lundi 1 juin 2026

Roland Tostivint (1933-2008) céramiste et musicien à Saint-Brieuc

Roland Tostivint 1959
Une éducation protestante

La famille Tostivint était  bien connue à Saint-Brieuc avec M. René Tostivint, professeur de Français, ou par son épouse Yvonne Le lay qui tenait une librairie rue Saint-Goueno. Le fils, Roland, s'est illustré dans différents domaines artistiques.

Roland Tostivint est né le 30 juin 1933 à Saint-Brieuc, rue Saint-Gouéno. Il faut savoir que son milieu familial protestant va le conduire à être baptisé au temple protestant réformé de Saint-Brieuc, rue Victor Hugo, le 9 septembre 1945, par le pasteur Jean Scarabin. Jeanine Crespin était sa marraine ; elle est l'épouse du pasteur Yves Crespin de Saint-Brieuc, mort en déportation

Dans ses jeunes années, Roland est éduqué dans la foi protestante et participe aux activités des scouts unionistes. Dans sa vie il mènera différents projets avec des personnalités du monde protestant de Saint-Brieuc comme le docteur Erling Hansen ou André de Kerpezdron. (Ci-dessous, affiche réalisée en 1987 par Roland Tostivint pour le temple de Perros-Guirec)

Affiche réalisée par Roland Tostivint. 1987. Collection R.Fortat 
Les débuts d'une carrière artistique

A Oran, en Algérie, où ses parents ont déménagé, il entre aux Beaux-Arts en 1949 (voir photo ci-dessous de Roland Tostivint dans son atelier à Oran). A la rentrée 1950, alors que s'ouvre un atelier de céramique, Roland Tostivint est le premier à s'y inscrire. Il y apprend le métier auprès d'un céramiste espagnol, Bartolomé Jorba, un réfugié politique espagnol, ami de Salvator Dali et de l'architecte Gaudi : "Ce professeur qui jouait de l'harmonium dans son atelier conseilla à Roland Tostivint de suivre son inspiration. Cela se traduisit par deux Premiers prix de céramique et un de décoration." (Ouest-France 10 février 1981)

Oran 1950 Photo publiée dans Le Télégramme
"Revenu dès 1952 à Saint-Brieuc en stop et sac au dos et sans autre richesse que sa Foi, il fit des étalages puis édita des cartes touristiques (une réussite aussi bien artistique que commerciale)... Son orientation est nettement prise : le folklore breton aussi bien dans la peinture que la création." (12 février 1957, Ouest-France)

A son retour à Saint-Brieuc, il est hébergé chez sa grand-mère, Mme Le Trocquer, bien connue elle aussi à Saint-Brieuc. Il rencontre R-Y Creston et René Salaun avec lesquels il retrouve ses racines bretonnes et rentre dans le Cercle Celtique de Saint-Brieuc. D'autre part, il remplit ses carnets de croquis : architecture, mobilier, broderies...

En 1954, le Cercle celtique se rend en Norvège sous l'initiative d'Erling Hansen, qu'il connaît aussi comme membre éminent de la paroisse protestante. C'est à ce moment que, pour payer son voyage, il édite des cartes postales dont la vente va très bien marcher. Il pourra même s'acheter son premier four.

Roland Tostivint en tant que peintre a toujours admiré Robert Micheau Vernez pour la maitrise des couleurs. Ils sont devenus amis dès 1954 lors d'un colloque d'artistes et Roland Tostivint a beaucoup appris auprès de celui qui fut un maitre pour lui. Il avait aussi de qui tenir avec sa mère qui peignait et exposait...
Ci-dessous, voici un de ses rares tableau acquis aux enchères à St Brieuc. On y reconnait l'importance des couleurs qu'il souhaitait toujours vives et joyeuses. Il fait se rejoindre son goût pour la peinture et pour la musique bretonne.

Collection Denis Muller.

Un céramiste réputé

Roland Tostivint devient un céramiste réputé à St Brieuc. Dès 1957 la presse locale se fait l'écho des différentes expositions et réalisations de Roland Tostivint.

