jeudi 15 janvier 2026

La Galerie commerciale, quartier de Robien à Saint-Brieuc. 1928-2010

Un bel ensemble pour un commerce florissant. 

Une galerie commerciale très originale a été construite dans un lotissement de Robien en 1928, dans les rues Aristide Briand, Jean Jaurès et Condorcet.
Sur une photo d'époque on voit qu'une dizaine de commerces y étaient installés. On y trouvait des boutiques très variées : Boucherie-Charcuterie, Coiffeur, Épicerie, Poissonnerie, Papeterie,  Pharmacie, Droguerie, Alimentation, Vins et Spiritueux, Mercerie... Il a même été question d'y installer un bureau de Poste en 1932 !
 
La galerie commerciale de Robien. Photo années 30.
Huit propriétaires sont engagés dans cette opération immobilière. On note en particulier la présence de monsieur Vaucouleur, propriétaire de l'usine des Forges-et-Laminoirs.
 
Archives municipales. Photo RF
Le Maître d’Ouvrage est la Société Immobilière des Magasins Réunis de Robien.
 
Plans. Société Immobilière des Magasins Réunis de Robien. Archives municipales    
Signature de l'architecte. 1928

Plans. Société Immobilière des Magasins Réunis de Robien. Archives municipales

Plans. Société Immobilière des Magasins Réunis de Robien. Archives municipales

Une architecture originale dans le courant néo-régionaliste breton.

L’unité de cet ensemble est marquée par des pignons enduits et un soubassement en maçonnerie de granit.

Rue Condorcet. Photo RF

L'encadrement des portes et des porches est en granit. Tous les toits sont en ardoise.
 
Porte d'époque. Photo RF

Le style de l'ensemble de cette galerie commerciale s'inscrit dans le courant du néo-régionalisme breton. L'ensemble mérite d'en faire le tour et d'en observer tous les détails architecturaux.
 
Rue Condorcet. Photo RF

Un contexte favorable pour le commerce de proximité

C'est une époque où les grandes surfaces à l'extérieur du quartier n'existent pas ! Le commerce de proximité est florissant. C'est l'époque où des entreprises s'installent dans le quartier et où l'on construit de nombreux lotissements entre 1927 et 1955. Le quartier passe de 2600 habitants en 1931 à 4300 habitants en 1968. 
 

Les boutiques de la galerie commerciale 

de 1928 à nos jours

Début des années 30

Épicerie : Kerguenou, rue Aristide Briand à l’angle

Boulangerie : Mme Buchon

Tabac :  Mme Kerfant

Quincaillerie et bonbons

Magasin de nouveautés : Mme Morin dont la mari avait le magasin de cycles rue Jules Ferry.

1934

Peintre en lettres-Décorateur : Yves Blivet, 28 rue Aristide Briand. (voir l'article qui lui est consacré en cliquant ici)

Michel Dhainaut en 1934 devant la boulangerie rue Jean Jaurès.
 

1938

Boulanger : Louis Turquet (né en 1911 à St Agathon) Marie Turquet (née en 1904 à Bourbriac) et Albert Quéméner, ouvrier boulanger, 23 rue Jean Jaurès (document de 1934, demande d'installation d'une cuve de 1500 litres pour alimenter le four de la boulangerie).

Boucherie :  André Marie (né à St Lo en 1903) 28 ter rue Aristide Briand

Épicerie : Mme Carpier, 26 rue Aristide Briand (née en 1892 à Domfront), produits « Unico ».

Mercerie : Marie et Jean Jalet (né en 1901 à Louvigné-du-Désert), 28 rue Aristide Briand. L'épouse de Jean Jalet est Marie Blivet, fille de Yves Blivet, peintre en lettres-décorateur, indiqué comme "directeur commercial" au 28 rue Aristide Briand.

Mercerie Jalet-Blivet, rue A. Briand. Agrandissement d'une carte postale.
1944

Léon Morin, 28 rue Aristide Briand, réparation de cycles, décembre 44

1948

Alimentation : James, 26 rue Aristide Briand

Boulangerie : Gelgon, 23 rue Jean Jaurès (en 1965, on trouve un certain Paul Gelgon qui vend sa boulangerie à Saint-Nazaire avec son épouse Eugénie Daniel)

Tabac : Kervran, rue Condorcet

1955

Boucherie-charcuterie : Boschat, 28 bis rue Aristide Briand

Boulangerie : Francis Buchon, 23 rue Jean Jaurès

Épicerie : Marcel et Jeanne Huet, 26 rue Aristide Briand (ils faisaient aussi occasionnellement la réservation des tickets de cinéma pour la salle du patronage de l'Arvor qui était en face de leur magasin.)

