mercredi 3 décembre 2025

L’histoire de la Rue Eugène Lemoine (1920-1945) à Saint-Brieuc, un des 50 martyrs.

Rue Eugène Lemoine à St Brieuc. Photo RF 2020

La rue Eugène Lemoine est une petite voie perpendiculaire à la rue Luzel dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, desservant 17 logements dans le cadre d'un ensemble de logements sociaux, dont l'accès se situe au niveau des numéros 43 et 45. Le projet a été mené par Terre et Baie Habitat. On peut l'emprunter pour rejoindre à pied le bas du tertre Marie-Dondaine.

Résidence Eugène Lemoine. Photo RF 2020

La dénomination "Rue Eugène Lemoine" est issue d’une délibération du Conseil municipal en date du 26 octobre 2010.

Dossier du Conseil municipal de Saint-Brieuc. Document Léon Le Mée.
Sur la plaque, on peut lire : Rue Eugène Lemoine (né en 1920 à Saint-Brieuc-mort en déportation en 1945) Président fédéral de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne.

Plaque de la rue Eugène Lemoine. Photo RF

Qui était Eugène Lemoine ?

Eugène Lemoine. Photo diocèse St Brieuc

Eugène Lemoine est né le 6 janvier 1920 à Saint-Brieuc, fils de Léon Lemoine et de Marie Din. Avec sa famille il habitera dans 3 logements à Saint-Brieuc, tout d'abord 26 rue de Quintin, puis 12 rue Saint-Pierre et enfin 6 venelle des Champs Lorin près de l'église Saint-Michel.
Eugène est un ancien élève de l'école Saint-Charles à Saint-Brieuc, sa famille pensait qu'il rentrerait au séminaire. Mais en fait, il abandonne le collège, et donc l'idée d'aller au séminaire et devient apprenti menuisier, rue du Port à Saint-Brieuc. en dehors de son métier, il rejoint la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J.O.C.) dès 1934. On sait qu'il militait en vendant le journal de la J.O.C auprès du public à Saint-Brieuc et qu'en juillet 1937, il se rend à Paris au Parc des Princes pour la grande célébration des 10 ans de la J.O.C.

Il prend de nouvelles responsabilités et en 1942, il devient dirigeant fédéral des Côtes-du-Nord de la J.O.C. 

Eugène Lemoine, photo restaurée
C'est un dirigeant exigeant, ainsi va-t-il déclarer le 7 février 1943 lors d'une journée de formation de responsables d'équipe : "Mes camarades, je vous demande de bien vous souvenir que vous êtes ici, non pas comme de quelconques figurants de réunions publiques mais bien en tant qu'authentiques représentants des jeunes ouvriers de nos territoires. Il est d'une importance capitale que les consignes données soient exécutées fidèlement et dans les délais demandés. La J.O.C n'est pas un mouvement de petits garçons, et je vous le dit tout net, le Comité Fédéral n'est pas disposé à laisser péricliter les sections , du fait de dirigeants  paresseux ou insouciants"

Eugène Lemoine fait équipe avec Armand Vallée, l’aumônier fondateur de la C.F.T.C du diocèse, qui sera arrêté, interné à Fresnes et mourra en mars 45 à Mauthausen.

