noë qui l'a précédée, cliquer ici

 

Retour au sommaire du blog de l'histoire de Robien, ici

 

jeudi 21 mai 2026

André Coupé (1932-2009), artiste et habitant du quartier de Robien à Saint-Brieuc

André Coupé caricaturé par Len en 1971

André Coupé (1932-2009) est un artiste de Saint-Brieuc qui était bien connu, une figure incontournable. Dans le quartier de Robien où il habitait, il avait décoré l’extérieur de sa maison de deux grandes fresques murales. C’est cette technique qui avait fait sa réputation. Retour sur une carrière bien remplie.

Les origines
André Coupé est né à Plancoët en 1932, il s'installe avec ses parents et ses frères à Saint-Brieuc, en 1936. Dans un article du 13 avril 2009, on pouvait lire dans Ouest-France : « André adorait dessiner depuis tout petit. Il avait un véritable don, se souvient Bernard, un de ses quatre frères. Il emmenait son carnet partout et il crayonnait, il crayonnait... Après sa scolarité à Curie, il commence sa carrière de décorateur étalagiste à l'entreprise d'ameublement Dauget. Un métier qu'il exercera durant trente ans. En 1954, alors qu'il travaille pour le magasin Paris France, il rencontre Ghislaine, démonstratrice au même endroit. En 1955, il épouse cette dernière. De leur union est né Christian. »

Les années de formation
C'était grâce à Émile Daubé, avec qui il étudia de 1948 à 1952, qu'il était devenu dessinateur. Il avait confié bien des années plus tard que celui-ci lui avait tout appris. Émile Daubé est un artiste qui a marqué la vie culturelle briochine jusque dans les années 1950. Il avait l'habitude de dire : "On ne forme pas un élève, on l'aide à se découvrir".

Émile Daubé en 1922. Photo du studio Delaunay à Saint-Brieuc
En 1935, le maire de Saint-Brieuc, Octave Brillaud, lui confie la direction de l’école municipale de dessin, avant de devenir en conservateur du Musée de la ville en 1936. Émile Daubé est un passionné chez qui la formation de ses élèves passe avant sa carrière personnelle. Plusieurs se feront remarquer dans le domaine artistique comme Raymond Hains, plasticien de réputation  internationale ; Yvon Le Corre, artiste-navigateur ; Jean-Claude Fournier, illustrateur et réalisateur de bandes dessinées ou Jean Mordant, peintre. André Coupé fut à bonne école. André Coupé a côtoyé des artistes peintres comme Bernard Locca, Guy Mahé, Jean Mordant. 

Jean Mordant caricaturé par A. Coupé, 3 janvier 1973 Ouest-France

Ci-dessus les prix remportés par André Coupé. Ouest-France 15 juillet 1949.

Les quatre jeunes

Ouest-France 12 février 1957
Avec trois de ses amis artistes, en 1957 il va former un groupe appelé « Les quatre jeunes ». Dans un article de Ouest-France du 12 février 1957, « Les quatre jeunes » sont présentés ainsi : Le groupe est constitué de Claude Clément, né dans la rue de Gouedic, ancien du cours d’Emile daubé, passé aux beaux-arts de Rennes puis parti à Paris. 

Square Jolivet à Paris, par Clément.

Guitariste. Clément

Le second est Roland Tostivint, étudiant d’un cours au Beaux-arts à Oran où son père travaillait alors comme professeur, puis il étudie la céramique auprès d’un artiste espagnol. Il dessine, réalise des céramiques et joue de la vielle ! 

Bivouac gitan. Roland Tostivint

Enfin, Michel Simon est le fils d’un pâtissier de Matignon. Il étudie aux Beaux-arts de Rennes et pratique la sculpture sur bois ou autre… En attendant de vivre de son art, il travaille dans un cabinet d’architecte.
Quant à André Coupé, étalagiste à cette époque, on rappelle qu’après sa formation avec Emile Daubé, il a puisé ses paysages d’Afrique du Nord dans son temps passé à l’armée en Algérie en tant qu’appelé. Trois de ce groupe ont d’ailleurs, ou ont été au Maroc, en Algérie ou au Sahara. C’est ainsi qu’ils envisagent de proposer à Saint-Brieuc une exposition sur l’Afrique du Nord.

