mercredi 28 janvier 2026

L’histoire de la rue Ferdinand Buisson dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc. 1932

En 1931, Emmanuel et Lucie Chuberre ont vécu la naissance de la rue Ferdinand Buisson dans le quartier de Robien. Emmanuel Chuberre était opérateur, successivement  dans  les cinémas Le Familia, Le Royal, Les Promenades. 
Lucie et Emmanuel Chuberre le jour de leurs noces de Palissandre en 1992

En 1945, M. Chuberre a travaillé pendant un temps chez lui comme artisan bobineur. En 1958, le couple ouvrira un magasin de télé-radio, rue de la gare. 
 
Annonce dans Ouest-France 5 mai 1961

11 janvier 1960 Ouest-France
Laissons la parole à ces deux habitants des premiers jours de la rue Ferdinand Buisson et de cette partie du quartier de Robien : « Lorsque nous sommes arrivés sur le quartier en 1931, il n’y avait que des champs avec des pommiers, pas de chemins bien tracés. Notre maison a été l’une des premières construites dans la rue. Puis très vite, des terrains ont été achetés et des constructions sont apparues. A cette époque, en été, les habitants se réunissaient dehors et partaient en promenade visiter les maisons en construction ; une dizaine de personnes, parfois davantage… Le quartier a pris peu à peu ses formes actuelles : les habitants ont appris à se connaître et on peut dire qu’il y régnait une ambiance de village. Les commerces, nombreux, étaient un lieu de rencontre privilégié, créant ainsi un dynamisme important entre les habitants. Puis l’arrivée de la télévision a tout bouleversé : les gens sont restés plus renfermés chez eux, les mentalités ont changé. »

Pourtant cette télévision posée sur le rebord de leur fenêtre attirait au début les habitants émerveillés devant cette image venant de si loin. Ils se souviennent que le jour du mariage de la reine d’Angleterre, leur salle à manger était pleine de monde…

La maison de la famille Chuberre, rue Ferdinand Buisson

 

La même maison de nos jours.
Une rue du lotissement Weill

La rue Ferdinand Buisson, et celles autour, se situent dans le cadre du Lotissement Weill, dont le projet est présenté au Conseil municipal en 1927. C’est le véritable commencement de l’urbanisation du cœur de Robien. Il est constitué par un immense quadrilatère, bordé au sud par le ruisseau du Gouédic, à l’ouest par la rue Jean Jaurès, à l’est par la rue Anne de Bretagne, et traversé en son milieu par la rue du Pont Chapet. L’ensemble est morcelé en 188 lots. Le 19 février 1927, le Conseil municipal se saisit de la demande Monsieur Jules Weill qui projette donc de faire un lotissement de 7 hectares à Robien. Le Conseil fait quelques remarques :  « Il y a lieu de ménager une place dans la partie basse de l’ancienne avenue de Robien, les arbres étant conservés… La rue de Robien prolongée ira jusqu’à la rue Jules Ferry… La rue partant du square devra se raccorder à la rue Jules Ferry. Lorsque la Ville aura installé un collecteur d’eau, le lotisseur devra installer à ses frais des égouts dans toutes les voies du lotissement ».

La question des égouts posant problème, le Conseil remet à plus tard la décision d’imposer cette contrainte  à M. Weill.
La suite se passe le 19 mars 1927 et un accord est trouvé selon lequel le lotisseur prendra l’engagement de construire des égouts dans les voies du lotissement, si la Ville construit un collecteur dans les trois ou quatre ans.
Le temps que les travaux soient finis, le nom de la rue Ferdinand Buisson est donné officiellement par une délibération du Conseil municipal du 22 juillet 1932. Ferdinand Buisson est à cette époque une personnalité très connue et appréciée de tous les défenseurs de l'enseignement public. Il conçut les programmes qui suivirent les lois de Jules Ferry. Et d'ailleurs, la rue Ferry n'est pas loin, comme la rue Jean Macé, fondateur de la Ligue de l'enseignement. 