Eugène Lemoine en Allemagne
En Allemagne
Le 15 mars 1943, Eugène Lemoine part de Saint-Brieuc pour le Service du Travail Obligatoire (S.T.O) et il est envoyé à Wittenberg en Allemagne. Il a choisi de partir avec ses camarades de la J.O.C pour être avec eux, alors qu’il n‘y était pas obligé étant soutien de famille depuis le décès de son père. Alors que l'évêque Monseigneur Serrand demandait aux jeunes catholiques de ne pas opposer de résistance à la demande des allemands de travailler pour leur pays dans le cadre du STO, la J.O.C n'a pas la même position. Elle dénonce ce système mais incite ses militants à accompagner spirituellement les ouvriers. L'action des jocistes ira souvent encore plus loin car beaucoup traduiront leur foi chrétienne en action politique sur le terrain.
Eugène Lemoine travaille dans une petite usine pour l'aviation mais son but est surtout que ses camarades conservent leur foi chrétienne. Pour cela, il organise des moments clandestins de prière. « C’était lui qui nous soudait », raconte L. Le Gall, membre de son groupe en Allemagne. Il effectuait aussi de fréquents déplacements le dimanche pour garder des liens avec les groupes catholiques des autres régions : Halle, Leipzig, Dresde…
Eugène Lemoine en Allemagne, photo restaurée. Diocèse de St Brieuc
Il est arrêté une première fois le 18 septembre 1943 par la Gestapo, emprisonné puis relâché. Le 3 décembre 1943, les autorités nazies décident d'interdire l'action catholique de France et donc la J.O.C. Il est arrêté le 30 septembre 1944 à l'usine, emmené au siège de la Gestapo, il n'est pas interrogé. Il est incarcéré à la prison de Wittenberg (Allemagne) puis transféré dans une autre prison. On le libère le 25 octobre 1944 en suivant ses activités : on va lui tendre un piège car il a aidé un prisonnier à se cacher. La Gestapo suit Eugène Lemoine qui, à peine libéré, apporte du ravitaillement à son camarade Normand. Eugène Lemoine est arrêté le 12 ou le 13 novembre 1944, ramené à la prison de Halle en Allemagne et  déporté le 20 ou le 21 novembre 1944 au camp disciplinaire de Zöschen à Leuna (Allemagne). 

Document de la base de données Arolsen, première ligne Eugène Lemoine
D'après la base de données Arolsen (voir ci-dessus), il serait décédé le 8 février 1945. Un autre document indique sa nationalité "Franzose", date de décès : 8-2-1945, cause du décès "enteritis" = entérite. (ci-dessous, dernière ligne du second document).

 

Son acte de décès est dressé le 4 avril 1946 par le Ministère des Anciens Combattants (dossier n°?, registre n°ECD2, acte n°205). Il fait partie des 50 "martyrs de l'apostolat" en Allemagne nazie.

Les traces de l'histoire d'Eugène Lemoine à Saint-Brieuc

Après-guerre, certains de ses anciens camarades ont témoigné sur le parcours d'Eugène Lemoine en Allemagne. Puis quand le jociste rennais Marcel Calo, mort dans les camps, a été béatifié en 1987, on s'est aussi souvenu d'Eugène Lemoine, en particulier ceux qui, devenus très âgés, avaient connu cette période et parfois la déportation. Tout cela a contribué à ce qu'on n'oublie pas ce qu'il avait fait...

Une plaque commémorative honore sa mémoire sur la tombe familiale du cimetière de l'Ouest à Saint-Brieuc (22).

Un livre a été écrit sur son histoire Eugène Lemoine 1920-1945, par Pierre de Couëssin. Editions François-Xavier de Guibert.

Un nom de rue lui a été donné dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc en 2010.

Eugène Lemoine

Eugène Lemoine dans la mémoire collective en 2025

Un dossier de béatification individuelle était à l'étude au Vatican depuis quelques années. Sa béatification a eu lieu à Notre-Dame de Paris, le samedi 13 décembre 2025 avec 49 autres martyrs, victimes du nazisme. 


La Maison du diocèse de Saint-Brieuc a organisé à cette occasion une exposition et une conférence publique donnée par Samuel Gicquel de l'Université de Rennes 2, le 5 décembre. Une large assemblée a participé à cette rencontre où on notait la présence de Monseigneur Moutel, évêque du diocèse de Saint-Brieuc-Tréguier et de M. Hervé Guillard, maire de Saint-Brieuc.

Le conférencier a apporté à la connaissance du public des documents originaux et a bien remis dans le contexte de l'époque ce destin individuel d'Eugène Lemoine.

Samuel Gicquel et Monseigneur Moutel à droite. Photo RF

Lieux d'habitation d'Eugène Lemoine à Saint-Brieuc.

Photo de classe de 1932 et photo de communion.

Lettre de la mère d'Eugène Lemoine le 21 mai 1945 demandant des nouvelles de son fils aux autorités.



Pierre de Couëssin parle d'Eugène Lemoine

Un article de Ouest-France du 31 octobre 2013 écrit par Marie-Claudine Chaupitre qui a interrogé Pierre de Couëssin au moment de la sortie de son livre.