Tête d'Arabe. André Coupé


17 février 1957 Ouest-France

L’exposition des Quatre jeunes « placée sous le triple signe de l’art, de la jeunesse et de la confiance » fut inaugurée par les différentes autorités du département : le Préfet, le Maire Victor Rault, Mlle Dienesch députée... Ouest-France dans son édition du 17 février souligne que « ce dynamique groupe apporte un nouvel attrait à notre Musée en osant affronter les critiques et les jugements de ceux qui, dans notre ville, s’intéressent à l’Art. »

Une chaumière à Gommenec'h. André Coupé
Ses œuvres sur de grandes surfaces
Un article du Télégramme paru le 12 avril 2009, peu après son décès résume ainsi une partie de sa carrière : « André Coupé a été pendant plus de trente ans décorateur étalagiste dans les vitrines des magasins de l'ouest, mais aussi décorateur pour la Foire-exposition des Côtes-d'Armor, dessinateur, illustrateur et peintre muraliste. Il a notamment réalisé de grandes fresques dans les halls de sept gares (Brest, Saint-Brieuc, Quimper, Lorient, Saint-Nazaire, Granville et Le Mans)".

Les fresques de la gare. 1983

La photo suivante est datée de 1983, elle a été publiée sur le facebook SNCF Gares & Connexions avec la légende suivante :  "Dans nos archives : En 1983, un hall à l'ambiance des plus marines"...


Ouest-France dans son édition du 17 mars 2018 en raconte l'histoire : « Des milliers de voyageurs qui ont pris le train à Saint-Brieuc l'ont observée. Elle trônait fièrement au-dessus de l'espace d'information et de réservation. Et représentait un paysage breton, avec une église et un calvaire, un menhir et un dolmen au premier plan, le tout sur fond vert. Et cette phrase en breton : Dreist al lann (À travers la lande). La fresque du peintre briochin André Coupé, décédé en 2009, a disparu depuis un bail du bâtiment voyageurs. L'oeuvre avait été réalisée il y a cinquante ans, en mai 1968. Perché sur un échafaudage, André Coupé avait peint cette fresque de 15 m de large et 8 m de haut, en deux mois. Elle avait été décrochée en 1988, pour les travaux à la gare liés à l'arrivée du TGV.
La deuxième fresque de la gare
Cette immense fresque est aujourd'hui entreposée, démontée en quinze bandes d'un mètre de large chacune, chez la veuve d'André Coupé. « Elle est là depuis un bout de temps, confirme-t-elle. Le maire (Bruno Joncour à l'époque, N.D.L.R.) était passé la voir il y a deux ans. » Cette oeuvre a bien failli disparaître... Au moment de lancer les travaux à la gare, la SNCF ne voyait en effet pas trop l'utilité de cette fresque. Et il s'en est fallu de peu pour qu'elle ne soit jetée. Elle a donc été sauvée à l'époque, même si de la peinture a craqué par endroits. Et aujourd'hui, certains aimeraient bien que cette fresque trouve un nouvel écrin. « On s'y intéresse en effet, il faut qu'on voie ça. Mais ce n'est pas simple, elle est imposante. Il faut un site avec un certain recul pour l'apprécier. » En attendant, ceux qui veulent admirer une fresque de Coupé peuvent toujours se rendre place Poulain-Corbion. Une oeuvre est en effet installée sur un mur. Elle se trouvait auparavant... dans le hall d'accueil de la gare".

Dans l'église Sainte-Thérèse

La cérémonie religieuse après son décès s’est déroulée dans  l'église Sainte-Thérèse où il avait lui-même réalisé quatre fresques en 1973. En effet, d’importants travaux ont été menés en 1970, pour mettre le lieu en conformité avec les directives du concile Vatican II. Et en 1973, André Coupé a réalisé quatre panneaux de 4 mètres sur 4 qui sont installés dans la nef.

Je ne regrette pas la vie de ce monde. J'ai soif des eaux de la vie éternelle


Les premiers mots de ces vers de Sainte Thérèse sont écrits sur une des quatre fresques d’André Coupé :

Toi dont la main soutient les mondes (Ps 95,4)
Qui plantes les forêts profondes,
Toi qui d’un seul coup d’œil les rend fécondes
Tu me suis d’un regard d’amour
Toujours »

La fresque du C.O.B

André Coupé était très attaché au C.O.B (Club Olympique Briochin), il en suivait les matches et en faisait des dessins de presse (voir plus loin dans cet article). Il réalisa une fresque "destinée à orner le hall d'entrée" comme l'indique un article de Ouest-France.

 

La maison de la Rue Chapelain de la Ville Guérin

La maison d'André Coupé, 26 rue Chapelain-de-laVille Guérin, photo RF Mai 2026

Ouest-France dans son édition du 14 août 1999 évoquait ainsi cette réalisation : « André Coupé, artiste peintre briochin reconnu, a peint la façade de sa maison. Une fresque originale, située 26 rue Chapelain-de-laVille-Guérin. En haut de la rue, dans l'angle, une fresque peinte par André Coupé décore la façade de sa maison. Surprenante fraîcheur de peinture, aux couleurs vives. « Beteg ar mor braz » (jusqu'à l'océan) et « dreist al lann » (à travers la lande) constituent les deux thèmes de la peinture murale. 

