lundi 1 juin 2026

Un bureau de Poste dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc. 1905-2018

Carte postale avec la passerelle et le bureau d'octroi sur la droite.

La création du bureau de Poste à Robien 1905

Le 27 avril 1905, le journal Ouest-Eclair évoque pour la première fois publiquement l'autorisation d’établir "une recette auxiliaire des postes" dans le quartier de Robien. 

D'après un document conservé aux Archives nationales, ce bureau ouvre le 16 décembre de l'année 1905.

Archives nationales, cote AN 19830232-02

La nécessité d'un bureau de Poste de plein exercice. 1908

Le 6 avril 1908, Ouest-Eclair reprend ce sujet du bureau de poste de Robien : un rapport est présenté par M. Sébilleau. 

Ce bureau de poste devrait être pourvu du téléphone et du télégraphe et se situer au niveau de la gare de marchandises (appelée aussi Gare de la Petite vitesse), là où la passerelle piétonne va être prochainement construite.

Ce bureau de poste est effectivement créé dans l'année 1908 mais il ne dispose pas de tous les services qu’il pourrait rendre à la population comme l’explique le journal Le Réveil, en y ajoutant une petite pointe anticléricale au passage : "L’extension de la ville de St Brieuc se fait actuellement du côté de Robien… Il existe un bureau auxiliaire des postes boulevard Carnot, bureau ne pouvant effectuer que la moitié à peine des opérations postales. Il n’est pas complet… Il n’émet pas de mandats pour les étrangers… Ce qui est plus grave, il n’a ni le télégraphe ni téléphone…On me dira « Il y a le télégraphe à la gare »… On se préoccupe de ce quartier dans certains milieux. On y construit une église. Une église ne sert que des intérêts particuliers. Tout le monde n’en a pas besoin et tout le monde aujourd’hui a besoin de la poste et surtout de profiter des progrès modernes… Il faut que le public qui paie, reçoive satisfaction… »

En 1910, la question revient au niveau du Conseil municipal de Saint-Brieuc dans la séance du 12 janvier. Le rapporteur de la commission qui a étudié le sujet constate que cette recette auxiliaire fonctionne bien. Elle effectue  un mouvement de fonds de plus de 100 000 francs par an, tant en recettes qu’en dépenses. Mais le gérant ne reçoit qu’une indemnité annuelle de 200 francs par l’administration, ce qui est jugé nettement insuffisant. La solution de confier cette mission au receveur du bureau d’octroi tout proche n’a pas été retenue.

L’administration des Postes exige d’autre part que pour passer d’un bureau annexe à un bureau de plein exercice, la municipalité doive s’engager à fournir un local adapté, ce qui n’est pas le souhait de la Mairie. Par contre la proposition est faite par les autorités municipales d’allouer une somme de 100 francs supplémentaires pour le gérant, à condition que le bureau reste dans le quartier de Robien.

Portrait de postières en 1924. Musée de Bretagne
Le 26 juin 1925, la question de l'indemnité de Mme Fichou est relevée de 900 à 1200 francs. La demande semble justifiée pour le conseil municipal en raison des opérations postales plus nombreuses résultant de l'extension du quartier. D'autre part il est mentionné que Mme Fichou donne entière satisfaction.

La première trace de Mme Fichou est dans l'édition du 30 décembre 1912 de Ouest-Eclair où elle demandait déjà une augmentation de son traitement.

26 juin 1925. Registre du Conseil municipal
L'évolution du bureau de Poste 1932-1945

Ce petit bureau de poste à Robien n’a pas acquis un meilleur statut au fil du temps et semble être resté à l’état d’annexe. La question refait donc surface en 1932 au Conseil municipal du 19 février avec comme rapporteur Monsieur Legarçon qui demande pour le quartier de Robien la création d’un guichet postal ouvert entre 12h et 14h, ce qui n’est pas le cas de l’actuel guichet et permettant d’effectuer toutes les opérations possibles. Il argumente sur le fait que la population de Robien est de 4000 habitants, que de nombreuses usines et magasins y sont installés. La municipalité semble avoir trouvé le local idéal dans le groupe de magasins (la Galerie Commerciale) intégré dans le nouveau lotissement de Robien. Le local serait de 7 mètres de largeur sur autant de profondeur et permettrait d’accueillir confortablement les usagers de 8h à 19h.