Ce Briochin vous est peut-être inconnu. Pourtant Eugène Lemoine (1920-1945), très actif militant de la Jeunesse ouvrière chrétienne (J.O.C), fit preuve d'un grand courage et mourut de son engagement, alors qu'il était enrôlé au Service du travail obligatoire (STO), au camp de Zöschen, en Allemagne, en 1945. C'est cette foi inébranlable et cet héroïsme que le diocèse de Saint-Brieuc veut faire reconnaître en demandant à Rome sa béatification. Le père Pierre de Couëssin connaît bien le jeune martyr. L'actuel recteur du sanctuaire Notre-Dame de Toute Aide à Querrien, qui fut lui-même aumônier national de la J.O.C, a été chargé dès 1988 par Mgr Kervennic, évêque de l'époque, de préparer le dossier d'Eugène Lemoine en vue de sa béatification. Pendant des années il a collecté des informations, rencontré des proches. Il en a rédigé un livre « Eugène Lemoine, Jociste mort à Zöschen ».

« Il a donné sa vie pour sa foi »

Quant au dossier de béatification, il attend au Vatican parmi d'autres : « Le Rennais Marcel Callo a été béatifié, explique le père de Couëssin. 51 autres jeunes martyrs attendent à leur tour cette béatification. Le dossier n'avance pas aussi vite que nous le souhaiterions. Je souhaiterais que mon Église, que j'aime, honore ses anonymes et mette en valeur cet homme. » Pourtant, à ses yeux, le jeune menuisier de Saint-Brieuc « a donné sa vie pour sa foi ». Tout jeune militant jociste au côté de l'abbé Vallée, Eugène Lemoine ne recule pas devant le STO qui envoie 200 jeunes Briochins vers l'Allemagne le 15 mars 1943. Soutien de famille depuis le décès de son père, il aurait pu demander une dérogation. Il préfère soutenir ses camarades en Allemagne.

Sur place, il écrit un journal de bord où il témoigne de sa foi profonde. Ses camarades ont aussi parlé pour lui. Comme Joseph Letournel : « En Allemagne, on se donnait rendez-vous en forêt. Eugène Lemoine animait la prière puis on repartait en petits groupes pour ne pas attirer l'attention. Il est mort pour sa foi au Christ. Son apostolat lui a valu son arrestation et sa mort. »

Les Nazis jugent suspects et rebelles ces jeunes qui refusent d'enlever leurs insignes de la JOC. Eugène est arrêté à deux reprises. La deuxième arrestation lui sera fatale. Eugène Lemoine est mort à 25 ans, « dans une infirmerie, un endroit effroyable qu'ils appelaient « reviers », raconte Pierre de Couëssin. D'autres jeunes qui l'ont croisé ont témoigné qu'il était à bout de souffle. » Dysenterie. Absence de soins. Agonie solitaire. D'après les archives allemandes, Eugène Lemoine est mort le 8 février 1945.


Extrait de son journal personnel. 1943 (dans le livre Eugène Lemoine 1920-1945, par Pierre de Couëssin). Après la lecture de "Quand les sirènes se taisent", un livre de Maxence Van der Meersch, le 11 septembre 1943, Eugène Lemoine note dans son journal personnel : "C'est ainsi que l'humanité monte vers son destin. Égoïste, bornée, cruelle, elle reste capable encore de rédemption puisque des êtres, en elle, savent souffrir pour un idéal, aimer la femme et l'enfant jusqu'à l'oubli d'eux-mêmes et vaincre au fond de leur cœur la haine pour faire le bien, sans espoir de récompense..."


 
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Si vous avez des commentaires ou des renseignements sur Eugène Lemoine, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre...


Sources 

La biographie d'Eugène Lemoine dans cet article est directement inspirée de la fiche qui lui est consacrée sur le site MémorialGenWeb. Pour retrouver cette fiche, cliquer ici

D'autres renseignements viennent de la fiche établie sur le site Les Amis de la Fondation de la Résistance. Pour retrouver cette fiche, cliquer ici

Base de données Arolsen, fiche ici

Article de Ouest-France du 31 octobre 2013

Renseignements fournis par Léon Le Mée, ancien président du Comité d'Animation de Robien de 1995 à 1997, membre actif de la paroisse de Robien dans les années 90 et après.

