mercredi 28 janvier 2026

Les écoles publiques dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc, rue Guébriant, boulevard Carnot. 1903

  

Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales

 

Plan de l'école des garçons à Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales

Cet article n'a pas pour ambition de raconter l'histoire complète des écoles publiques du quartier de Robien mais simplement de donner quelques repères et d'évoquer la création de ces écoles en illustrant de documents anciens...

Le projet pour les écoles publiques de Robien. 1901

Le quartier de Robien subit une véritable explosion démographique au passage du XXe siècle. Entre 1896 et 1901, la population va tripler et atteindre plus de 1000 habitants. Les familles ont beaucoup d'enfants et il devient urgent d'y construire des écoles publiques.Après avoir fait  dresser des plans par l’architecte de la Ville de Saint-Brieuc, le 20  décembre 1901, la municipalité, sous la conduite de M. Louis Hélary, délibère en vue de la création d’une école publique de filles et d’une école de garçons à Robien.

Plan d'ensemble de la construction des écoles de Robien 1901. 5 Fi 057. Archives municipales
« L’école de filles comprend deux classes pouvant contenir 50 élèves et une classe enfantine pour 50 enfants. La maison d’habitation comprend un appartement de 6 pièces pour la directrice et deux logements de chacun deux pièces et un cabinet pour les institutrices ». 

La classe enfantine dispose d’un réfectoire. Dans la cour de l’école des filles, on a prévu un préau et des toilettes. Sur ce premier plan de 1901, la cour des filles donne sur le boulevard Carnot.

Façade boulevard Carnot, St Brieuc. Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales
 
Pignon boulevard Carnot, école des filles. St Brieuc. Robien. 1901. 5 Fi 124. Archives municipales

Ecole des filles boulevard Carnot, St Brieuc. Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales
 L’école des garçons comprend deux classes pouvant contenir chacune 50 élèves. La maison d’habitation comprend un appartement de 5 pièces pour l’instituteur et un logement de quatre pièces pour l’adjoint. Sur ce premier plan de 1901, la cour des garçons donne sur la rue Guébriant. Ce projet est approuvé par le Ministre de l’Instruction Publique le 10 octobre 1902.
St Brieuc. Plan des écoles de Robien 1901. 5 Fi 124. Archives municipales
 

Les débuts de l’école publique. 1903

L’école des garçons ouvre en 1903. Mais les plans sont revus pour l'école des filles.

Plans d'agrandissement. 16 juillet 1904 Archives municipales


 
Plans d'agrandissement. 16 juillet 1904. Archives municipales


Plan de 1905, approuvé en 1907. Archives municipales

Après approbation du plan de l'architecte en octobre 1904, le projet de construction de l'école des filles est mis en route.

L'architecte Bourgin est l'auteur de nombreux plans pour la ville de St Brieuc. L'historien M. Illio a raison de dire qu'il mérite une mention spéciale : "Il fut à la fois architecte du département et architecte de la commune. Il mourut en 1929. Il était le beau-frère du Président de la République Millerand. A son compte, il construisit beaucoup de bâtiments, qui contribuèrent à donner à la Ville sa physionomie du XXe siècle. Pour l'Etat, Bourgin a construit l'Hôtel des Postes, pour la commune (son ami, le maire Servain, était un grand bâtisseur), les écoles publiques Baratoux, Guébriant, Carnot, Poutrin, Berthelot...


L'école est aussi un lieu de culture pour le quartier de Robien.

"Une bibliothèque populaire", fondée par la Municipalité, est installée en janvier 1906 à l'école de la rue Guébriant. 

Heures d'ouverture : 20h à 22h les lundi, mercredi et vendredi; dimanche de 17h à 19h.


En 1905, Mlle Cances est nommée adjointe boulevard Carnot (Ouest-Eclair 23 mai 1905)

Dans le recensement de 1906, on trouve  le nom des premiers instituteurs qui logent dans l’école rue Guébriant : Jean Morvan, né en 1866 à Pludual ; Marie Morvan, institutrice, née le Normand, née en 1866 à Loc Envel et Louis Tassel, instituteur, né en 1887.

Le directeur de l'école des garçons et la directrice de l'école des filles disposent d'un jardin (plan ci-dessous)

Jardins entre les deux écoles. 1901 Archives municipales

 

1905 Archives municipales


1905 Archives municipales

Les plans dressés par l'architecte en 1905 se révèlent déjà insuffisants.