Le 12 février 1957, Ouest-France présente un groupe de quatre artistes dont "le plus connu est sans doute Roland Tostivint. Par ses parents qui demeurèrent longtemps à Saint-Brieuc, par sa grand-mère, une des Briochines les plus dévouées à la cause de l'Art, mais aussi par lui-même, puisqu'il est le seul à avoir déjà pu tout quitter pour cette activité artistique."

Roland Tostivint, Foire-exposition. 12 septembre 1958 Ouest-France

Roland Tostivint, Foire-exposition. 4 septembre 1959 Ouest-France

Oeuvre de Roland Tostivint, Foire-exposition. 28 octobre 1970 Ouest-France

Roland Tostivint, 1er prix au stand de la Foire-exposition 1977 Ouest-France

Roland Tostivint s'installe comme céramiste rue Fardel, de 1958 à 1968, puis à la Chaumière de Binic de 68 à 85, avant de trouver un autre atelier sur Binic. Outre ses travaux, il a remis au goût du jour les épis de faîtage : ceux qu'il a réalisés pour le château de la Roche Jagu sont les plus connus.

A partir du milieu des années 60, alors qu’il était encore rue Fardel, Roland Tostivint s’est mis à la céramique sur plaques de lave.

Ci-dessous, pièce de fin 1969, variation sur le thème de l’Arbre de vie, produite dans son atelier d'Etables-sur-mer.

Arbre de Vie. R. Tostivint 1969. Photo Dominique Soufflet
Plat mural. 1978. RolandTostivint. Collection famille Muller. Photo JL Muller
Coupe à fruits. Roland Tostivint. Collection famille Muller. Photo JL Muller

Les plaques de rues de Roland Tostivint

Dans ses productions, que l'on peut voir en plein air, on compte un bon nombre de plaques de rues à Saint-Brieuc, de Binic, de Guingamp ou de Saint-Quay-Portrieux, par exemple.

Rue du Chapitre à Saint-Brieuc. Plaque R. Tostivint. Photo RF

Au port, Saint-Quay-Portrieux. Plaque R. Tostivint. Photo RF

Rue Notre-Dame Guingamp, 1962. Photo RF

Rue Fardel Saint-Brieuc, 1969. Photo RF

Plaque Roland Tostivint. Quai Surcouf à Binic, photo RF mai 2025

Plaque Roland Tostivint. Binic, rampe Le suave-Galerne. Photo RF mai 2025

Roland Tostivint, vitraux

Tout comme Robert Micheau Vernez qu'il admirait, Roland Tostivint s'est exercé également avec talent dans le vitrail. Sur la fin de sa carrière il a travaillé en collaboration avec Christine Cocar, maître vitrailliste à Saint-Brieuc.
On notera sur ces 2 belles réalisations la double signature CC et RT.

Collection Denis Muller

Collection Denis Muller.

Roland Tostivint, joueur de vielle

Le 6 mars 1992, Ouest-France consacre un article aux trente-sept années consacrées à la vielle par Roland Tostivint. L'artiste revient sur cet engouement qu'il attribue au hasard : "Je ne connais rien à la musique. En 1954, le docteur Hansen m'a embarqué pour un voyage en Norvège. Avec Bernard Gauçon de Langueux, nous avons donné une représentation quotidienne pendant un mois avec un programme qui comportait cinq airs !" 

Roland Tostivint avec sa vielle. Facebook Muzik e breizh
Alors qu'il n'a que vingt ans, avec ses amis R-Y Creston, René Salaun et Robert Hamon, il va parcourir les campagnes, participer à des mariages ou des kermesses et récupérer des airs auprès des anciens, en particulier à Saint-Carreuc où la collecte est fructueuse.
Roland Tostivint, Le Mai breton. 23 mai 1972 Ouest-France
 
Roland Tostivint. 6 mars 1992. Ouest-France

Les bistrots de l'histoire conservent des enregistrements de Roland Tostivint car c'était un joueur de vielle talentueux. 
Roland Tostivint a eu l'occasion de jouer à Robien, comme on le voit ci-dessous où avec ses amis vielleux il anime la deuxième édition de la Fête de la Musique dans ce quartier le 19 juin 1993.
Roland Tostivint, tout à fait sur la droite. Fête de la musique 1993. Journal du C.A.R
Une carrière bien remplie

En février et mars 1981, une grande exposition rétrospective se tient au Foyer d'Action Culturelle : "Roland Tostivint, 30 ans de chroniques". Elle permet de mesurer l'étendue de son travail. Il a participé ces dernières années à de nombreuses expositions internationales où il représentait la Bretagne : Munich, Tokyo, Londres...