Ferdinand Buisson. Photo du site de l'Assemblée Nationale.
 

Beaucoup d’autres rues proches sont également nommées en 1932 dans le cadre de l’extension du quartier de Robien : Rue Anne de Bretagne, Rue Jeanne d’Arc, rue Denis Papin, Rue Aristide Briand, Rue Condorcet, Boulevard Paul Doumer, Rue Louis Hélary, Rue Jean Jaurès, Rue de la Paix, Rue Denis Papin, Rue Albert Thomas, Rue Emile Zola.

Le plan ci-dessous daté de 1935 montre bien par exemple que, dans les rues Aristide Briand ou Ferdinand Buisson, tous les terrains ne sont pas construits...

Plan 1935, densité de la population. Archives municipales 5Fi188

Vue aérienne de la rue Ferdinand Buisson et de ses alentours. Image Google

Les premiers habitants de la rue Ferdinand Buisson 

Dans le recensement de 1936, on trouve la liste des premiers habitants de la rue Ferdinand Buisson :

Côté impair

Au 3, famille Mathurin Jamet

Au 5, famille Morin, veuve Marie

Au 7, famille François Hamon

Au 9, famille Emmanuel Chuberre (né en 1904 à Noyal), Lucie son épouse (née en 1907 à Yffendic), Madeleine (née en 1928 à St Brieuc) et Jeanine (née en 1934 à St Brieuc)

Au 11, familles Yves Jégo, Arsène Léauté, Francis Bérel

Au 13, famille Louis Le Pape

Au 15, famille Eugène Gabriel

Côté pair

Au 4, famille Jean Guillerm

Au 8, famille François Le Tressoler

Au 10, famille François Gouézigou

Au 12, famille Lucien Minec 

Du côté impair, au numéro 17, la famille Rondeau va bietôt s'installer puisqu'un permis de construire est déposé le 21 mars 1936. L'entreprise d'Hooghe est chargée de la réalisation. M. Rondeau est chef de gare à Flers dans l'Orne au moment où il envisage de faire construire rue Ferdinand Buisson.

Plan joint à la demande du 21 mars 1936. Archives municipales 2T38.350

M et Mme Chuberre ont fait l'objet d'articles à plusieurs reprises

Noces d'Or de M et Mme Chuberre, 14 février 1977 Ouest-France

Noces de Diamant Chuberre, 60 ans de mariage. Ouest-France 16 février 1987

Noces de Palissandre, 65 ans de mariage. Article Ouest-France 17 février 1992


 

Des curiosités de la rue Ferdinand Buisson 

 


En flânant, vous trouverez de jolis exemples d'Art déco comme au numéro 6.

 Le saviez-vous ?

La rue Ferdinand Buisson fait 170 mètres de long !

 

 Paroles d'habitants

"En cas de panne de télé, on appelait Monsieur Chuberre. Je me rappelle très bien ; et le soir on regardait "la Piste aux étoiles" réjouis ! " Guylaine Quéméner

 

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Si vous avez des commentaires ou des renseignements sur l'histoire de la rue Ferdinand Buisson et de la famille Chuberre, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.

Lucie et Emmanuel Chuberre

 
Mariage. Lucie et Emmanuel Chuberre

 
 
A retrouver sur ce blog
 
L'histoire du cinéma à St Brieuc (avec M. Chuberre), cliquer ici
 
 
Sources

Délibérations du Conseil municipal. Le 19 février 1927, 19 mars 1927 (vue 257), 22 juillet 1932. Documents en ligne sur le site des Archives municipales

Journal du Comité d’Animation de Robien. Archives. Mars 1991

Articles de Ouest-France, 14 février 1977, 16 février 1987, 17 février 1992

Plan 1935, densité de la population. Archives municipales 5Fi188 

Recensement de 1936, Vues 154-155. Archives départementales

Rue Ferdinand Buisson

 

 

 

Maisons néo-bretonnes ou néo-normandes à Robien, quartier sud de Saint-Brieuc

LE STYLE NEO-BRETON

Après la première guerre mondiale, le régionalisme est en vogue. On saupoudre les bâtiments de quelques éléments de l’architecture bretonne : toiture en ardoise-murs blancs ou totalement en granit ; encadrement des portes en granit gris ou rose ; porte rappelant les voutes des portes de ferme.