En 1906, un projet d’agrandissement de l’école des filles est transmis aux différentes autorités, il porterait le nombre des classes de quatre, à six pour un total de 282 élèves déjà présentes. Le projet prévoit la construction d’une salle de travail manuel et d’une salle d’enseignement ménager et d’un préau pourvu de sanitaires. Personne ne conteste cet agrandissement car l'école est beaucoup trop à l'étroit : une classe se trouve pour le moment dans l’appartement de la directrice !  Les nouveaux plans sont approuvés le 22 janvier 1907 mais il faut attendre 1909 afin que se concrétise la construction des classes supplémentaires. Elles sont bien nécessaires pour faire face à l'augmentation constante des effectifs : entre 1901 et 1912, la population aura augmenté de 600 habitants, c'est considérable. 


Le quartier de Robien bénéficie d'un très bel outil avec ses écoles publiques mais cela va générer des jalousies du côté du quartier de Gouédic !  Voilà maintenant que l'on peut lire dans la presse en 1909 que "le quartier de Robien est favorisé" !

2 décembre 1909 Ouest-Eclair

En janvier 1910, un nouveau chantier est lancé avec la construction de deux classes supplémentaires pour l'école des garçons.

Affiche 1910. Archives départementales 2o278.14

L'affaire du pensionnat. 1909

Par une lettre du 17 février 1909, Mme Boutier, la directrice de l'école du boulevard Carnot, sollicite le Conseil municipal demande l'autorisation officielle d'établir un petit pensionnat qui fonctionne déjà depuis deux ans. La Ville a mis a disposition un petit pavillon pour les instituteurs mais comme il y a de la place, la directrice y loge des élèves pensionnaires. Certains conseillers s'y opposent mais le Maire et M. Boyer, le rapporteur de ce sujet, ont convaincu leur auditoire. Les Républicains votent pour l'officialisation du pensionnat.

Instituteurs boulevard Carnot :
Boutier, direction 7 classes
Laboureur, directrice 7 classes
Gilbert, adjoint
Le Pennec, née Rolland
Le Men, née Cances
Le Maître, née Souyet, jusqu’au 10 septembre
Anne-Marie Busson, née Le Bihan, vient des Villages, remplace Le Maître à partir du 18 septembre (voir ci-dessous sa fiche, AD22 dossier personnel 1T573)
Le Mercier
Nicolas, née Le Roux


Document AD22
Instituteur école rue Guébriant en 1911
M. Morvan, direction d’école 5 classes
Mme Morvan, née Le Normand
Nicolas
Kerroux
Conan
 

Les transformations de l'école jusqu'en 1914

Avant 1914, l'école a bien changé, des classes supplémentaires ont été construites, des cours professionnels sont créés (comptabilité, couture, etc.) et une cantine scolaire est proposée en hiver.

École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122
 
 
École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122
École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122

École Guébriant. Plans 1909. Archives municipales. 5 Fi 122

 
 Archives départementales 2o278.14

 Archives départementales 2o278.14

L'école pendant la Guerre de 1914

École des Filles. Robien, année 1917. Photo Germaine Guays. Ouest-France 28 novembre 1990

 

Parole d'écolière. Germaine Hello née en 1905.

"Je me plaisais beaucoup à l'école Carnot; la directrice était Madame Laboureur et mon institutrice s'appelait Madame Le Mercier. Elle était très sévère, il fallait travailler dur. On passait le Certificat d’Études à 11 ou 12 ans. Mais pendant l'année scolaire 1917-1918, nous avons dû laisser la place aux blessés de guerre. Je suis donc allée à l'école de la Providence".

Germaine Hello (Guays par son nom de mariage) raconte que l'école des filles a été fermée à la dernière année de la Guerre 14-18. Elle fait référence à cette période où la Ville de Saint-Brieuc avait été obligée de trouver des lieux pour soigner les victimes de la guerre. Quatorze hôpitaux étaient ouverts et l'école des Filles, 15 boulevard Carnot était désignée comme "Hôpital complémentaire 100". Cet hôpital possédait 122 lits et avait déjà fonctionné du 1er juin 1915 au 10 mai 1916.

Germaine a organisé des retrouvailles le 14 décembre 1991, dans la petite salle de Robien, pour retrouver ses anciennes camarades de classe présentes sur la photo de 1917. Léonie Belleret (dit "Mimi-Jan") et Eugénie Corbel étaient au rendez-vous 74 ans après. Martine Guilvic et Alice Hervé n'avaient pu venir...