Roland Tostivint, exposition. 10 février 1981 Ouest-France
Deux de ses statues ont été offertes par la Ville, l'une au Général de Gaulle lors de son passage à Saint-Brieuc en 1960, l'autre à la ville jumelle d'Alsdorf en 1970.
Visite du Général de Gaulle. 2 septembre 1960 Ouest-France

La photo ci-dessous est celle de Roland Tostivint, dans son atelier où il est en train de finaliser les deux statues de Saint-Brieuc dont l'une sera offerte au Général de Gaulle.

Roland Tostivint. 2 septembre 1960 Ouest-France

Roland Tostivint par André Coupé
Quinze années plus tard, un autre article de Ouest-France évoque la proximité de deux artistes : Roland Tostivint et André de Kerpezdron, un autre protestant. On y apprend que l'Académie de peinture du C.O.B, 14 rue Saint-Benoit, créée en 1993, est complétée depuis 1995 par le cours de décoration sur céramique de Roland Tostivint. Ce dernier remarque : "En fait nous sommes complémentaires. Quand les élèves d'André ont acquis les bases, je tente de les aider à s'exprimer de manière créative." Cette complémentarité s'est également illustrée par la décoration de la salle des Pas-perdus du C.O.B. La fresque et les tableaux d'inspiration bretonne de Roland Tostivint côtoient les motifs décoratifs et les reproductions de la rue Saint-Gilles ou du port du Légué de André de Kerpezdron.
Roland Tostivint à gauche avec André de Kerpezdron. 16 septembre 1996 Ouest-France
Dans les personnes du milieu artistique qu'il côtoyait, on peut aussi citer Joël Babey, un céramiste de Plouha qui a beaucoup appris sur son métier quand Roland était à Binic ;  Étienne Huck, potier-céramiste, qu'il retrouvait à son atelier au port du Légué au moins une fois par moi ; et dans ses dernières années, Christine Cocar, qui fabriquait des vitraux, rue du Maréchal Foch à Saint-Brieuc...
4 saints bretons en faïence. R. Tostivint

Une personnalité toujours présente dans les mémoires
Roland Tostivint décède en 2008 à l'âge de 75 ans. Le journal Le Télégramme s'en fait l'écho en dressant son portrait : "Il était une figure briochine et sa fine silhouette couronnée de longs cheveux blancs ne passait pas inaperçue dans les rues de la ville, qu'il arpentait à pied, descendu de son appartement de la Tour d'Armor."
Denis Muller, un passionné d'art breton, collectionne ses oeuvres et honore ainsi sa mémoire : " Roland Tostivint fut l'artiste costarmoricain le plus puissant du XXe siècle, au moins  à l'égal de ses pères Mathurin Méheut (qu'il a rencontré à plusieurs reprises de 52 à 58) et R-Y Creston... Mais Roland Tostivint était non seulement un très grand céramiste, peintre, illustrateur, décorateur, architecte pour les  bâtiments de France, musicien, cavalier etc, mais il a également co-creé le Musée d'Art populaire de Binic.
 
Il laisse effectivement une oeuvre importante avec le musée d'Art populaire de Binic ouvert en 1981.
Affiche R. Tostivint. Photo J.L Muller
 
"C'est lui seul qui a créé le musée de Binic, avec ses propres meubles, sa foi inexorable et son envie de transmettre.", dit Philippe Carré qui l'a bien connu. 