Mercerie : Mme Nicolo

Poissonnerie :  M et Mme Nachez 

20 décembre 1961 Ouest-France

1969

A l'occasion d'une semaine commerciale à Robien en 1969, Ouest-France a publié une page d'annonce où nous retrouvons les commerçants de la galerie :

Alimentation : Marcel et Jeanne Huet libre-service, 26 rue Aristide Briand (en 1969), puis le magasin est repris par Louis David au départ de M et Mme Huet. Marie-Claude Le Sayec qui tiendra la Crêperie Bleu marine, évoque aussi Mme et M Pasquier comme propriétaires de l'épicerie aux alentours de l'année 1962.

Boulangerie : Michel Buchon, 23 rue Jean Jaurès

Boucherie: Simone et André Beloeil, boucherie, charcuterie, volailles, 28 rue Aristide Briand (en 1969)

Crêperie : Crêperie Moderne, Colette Briand, 28 rue Aristide Briand (établissement ouvert en 1959)

Mercerie-bonneterie : Jeanne Huet, 28 rue Aristide Briand (en 1969), remplace Mme Nicolo. Avant de prendre ce commerce de mercerie, Mme Huet tenait l'épicerie (voir plus haut)

Poissonnerie : M. Crocq. Poissonnerie de Robien, 28 rue Aristide Briand

1973

Alimentation : Louis David, libre-service, 26 rue Aristide Briand (en 1969)

Boucherie : Simone et André Beloeil, boucherie, charcuterie, volailles, 28 rue Aristide Briand (déjà en 1969)

Boulangerie-pâtisserie : Michel Buchon, 23 rue Jean Jaurès  

Crêperie : Crêperie Moderne, Colette Briand, 28 rue Aristide Briand (établissement ouvert en 1959)

Mercerie-bonneterie : Jeanne Huet, 28 rue Aristide Briand (déjà en 1969 ). Le pas-de-porte de Mme Huet est devenu le salon de coiffure pour hommes à son départ.

Poissonnerie : Poissonnerie de Robien, 28 rue Aristide Briand

 

Années 80-90

Alimentation générale : Louis David, 26 rue Aristide Briand (annuaire 1985)

Boucher : André et Simone Beloeil , 28 bis rue A Briand (ouverture 1958, fermeture en 1991) 

Boulangerie du 23 rue Jean Jaurès : Michel Buchon (annuaire 1985),  Yves Le Corguillé (ouverture en 1990), Valérie et Didier Viciot (2005 à 2010)

Salon de coiffure pour hommes (après la fermeture de la mercerie).

Bureau de tabac, Martine Fréchin, 2 rue Condorcet : sur la photo ci-dessous on distingue l'enseigne du bureau de tabac-journaux au fond à gauche. (les précédents propriétaires étaient M et Mme Kervrant, suivis par leur fils)


Agrandissement Tabac- Jounaux

Crêperies : Crêperie Bleu-marine, Marie Claude Le Sayec, 28 rue Aristide Briand (annuaire 1985).

Ci-dessous, Marie-Claude Le Sayec et Simone Duval (Beloeil) en 2010    

L'évolution de la galerie commerciale
 
Aujourd'hui encore, les traces bien visibles de cette galerie se retrouvent dans les rues Aristide Briand, Jean Jaurès et Condorcet, même si certains rez-de-chaussée commerciaux ont été transformés en habitations. 
 
Vitrine transformée. Photo R




Ancien pas de porte rue Aristide Briand
Les deux commerces de cette galerie qui restaient encore
rue Aristide Briand, dans les années 2020, étaient le salon de coiffure (fermé en 2022) et la crêperie Bleu-Marine (toujours en activité).
 
Salon de coiffure au premier plan. Photo RF

La crêperie existe depuis 1958, créée par Mme Duval qui a transféré un fonds de commerce qu'elle exerçait en ville. 
Auparavant c'était un dépôt lié à l'activité de la mercerie mitoyenne. La crêperie a longtemps été tenue par Marie-Claude Le Sayec. Elle a été reprise en 2013 par Monika Marx.
 