Les premiers instituteurs et institutrices

Dans les recensements, on trouve les noms des enseignants des écoles publiques du quartier de Robien :

1906, Rue Guébriant : Jean Morvan, instituteur, né en 1866 à Pludual ; Marie Morvan, institutrice, née le Normand, née en 1866 à Loc Envel ; Louis Tassel, instituteur, né en 1887

1906, Boulevard  Carnot : numéro 13 Marie-Julienne Boutier, veuve née Arthur, directrice école publique ; numéro 15 Alice Herpe, institutrice;

1909, Mme Boutier, directrice de l'école boulevard Carnot, direction 7 classes ; Gilbert, adjoint ; Le Pennec, née Rolland;
Le Men, née Cances ; Le Maître, née Souyet, jusqu’au 10 septembre ; Busson, vient des Villages, remplace Le Maître à partir du 18 septembre ; Le Mercier ; Nicolas, née Le Roux.

1911. Instituteurs école rue Guébriant : M. Morvan, direction d’école 5 classes ; Mme Morvan, née Le Normand ; Nicolas ; Kerroux ; Conan.

1917, Mme Laboureur, directrice de l'école boulevard Carnot ; Mme Lefloch, veuve Gilbert, adjointe (de 1910 à 1929). 

1929, Jean Villeneuve, directeur école jusqu'en 1932 (Dossier 1T563 AD22)

1931, Rue Guébriant : Jean Villeneuve, directeur école ; Marie Villeneuve, femme, institutrice ; Au numéro 6, François Le Nôtre instituteur ; au numéro 22 Émilie Tassel institutrice.

1931 à 1940, Radégonde Carré, née Liéré, née le 30 septembre 1886 à Vouillé dans les Deux-Sèvres, adjointe à l'école Carnot du 1er octobre 1934 au mois de décembre 1940 (Dossier personnel aux Archives 22 1T574)

1936, Rue Guébriant : Camille Saindrenan, directeur de l’école ; Marie Saindrenan, institutrice ; Hélène André, institutrice.

1936, boulevard Hoche : numéro 26 Ferdinand Nicolas, directeur école ; Marie Nicolas, institutrice

Plan du quartier. 1938. Archives municipales 5Fi190

Une plaque pour François Clairon

En juin 1920, une plaque va être posée à l'école en mémoire de M. Clairon, instituteur-adjoint à l'école Guébriant et tué en 14-18.

François Clairon 22 juin 1920. La dépêche de Brest.
Portrait, Jean Villeneuve, directeur 1929

Jean Villeneuve est né le 29 mars 1876 à Merdrignac. après avoir enseigné comme instituteur dans le département, il arrive comme directeur à l'école Guébriant en 1929 et y restera jusqu'en 1931 (dossier AD22 1T563). Portrait complet à retrouver en cliquant ici



La nécessaire construction de l'école Hoche

Le 13 juillet 1936, la municipalité s’engage dans l’acquisition d’un vaste terrain appartenant à Monsieur Sébert, situé entre le boulevard Hoche et le sentier d’Yffignac (qui deviendra la rue François Ménez). Cette décision procède d’une analyse détaillée des effectifs scolaires qui ne font qu'augmenter. La situation est exposée au Conseil municipal : l’école publique de garçons de Robien « Ecole Guébriant » qui comptait 188 élèves en 1927-1928 passe à 197 en 1930 et 287 élèves en 1936.

Depuis la création de l’école, le nombre de classes est passé à 5 mais s’est révélé insuffisant et il est devenu nécessaire d’installer une classe de garçons dans la salle des fêtes de l’école des Filles pour pouvoir y installer un maître supplémentaire. En 1936, la situation est la suivante : 287 garçons, 6 classes, soit 48 élèves par classe. Le directeur annonce 300 élèves à la rentrée prochaine.

La population du quartier ne va cesser d’augmenter avec les nouveaux lotissements en cours. La municipalité table sur 400 élèves à l’école des garçons dans un avenir proche.
Du côté de l’école des filles, l’effectif est passé de 259 en 1929 à 336 en 1932-1933. Il faut donc prévoir une dizaine de classes de filles. Suite à la création de l’Ecole libre de filles, le nombre des élèves est tombé à 315 puis est revenu à 336 en 1935 pour 7 classes, soit 48 élèves par classe. La municipalité a dû pour les filles, aménager une classe dans la partie non occupée de la salle des fêtes. En retirant les garçons du groupe scolaire actuel de Guébriant, les locaux seraient très vite occupés par les classes de filles. Le 23 avril 1937, la Ville complète ses acquisitions de terrains en vue de la construction d’une nouvelle école. Elle achète un terrain attenant à celui de M. Sébert, de 427 mètres carrés à M. Louis Feurgard, propriétaire, 7 rue Jules Ferry. Malheureusement la guerre 39-45 viendra ruiner la réalisation de ce projet. La première rentrée
de l’école Hoche ne se déroulera qu'en septembre 1956.