Photo RF

Façade. Photo RF

« La façade était entièrement couverte de vigne vierge, le peintre est venu, il a tout peint en blanc, et je me suis dit : ça ne va pas rester comme ça ! », confie André Coupé. Au début septembre 1997, l'artiste prend alors ses pinceaux (et utilise les échafaudages des peintres) et commence à travailler son oeuvre. « J'avais déjà fait une fresque pour la gare de Saint-Brieuc », explique-t-il. Entre mer et terre Avec tout son talent de professionnel, il entame la scène de la mer, avec une composition autour des chalutiers. Les marins relèvent les casiers, le tout dans les coloris de bleus. Le phare blanc et rouge illumine l'ensemble. La lumière tranchante du bord de mer contraste avec les couleurs chaudes de la terre. Une chapelle caractéristique de l'architecture bretonne, un calvaire et une fontaine dans les tons de bruns reposent de la rudesse du monde maritime. La profondeur de champ vient du jaune vif des jonquilles. « Les abeilles foncent dessus, et elles se disent, c'est du bluff. Et s'en vont furieuses », lance avec humour André coupé. Trois semaines de travail pour réaliser la fresque : « C'était un mois exceptionnel, sans averse, ensoleillé ». La peinture vinyle fixée au mur n'a pas pris une ride. Pas étonnant, quand on connait le soin apporté par le maître dans ses peintures. A 67 ans, cet homme chaleureux et convivial, possède le savoir faire. Sa vie professionnelle, partagée entre les étalages de boutiques, les caricatures, les dessins humoristiques, et ses nombreuses toiles d'artiste-peintre, ont forgé sa technique acquise aux Beaux-Arts de Saint-Brieuc. Ses très nombreux voyages à travers l'Italie lui ont-il inspiré l'art de la fresque ? En tout cas, celle du 26, rue Chapelain Ville Guérin mérite le détour ».

Les décoration de cafés et maisons

D’après un article du Télégramme daté de septembre 1987, le café-cabaret La Belle Issue qui s'était installé au printemps 87 dans le quartier de Robien était décrit comme « vaste, spacieux et confortable, décoré par l’artiste briochin André Coupé ». 

Une autre oeuvre peinte se trouve sur une maison de Saint-Laurent-de-la-mer, rue des Albatros à côté du square. Elle apparient à l'ancien gérant du tabac Le Calumet de la Paix. Il y avait d'ailleurs une fresque sur la devanture de l'établissement...

Ses tableaux

André Coupé aimait beaucoup peindre des huiles et des aquarelles marines, inspirées par la Bretagne ou par ses voyages. Il était d'ailleurs souvent sollicité pour des expositions en France et à l'étranger (Italie, Belgique, Allemagne...). Nous n'avons pas un catalogue qui recense ses oeuvres, nous pouvons seulement en retrouver au hasard. Premier exemple avec le tableau ci-dessous représentant La Pointe de l'Aigle, il a été réalisé par André Coupé pour un départ en retraite...

Avec l'aimable autorisation de reproduction de Jean-Pierre Ecobichon.
 
Sur le Bon coin, des tableaux sont mis en vente de temps en temps...
En 1976 et 1977, André Coupé réalise deux tableaux pour la famille Bourel représentant le Moulin Mauvoisin proche du Pont de Houlen, situé dans les environs de Saint-Brieuc.
Le tableau dans son encadrement. 1976

Tableau d'André Coupé 1976. Collection famille Bourel


Le Moulin en 1977. André Coupé, collection famille Bourel

Il a croqué et peint de nombreux paysages de sa ville, en particulier une jolie gouache de l'usine Sambre-et-Meuse en 1958.

Huile sur toile d'André Coupé vendue sur un site d'enchères

Céramiques

L’édition du Télégramme du 22 août 2017 évoque un autre travail d’André Coupé, la céramique : « Pour répondre à la réalisation artistique du tonnelier, au 26, rue du Général-Leclerc, la céramique du peintre briochin André Coupé (1933-2009) représente une imposante grappe de raisins. Dans un cadre couleur bordeaux, et sous un feuillage abondant digne d'un vignoble sur un sol jaune calcaire, propice à la viticulture, de beaux fruits colorés en violet, et de vert alternés, attendent d'être... coupés. Cette oeuvre a été installée en 1990.