Eugène Lemoine 1920-1945, par Pierre de Couëssin. Éditions François-Xavier de Guibert. Les paroles d'Eugène Lemoine du 7 février 1943 sont extraites des pages 28 et 29 de ce livre.

Archives départementales 22, dossier 1R1960, fiche matricule

Aux archives du Diocèse, journal de bord d'Eugène Lemoine.

Conférence de Samuel Gicquel, professeur à l'Université Rennes 2, le 5 décembre 2025.

Pour retrouver la liste complète des 50 martyrs de la résistance spirituelle (laïcs, séminaristes et prêtres), cliquer ici

Autre article à lire 

Les associations religieuses de la paroisse de Robien (dont la J.O.C), cliquer ici



 

 

 


lundi 1 décembre 2025

Silhouette Center, 80 rue Jules Ferry à Saint-Brieuc 1984-1999

L’entreprise Silhouette Center était une SARL spécialisée dans la gymnastique et la remise en forme.

Photo Google Earth 2008

Les origines de Silhouette Center. 1984

Créée le 1er mars 1984, Silhouette Center, a commencé ses activités sous la forme d’un club de gymnastique installé 42 rue Émile Zola. Elle partageait les locaux avec le club de squash. Pour mémoire, en juin 1986, la SARL « Armoricaine des sports et loisirs » avait monté 3 cours de squash, rue Emile Zola. Le « Squash club briochin » avait bien recruté plus de 500 joueurs mais à cause de difficultés financières il fut obligé de mettre la clé sous la porte. L'association de type Loi de 1901 intitulée "Body building-Silhouette Center" a été créée officiellement le 25 février 1987. L'association avait pour objet le "développement du body building, la musculation, l'haltérophilie et le culturisme".

19 mai 1990. Ouest-France

Silhouette Center s’installe au 80 rue Jules Ferry. 1990

Le 8 mai 1990, Silhouette Center déménage quelques centaines de mètres plus loin, dans l’ancienne entreprise Rigot-Stalars, 80 rue Jules Ferry, toujours dans le quartier de Robien. L’édition de Ouest-France du 19 mai 1990 explique que Silhouette Center y a installé  « ses haltères, salles de gym et saunas ».

Photo Google Earth 2008

En septembre 1990, un nouveau service est proposé avec de la « Gym santé vertébrale », avec un kinésithérapeute.

28 septembre 1990. Ouest-France

En 1996, Silhouette center proposait des tarifs préférentiels aux étudiants, avec une activité au choix  pour 99 Francs par mois et quinze activités à volonté pour 130 francs par mois. Un troisième club de boxe anglaise (après le SC briochin et le CO briochin) créé à Saint-Brieuc avec le Boxing-Club de Saint-Brieuc, axé surtout sur la boxe éducative, s’est installé le 1er septembre 1998 dans les locaux de Silhouette Center. (Le Télégramme 15 juin 1998)

Création d'une section boxe chinoise. Ouest-France. 20 janvier 1998

La fin de Silhouette Center. 1999

Malheureusement, l’expérience s’arrête en septembre 1999 où la SARL Silhouette Center est mise en liquidation judiciaire.
Une vente aux enchères publiques est organisée, on y trouve : du matériel de cafétéria, un important matériel de musculation et remise en forme (barres, haltères, tapis de sol, médecine balls, trampoline, 35 appareils de musculation, banc rameur, baignoire balnéothérapie, sauna finlandais…)

De nos jours il reste des panneaux peints visibles le long de la rue Jules Ferry.

Superposition d'enseignes 80 rue Jules Ferry. Photo RF 2021

Pignon nord du bâtiment 80 rue Jules Ferry Photo RF 2021

 Souvenirs, souvenirs

Silhouette Center était un lieu où se croisaient beaucoup de gens.  Un forum ouvert sur un réseau social a permis de recueillir quelques souvenirs : Jules se souvient de Guy Hervé, maître et professeur émérite de Viet Vo Dao qui proposait déjà cette activité en 1984 rue Émile Zola puis dans le cadre de Silhouette Center. Pierre s'était inscrit pour l'année mais complètement coincé après une séance, il ne pouvait plus bouger, ce qui était délicat pour communiquer en langue des signes dans son métier d'éducateur à l'Institut des Sourds...Il n'est jamais retourné au cours, sans même chercher à se faire rembourser, et garde un excellent souvenir de l'accueil et de l'équipement sportif. Colette évoque les cours de Rock en 84 et une autre personne n'a pas oublié que l'on pouvait y croiser Anaclet Wamba, le champion de boxe...