La proposition recueille un large consensus avec une autre piste pour le local car M. Zocchetti, rue Jules Ferry, pourrait être intéressé par l’installation du guichet dans sa maison… En 1935, on installe une cabine téléphonique à l'octroi de la petite vitesse boulevard Carnot et en 1936, une boite postale sur ce même immeuble du bureau d'octroi.

Plan indiquant le bureau d'octroi. 1922. Archives municipales 3Fo124

En 1943, le Conseil municipal du 23 juillet est amené à se prononcer, comme il le fait régulièrement, sur la demande des gérants de ces bureaux de poste qui souhaitent voir leur rémunération augmentée. Le faible salaire est la raison de la fermeture depuis le 1er avril 1943 du bureau de Robien, "ce qui provoque les réclamations de nombreux usagers" comme il est noté dans le compte-rendu. Le Conseil porte la rémunération à 4000 francs en tenant compte du salaire et de l'indemnité logement. C'est ce qui doit avoir décidé une personne à accepter cette tâche puisqu'en 1945 le poste est bien pourvu à Robien (Conseil du 21.09.1945).

Le bureau de Poste de Robien 1946-2002

On ne sait pas avec précision comment ce petit bureau de Poste a évolué après 1945 car les différents rapports du Conseil ne mentionnent plus la liste des bureaux et la presse n'en parle pas. Mais les souvenirs des habitants permettent de poser quelques jalons... Il est certain que de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'au début des années 2000, les habitants de Robien se passaient d'un bureau de poste. Et pour cause, Dominique Soufflet raconte : "On achetait les timbres dans les bureaux de tabac. Et, jusque vers le début des années 60, le facteur effectuait le paiement des mandats (je ne connais pas le plafond), sans risque apparent de se faire braquer, il livrait également les recommandés et petits colis. Cela limitait largement le besoin de se déplacer pour nombre de personnes (âge, handicaps divers sociaux ou non), le besoin d’un bureau postal local ne se faisait pas sentir. La suppression de ce service a certainement été un des moteurs de la demande d’ouverture d’un bureau local en coïncidence avec l’accroissement de la population et de l’entrée des femmes sur le marché du travail ".

D'autre part, on sait que les P.T.T avaient installé en 1966 dans le quartier de Robien, place Octave Brilleaud, "un bureau muet" (ça ne s'invente pas ! ) : "L'installation comporte un distributeur de timbres à 0,30 F, une boite aux lettres, un poste téléphonique à paiement fonctionnant avec des jetons qu'il faut se procurer à la recette principale, place de la Résistance."

Les bureaux muets avaient fleuri en France à partir de 1959 et le premier bureau de ce type avait été installé à Saint-Brieuc en janvier 1961 place de la Gare. D'autres devaient suivre "sur la place du Champ de Foire à Robien (pour le marché de gros), à la Ville-Bougault, au Point-du-jour et sur le Champ-de-Mars, près du Syndicat d'Initiative." L'article explique tout, même comment téléphoner ! Il faut dire que la communication n'est établie que si vous versez la somme qui vous est indiquée "par la standardiste du central des P et T". Pour cela il faut être muni de pièces de 10 et 20 centimes de nouveaux francs, seules admises par l'appareil. (Ouest-France 27 janvier 1961) L'accès 24h sur 24 et sept jours sur sept devaient permettre de désengorger les bureaux de poste mais il n'en fut rien, ces bureaux muets se sont tus complètement après leurs heures de gloire des années 60...