 Une bizarrerie

Le 21 mars 1938, le journal La dépêche de Brest publie un article décrivant la première Fête de l'arbre qui se serait déroulée "au terrain de camping de Robien" avec les enfants des écoles. Ce qui est bizarre c'est qu'aucune autre archive ne rapporte la trace d'un camping à Robien à cette époque. Le camping ne sera aménagé qu'en 1957...


Les écoles publique de Robien pendant la Seconde Guerre mondiale

Les écoles du groupe Guébriant-Carnot  sont réquisitionnées pour les besoins de l’armée au début de la guerre 39-45. Le  Conseil municipal fait le point le 15 mars 1940 sur toutes les mesures qu’il a fallu prendre d’urgence. La recherche de locaux de remplacement pour recevoir les élèves du quartier de Robien a concentré toutes les attentions. La municipalité a utilisé au maximum les locaux des écoles les plus proches mais elle a dû se résoudre, à partir du 1er octobre 1939, à installer des classes dans des locaux privés qui ne sont pas vraiment adaptés. Ainsi une classe s’est retrouvée maintenant dans les bureaux des Huiles Shell, rue Émile Zola, une autre dans une dépendance du Café du Bon Coin, rue de Robien ! Rue Émile Zola le loyer payé par la mairie sera de 1500 francs pour l’année. De son côté, M Le Bras, propriétaire du Bon Coin qui garantit la location d’une grande pièce cimentée à usage de garage, avec un petit terrain vague devant le local et accepte la somme de 1200 francs pour l’année. D'autres élèves empruntent la passerelle piétonne pour rejoindre le Foyer laïc boulevard Charner où des salles de classe ont été aménagées.

Après six mois d’occupation, les locaux seront rendus à la ville à partir du 31 mars 1940. Les ennuis ne sont pas terminés…Les écoles du quartier sont réquisitionnées par les troupes d’occupation. La cantine ne peut plus fonctionner. Le service départemental des réfugiés met alors à la disposition du matériel de cuisine au service de la Ville. D’autre part, la Ville est autorisée par le service départemental des réquisitions à occuper trois baraquements édifiés par ce service sur la Place de Robien. Ils ont été aménagés pour un usage scolaire et fonctionnent depuis le 1er octobre 1941. Ces baraquements devaient servir provisoirement de classes mais cette situation perdurera au moins jusqu'en 1948. (décision du conseil municipal de fin décembre 1947)

Décembre 1941, un élève de l'école Guébriant rencontre le Maréchal Pétain

Sous le titre « Dix enfants des Côtes-du-Nord sont partis pour Vichy », le journal Ouest-Eclair nous raconte qu’un rendez-vous a été organisé par le maréchal Pétain avec 10 enfants du département dont le jeune Antoine Chalmet de l’école Guébriant. Accompagnés par le censeur du Lycée Le Braz, ils sont partis en train « pour être à Vichy les hôtes du chef de l’Etat l’après-midi du dimanche 28 décembre 1941 et seront de retour par mardi matin par l’express de cinq heures. » La conclusion de l’article est pleine d’enthousiasme : « Nul doute que ces heureux et jeunes voyageurs reviendront de Vichy avec un souvenir impérissable de leur réception par le Maréchal Pétain. » Ouest-Eclair 29 décembre 1941


Souvenir d'enfant

« Pendant la guerre, un abri avait été construit au bout de la cour de l’école, comme sur le modèle des abris du chemin de fer. Quand il y avait des alertes il fallait aller s’y cacher. »
Michel Dhénaut


Les écoles juste après-guerre 

Guy Flageul est né en 1939, il se souvient de ses premiers pas à l’école Guébriant et Hoche après 1945 : 

« On commençait à l’école Guébriant au début du primaire.

 Mais après on allait à Hoche dans des baraquements provisoires, ce n’était pas des classes en dur.

Enfin, quand on était à l’âge du Certificat d’Études, on retournait à Guébriant ».

En 1949, M. Francis Boisard est le directeur à Guébriant et il est récompensé par la Médaille d'argent de l'enseignement (Ouest-France 12 octobre 1949).