 
Roland Tostivint avait cinq filles, dix-sept petits enfants et deux arrière-petit-fils.
Sa tombe se trouve au cimetière Saint-Michel de Saint-Brieuc. Pour la trouver, prenez l'allée qui borde le mur du cimetière du côté sud. Dirigez-vous vers les deux grands arbres, à gauche du plus penché vous trouverez la plaque, ornée d'une croix celtique, qui rappelle la mémoire de Roland Tostivint... 

Et une rue Roland Tostivint à Saint-Brieuc ? Ce serait une belle idée qui a déjà été suggérée à la municipalité... Affaire à suivre !

Plaque Roland Tostivint. Photo Richard Fortat


Si vous avez d'autres éléments à communiquer sur la famille Tostivint, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.
Nous souhaitons en particulier pouvoir présenter quelques photos de René Tostivint... 
 
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Livre illustré par Roland Tostivint

Sources

A lire dans ce blog, biographie de André Coupé, ici

Archives du temple de St Brieuc : registre des membres, registre des baptêmes.
 
Merci à Kristian Morvan pour l'autorisation de publier la photo de Roland Tostivint en vielleux et allez visiter le compte Facebook de Musik e Breizh, en cliquant ici
 
Nombreuses archives de Ouest-France
 
Article et photo dans Le Télégramme, 17 juillet 2001, cliquer ici
 
Site Oran-mémoire, les plaques en céramique de Bartholomé Jorba à Oran, cliquer ici 
 
Correspondance en septembre 2022 et août 2025 avec Denis Muller.
 
 
D'autres productions de Roland Tostivint
 
Affiches touristiques 
1962. Document famille Tostivint. Photo RF
 
Le Goelo. Affiche famille Tostivint. Photo RF


Saint-Brieuc. Affiche famille Tostivint. Photo RF


 Affiches d'expositions
 
Affiche 1954, Mme Tostivint exposait à ce salon. Collection Denis Muller
1979 Musée de Binic.



Dessins et aquarelles
 Famille Tostivint. Photo RF


La tuilerie St Michel l'Observatoire en Haute-Provence


 
Terre


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vendredi 29 mai 2026

André Coupé (1932-2009), artiste et habitant du quartier de Robien à Saint-Brieuc

André Coupé caricaturé par Len en 1971

André Coupé (1932-2009) est un artiste de Saint-Brieuc qui était bien connu, une figure incontournable. Dans le quartier de Robien où il habitait, il avait décoré l’extérieur de sa maison de deux grandes fresques murales. C’est cette technique qui avait fait sa réputation. Retour sur une carrière bien remplie.

Les origines
André Coupé est né à Plancoët en 1932, il s'installe avec ses parents et ses frères à Saint-Brieuc, en 1936. Dans un article du 13 avril 2009, on pouvait lire dans Ouest-France : « André adorait dessiner depuis tout petit. Il avait un véritable don, se souvient Bernard, un de ses quatre frères. Il emmenait son carnet partout et il crayonnait, il crayonnait... Après sa scolarité à Curie, il commence sa carrière de décorateur étalagiste à l'entreprise d'ameublement Dauget. Un métier qu'il exercera durant trente ans. En 1954, alors qu'il travaille pour le magasin Paris France, il rencontre Ghislaine, démonstratrice au même endroit. En 1955, il épouse cette dernière. De leur union est né Christian. »

Les années de formation
C'était grâce à Émile Daubé, avec qui il étudia de 1948 à 1952, qu'il était devenu dessinateur. Il avait confié bien des années plus tard que celui-ci lui avait tout appris. Émile Daubé est un artiste qui a marqué la vie culturelle briochine jusque dans les années 1950. Il avait l'habitude de dire : "On ne forme pas un élève, on l'aide à se découvrir".

Émile Daubé en 1922. Photo du studio Delaunay à Saint-Brieuc
En 1935, le maire de Saint-Brieuc, Octave Brillaud, lui confie la direction de l’école municipale de dessin, avant de devenir en conservateur du Musée de la ville en 1936. Émile Daubé est un passionné chez qui la formation de ses élèves passe avant sa carrière personnelle. Plusieurs se feront remarquer dans le domaine artistique comme Raymond Hains, plasticien de réputation  internationale ; Yvon Le Corre, artiste-navigateur ; Jean-Claude Fournier, illustrateur et réalisateur de bandes dessinées ou Jean Mordant, peintre. André Coupé fut à bonne école. André Coupé a côtoyé des artistes peintres comme Bernard Locca, Guy Mahé, Jean Mordant. 