Bureau de poste muet. 27 janvier 1961 Ouest-France

Bureau de poste muet. 27 janvier 1961 Ouest-France

Dominique Soufflet se souvient : "Le bureau muet du Champ de Foire (personne ne disait Brilleaud), servait essentiellement de cabine téléphonique publique. Il a subit plusieurs évolutions, pièces, puis jetons, puis de nouveau pièces lors du passage au téléphone automatique (sans opératrices pour indiquer le coût). Ce central a été mis en place dans un bâtiment perpendiculaire au Théâtre dans les années 63-65". 

Bureau de poste muet de la Ville-Bougault, St Brieuc, 4 octobre 1961 Ouest-France

L'histoire récente du bureau de Poste, une nouvelle implantation en 2002

Le journal Le Télégramme dans son édition du 7 septembre 2001 présente de manière très complète l'installation d'un nouveau bureau de poste à Robien. Les responsables de la poste peuvent ainsi développer leurs excellents arguments montrant la nécessité d'un bureau dans le quartier :

"Depuis plusieurs années, la Poste souhaitait ouvrir un nouveau bureau à Saint-Brieuc, dans le quartier de Robien. La construction d'un immeuble (Le Carlina) rue Jules-Ferry, lui offre cette opportunité. Les travaux d'aménagement auront lieu à la rentrée, pour une ouverture prévue au printemps 2002.

Ci-dessous, l'immeuble en construction rue Jules Ferry

Rue Jules Ferry. Photo Le Télégramme. 7 septembre 2001

"Actuellement, le bureau de Poste le plus proche pour les Robiennais, est celui de la Résistance. Autrement dit, pas la porte à côté. Cette ouverture devrait donc être saluée par les riverains qui bénéficieront de nouveaux services de proximité. «C'était un projet que nous avions sous le coude depuis plusieurs années», explique Denise Rozec, responsable organisation et marketing de la distribution à la Poste. 

Une plus-value pour le quartier

Cette implantation sera indéniablement un plus pour ce quartier en plein renouveau. «Les communes de plus de 10.000 habitants représentent 50 % de la population du territoire. Paradoxalement, ces zones sont moins bien équipées en bureaux de Poste (17 %) que le secteur rural. D'où la mise en oeuvre d'une politique de développement qui met les clients au centre de nos préoccupations. C'est-à-dire, être là où ils sont. Robien correspond à ces critères. Avec Balzac en 2000, ce sera la seconde création en un an à Saint-Brieuc». La Poste sera locataire de ces locaux au rez-de-chaussée de l'immeuble Carlina. «Ils nous seront livrés courant septembre et ouvriront au printemps 2002. 160 m² aménagés à l'identique du bureau de la Résistance».

Le choix du service public pour Robien s'est appuyé sur une étude d'urbanisme réalisée en 1996 par le cabinet Nazarenko, à la demande de l'ancienne municipalité, ainsi que sur une concertation menée auprès de la population. Cette étude anticipait le devenir de Robien et prenait en compte la création d'un petit pôle commercial rue Jules-Ferry avec un bureau de Poste. «Le projet se réalise à quelques numéros de rue près, c'est incroyable». 4.500 personnes seront concernées par ce nouveau service (habitants, passage, salariés). Toutes les prestations postales et financières traditionnelles y seront proposées. Cette implantation portera à sept le nombre des bureaux à Saint-Brieuc : Résistance, les Villages, Liberté, Cesson, Croix-Lambert, Balzac et Robien".

 "C'était le bon temps" pourrait-on dire !

2008 La Poste de Robien, 17 rue Jules Ferry. Image Google Sreet
De l'installation en 2002 à la fermeture en 2018

Ce nouveau bureau de poste est donc installé en octobre 2002, au 17 rue Jules Ferry au pied d'un immeuble tout neuf et tout le monde est très satisfait. Les années passent et la Poste change la signalétique (voir ci-dessous

2016 La Poste de Robien, 17 rue Jules Ferry. Image Google Sreet
Petit à petit, les plages horaires sont plus limitées. Malgré tout, l'activité reste régulière et le guichet ne désemplit pas.