 

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Voir d’autres articles sur les entreprises qui ont occupé le bâtiment du 80 rue Jules Ferry

L’histoire de la minoterie Epivent, ici

L’entreprise Rigot-Stalars, ici

Sources

Articles de Ouest-France : 19 mai 1990, 28 septembre 1990, 4 avril 1999

Le Télégramme 15 juin 1998

Réactions recueillies sur le Forum du groupe Facebook  "Tu sais que tu viens de Saint-Brieuc". Décembre 2021

 

 

 

L' école Diwan depuis 1986 dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc

  

Entrée de l'école Diwan, boulevard Carnot St Brieuc



L'équipe enseignante de Diwan St Brieuc en 1991. Photo 27 septembre 91. Ouest-France

 

Les débuts de l’école Diwan. 1979

C’est principalement à l’énergie de Claudette Le Guellec, que l’on doit les débuts de l’école Diwan à Saint-Brieuc.

Claudette Le Guellec est originaire de Plévin (22), ses parents sont bretonnants.  A 38 ans elle obtient sa licence de breton. En parallèle de l'idée de Claudette Le Guellec, le projet de créer une école Diwan fait son chemin collectivement : une première réunion est organisée en février 1979, puis une seconde en avril où le "Komite Diwan Sant Brieg" se met en place. Le groupe constitué préfère dans un premier temps opter pour une formule de l'école du samedi "Skol ar Sadorn" pour ne pas rompre avec les habitudes scolaires déjà mises en place et avec le milieu familial dont la langue dominante est le français.  

Claudette Le Guellec commence à dispenser des cours pour les enfants à Saint-Brieuc à la Maison des Jeunes et de la Culture du Point du Jour pour l'année scolaire 1979-1980. Elle reçoit l’aide de la municipalité de l’époque, avec le maire Yves Le Foll et son adjoint à la culture, Yves Dollo.


Le Comité s'emploie à réunir l'argent nécessaire pour la rentrée suivante en organisant quatre Fest Noz, une Marche Diwan et collecte des dons mensualisés. Des locaux provisoires sont tout d’abord attribués dans le quartier de la gare, au Rocher-Martin. C'est alors la deuxième école du département avec celle de Lannion.

Claudette Le Guellec passe devant une commission de l'association Diwan et se voit confier la classe de St Brieuc. Neuf enfants sont au rendez-vous de la rentrée 1980-1981. 

Le Comité de soutien ayant toujours besoin de ressources financières continue d'organiser des fest Noz, deux spectacles (Julos Beaucarne et Dan ar Braz). Des organisations extérieures à Diwan contribuent également au financement en proposant d'ajouter le fameux "1 franc pour Diwan" à l'entrée de leurs manifestations festives. Puis l'école s'installe dans des locaux au premier étage de l’ancien Lycée Curie de 1981 à juin 1986.  Ces locaux n’étaient ni pratiques pour les enseignants, ni pour les élèves.


L’école Diwan dans le quartier de Robien. 1986

En septembre 1986, l'Ecole Diwan s'installe dans des bâtiments occupés auparavant par l'école Guébriant au 19 Boulevard Carnot, dans le quartier de Robien .  

Dans le numéro 77 du journal municipal Le Griffon, on peut lire alors : « A la rentrée, Diwan a enfin pu s’installer dans une vraie école avec des salles de classes bien sûr, mais aussi préau et cour de récréation…Ainsi l’école peut désormais fonctionner dans des conditions normales et a pu aussi ouvrir une section supplémentaire ».

22 mars 1987 Ouest-France

29 juin 1987. Ouest-France

 

Deux structures gèrent l’école au quotidien. L’AEP (Association d’Education Populaire) s’occupe de la partie pédagogique et administrative. Le Skoazel (comité de soutien) organise toutes les animations.