Accès aux garages sous le porche et Crêperie Bleu-Marine. Photo RF

Souvenirs d'habitants

Maria Le Ray, née en 1918 et habitante de la rue Jules Ferry a écrit ses souvenirs en 2000. Elle raconte : "Face à la Vaillante, j'ai vu y construire tout ce groupe de maisons où nous trouvions l'épicerie Kerguenou à l’angle, Mme Buchon la boulangère, Mme Kerfant au tabac, la quincaillerie et bonbons ; le magasin de nouveautés a été tenu à un moment par Mme Morin épouse de M. Morin qui avait le magasin de cycles rue Jules Ferry".

Autres articles à consulter

 Le style Néo breton et Néo normand dans le quartier de Robien, cliquer ici

Le commerce à Robien, une histoire ancienne, cliquer ici

Le commerce en 1938-39, cliquer ici 

Le commerce en 1948-49, cliquer ici

Sur le site du comité de quartier, retrouvez un texte écrit par Jean-Claude Lechevère où il évoque les commerces de la rue Aristide Briand et des alentours, cliquer ici 

Article complet sur l'histoire des crêperies au 28 rue Aristide Briand, cliquer ici

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Sources

Services de la Mairie, inventaire du XXe siècle. Archives municipales 2T12.

Livre "Saint-Brieuc de ma jeunesse. François Thomas, édition Le Télégramme". 
 
Marie-Claude Le Sayec sur le compte Facebook de la crêperie Bleu-Marine. 
 
Site Internet de la crêperie Bleu-Marine, cliquer ici 
Facebook de la crêperie, cliquer ici 


 

 

Le projet abandonné d'un immeuble de bureau, boulevard Carnot à Saint-Brieuc. 2019-2025

Ce ne sera pas le premier projet abandonné dans le quartier de Robien (voir l'article suivant en cliquant ici) mais le projet de construction d’un immeuble boulevard Carnot, livrable en 2027, n’aura existé que dans le monde virtuel !

Photo archives Ouest-France

Le projet à l’origine. 2019

En 2019 Adim-Ouest, une filiale du groupe Vinci, imagine un bâtiment de 8 étages avec commerces, parking, activités tertiaires et un équipement public. Une grande cellule commerciale est précommercialisée rapidement au bénéfice du discounter alimentaire Aldi (d'après une information révélée dans un article de Ouest-France du 4 décembre 2025). Le tout est conçu le long de la voie ferrée dans le boulevard Carnot. Les réactions dans le quartier sont mitigées car on se demande si des espaces de bureaux trouveront preneurs et si c'est le projet qui convient à ce moment là ? D'un autre côté personne n'a été pris par surprise car plusieurs immeubles figuraient dans le plan d'origine de l'aménagement de ce secteur sud de la gare.

Trois immeubles figurés sur le plan d'aménagement. 25 juin 2017 Ouest-France

Un projet mis sur pause. 2020-2022

En 2020, la nouvelle municipalité gèle ce projet en attente d’une possible construction d’une cité judiciaire sur cet emplacement. Finalement, en 2022, le Ministère de la justice abandonne l’idée d’utiliser cet emplacement jugeant l'espace trop restreint, ce qui relance la possibilité d’y construire un immeuble de bureau. La municipalité souhaite par contre que l’on passe de 8 à 6 étages. Du côté du Comité de quartier, le président Alain Le Flohic traduit une impression partagée par un certain nombre d'habitants dans l'édition de Ouest-France du 25 mai 2022 : "On s'était habitué à la vue dégagée sur la gare". La présence de cellules commerciales pose également problème : "Il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment des commerces de proximité du quartier... Certains commerçants avaient déjà été démarchés pour déménager." 

25 mai 2022 Ouest-France
Une nouvelle demande de permis de construire. 2022

Après l’abandon de la future cité judiciaire et un projet revu à la baisse en 2022, une autre étape s’ouvre en août 2024 où Adim-Ouest dépose une nouvelle demande de permis de construire.

Un permis validé. Mars 2025. 

 "Un immeuble va pousser derrière la gare".