Mais parfois l'histoire se répète curieusement...

Alors que le quartier de Robien vient tout juste de retrouver une nouvelle passerelle piétonne après des années de travaux, en 2017 la direction de la Poste annonce la fermeture du bureau installé dans la rue Jules Ferry. Le bureau de Cesson et celui de la Place de la Liberté sont aussi concernés par ces mesures de fermeture. Et pourtant, ils rendent beaucoup de services ces bureaux, les gens y sont attachés...

Ci-dessous, les usagers se font prendre en photo pour montrer leur désir de conserver leur bureau de poste à Robien

Affiche réalisée par le Comité d'Animation de Robien. 2018
Malgré la mobilisation de très nombreux habitants pendant des mois, la fermeture définitive a lieu le 13 juin 2018 à Robien.

Un commerce reprend le service du courrier, puis un autre s'en charge mais toutes les opérations ne peuvent plus se faire : suppression des mandats postaux, des services de la Banque postale, du distributeur de billets... Les priorités de rentabilité de la Poste auront eu raison de ce service rendu aux habitants pendant tant d'années... 

La boite aux lettres sera même enlevée en janvier 2024 !

2020 La Poste de Robien, 17 rue Jules Ferry. Image Google Sreet


Paroles d'usagers de la Poste à Robien

Propos recueillis devant la Poste le jeudi 25 janvier 2018

"Je viens du boulevard Charner et avec la passerelle c’est très pratique. Si je vais à la Poste dans le centre ville il y a une côte pour remonter chez moi".

"J’ai une entreprise à Robien et la Poste j’en ai beaucoup besoin".

"Plus y a d’la poste, plus ça m’arrange ! "

"Moi j’ai du mal à marcher avec mon déambulateur alors où je vais aller chercher mon argent si ça ferme ? "

"Je viens de Trégueux, ici c’est sympa."

"Si l’agence ferme, je leur ai dit que je fermais mon compte à la Banque postale ! "

"Je travaille dans le quartier, je n’y habite pas mais je viens à ce bureau car quand je rentre dans ma commune c’est fermé".

"Je viens faire des mandats Western-Union pour envoyer de l’argent dans mon pays".

"Je viens ici ou à Liberté alors où je vais aller si les deux bureaux ferment ?! "

 

D'autres présences de la Poste à Robien

En dehors d'un bureau de Poste, cette administration a été présente dans le quartier de Robien à deux autres endroits.

A partir de 1932, Rue de l'Ondine, les P.T.T avaient un dépôt d'essence dans un bâtiment servant aussi de garage. Ce local a été transformé en maison d'habitation après sa fermeture. (voir tous les plans dans l'article sur l'histoire de la rue de l'Ondine, en cliquant ici )

Un centre de tri annexe des P.T.T a été installé rue abbé Garnier en 1971. En effet, la municipalité est allée dans le sens de la demande des P.T.T qui, ne parvenant plus à assurer le tri des paquets dans le bureau de la Gare, cherchaient un local.

Les anciens garages des T.U.B, rue abbé Garnier, se trouvant vides, la municipalité a loué ses locaux avec un bail de 5 ans, comme l'indique le compte-rendu du Conseil municipal du 13 novembre 1970.

 

                Photo des anciens entrepôts des bus ci-dessous

Ancien dépôt de bus rue abbé Garnier. Archives St Brieuc 6Fi1630

 

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Sources

Autorisation et date d'ouverture en 1905. Document des Archives nationales cote AN 19830232-02, pages de 1896 à 1916. Remerciements à Dominique Reynaud pour la transmission de ce document particulièrement rare et intéressant.

Délibérations du Conseil municipal : 12 janvier 1910, mars 1910, 19 février 1932, 30 août 1935, 24 avril 1936, 23 juillet 1943, 21 septembre 1945, 19 septembre 1947, 22 octobre 1951, 1er février 1954, 13 novembre 1970.