L'école de filles et l'école maternelle dans les années 60

A la rentrée de septembre 1956, les classes maternelles et l’école des filles ne bougent pas, elles ne déménagent pas dans la nouvelle école du boulevard Hoche.  Les plus grandes filles des classes de Cours Moyen rentrent par le boulevard Carnot tandis que les maternelles, CP, CE1 rentrent par la rue Guébriant. Ce n'est qu'au moment de la mixité dans les écoles que les filles rejoindront alors les garçons à l'école Hoche.

Dans la cour de l'école Guébriand à la rentrée. 16 septembre 1959 Ouest-France
 
Souvenirs, souvenirs
 
"Je suis allée dans cette école jusqu’en 1951. La directrice était Mme Lécuyer, assistée  de Mme Corbel, Mme Jonny et Mme Glon. Dans les années 69/70, l'école était dirigée par M. Le Corvaisier. Sa femme y enseignait aussi. Un grand instituteur comme on en voit plus beaucoup".
                                                           Françoise Sérandour. 
 
 
Le saviez-vous ?
 
Boulevard Carnot. Photo RF
 
Avez-vous déjà remarqué ces deux anneaux, l'un en dessous de l'autre, sur un pilier du portail de l'école boulevard Carnot ? Ce sont les anneaux qui permettaient de mettre le drapeau tricolore lors des cérémonies patriotiques.
 
L'attachement à l'école
 
Les parents sont attachés à leur école et sont impliqués dans la vie de ces établissements scolaires. Ils se regroupent au sein d'associations. Même lorsqu'ils ne sont plus élèves ou parents d'élèves, certains veulent continuer d'entretenir cette mémoire. C'est ainsi que sera créée en 2003 l'Association des Anciens élèves des écoles Guébriant et Carnot. On y retrouve Liliane Frostin présidente, Monique Combes secrétaire, Lucien Pailly trésorier.
 

2003. Création de l'association des anciens élèves des écoles Guébriant et Carnot. Journal officiel

 

Pour preuve également le succès remporté par des sites comme "Copains d'avant" qui permet de retrouver ses anciens camarades de classe...
26 janvier 2006 Ouest-France


L'association des anciens de Hoche-Guébriant. A droite Liliane Frostin, la présidente. 1er février 2014 Ouest-France

A suivre :

L'histoire de l'école Hoche, cliquer ici

 

Retour au sommaire ICI


Rappel : cet article est très loin de retracer toute l'histoire de l'école Guébriant dans le quartier de Robien mais si vous avez des commentaires ou des documents à partager sur l'histoire de l'école Guébriant, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.


Nicole Connan a effectué sa première rentrée à l'école maternelle publique Guébriant en tant qu'institutrice en 1975, et en 1981, elle est devenue directrice. Photo Ouest-France 23 janvier 1997


Sources

Plans des écoles de Robien 1901. 1905. 1909. 5 Fi 124. 5 Fi 122. Archives municipales

Délibérations du Conseil municipal. 1936, 1937. Archives municipales

Délibérations du Conseil municipal du 15 mars 1940 et 6 septembre 1943.

Les écoles de Saint-Brieuc. Dossier 2o 278.14. Archives départementales.

Création d'association de parents d'élèves. 1959 et 2003. Journal officiel

Article de Ouest-France 1989, 28.11.1990, 1993

Recensements 1901, 1906, 1931, 1936. Archives départementales en ligne

J.B Illio, Histoire de Saint-Brieuc, 1931



 

jeudi 22 janvier 2026

La maison d'octroi, la forge, le bar de La Croix Verte, dans le quartier de Robien, rue abbé Garnier à Saint-Brieuc, côté impair

La rue abbé Garnier a beaucoup changé en un siècle !  Mais jusque qu'à la fin des années 30 certains évoquent encore "un bourbier obscur aux trottoirs impraticables" ! Tout ne s'est pas fait en un jour...

La rue abbé Garnier 10 décembre 1938 Ouest-Eclair

Ci-dessous, sur cette photo de la fin des années 40, on voit encore l'Institut des Sourds-Muets, la briqueterie Le Dû et les locaux de la Coopérative agricole du Finistère.

Photo aérienne. Fonds Henrard. Archives départementales en ligne

Ci-dessous, sur cette photo aérienne de la fin des années 70, on voit que la Résidence du Parc a remplacé la Coopérative agricole, la clinique Saint-François est construite à l'angle de la rue Bir-Hakheim.