Les 36 carreaux (douze en hauteur et trois en largeur) ont été réalisés par la société Josse, de Plancoët (22), dont est originaire l'artiste dessinateur-peintre, spécialiste des dessins muraux, un brin humoristique. L'oeuvre est installée depuis 1990, sur la façade de l'estaminet « Chez Rollais ». Pour un bar à vin, il n'en fallait pas moins
.».


Ses dessins : caricatures et dessins de presse
André Coupé était aussi connu pour ses croquis humoristiques, notamment pour le quotidien Ouest-France, et ses dessins sur le vieux Saint-Brieuc.

Les dessins du vieux Saint-Brieuc

André Coupé a illustré durant de nombreuses années la rubrique des Pavés de la Saint-Gui, dans les colonnes de Ouest-France.

16 octobre 1959

16 octobre 1959

22 août 1958
3 janvier 1972

25 février 1972

1948 Un travailleur des Forges-et-Laminoirs, dessin paru le 13 décembre 1976

13 décembre 1976 Ouest-France, fermeture des Forges-et-Laminoirs

Dessin d'un paysage local
Le port et l'église de Binic. André Coupé 1995. Collection famille Bourel
Les caricatures des concerts
(salle de Robien ou en ville)
Odile Versois dans "Amphitrion 38" au Théâtre 18 novembre 1967
 

9 avril 1971


12 mai 1972

Rufus 26 décembre 1972


15 octobre 1976


La bande du bistrot Le Piano Bleu, avec l'aimable autorisation de l'établissement
 

La vie sociale et les sujets politiques en caricatures


10 mai 1970

Len vu par Coupé et Coupé vu par Len. 8 mai 1971

5 décembre 1973 Louis André Coupé

25 février 1977, les élus du PSU quitte discrètement le conseil municipal (Peut-être Jacques Galaup?)


17 septembre 1977

En avril 1978, André Coupé avait organisé une grande exposition de caricatures dans la galerie La Palette rue Saint-Guillaume où dans les 50 dessins on pouvait reconnaitre Marie-Madeleine Dienesch, Charles Josselin ou René Pléven.

 
Au moment du naufrage de l'Erika. 1980. Collection Mylène Paul

Au moment du naufrage de l'Erika. 1980. Collection Mylène Paul

Illustrations, cartes postales, affiches

Enveloppe premier jour TGV


Congrès cartophile



1986 Carte postale. Menton-Saint-Brieuc

Affiche de 2001, collection Jean-Pierre Ecobichon

Surcouf. Dessin offert pour un anniversaire. Collection Mylène Paul

Dessin offert. Collection Mylène Paul


Dessins de faits d’actualité


15 octobre 1975 OF

 
Au procès de Christian Le Briand 18 janvier 1975. OF


André Coupé réalise la couverture du livre d'Edouard Quemper. 3 novembre 2001. OF

Dessin paru après une évasion à la prison. Collection Jean-Pierre Ecobichon

Le C.O.B (Club Olympique Briochin)

Après la publication de cet article sur Facebook en mai 2026, plusieurs témoignages ont souligné, comme Monika Marx, qu'André Coupé suivait l'activité du C.O.B : "Il avait également "croqué" l'équipe du C.O.B au temps de la salle St Benoît ... Je me souviens qu'il faisait également une petite caricature dans le journal le jour des matchs." 

Jimmy Tual a fourni un premier dessin : "Mon père a joué au COB puis à La Vaillante. Il a été "croqué" par André Coupé. Le dessin date de la saison 1980-1981 de La Vaillante". 

Dessin de presse envoyé par Jimmy Tual

De son côté, Jean-Yves Houron a conservé les dessins d'André Coupé qui ont illustré les rubriques basket dans le journal Ouest-France concernant le C.O.B Basket dans les années 78/79/80.


On
peut aussi voir la proximité d'André Coupé avec le C.O.B dans le dessin ci-dessous qu'il avait offert pour la tombola du club (8 décembre 1977, Ouest-France).

Le temps des hommages
13 avril 2009 Ouest-France

28 septembre 2009 Ouest-France

Si vous avez des éléments pour compléter cet article publié en mai 2026 (photos, témoignages...) merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite, en laissant vos coordonnées pour que je puisse vous répondre. Merci. Richard Fortat


Retour au sommaire du blog de l'histoire de Robien, ici

 

Liens

Biographie complète dans ce blog de Roland Tostivint, céramiste, peintre et dessinateur, cliquer ici

Sources

Recherches personnelles dans les archives de Ouest-France et du Télégramme.

Biographie de Roland Tostivint, ici

Facebook  SNCF Gares & Connexions

Merci à Mylène Paul, Monika Marx, Jean-Yves Houron, Pierre-Jean Bourel et Jimmy Tual pour leurs contributions.



 



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...