Ouest-Eclair 6 avril 1908

Le Réveil 1908

Le Télégramme 7 septembre 2001

Site du Comité d'Animation de Robien

Propos recueillis par Richard Fortat au moment de la menace de fermeture de la Poste. Notes, janvier 2018

Photo de deux postières en 1924. Musée de Bretagne, notice complète ici

Correspondances avec Christian Prigent, novembre 2021

Correspondances avec Dominique Soufflet, novembre 2024

 

 

 

 

 

Paul Rolland (1899-1983), architecte à Saint-Brieuc et dans les Côtes-du-Nord.

1927 Papier à en-tête. Archives municipales Saint-Brieuc 2T11 Permis de construire pour une maison boulevard Hoche.


Origines familiales

Paul Marie Joseph Rolland est né le 15 août 1899 à Mauron (56). Son père était chef de gare et sa mère ménagère. Il se marie avec Marie Joseph Provost (1896-1985). Marie Provost est née le 1er octobre 1896 à Pierric (44) et elle est décédée le 7 février 1985 à Falaise (14) à l'âge de 88 ans.
Le couple aura un fils nommé Gilles, né le 19 avril 1927 à Falaise dans le Calvados, décédé le 21 janvier 2014 à Bagneux (Hauts-de-Seine). Jean Rolland, le père de Paul Rolland, est décédé à Étables le 24 juillet 1929.

Avis de décès le 31 juillet 1929 Ouest-Eclair
Paul Rolland est décédé le 27 décembre 1983 à Pabu (22) où il est inhumé.
Archives Morbihan, 1899 Mauron.

Son livret militaire indique qu'au moment du recensement militaire en 1918, Paul Rolland habitait Étables et qu'il était étudiant en architecture. Il est incorporé comme engagé volontaire pour trois ans dans la Marine à partir du 7 janvier 1918. Sa période de combat contre l'Allemagne s'étend de janvier 1918 au 23 octobre 1919. Il sort de l'armée le 5 janvier 1921 (1ère Classe) et revient à Étables.


Archives 22.

Un architecte bien implanté dans le département

Paul Rolland a eu une longue carrière dans le domaine de l'architecture dans le département des Côtes-du-Nord. Son succès fut acquis par une synthèse du courant régionaliste et de l'Art déco.

Il débute à Dinan avec un bureau au 50 rue Clémenceau et  un autre à Lanvallay, il y conserve une activité jusqu'en 1934. Il devient membre de la Société à Responsabilité (S.R) des Architectes du N.O. de la France (1921-1931). Il possède un bureau à Étables, commune dont il est l'architecte dans les années 1927. A  Lannion, il est associé à son confrère Jules De Jaehguer (1936). Il s'installe à Saint-Brieuc au 2 rue St Guillaume (1936-1937) puis au 36 rue St Guillaume (1938-1970). Son activité le porte aussi au Val André (1945-1947) et à Saint-Quay-Portrieux (1945-1970).

Il conçoit de nombreuses villas sur le littoral : les Rosaires (villa de Monseigneur du Bois de la Ville Rabel, archevêque de Rouen, information à vérifier car il existe des plans de Paul Marteroy en 1910), Binic (un hôtel en 1932), Étables (garage Renault), Saint-Quay-Portrieux, Plouézec, Paimpol (Le salon moderne 1932). Ces réalisations sont inscrites à l’inventaire du Patrimoine culturel de Bretagne. Il réalisa aussi l'école de Le Cambout, l'école de Saint-Aaron en 1936 et l'Hôtel des Postes de Gouarec en 1934, un chantier terminé en 1936.

Bureau de Poste de Gouarec
Après-guerre 

Si la période de l'Occupation semble marquer un coup d'arrêt dans les activités de l'architecte, à l'exception d'une maison particulière dont nous avons connaissance dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, à la fin des années 40 de nouveaux projets vont être confiés à M. Rolland. Par exemple en 1948-1949, la municipalité de Quintin lui demande de dresser les plans de l'école publique.