Fin des années 70. Archives municipales.
Promenons-nous dans la rue abbé Garnier, du côté impair avec ce qui est encore sous nos yeux ou en évoquant ce qui a disparu au fil du temps.  Nous laissons pour le moment le côté pair, de l'autre côté du trottoir, où nous avions l’Institut des sourds. Commençons donc par la maison de l’octroi, le bar de la Croix Verte et la forge. Nous poursuivrons dans d'autres articles vers la briqueterie Le Dû, la Résidence du Parc et l’ancienne clinique St François...Nous partons du Pont des Sourds et remontons vers la Croix Perron.

LA MAISON DE L’OCTROI

Au 1 rue Abbé Garnier, juste à côté du Pont des sourds, se trouve une maison historique. C’est ici que l’on trouvait le pavillon de l’octroi. Au XIXe siècle, les marchands qui entraient dans une ville devaient payer une taxe que l’on appelait « l’octroi ». Cette maison date donc du XIXe siècle, un plan de 1863 indique l'emplacement de l'octroi.

Octroi Plan1863. Archives municipales

En 1901 dans le recensement de la population, on trouve le nom du responsable de l’octroi, il s'agit de Lucien de Robichon. L'octroi de la rue Abbé Garnier a été en service jusque dans les années 1930-40.

Ancienne maison d'octroi. Photo RF

Le pavillon d'octroi de la rue abbé Garnier est évoquée, et présenté par une photo, dans le cadre plus général des maisons d'octroi à Saint-Brieuc dans l’ouvrage Le Patrimoine des Communes des Côtes-d’Armor.

La pizzéria Stella Maris

Au début de la rue Abbé Garnier, entre la maison d'octroi et le café de la Croix verte s'est installée la pizzéria Stella Maris. Sa première façade était constituée de panneaux de verre avant d'opter pour une esthétique plus sobre... L'établissement est parti en 2020 dans un autre quartier de Saint-Brieuc

Stella Maris en 2008. Image Google

Stella Maris vers 2013. Image Google

 LE CAFÉ DE LA CROIX VERTE

Joséphine Callennec (à gauche) et Charles Callennec (le forgeron), un ouvrier de la forge, M. Bouazard, "Tante Marie" en tablier. Vers 1945 devant le bar de la Croix Verte

A côté de la forge se trouvait le café de la Croix Verte.
Le café "A la Croix Verte", au 3 rue Abbé Garnier, est un bar très ancien du quartier de Robien. On peut le reconnaitre sur un détail d'une carte postale du début des années 1900.

L'octroi, le café et la maison des Le Dû (carte postale ancienne).

En 1901, les propriétaires de ce débit de boissons, au 3 rue abbé Garnier, sont Jean et Louise Durand. Ensuite le café "A la Croix Verte" a été tenu par Hippolyte Savidan et sa femme. Ils vont céder leur affaire plus tard, dans les années 1930, à Joséphine Callennec dont le mari était maréchal-ferrant. 

Joséphine Callennec en 1945

Joséphine Callennec vendait aussi du tabac pour rendre service mais elle n'avait pas le droit de faire du bénéfice sur ce produit. Le tabac et les cigarettes venaient du café qui se situait en face de la passerelle piétonne, les propriétaires payaient une patente pour avoir le droit d'en vendre.

Témoignage de Madeleine Callennec

Madeleine est née le 11 novembre 1926. Elle raconte le Café de la Croix Verte dans les années 30-40 :"Au Café de la Croix Verte, les gens y venaient pour boire un verre mais pas seulement. Le jeu de boules était très prisé à la belle saison. Certains habitués venaient aussi pour se retrouver autour de ce qu’on appelait « le billard russe ». D’autres jouaient à la belote et les parties s’éternisaient le soir au grand dam de Fine (Joséphine) qui aurait bien voulu fermer. Mais on ne mettait pas les gens dehors… Dans les habitués, Alphonse était un personnage, il exerçait la fonction de bedeau de l’Institut des Sourds, il sonnait l’angélus et tous les moments importants, il s’occupait de la chapelle et de l’entretien. Les cheminots qui logeaient « au poste », juste à côté du pont des Sourds, venaient tous les jours".

Beaucoup plus récemment, à partir de 1970, c'est Maryvonne Noël qui est devenue la propriétaire du café de la Croix Verte. Tout le monde se connaissait dans ce bar et avait un surnom. « Mary Picsou » était celui de la patronne. Dans un article de Ouest-France du 8 janvier 1998, le journaliste donne la parole aux clients du bar : « On appelle la patronne comme ça, car bien que l’on soit des amis, elle nous pique nos sous. Heureusement, elle pique aussi ceux des impôts. Les employés sont clients. Maryvonne se souvient des grèves de 1989 : « Les revendications se sont négociées chez moi ».