Jean Mordant caricaturé par A. Coupé, 3 janvier 1973 Ouest-France

Ci-dessus les prix remportés par André Coupé. Ouest-France 15 juillet 1949.

Les quatre jeunes

Ouest-France 12 février 1957
Avec trois de ses amis artistes, en 1957 il va former un groupe appelé « Les quatre jeunes ». Dans un article de Ouest-France du 12 février 1957, « Les quatre jeunes » sont présentés ainsi : Le groupe est constitué de Claude Clément, né dans la rue de Gouedic, ancien du cours d’Emile daubé, passé aux beaux-arts de Rennes puis parti à Paris. 

Square Jolivet à Paris, par Clément.

Guitariste. Clément

Le second est Roland Tostivint, étudiant d’un cours au Beaux-arts à Oran où son père travaillait alors comme professeur, puis il étudie la céramique auprès d’un artiste espagnol. Il dessine, réalise des céramiques et joue de la vielle ! 

Bivouac gitan. Roland Tostivint

Enfin, Michel Simon est le fils d’un pâtissier de Matignon. Il étudie aux Beaux-arts de Rennes et pratique la sculpture sur bois ou autre… En attendant de vivre de son art, il travaille dans un cabinet d’architecte.
Quant à André Coupé, étalagiste à cette époque, on rappelle qu’après sa formation avec Emile Daubé, il a puisé ses paysages d’Afrique du Nord dans son temps passé à l’armée en Algérie en tant qu’appelé. Trois de ce groupe ont d’ailleurs, ou ont été au Maroc, en Algérie ou au Sahara. C’est ainsi qu’ils envisagent de proposer à Saint-Brieuc une exposition sur l’Afrique du Nord.

Tête d'Arabe. André Coupé


17 février 1957 Ouest-France

L’exposition des Quatre jeunes « placée sous le triple signe de l’art, de la jeunesse et de la confiance » fut inaugurée par les différentes autorités du département : le Préfet, le Maire Victor Rault, Mlle Dienesch députée... Ouest-France dans son édition du 17 février souligne que « ce dynamique groupe apporte un nouvel attrait à notre Musée en osant affronter les critiques et les jugements de ceux qui, dans notre ville, s’intéressent à l’Art. »

Une chaumière à Gommenec'h. André Coupé
Ses œuvres sur de grandes surfaces
Un article du Télégramme paru le 12 avril 2009, peu après son décès résume ainsi une partie de sa carrière : « André Coupé a été pendant plus de trente ans décorateur étalagiste dans les vitrines des magasins de l'ouest, mais aussi décorateur pour la Foire-exposition des Côtes-d'Armor, dessinateur, illustrateur et peintre muraliste. Il a notamment réalisé de grandes fresques dans les halls de sept gares (Brest, Saint-Brieuc, Quimper, Lorient, Saint-Nazaire, Granville et Le Mans)".

Les fresques de la gare. 1983

La photo suivante est datée de 1983, elle a été publiée sur le facebook SNCF Gares & Connexions avec la légende suivante :  "Dans nos archives : En 1983, un hall à l'ambiance des plus marines"...