Après sa validation par le service urbanistique de la Ville en mars 2025, la voie est ouverte pour Adim-Ouest. L’agence Bleu Mercure et Arthur Loyd Bretagne lancent la commercialisation des 4 540 mètres carrés : des espaces de bureaux et une grande cellule commerciale au rez-de-chaussée. Dans son édition du 12 mars 2025, Ouest-France relance auprès du public l’actualité ce projet datant de 2019. Parfois la presse s'emballe ! Il ne semble plus y avoir d'incertitude et le journal titre "Un immeuble va pousser derrière la gare". En mars 2025 « Le porteur de projet se montre serein, eu égard à l’élan de dynamisme en centralité de Saint-Brieuc », note l’article de Ouest-France.

Ouest-France 12 mars 2025
Ouest-France 12 mars 2025


Des incertitudes. Octobre 2025

Quelques mois plus tard, dans l’édition du 8 octobre, le titre de l’article est interrogatif et on se demande « Où en est le projet immobilier Pem Sud ? »,  mettant en évidence que le projet « semble peiner à attirer les investisseurs ».

Ouest-France 8 octobre 2025

L’abandon du projet. Décembre 2025

Dans l’édition du 4 décembre, l’abandon du projet est annoncé par voie de presse.

Ouest-France 4 décembre 2025
 

Les réactions, les suites.

Le panneau publicitaire bientôt retiré. Photo Richard Fortat 23 novembre 2025
Le 5 décembre le Comité de quartier de Robien diffuse cette information sur son compte facebook. Mais il y a peu de réactions. Le restaurant Caramel et Compagnie déplore l’abandon du projet : « Dommage, mais pas surprenant comme décision ». Ludovic Le Moignic, conseillé délégué au Patrimoine, relève ce qui est pour lui une incohérence de base : « C'était un projet qui était plus pensé pour une métropole comme Rennes que pour une ville moyenne. Donc forcément ça ne fonctionne pas ». On peut aussi se demander si la construction d'immeubles de bureau est indispensable avec le développement du télétravail ces dernières années ? Sait-on aussi qu'on trouvait en janvier 2025 une quantité non négligeable de mètres carrés à vendre ou à louer. Pour être précis, sur 39 annonces recensées sur le site spécialisé cessionpme.com cela représente un total de 8959 mètres carrés !

Mais si ce projet était mal engagé, il pourrait bien sortir de nouveau sans doute sous une autre forme car ces terrains entre la voie ferrée et le boulevard Carnot sont très bien situés. Ils pourraient être convoités par d'autres groupes immobiliers... Selon Adeline Le Boëdec, adjointe en charge de l'urbanisme, interrogée  dans Ouest-France le 4 décembre 2025 :"Ce foncier reste très attractif. Il n'a pas vocation à rester vide..." Affaire à suivre ?

Photo Richard Fortat novembre 2025

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Sources de cet article mis en ligne en janvier 2026 par Richard Fortat

Archives de Ouest-France, Comité de Quartier de Robien.

Autre article à consulter sur ce blog

Tous ces projets qui n'ont pas vu le jour dans le quartier de Robien, cliquer ici 

mercredi 14 janvier 2026

La maison Haricot, 43 boulevard Paul Doumer à Saint-Brieuc. 1957 Roger le Flanchec

Maison haricot, 43 boulevard Paul Doumer. Photo RF

"La maison haricot" est située au 43 boulevard Paul Doumer à Saint-Brieuc dans le quartier de Robien. Elle tient son nom de "Maison haricot" en raison de sa forme que l'on perçoit très bien avec une vue aérienne, une forme que l'on voit d'autant mieux car ce bâtiment est doté d'un toit plat.

Dessin à main levée de Roger Le Flanchec
Cette maison est l’œuvre de l’architecte Roger Le Flanchec, un grand admirateur de Le Corbusier. Elle est une transposition du projet originel de la maison Orain construite en 1954 à Brélévenez (Lannion). 

La première maison Haricot. Lannion 1954

Émile et Marie-Jo Orain firent bâtir leur maison au 11 rue de la Coudraie à Lannion. Ils choisirent l'architecte Roger le Flanchec car ils souhaitent une maison moderne avec beaucoup d'ouvertures et de lumière. La maison est accessible par un escalier extérieur. La maison repose sur des pilotis. Le mur concave est en maçonnerie de granite et le mur convexe est vitré. La maison de Lannion a subi plusieurs transformations avec en 1966 la fermeture du préau et en 1980 une extension.