 
Depuis un siècle, les habitants de Robien ont marqué de leur empreinte des formes d'identité bretonne sur leur habitation. Ils l’ont fait en nommant leur maison avec des noms bretons, en faisant fabriquer des ferronneries qui reprennent des symboles ou motifs celtiques sur leur porte d’entrée ou leur portail (triskel, hermines, croix celtiques), en plaçant des statuettes des saints bretons dans des niches en façade.
On retrouve de nombreux noms qui portent la marque de la langue bretonne, comme par exemple la maison "Ker Avoël" rue Abbé Garnier, "Sked an Eol" rue Aristide Briand ou "Min ma bro".
La dimension bretonne du quartier est traitée dans un article indépendant (cliquer ici).


MAISON BRETONNE RUE ABBÉ GARNIER
La maison du 41 rue abbé Garnier, construite dans les années 30 pour M. Hippolyte Givord (1880-1968) et son épouse, née Marie Perdrix (1903-1946), est l'oeuvre de l'architecte Eugène Faure.
Elle est bâtie sur 4 niveaux avec une très belle façade en pierres de taille comportant une grande variété de formes d'ouvertures (rectangle, triangle, ovale, voute en arc de cercle). Les propriétaires lui ont donné le nom de Ker Avoel (maison du vent).  
Madame Givord est décédée subitement le 28 avril 1946 à l'âge de 62 ans et la cérémonie a eu lieu à l'église de Robien le 1er  mai 46.
Fonds Eugène Faure. Archives municipales

La "petite soeur" de cette maison de la rue abbé Garnier est  à retrouver dans le quartier Saint-Michel, rue Jean-Louis Hamon. Elle a vraiment un air de famille...
Maison 20 rue J.L Hamon Photo RF
On retrouve une maison identique dans une bande-dessinée se déroulant à Loc-Tudy : Sous les pavés la plage, de Pascal Rabaté, 2022, éditions Rue de Sèvres, page 76.
 

MAISON BRETONNE BOULEVARD JEAN MACÉ
Cette imposante maison des numéros 9 et 11 dans le boulevard Jean Macé a l’apparence d’un manoir breton transplanté dans le quartier de Robien.
Cette maison est en pierres de taille, d’un beau granit rose. M. Le Brun achète 2 parcelles de terrain et fait construire cette maison autour des années 50. M. Le Brun dirige alors une société de transport (Trans-Ouest Car), il est aussi propriétaire de l’Hôtel Le Griffon à Saint-Brieuc. La maison est bâtie en deux temps et c’est la partie droite qui est construite en premier. Une bonne partie du terrain est consacrée à l’activité professionnelle de M. Le Brun et à l’arrière se trouvent des hangars pour les autocars. 
Les autocars reliaient Saint-Brieuc à Vannes  avec deux départs par jour en hiver et trois par jour en été.
 
La toiture est impressionnante, elle est constituée de pierres récupérées sur une chapelle. La charpente qui soutient ces tonnes de matériaux est constituée de très grosses poutres, visibles dans les greniers. La gouttière est en cuivre. La grille de portail est encastrée dans une voute en pierre et la clôture basse et ajourée est également en granit rose. Les trois grandes fenêtres sont également voutées. Sur la façade, les quatre lucarnes rondes, rassemblées deux par deux apportent une touche de fantaisie.
Du côté jardin, au sud, la façade est agrémentée de deux bow-windows et d’une élégante tourelle.
Cette maison sera revendue plusieurs fois et pendant une période sera affectée comme logement de fonction des directeurs d’EDF à Saint-Brieuc.
De nos jours elle est divisée en trois parties qui correspondent aux trois entrées : une partie en location, un local professionnel depuis 2016 et la maison familiale.
 