Ouest-France dans son édition du 17 mars 2018 en raconte l'histoire : « Des milliers de voyageurs qui ont pris le train à Saint-Brieuc l'ont observée. Elle trônait fièrement au-dessus de l'espace d'information et de réservation. Et représentait un paysage breton, avec une église et un calvaire, un menhir et un dolmen au premier plan, le tout sur fond vert. Et cette phrase en breton : Dreist al lann (À travers la lande). La fresque du peintre briochin André Coupé, décédé en 2009, a disparu depuis un bail du bâtiment voyageurs. L'oeuvre avait été réalisée il y a cinquante ans, en mai 1968. Perché sur un échafaudage, André Coupé avait peint cette fresque de 15 m de large et 8 m de haut, en deux mois. Elle avait été décrochée en 1988, pour les travaux à la gare liés à l'arrivée du TGV.
La deuxième fresque de la gare
Cette immense fresque est aujourd'hui entreposée, démontée en quinze bandes d'un mètre de large chacune, chez la veuve d'André Coupé. « Elle est là depuis un bout de temps, confirme-t-elle. Le maire (Bruno Joncour à l'époque, N.D.L.R.) était passé la voir il y a deux ans. » Cette oeuvre a bien failli disparaître... Au moment de lancer les travaux à la gare, la SNCF ne voyait en effet pas trop l'utilité de cette fresque. Et il s'en est fallu de peu pour qu'elle ne soit jetée. Elle a donc été sauvée à l'époque, même si de la peinture a craqué par endroits. Et aujourd'hui, certains aimeraient bien que cette fresque trouve un nouvel écrin. « On s'y intéresse en effet, il faut qu'on voie ça. Mais ce n'est pas simple, elle est imposante. Il faut un site avec un certain recul pour l'apprécier. » En attendant, ceux qui veulent admirer une fresque de Coupé peuvent toujours se rendre place Poulain-Corbion. Une oeuvre est en effet installée sur un mur. Elle se trouvait auparavant... dans le hall d'accueil de la gare".

Dans l'église Sainte-Thérèse

La cérémonie religieuse après son décès s’est déroulée dans  l'église Sainte-Thérèse où il avait lui-même réalisé quatre fresques en 1973. En effet, d’importants travaux ont été menés en 1970, pour mettre le lieu en conformité avec les directives du concile Vatican II. Et en 1973, André Coupé a réalisé quatre panneaux de 4 mètres sur 4 qui sont installés dans la nef.

Je ne regrette pas la vie de ce monde. J'ai soif des eaux de la vie éternelle


Les premiers mots de ces vers de Sainte Thérèse sont écrits sur une des quatre fresques d’André Coupé :

Toi dont la main soutient les mondes (Ps 95,4)
Qui plantes les forêts profondes,
Toi qui d’un seul coup d’œil les rend fécondes
Tu me suis d’un regard d’amour
Toujours »

La fresque du C.O.B

André Coupé était très attaché au C.O.B (Club Olympique Briochin), il en suivait les matches et en faisait des dessins de presse (voir plus loin dans cet article). Il réalisa une fresque "destinée à orner le hall d'entrée" comme l'indique un article de Ouest-France.

 

La maison de la Rue Chapelain de la Ville Guérin

La maison d'André Coupé, 26 rue Chapelain-de-laVille Guérin, photo RF Mai 2026

Ouest-France dans son édition du 14 août 1999 évoquait ainsi cette réalisation : « André Coupé, artiste peintre briochin reconnu, a peint la façade de sa maison. Une fresque originale, située 26 rue Chapelain-de-laVille-Guérin. En haut de la rue, dans l'angle, une fresque peinte par André Coupé décore la façade de sa maison. Surprenante fraîcheur de peinture, aux couleurs vives. « Beteg ar mor braz » (jusqu'à l'océan) et « dreist al lann » (à travers la lande) constituent les deux thèmes de la peinture murale. 