L'entrée de l'école Diwan, boulevard Carnot St Brieuc

La magnifique glycine à l'entrée de l'école Diwan, boulevard Carnot St Brieuc. Photo RF

Des locaux qui évoluent. 1991

Dans les années 90 l’école Diwan doit faire face à un fort développement avec une vingtaine d’enfants en primaire et soixante enfants dans les trois sections de maternelle. L’équipe pédagogique dispose de six instituteurs et de deux aides-maternelles en 1991.

Une partie de l'équipe municipale (M. Bougault, Mme Le Flohic, Didier Le Buhan) vient constater les travaux nécessaires à l'école Diwan de St Brieuc en avril 1991. Les services municipaux avec M. Le Borgne, M. Sylvestre et M. Blanchevoy, sont également présents pour trouver des solutions pratiques concernant les normes d'hygiène et de sécurité.

 Elus et services techniques à l'école Diwan. Article et photo de Ouest-France du 11 avril 1991

Après la création d’une seconde classe en primaire, la Ville met à disposition de l’école, une salle dans un bâtiment qui servait de logement de fonction. Pour cette rentrée 91-92, Thierry Lemoine (CP et grande section) vient renforcer l’équipe en primaire et Véronique Jannes en maternelle. Garmenig Thuellou continue d’assurer le français en primaire, Claudette Le Guellec, en moyenne et grande section est la directrice ; Marijo Le Roux s’occupe des petits et moyens ; Dominique Jolivet du CE1 au CM2.

Ouest-France du 26 septembre1991
 
25 mars 2000 Ouest-France

 Le 1er septembre 2000, Ouest-France évoque le fait que Diwan avait ouvert la voie pour l'enseignement du breton à Saint-Brieuc mais qu'il restait à l'enseignement public d'ouvrir une classe bilingue. Un jeune enseignant fait ses débuts, s'accompagnant d'une harpe celtique, il s'agit de Yannick Kerlogot, le futur député des Côtes d'Armor de 2017 à 2022.

L'année charnière. 2001

Deux raisons expliquent l'importance de cette année 2001.

Diwan Saint-Brieuc scolarise 115 élèves depuis septembre. L'ouverture d'une sixième classe a donc été nécessaire mais les locaux du boulevard Carnot étaient trop exigus. A la rentrée dernière, une annexe provisoire a été ouverte dans des locaux désaffectés de l'école Hoche. L'avenir des locaux de l'école est très lié à la ville, car 56 % des familles mettant leurs enfants à Diwan sont de Saint-Brieuc (47 % en 1999). La ville donne d'ailleurs une subvention de 40 000 F à l'école et lui permet d'occuper des locaux pour un loyer symbolique.

L'autre raison, c'est l'année d'intégration de Diwan dans le statut de l'école publique. « Tout le monde pense qu'on est public, en fait c'est une période pas évidente parce que nous avons des frais. Sur les six enseignants, cinq sont payés par l'Éducation nationale, le sixième l'est par l'association », explique Myriam Niel, présidente du Comité de soutien de l'école.

 « L'avenir que l'on souhaite, c'est s'intégrer dans le public, tout en gardant un bon esprit associatif ».

Marie-Claire Le Batard, secrétaire de l'APE en 2001.


De gauche à droite, Marie-Claire Le Batard, Marie-Hélène Le Nédellec, Philippe Le Doaré (président), Myriam Niel (présidente du comité de soutien). Photo Ouest-France 29 octobre 2001


L'assemblée générale de Diwan en 2002. Photo Ouest-France 18 novembre 2002

En 2002, Diwan Saint-Brieuc participe au carnaval...

22 mars 2002 Ouest-France

Un hommage à Claudette Le Guellec en mars 2003

Claudette Le Guellec, pionnière de l’école Diwan à Saint-Brieuc où elle enseigna jusqu’en 1995, a malheureusement disparu à 58 ans, en 2000. Elle a reçu un hommage public quelques années plus tard, en mars 2003. Une plaque commémorative a été dévoilée par ses deux filles, Marine et Sandrine, à cette occasion à l’école, en présence d’une centaine de personnes.