Une partie de cet ancien bar est devenue la boutique des fleuristes Bouhezza qui existait encore dans les années 90.

L'ancien café de la Croix Verte. Photo 2020

Jusque dans les années 2000, le bar était le siège de l'Amicale des Médaillés Militaires de Saint-Brieuc.
Cet établissement reste malheureusement à l'abandon, juste à côté du restaurant italien Stella Maris, ouvert en 2003.

LA FORGE de CHARLES CALLENNEC. 1934-1962 

Charles Callennec à gauche, ferrant un cheval devant l'entrée de la forge rue abbé Garnier
Après le Pont des sourds, l'octroi et le bar de la Croix Verte, de 1934 à 1962, il y avait la forge de Charles Callennec, le maréchal-ferrant. Le père de Charles Callennec était lui-même forgeron à Saint-Brieuc, rue Alsace-Lorraine. Charles Callennec est né le 27 avril 1898 à Saint-Brieuc, fils de Pierre Marie Callennec et Françoise Briand.

Acte de naissance de Charles Callennec. 1898

La famille habite rue des Jardins à Saint-Brieuc. Très tôt, Charles travaille avec son père. La Guerre 14-18 survient et Charles est mobilisé en 1917, affecté au 7e d’artillerie le 2 Mai 1917 puis au 301e  régiment d’artillerie le 25 mars 1918. Il est renvoyé dans ses foyers le 2 juin 1920. il est nommé brigadier maréchal-ferrant dans la réserve le 15 juin 1920. Son registre matricule est le 2206.

Fiche matricule. Document militaire.

Dans les années 1920, Charles rencontre Joséphine Briand qui tient alors un petit café attenant à la Cathédrale "Le Petit chocolat" : un nom donné car Joséphine était connue pour faire un bon chocolat chaud, très tôt, aux vendeuses qui venaient au marché, à côté de la Cathédrale. Joséphine Briand est née en 1901 à Saint-Brieuc. Charles et Joséphine se marient en février 1925. Ils vont avoir deux filles, Madeleine en 1926 et Jacqueline en 1932. Fin 1934, le père de Charles déplace sa forge rue abbé Garnier dans le quartier de Robien en 1934.  Il en informe le public par voie de presse.


Joséphine, l'épouse de Charles, prend le café de la Croix verte attenant à la forge.

Charles Callennec au premier plan et à droite M. Bouazard, on reconnait aussi Joséphine et les deux filles, Jacqueline la plus jeune et Madeleine la plus grande.

Témoignage de Madeleine Callennec

 Madeleine est née le 11 novembre 1926. Elle raconte la forge : « Pour accéder à la forge, on passait par la rue abbé Garnier, entre le café de la Croix Verte et la maison des Le Dû, les patrons de la briqueterie. Il y avait un grand portail en bois et on arrivait dans l’atelier de la forge. On remarquait tout de suite le gros soufflet qui était bien utile pour confectionner les fers. On faisait du sur-mesure pour les chevaux. Parfois des petits travaux se faisaient dans la rue, devant la forge. Ceux qui venaient le plus souvent, c’était les Flageul car dans leur entreprise de déménagement ils avaient beaucoup de chevaux. Gicquel, le marchand de chevaux du boulevard Carnot était aussi un habitué. Les fermiers de Ploufragan, Trégueux et des environs avaient leurs habitudes. Certains arrivaient à six heures, avant l’ouverture de la forge et accrochaient leurs chevaux aux anneaux du mur de l’Institut des Sourds, juste en face. Le samedi après-midi et le dimanche, la forge était fermée mais il n’y avait jamais de vacances dans l’année».

La forge est le bâtiment sur la droite avec des appentis qui forment une cour fermée.

 

Parole d'habitants

Un témoin de cette époque évoque la forge : M. Pierres était né en 1925, au début de la rue du Pont-Chapet à Robien. Il est interrogé dans un article de Ouest-France le 8 janvier 1998 et parle du trajet qu’il empruntait pour aller au P’tit Lycée (l’école du centre) : « Juste avant le Pont des Sourds-muets, j’attendais avec impatience de croiser les effluves de la forge de Monsieur Callennec, le maréchal-ferrant. J’adorais cette odeur de corne brûlée ».

CHARLES CALLENNEC, une personnalité dans le monde de la maréchalerie. 