9 et 11 Boulevard Jean Macé St Brieuc. Photo RF


LES MAISONS CORLOUËR
Dans les années 30, et dans l'Après-guerre, va se développer le pittoresque breton ce qui permettra au style « celtique » de donner des maisons qui sont semblables aux villas de la côte.
Ainsi, avenue des Tilleuls, aux numéros 2, 3, 4 et 9, on trouve plusieurs créations de l’architecte Yann Corlouër qui a construit beaucoup de maisons dans la station balnéaire de Saint-Quay-Portrieux.

Un article complet sur le passé collaborationniste de Yann Corlouër, condamné en 1944, est à retrouver sur ce blog en cliquant ici

Ci-dessous, le Saint-Quay-Club de Tennis, juste à côté du cabinet de l'architecte Corlouër à Saint-Quay (de nos jours c'est une agence immobilière)

A Saint-Quay, bureau Corlouër sur la gauche.

Ci-dessous, le permis demandé pour la maison construite pour M. Lardonnais au 3 avenue des Tilleuls le 12 février 1936.

 

Avenue des Tilleuls, maison Corlouër, photo RF
3 Avenue des Tilleuls, maison Corlouër, photo RF


3 avenue des Tilleuls. Maison construite pour M. Lardonnais. 12 février 1936. Permis du dossier 2T 32 Archives municipales.

Avenue des Tilleuls, maison Corlouër, photo RF

Pour la maison du numéro 9, l'acte de vente mentionne que l'architecte travaille avec l'entrepreneur M. Mariani pour une maison construite en 1936. M. Mariani devait avoir acquis un certain savoir-faire pour les maisons Corlouër.
Jean-François Garnier qui a habité le quartier dans les années 50-60 se souvient : "La maison Corlouer du 32 rue du Pré-Chesnay était habitée par Monsieur et  Madame Devalez. Ils avaient deux filles: l'une était professeur de piano à  Paris et l'autre vivait chez ses parents. Cette dernière assurait d'abord 
l'harmonium puis l'orgue à l'église de Saint-Anne de Robien. Monsieur Devalez fut longtemps le seul à posséder une voiture dans notre petit quartier, une 203 Peugeot noire qu'il briquait amoureusement chaque semaine
".

32 rue du Pré Chesnay, maison Corlouër, photo RF
 
 
Au 25 de la rue Jean Jaurès, on trouve cette très belle maison néo-bretonne Corlouër avec un bow-window côté rue. On peut voir aussi une porte d'origine en bois avec des motifs géométriques en ferronnerie. La demande de permis de construire a été effectuée par M. Lorvellec et M. Corlouër a dressé le plan.
Permis de construire 2T38 archives municipales

25 rue Jean Jaurès St Brieuc, maison Corlouër, photo RF


25 rue Jean Jaurès St Brieuc

 
Au 111 rue Jules Ferry, une autre maison Corlouër a été transformée en cinq appartements.

111 rue Jules Ferry St Brieuc, maison Corlouër, photo RF


LA MAISON DU 2 AVENUE DES TILLEULS, ANCIENNE MAISON DU DOCTEUR ABEL VIOLETTE
La maison qui fait l'angle avec l'avenue des Tilleuls est un exemple remarquable des villas Corlouër. Sa taille et sa richesse architecturale rivalisent avec les plus belles maisons de Saint-Quay. L'influence néo-normande est également très présente. Elle est bâtie entre 1934 et 1935.