En octobre 1949, on lui confie la réalisation d'une ferme modèle avec son habitation à Chateau-Billy. Dans son édition du 6 octobre 1949, le commentaire de Ouest-France parle d'une "maison saine et spacieuse".


6 octobre 1949 Ouest-France

En 1951, il réalise les plans pour 18 logements HLM à Quintin.

1952, courrier de Paul Rolland à Eugène Faure. Archives municipales St-Brieuc Fonds Faure 6521.1
En novembre 1955, quai Gabriel-Péri au Légué, c'est un logement H.L.M de 12 logements sur 4 étages qui est conçu par M. Rolland (Ouest-France 14 novembre 1955).



En octobre 1957, à Hillion, un ensemble avec Mairie et Poste est l'oeuvre de M. Rolland (Ouest-France 16 octobre 1957).



Marie d'Hillion de nos jours

En décembre 1958, au Val-André, la réalisation de la nouvelle école est confiée à M. Rolland en tant qu'architecte communal. L'article de Ouest-France du 2 décembre 1958 pointe l'attachement de M. Rolland au style breton qu'il a conservé pour cette école.

 
Dans son édition du 28 décembre 1958, Ouest-France fait le point sur un important projet auquel M. Rolland est associé avec l'architecte en chef du gouvernement, Roger Hummel. Il s'agit de la future École Nationale de Navigation située à Paimpol.

Courrier de M. Rolland 3 janvier 1961 Ouest-France

En 1960, le Conseil municipal de Langueux confie son projet de Mairie et de Salle municipale à M. Rolland. (Ouest-France 10 août 1960) 

Le bâtiment de Mairie de Langueux conçu en 1960

Le 14 décembre 1960, Ouest-France expose la situation scolaire à Saint-Nicolas-du-Pélem et la réponse que peut apporter le projet de M. Rolland.
14 décembre 1960 OF
Le 4 mars 1961, Ouest-France publie une photo de la Maison du Marin à Kérity-Paimpol, sur des plans de M. Rolland concernant la transformation de cette habitation. C'est une oeuvre sociale réalisée grâce à l'amicale des Cols Bleus des Côtes-du-Nord. L'article indique que M. Rolland est "ancien marin lui-même", c'est une référence à son engagement dans la Marine en 1918 au moment de la Première Guerre mondiale...

Le 10 février 1961, publication d'un projet de M. Rolland pour la salle de réunions de Saint-Brandan. Un autre article du 31 mai montre l'équipe des ouvriers de l'entreprise Le Coq sur le chantier de cette construction.


A Saint-Brandan 31 mai 1961 Ouest-France

Le 18 février 1961, publication du projet de M. Rolland pour la construction du Cours Complémentaire de Chatelaudren.

Enfin le 16 novembre 1961, la mairie de Ploufragan est en photo. Cette réalisation imposante, commencée en 1959, est de M. Rolland avec le concours de l'entreprise Bougeard de Plérin. 


Des réalisations à Saint-Brieuc

Paul Rolland conçoit les plans d'une maison particulière en 1928 dans le boulevard Hoche.

Archives municipales 2T12
Le permis de construire est déposé le 25 avril 1928 pour M. Ballouard.

Archives municipales 1928 2T12 architecte Rolland

Il réalise aussi un immeuble en 1937 au croisement de la rue Voltaire et du boulevard Waldeck-Rousseau.

Immeuble conçu à Saint-Brieuc par Paul Rolland en 1937

Après une rénovation effectuée en 2026 par l'entreprise L'Hénoret. Photo RF

Les architectes ne se privent pas de concevoir des bâtiments utilitaires qui façonnent notre paysage. Ainsi l'édition de Ouest-Eclair du 6 janvier 1938 souligne la qualité de ce transformateur électrique, un ouvrage de M. Rolland : "La Compagnie Lebon vient d'édifier un transformateur du plus bel effet, une petite construction style breton. L'architecte est M. Rolland de Saint-Brieuc... Voilà un nouveau modèle de transformateur faisant contraste avec certains "tranfos" qui enlaidissent les routes touristiques et les paysages briochins."