Marine et Sandrine Le Guellec. Photo Le Télégramme mars 2003

17 mars 2003. Ouest-France


Ouest-France rend compte de l'hommage à Claudette Le Guellec, dans ses colonnes le 17 mars 2003. On note sur la photo la présence de Jean-François Aubry, président de l'association des parents ; Yves Dollo, député. 


"Samedi matin, des dizaines de personnes ont pris possession de la cour de l'école Diwan. Un grand rassemblement afin de rendre hommage à Claudette Le Guellec, première institutrice Diwan de Saint-Brieuc, décédée il y a un peu plus de deux ans. Parmi les nombreuses personnalités, on pouvait reconnaître dans la foule samedi matin, Yves Dollo, Louis Bocquenet qui a « débuté » aux côtés de Claudette, Joëlle Le Gagne, adjointe aux affaires sociales et bien d'autres amis et parents. Puis les discours ont débuté. D'abord Marine et Sandrine, les filles de Claudette, puis anciens parents d'élèves et des élèves qui ont côtoyé d'une façon où d'une autre « l'institutrice souriante qui a transmis son enthousiasme aux parents » comme aime le rappeler Louis Bocquenet. 

Un hommage émouvant pour remercier encore « celle qui a été, pendant 15 ans, l'âme de l'école Diwan de Saint-Brieuc. » Premiers élèves et premiers parents ont pu se remémorer des souvenirs de l'époque de Claudette. « Comme Spontus, son chien, (devenu au fil des mois, la mascotte de l'école) qui cherchait les souris sous le plancher de la classe. (Une classe, qui, en réalité n'était qu'une cabane en bois, au fond de la cour de Curie près de la voie ferrée) mais aussi de « Soazig » la voiture de l'école qui emmenait les écoliers en ballade au Bois Boissel ou encore à la Ville Oger".

Mobilisation. 2004

Le 11 juin 2004, l'école fait parler d'elle dans les colonnes de Ouest-France avec une centaine de manifestants devant l'inspection académique pour garder un poste d'enseignant.

L'école reçoit ce jour-là le soutien de Patrick Brigant et Bernard Landousies, les deux administrateurs lannionnais de l'association Diwan qui ne comprennent pas l'attitude de l'Inspection académique visant à supprimer un poste d'enseignant à Saint-Brieuc. L'école de Saint-Brieuc compte aussi sur la présence de parents et enfants des autres écoles primaires Diwan costarmoricaines (Guingamp, Lannion, Paimpol et Dinan) et des sonneurs de biniou et bombarde !

Photo Ouest-France

L’école Diwan dans le quartier de Robien

Le comité de soutien à Diwan organise régulièrement des manifestations dans le quartier. En particulier, le traditionnel fest-noz dans la salle de Robien a toujours fait venir beaucoup de monde et bénéficie d’une solide réputation.

Diwan St Brieuc. Article de presse. 2014

Ouest-France 30 mai 2014

Les directrices Véronique Jannes, puis Nadine Le Vourc'h avec les équipes pédagogiques et les parents qui se succèdent depuis 1986, restent très ouvertes sur le quartier et sur la ville de Saint-Brieuc.

Cet article permet de faire un point sur les racines et le développement de cette école mais l'histoire de Diwan à Saint-Brieuc se continue au présent, il n'y a aucun doute là-dessus !

Cet article est loin de retracer toute l'histoire de l'école Diwan dans le quartier de Robien.

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Autres articles à lire dans ce blog

Visites historiques de Robien avec l'école Diwan, en novembre 2021, cliquer ici

La création de l'école Guébriant. ici

Les traces de l'identité bretonne dans le quartier de Robien. ici


A lire sur d'autres sites

Le site officiel de l'école Diwan de Saint-Brieuc, ici

L'actualité de l'école Diwan sur le site du Comité de quartier, ici

Sources

Article dans Le Télégramme du 16 mars 2003

Le Griffon, numéro 17, 1981 ; numéro 77, septembre 1986

Recherches dans les archives de Ouest-France : 27 mars 1987, 29 juin 1987, 11 avril 1991, 26 septembre 1991, 29 octobre 2001, 18 novembre 2002

 

 



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...