Photographie de Stéphane Asseline.

Le salon panoramique. Photographie Stéphane Asseline.

La maison et son extension. Photographie de Stéphane Asseline.

Cette maison de Lannion illustre un article de Ouest-France publié dans l'édition du 13 juillet 2014 et un autre du 13 août 2019.


13 juillet 2014 Ouest-France

13 août 2019 Ouest-France


 

La maison Haricot de Saint-Brieuc

Cette version que nous pouvons voir à Saint-Brieuc est de 1957 mais le permis avait été déposé dès juin 1954. Sa construction intrigue et donne lieu à un article dans Ouest-France avec une photo le 6 février 1957. La photo est légendée ainsi : "Voici une curieuse construction boulevard Paul Doumer, près du stade équestre. La maison construite entre la butte et un autre immeuble est vitrée."

6 février 1957 Ouest-France

Maison conçue par l'architecte Roger Le Flanchec, boulevard Paul Doumer à Saint Brieuc. 

Cette maison contemporaine nous offre un bel exemple de « Maison Haricot » avec une avancée en arrondi. Elle est inspirée par l’architecture navale, avec une avancée comme une cabine de bateau. Elle a été conçue pour les propriétaires de l’époque Jean et Yvette Le Mener. L'histoire en est la suivante : Jean et Yvette Le Mener étaient amis avec Émile et Marie-Jo Orain qui firent bâtir la maison de Lannion. Ils se connaissaient par le réseau des Auberges de Jeunesse. Jean est enthousiasmé par cette maison dont le style est si original. Avec son épouse, ils trouvent un grand terrain, composé de deux parcelles, dans le bas du boulevard Paul Doumer. La vue est dégagée sur le stade équestre de Saint-Brieuc (aujourd'hui devenu le camping municipal). Mais Jean et Yvette essuient une déconvenue : le propriétaire du terrain ne veut finalement pas leur vendre les deux parcelles. Ils doivent faire avec, mais la maison est plus à l'étroit.
 
La contrainte imposée est aussi d'être en recul par rapport au boulevard et le fond du terrain est délimité par un escarpement de rochers. Qu'à cela ne tienne, la maison Haricot trouvera une place pour se loger sur ce terrain !
Le rez-de-chaussée était un garage totalement ouvert à l'origine, depuis il a été fermé par des portes. L'étage avec les baies vitrées en arrondi est réservé à la salle de séjour.
Mme Le Mener n'a pas bougé de cette maison de 1957 à 2025. Elle a conservé de joyeux souvenirs des moments passés, par ses enfants et leurs amis des scouts Éclaireurs de France, dans cette maison accueillante. 
Photo publiée dans le numéro 146 de la revue Le Griffon en 1998.
 
Qui était Roger Le Flanchec ?
L’architecte Roger Le Flanchec est né à Guingamp en 1915. Jusqu'en 1936, Roger Le Flanchec travaille à Saint-Brieuc chez l’architecte Jean Fauny dont nous avons parlé dans l’article sur "La cité des cheminots"  du boulevard Paul Doumer. En 1936, Roger Le Flanchec fonde son propre cabinet à Trébeurden. Il réalise de nombreux projets innovants qui s’inscrivent dans le courant moderniste. Sa réputation dépasse largement les frontières de la Bretagne.
Retrouvez un article complet sur Roger Le Flanchec dans ce blog en cliquant ici
 

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Sources

Exposition sur 18 édifices ayant obtenu le label "Architecture contemporaine remarquable". L'exposition a été présentée dans la gare de Rennes en 2025.

Renseignements fournis par l'architecte Nicolas Sur sur les maisons "Haricot" du boulevard Paul Doumer.

Entretien avec Yvette Le Mener, propriétaire de la maison "Haricot" du 28 boulevard Paul Doumer. Avril 2020

Article de Ouest-France Trégor sur l'architecte Le Flanchec

Architecture contemporaine en Bretagne. Coop Breizh, 2009.

Site patrimoine Bzh Fonds Roger Le Flanchec (1915-1986) 

Cité de l’Architecture et du Patrimoine. Institut français d’architecture. Centre d’archives d’architecture du XXe siècle. Fiche descriptive très complète, cliquer ici
 
 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...