Charles Callennec en 1945

Charles Callennec ne s'est pas contenté de bien faire son métier dans sa forge de la rue abbé Garnier. C'était une personnalité dans son milieu professionnel. Ainsi on découvre, à la lecture de la presse locale, qu'il est décoré Chevalier du Mérite agricole en 1931. Il devient Président des maréchaux, charrons et forgerons de Saint-Brieuc en 1938. A ce titre il est l’un des organisateurs d’un concours se déroulant en septembre où des prix seront attribués à toutes les catégories pour les patrons, ouvriers et apprentis. Mais il participe également à des réunions où il faut batailler ferme comme en mars 1938 avec le syndicat des marchands de fer et quincaillers des Côtes-du-Nord et avec le Syndicat agricole de Landerneau.

21 mars 1938. Ouest-Eclair

 

Charles Callennec  est élu vice-président lors de l’assemblée générale des maréchaux, forgerons et charrons des Côtes-du-Nord, réunis le 11 septembre 1938 à Saint-Brieuc. On mesure l’influence de cette corporation quand on voit les très nombreux organismes qui suivent ses travaux comme la Chambre des métiers, la Chambre d’agriculture, les autorités militaires, les services vétérinaires, des responsables de fêtes hippiques, des industriels. La municipalité de Saint-Brieuc est, bien entendu, présente avec son maire Octave Brilleaud, deux cultivateurs entrés en politique le sont aussi, le sénateur Bedfert et le député Le Maux. Cette assemblée générale coïncide avec le Concours agricole départemental et l’exposition corporative sur le terrain de foire de Robien. Pour les maréchaux, des prix sont décernés par la Ville, la Société des Forges-et-Laminoirs, la Société des Forges de Commercy, la Chambre d’agriculture, le Conseil général.

12 septembre 1938. Ouest-Eclair

En 1944, Charles Callennec  continue d’avoir des responsabilités en tant que délégué du Canton de Saint-Brieuc du bureau Artisanal des Matières.

Titre de Ouest-Eclair. 6 septembre 1946

En 1946 se tient le 34e Congrès National des Maréchaux, Forgerons et Charrons , à Saint-Brieuc. C’est un grand moment pour ces professions et des délégués de toute la France sont présents. Charles Callennec  est dans le comité d’organisation aux côtés de M. J Barbot de Lannion, le Président départemental. En plus des allocutions et des rencontres, des excursions sont programmées à Dinan, St Malo, Portrieux et Bréhat, ainsi que des visites d’usines. Le banquet de clôture est présidé par M. Alexandre Varenne, ministre.

M et Mme Callennec étaient des personnes estimées dans le quartier, et bien au delà. Charles Callennec va malheureusement finir sa vie tragiquement en 1962 alors qu'il ferrait un cheval. C'est toute une page qui se tourne avec la disparition du forgeron du quartier.

L'entrée de l'ancienne forge, rue abbé Garnier. 2021


Les travaux de 2022-2023
 
En octobre 2022, des travaux démarrent après l'achat de la maison et de ses dépendances. Lors des démolitions, quelques traces du passé de cette forge sont mises à jour comme des anneaux de chevaux, une auge en pierre, un fer à cheval et un puits.
 
L'arrière de la maison. 10 octobre 2022. Photo RF

L'extérieur du puits. Photo RF

L'intérieur du puits déjà comblé. Photo RF

Auge en pierre et anneaux de chevaux. Photo RF

Fer à cheval suspendu. Photo RF

Fer à cheval de la forge Callenec. Photo RF
 

Articles à consulter

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Les bistrots de la rue de Trégueux, cliquer ici

Tous les bistrots de la rue abbé Garnier, cliquer ici

Les traces du passé rural du quartier de Robien, cliquer ici 

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Sources

Sur la maison de l’octroi : Le Patrimoine des communes des Côtes-d’Armor, éditions Flohic. 1996

Archives municipales. Photos aériennes

Archives départementales en ligne. Photographies aériennes. Recensement de la population 1901, 1906, 1911

Presse locale, Ouest-France et Le Télégramme

Merci à André Bougeard, habitant du quartier pour ses cartes postales et photographies.

 

Entretien avec Madeleine Callennec, fille de Charles et Joséphine Callenec.11 mars 2021.

 

Merci à Françoise Debré, petite fille de M et Mme Callennec (forge et bar de la Croix Verte) pour les photographies de ses grands-parents et l'organisation de la rencontre avec sa mère Madeleine Le Royer (née Calennec). 

 

Site GénéArmor : Registre matricule de Charles Callennec, cliquer ici 

Charles Callennec, acte de naissance, année 1898, St Brieuc, vue 86




 



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