 

Les plans de cette maison au 15 rue Louis Blanc à Saint-Brieuc datent de 1940. On la trouve en descendant sur la gauche, vers l’étang de Robien. Paul Rolland, installé à Saint Brieuc est alors associé avec M. De Jaegher. La maison, achevée en 1942, est construite pour un industriel, Maurice Renaud.

Maison conçue par l'architecte Paul Rolland, rue Louis Blanc Saint Brieuc. Photo RF
Cette élégante maison néo-bretonne, influencée par le courant Art-déco, présente deux faces bien distinctes avec du côté rue de petites ouvertures (et ces trois audacieuses petites ouvertures carrées) et à l’arrière, dominant l’étang, de plus larges baies. 
Dessin de l'architecte Paul-Marie Rolland, rue Louis Blanc Saint Brieuc.

La Perception rue Henri-Servain, 1959

Un vaste ensemble de quatre étages est créé par M. Rolland pour regrouper les différentes perceptions de Saint-Brieuc dans un lieu central, jouxtant la Mairie et la Cathédrale. On ne dénombre pas moins de 45 fenêtres et 14 larges baies vitrées. Ouest-France dans son édition du 14 mai 1959 souligne que c'est un immeuble "d'une belle architecture bretonne". L'article évoque aussi les contraintes techniques car les terrains sur lesquels repose l'édifice sont marécageux : "Il faudra plus de soixante pieux de ciment armé, dont la longueur dépassera trente mètres, pour soutenir la masse de la construction".

 


Le lieu où va être édifiée la Perception. 14 mai 1959 Ouest-France

Le bâtiment de la perception conçu par M. Rolland, de nos jours. Photo Google street

Des publications dans Ouest-Eclair et Ouest-France au sujet de Paul Rolland

La presse des années 30 fait état de plusieurs conflits entre les municipalités d’Étables et de Saint-Brieuc et M. Rolland. 

Saint-Brieuc 9 septembre 1933

Saint-Brieuc 23 août 1934

Saint-Brieuc 16 janvier 1935


Etables 5 avril 1935 (Conseil municipal du 30 mars)

Étables 28 novembre 1938

Quintin, projet d'école 29 avril 1949

Anecdote 

Un article de Ouest-France daté du 22 août 1961 relate un fait divers impliquant M. Henri Rioche et M. Louis Dussaux, 53 ans, chef d'agence au cabinet de M. Rolland, architecte et résidant 17 rue Jules Ferry à Saint-Brieuc.


 Anecdote

Lors de la période de l'Occupation allemande, le jeune Raymond Lévy fut apprenti architecte au cabinet de Paul Rolland. Il était élève du peintre Émile Daubé. Il fut arrêté, ainsi que sa famille, le 12 juillet 1943 pour la seule raison qu'il était juif. Il a réalisé de nombreux croquis de ses parents, de ses camarades en prison à Saint-Brieuc qui sont parvenus jusqu'à nous mais il est mort à Auschwitz en 1943.

Raymond Lévy. Photo archives 22

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A lire en complément

La maison Renaud, 15 rue Louis Blanc, 1942, cliquer ici

Abécédaire des architectes de Robien, cliquer ici

Sources

Registre des naissances 1899 Mauron (56), vue 48, ici

Archives de Ouest-Eclair et Ouest-France

Recensement militaire 1919 Saint-Brieuc, archives départementales 22, vue 383, cliquer ici

Site de généalogie Généanet, cliquer ici

Archives personnelles de M et Mme Pierre-Yves Pondaven, propriétaires de la maison de la rue Louis Blanc à Saint-Brieuc.

Plusieurs maisons construites par Paul-Marie Rolland sont à l'inventaire du Patrimoine de Bretagne.

Daniel Le Coëdic, les architectes et l'idée bretonne.


 

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