2 Avenue des Tilleuls St Brieuc, maison Corlouër, photo RF

Annick Mévellec qui a remis en lumière cette personnalité nous apprend qu'après s'être installé au 21 rue des jardins (actuellement rue Alsace-Lorraine), le docteur Abel Violette acheta cette maison après-guerre au moment de sa retraite. Il y vivra jusqu'en 1951. Abel Violette créa ici le premier dispensaire de soins de France, en 1916. Il fut le premier directeur du bureau d’hygiène en 1910 à Saint-Brieuc, premier inspecteur de l’hygiène dans le département à partir de 1920. En 1920, il crée une école de plein air à Plérin. Un préventorium, qui accueille une centaine d’enfants de milieux souvent défavorisés, afin de prévenir la tuberculose et qui deviendra plus tard le Centre héliomarin. 

Pour plus de précisions, voir l'article consacré aux personnes célèbres ayant vécu dans le quartier de Robien, en cliquant ICI

 

1936 UNE MAISON CORLOUËR AU 9 AVENUE DES TILLEULS
L'acte de vente de la maison du 9 avenue des Tilleuls à Saint-Brieuc, une maison Corlouër, nous apportent de précieux renseignements.

Acte de vente maison 9 avenue des Tilleuls, St Brieuc

Les premiers propriétaires de cette maison sont M. Jean-Baptiste Guérin, retraité de la marine et Mme Jeanne Léontine Aimée Gérard son épouse. Le 16 janvier 1936, ils ont consigné les conditions de l’achat du terrain et de la construction de la maison dans un acte notarié, avec Maître Brochen. Messieurs Mariani et Gattoni, de la rue Paul Bert à Saint-Brieuc, sont désignés comme entrepreneurs. Ils s’engagent à terminer la construction pour le 1er juillet 1936. L’architecte est Yann Corlouër, il est domicilié à St Brieuc. 
 
La maison possède toutes les commodités : sous-sol avec cave et garage, entrée, wc, salle à manger, cuisine, trois chambres dont une au rez-de-chaussée, un grenier. Des cheminées sont prévues pour le chauffage. « La pierre choisie dans les parties apparentes est du granit bleu de St Brieuc ou de St Julien, sans taches de rouille apparente ». Les parties où il y a des pans de bois feront saillie de 0,01. Le terrain rectangulaire fait 250 m2. 
La rue est nouvelle, pas encore commencée et pas encore nommée. Elle devra être terminée dans les deux ans suivant l’acte de vente et deviendra l’avenue des Tilleuls quelques années plus tard. C’est la société « A et H. Laurent frères » (Alphonse et Henri-Marc Laurent) établie au 14 de la rue Jules Ferry qui a fait les travaux de cette rue à l’occasion de la création du lotissement. Il est stipulé dans l’article huit, concernant l’utilisation des rues : « Les rues devront être laissées libres sut tout leur parcours et en parfait état de propreté, il ne pourra donc, sous aucun prétexte, y être fait aucun dépôt de matériaux, marchandises, immondices, détritus ou objets quelconques… »
 
DES TERRAINS DE M. BÉZIERS LAFOSSE
 
L’origine des terrains (dans ce qui est appelé « La ferme du Clos ») est à attribuer à Émile Armand Auguste Béziers La Fosse, héritier de sa mère Mme Louise Marie Félicité Alexandrine Blaize, épouse de M. Armand Édouard Hippolyte Béziers La Fosse, demeurant à Chateaulin. Émile Armand Béziers Lafosse hérite seul de ces terrains car son frère Louis Armand Béziers La Fosse est mort pour la France à Reims en septembre 1914. 
Il était étudiant en droit, mobilisé comme sergent major Alphonse et Henri-Marc Laurent ont acheté cette parcelle de terre (et les autres parcelles qui formaient « La ferme du clos » à Robien) à Émile Armand Auguste Béziers La Fosse, propriétaire et à Marie Le Bellec, son épouse. Ils habitent Pordic. La vente avait été conclue le 30 septembre 1927.