Photo RF

Façade. Photo RF

« La façade était entièrement couverte de vigne vierge, le peintre est venu, il a tout peint en blanc, et je me suis dit : ça ne va pas rester comme ça ! », confie André Coupé. Au début septembre 1997, l'artiste prend alors ses pinceaux (et utilise les échafaudages des peintres) et commence à travailler son oeuvre. « J'avais déjà fait une fresque pour la gare de Saint-Brieuc », explique-t-il. Entre mer et terre Avec tout son talent de professionnel, il entame la scène de la mer, avec une composition autour des chalutiers. Les marins relèvent les casiers, le tout dans les coloris de bleus. Le phare blanc et rouge illumine l'ensemble. La lumière tranchante du bord de mer contraste avec les couleurs chaudes de la terre. Une chapelle caractéristique de l'architecture bretonne, un calvaire et une fontaine dans les tons de bruns reposent de la rudesse du monde maritime. La profondeur de champ vient du jaune vif des jonquilles. « Les abeilles foncent dessus, et elles se disent, c'est du bluff. Et s'en vont furieuses », lance avec humour André coupé. Trois semaines de travail pour réaliser la fresque : « C'était un mois exceptionnel, sans averse, ensoleillé ». La peinture vinyle fixée au mur n'a pas pris une ride. Pas étonnant, quand on connait le soin apporté par le maître dans ses peintures. A 67 ans, cet homme chaleureux et convivial, possède le savoir faire. Sa vie professionnelle, partagée entre les étalages de boutiques, les caricatures, les dessins humoristiques, et ses nombreuses toiles d'artiste-peintre, ont forgé sa technique acquise aux Beaux-Arts de Saint-Brieuc. Ses très nombreux voyages à travers l'Italie lui ont-il inspiré l'art de la fresque ? En tout cas, celle du 26, rue Chapelain Ville Guérin mérite le détour ».

Les décoration de cafés et maisons

D’après un article du Télégramme daté de septembre 1987, le café-cabaret La Belle Issue qui s'était installé au printemps 87 dans le quartier de Robien était décrit comme « vaste, spacieux et confortable, décoré par l’artiste briochin André Coupé ». 

Une autre oeuvre peinte se trouve sur une maison de Saint-Laurent-de-la-mer, rue des Albatros à côté du square. Elle apparient à l'ancien gérant du tabac Le Calumet de la Paix. Il y avait d'ailleurs une fresque sur la devanture de l'établissement...

Ses tableaux

André Coupé aimait beaucoup peindre des huiles et des aquarelles marines, inspirées par la Bretagne ou par ses voyages. Il était d'ailleurs souvent sollicité pour des expositions en France et à l'étranger (Italie, Belgique, Allemagne...). Nous n'avons pas un catalogue qui recense ses oeuvres, nous pouvons seulement en retrouver au hasard. Premier exemple avec le tableau ci-dessous représentant La Pointe de l'Aigle, il a été réalisé par André Coupé pour un départ en retraite...

Avec l'aimable autorisation de reproduction de Jean-Pierre Ecobichon.
 
Sur le Bon coin, des tableaux sont mis en vente de temps en temps...
En 1976 et 1977, André Coupé réalise deux tableaux pour la famille Bourel représentant le Moulin Mauvoisin proche du Pont de Houlen, situé dans les environs de Saint-Brieuc.
Le tableau dans son encadrement. 1976

Tableau d'André Coupé 1976. Collection famille Bourel


Le Moulin en 1977. André Coupé, collection famille Bourel

Jean-Yves Houron se souvient qu'il y avait un grand tableau signé André Coupé, daté de 1975, dans le garage Armorique Auto des Villes Moisan à Ploufragan. 

Il a croqué et peint de nombreux paysages de sa ville, en particulier une jolie gouache de l'usine Sambre-et-Meuse en 1958.

Huile sur toile d'André Coupé vendue sur un site d'enchères

Céramiques

L’édition du Télégramme du 22 août 2017 évoque un autre travail d’André Coupé, la céramique : « Pour répondre à la réalisation artistique du tonnelier, au 26, rue du Général-Leclerc, la céramique du peintre briochin André Coupé (1933-2009) représente une imposante grappe de raisins. Dans un cadre couleur bordeaux, et sous un feuillage abondant digne d'un vignoble sur un sol jaune calcaire, propice à la viticulture, de beaux fruits colorés en violet, et de vert alternés, attendent d'être... coupés. Cette oeuvre a été installée en 1990.


Les 36 carreaux (douze en hauteur et trois en largeur) ont été réalisés par la société Josse, de Plancoët (22), dont est originaire l'artiste dessinateur-peintre, spécialiste des dessins muraux, un brin humoristique. L'oeuvre est installée depuis 1990, sur la façade de l'estaminet « Chez Rollais ». Pour un bar à vin, il n'en fallait pas moins
.».