Localisation des 7 maisons Corlouër dans le quartier Robien de Saint-Brieuc :
Avenue des Tilleuls numéros 2, 3, 4, 9
Rue du Pré Chesnay numéro 32
Rue Jules Ferry numéro 111
Rue Jean Jaurès numéro 25

Avenue des Tilleuls, maison Corlouër, photo RF

Avenue des Tilleuls, maison Corlouër, photo RF
 

Les architectes ont l'habitude de poser des plaques avec leur nom comme le faisait Y. corlouer. Ainsi, au 41 de la rue du Pré Chesnay, on aperçoit la plaque l'architecte H. Bouchet sur le côté droit de la façade d'une maison néo-bretonne remarquable pour sa belle porte en arcade. Au numéro 17 de la même rue, on trouve une autre maison H. Bouchet avec une plaque.

41 rue du Pré Chesnay, photo RF

Liste et localisation des Villas Corlouër à Saint-Quay-Portrieux : Rue des Fonteny ; 17 et 19 rue des embruns ; Ker wenn, Ty an nod, le gulf stream, impasse du Gulf stream ; Ker Ys, et la Morgane, rue du Baudrit ; Le bon accueil, rue des oiseaux ; Ty mam doué, 8 bld du littoral ; La korrigane, 2 allée de la grève Gicquel ; Le Kreisker, 10 et 12 rue Jeanne d’Arc ; Agence, 78 boulevard Foch ; Ty glas wen, 19 rue Déroudèle ; Ty breiz et Ker Louis, 9 et 11 rue Duval ; Rue adjudant chef Cadot ; l’Oustal 2 rue André Malraux ; Ker Caroline, 7 rue André Malraux ; Kastelic, 6 rue André Malraux ; Ker Mickael 8 rue André Malraux ; Sans nom 10 rue André Malraux ; 26 rue le Sénécal ; 35 bouleavrd Foch ; Au Rouet breton 4 boulevard Foch ; Kreiz an avel, rue Charcot ; rue du moulin St Michel ; Le nid, 2, 4, 6, 8 rue des Fusains ; Le kerric, 37 ou 90 boulevard Clémenceau ; rue du Tertre Liré ; 2 rue des korrigans ; 9 rue du Tertre breton ; La caravelle la Pomponette, rue de la Corniche.

 

La maison néo-bretonne du numéro 49 rue du Pré Chesnay

Cette maison a été construite en 1943. Elle est bâtie avec du granit rose d’Erquy et du grès de St Brieuc. Toutes ses ouvertures sont voutées. Le sous-bassement du balcon était à l’origine en béton et les propriétaires qui ont repris cette maison en 1964 l'ont fait refaire en pierres de taille.
Les premiers propriétaires étaient des personnes très pieuses, il se dit qu’il leur arrivait de recevoir l’évêque de St Brieuc. C’est ce qui explique la présence d’une statuette de St Yves dans une niche du côté rue.
Avant 1964 la maison est restée inhabitée pendant quelques temps et elle a été vandalisée, tous les carreaux étaient cassés. Le parfait état de la statuette de St Yves est un petit miracle pourront dire les croyants !

49 rue du Pré Chesnay à Saint-Brieuc. Photo RF

Notons aussi que la Galerie Commerciale construite en 1928 s'inscrit clairement dans le courant du néo-régionalisme breton. Cette galerie se trouve dans les rues Aristide Briand, Jean Jaurès et Condorcet. L’unité de cet ensemble est marquée par des pignons enduits et un soubassement en maçonnerie de granit. L'encadrement des portes et des porches est en granit. Tous les toits sont en ardoise.
 
Pour plus de précisions sur la Galerie Commerciale. Pour voir l'article, cliquer ICI 


LE STYLE NEO-NORMAND
Le style néo-normand se caractérise par des bâtiments construits à partir d'une structure à pan de bois traditionnelle, mais avec des matériaux modernes (béton). Plusieurs maisons de la rue du Pré Chesnay en sont des exemples. 
Précisons que le style néo-breton et le style néo-normand ne sont pas incompatibles, au contraire, on a même vu les deux styles se mélanger !
On peut voir certains "spécimens" de ces maisons "hybrides" :
Au 29 rue Bir Hakeim, une maison de l’architecte Alexandre Vernange d’Étables mélange faux pans de bois en béton peint avec des pierres apparentes en granit gris. Après une restauration très réussie, en 2022, les faux pans de bois sont mis en évidence.

29 rue Bir-Hakeim St Brieuc. Photo RF

29 rue Bir-Hakeim à St Brieuc. Photo RF
 
 
Le 29 rue Bir-Hakeim après restauration en 2022

 
Au 5 rue de l’Ondine, même mélange faux pans de bois en béton peint avec des pierres apparentes mais cette fois-ci avec du granit rose.

5 Rue de l'Ondine à St Brieuc. Photo RF



Au 47 rue Jules Ferry, petite touche néo-normande sur le haut d'une maison en granit gris et rose.

47 rue Jules Ferry. Photo RF

La maison du 50 boulevard Hoche (en retrait du boulevard) est également intéressante par son toit très pentu et ses lucarnes rondes (influence Art déco).

50 boulevard Hoche à St Brieuc. Photo RF
50 boulevard Hoche à St Brieuc, détail. Photo RF

 

INFLUENCE D'AUTRES STYLES
Nous voyons aussi que le style Art Déco s'est invité dans de nombreuses constructions des années 30. Cette influence a pu inspirer et renouveler les styles architecturaux régionaux. Ce mélange de style est à l'origine d'un type de maisons à la fois varié et singulier.



CONCLUSION 

Le quartier Robien ne peut prétendre fournir à des masses de touristes une raison de venir admirer des ensembles néo-bretons ou néo-normands comme à Dinard ou Deauville ! Notre quartier a trop d'influences de toutes sortes, tout s'y mélange, un peu comme dans le centre de St Brieuc d'ailleurs... S'il vous vient l'idée de découvrir des maisons comme en centre-Bretagne ou de faire un petit tour sur la côte à Dinard, à moins que ce ne soit un petit saut vers Deauville, inutile d'aller bien loin : tout ça, on le trouve à Robien. Ouvrons l’œil !

 

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Racontez-nous votre maison
Si vous habitez une maison néo-bretonne ou néo-normande, racontez-nous son histoire :
Cette maison a-t-elle une plaque avec un nom breton? une plaque d'architecte?
Connaissez-vous les dates de construction, l’architecte ?
Avez-vous des plans ?
A l'intérieur de la maison y a-t-il des éléments de décors propres au style néo-breton ou néo-normand?
Connaissez-vous les propriétaires successifs ?
S’est-il passé des événements importants dans cette maison ?
Comment cette maison a-t-elle évolué au fil du temps (extension)?
Etes-vous satisfaits ou non de votre habitation et pour quelles raisons (éléments de caractère patrimonial, matériaux, jardin, superficie, proximité de commerces et services, logement adaptée aux familles ou autre, économe en énergie) ?

 
 
Voir aussi
Abécédaire des architectes à Robien, cliquer ici
 
Sources
 
« Aire de mise en Valeur de l’Architecture et du Patrimoine. AVAP » Document de Saint-Brieuc Agglomération (dossier Pdf en ligne)

Archives municipales et départementales.

Archives des journaux du Comité d'Animation de Robien depuis juin 1984.

Saint-Brieuc. Étude de géographie urbaine. R. Huon 1946.

Acte de vente de la maison de M et Mme Guérin au  numéro 9 avenue des Tilleuls. 1935-1936 Architecte Yann Corlouër.
 
Permis de construire 3 avenue des Tilleuls. Dossier 2T 32 Archives municipales.
 
Famille Givord (maison rue abbé Garnier), site généanet, ici

Renseignements sur la maison boulevard Jean Macé fournis par deux propriétaires successifs M. Appriou et Mme Mabillon.

Les renseignements sur la maison où a vécu le docteur Abel Violette ont été vérifiés sur des documents de famille par Annick Mevellec.

Avec les contributions de Didier Le Buhan, Michel Le Borgne, Xavier Pageot, Mary Simon, Guillaume Agouf...
 

 

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...