Ses dessins : caricatures et dessins de presse
André Coupé était aussi connu pour ses croquis humoristiques, notamment pour le quotidien Ouest-France, et ses dessins sur le vieux Saint-Brieuc.

Les dessins du vieux Saint-Brieuc

André Coupé a illustré durant de nombreuses années la rubrique des Pavés de la Saint-Gui, dans les colonnes de Ouest-France.

16 octobre 1959

16 octobre 1959

22 août 1958
3 janvier 1972

25 février 1972

1948 Un travailleur des Forges-et-Laminoirs, dessin paru le 13 décembre 1976

13 décembre 1976 Ouest-France, fermeture des Forges-et-Laminoirs

Dessin d'un paysage local
Le port et l'église de Binic. André Coupé 1995. Collection famille Bourel
Les caricatures des concerts
(salle de Robien ou en ville)
Odile Versois dans "Amphitrion 38" au Théâtre 18 novembre 1967
 

9 avril 1971


12 mai 1972

Rufus 26 décembre 1972


15 octobre 1976


La bande du bistrot Le Piano Bleu, avec l'aimable autorisation de l'établissement
 

La vie sociale et les sujets politiques en caricatures


10 mai 1970

Len vu par Coupé et Coupé vu par Len. 8 mai 1971

5 décembre 1973 Louis André Coupé

25 février 1977, les élus du PSU quitte discrètement le conseil municipal (Peut-être Jacques Galaup?)


17 septembre 1977

En avril 1978, André Coupé avait organisé une grande exposition de caricatures dans la galerie La Palette rue Saint-Guillaume où dans les 50 dessins on pouvait reconnaitre Marie-Madeleine Dienesch, Charles Josselin ou René Pléven.

 
Au moment du naufrage de l'Erika. 1980. Collection Mylène Paul

Au moment du naufrage de l'Erika. 1980. Collection Mylène Paul

Illustrations, cartes postales, affiches

Enveloppe premier jour TGV


Congrès cartophile



1986 Carte postale. Menton-Saint-Brieuc

Affiche de 2001, collection Jean-Pierre Ecobichon

Surcouf. Dessin offert pour un anniversaire. Collection Mylène Paul

Dessin offert. Collection Mylène Paul


Dessins de faits d’actualité


15 octobre 1975 OF

 
Au procès de Christian Le Briand 18 janvier 1975. OF


André Coupé réalise la couverture du livre d'Edouard Quemper. 3 novembre 2001. OF

Dessin paru après une évasion à la prison. Collection Jean-Pierre Ecobichon

Le C.O.B (Club Olympique Briochin)

Après la publication de cet article sur Facebook en mai 2026, plusieurs témoignages ont souligné, comme Monika Marx, qu'André Coupé suivait l'activité du C.O.B : "Il avait également "croqué" l'équipe du C.O.B au temps de la salle St Benoît ... Je me souviens qu'il faisait également une petite caricature dans le journal le jour des matchs." 

Jimmy Tual a fourni un premier dessin : "Mon père a joué au COB puis à La Vaillante. Il a été "croqué" par André Coupé. Le dessin date de la saison 1980-1981 de La Vaillante". 

Dessin de presse envoyé par Jimmy Tual

De son côté, Jean-Yves Houron a conservé les dessins d'André Coupé qui ont illustré les rubriques basket dans le journal Ouest-France concernant le C.O.B Basket dans les années 78/79/80.


On
peut aussi voir la proximité d'André Coupé avec le C.O.B dans le dessin ci-dessous qu'il avait offert pour la tombola du club (8 décembre 1977, Ouest-France).

Le temps des hommages
13 avril 2009 Ouest-France

28 septembre 2009 Ouest-France

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Liens

Biographie complète dans ce blog de Roland Tostivint, céramiste, peintre et dessinateur, cliquer ici

Sources

Recherches personnelles dans les archives de Ouest-France et du Télégramme.

Biographie de Roland Tostivint, ici

Facebook  SNCF Gares & Connexions

Merci à Mylène Paul, Monika Marx, Jean-Yves Houron, Pierre-Jean Bourel et Jimmy Tual pour leurs contributions.



 



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...