dimanche 4 janvier 2026

Tous ces projets qui n'ont pas vu le jour dans le quartier de Robien à Saint-Brieuc. 1936-2025


1936, une salle de spectacle pour l'Institution des Sourds-muets

Le Département des Côtes-du-Nord se propose d’annexer à l’Institution départementales des Sourds-muets, un bâtiment comprenant une salle récréative où puissent être présentées des séances de cinéma ou artistiques avec une petite scène et une cabine de projection. Dans les combles se trouveraient deux ateliers avec une réserve de matériel, l’étage serait accessible par un escalier extérieur. Le terrain appartient au département le long de la rue abbé Garnier.

1936. Archives départementales.

Le projet est envoyé au Préfet le 16 novembre 1936 par l’architecte départemental Jean Fauny.


Une note manuscrite en bas de ce courrier indique l’intérêt de la préfecture porté à ce projet mais n’envisage pas sa réalisation de suite en raison de difficultés budgétaires sur l’exercice 1937. La situation politique et économique en 38-38 finira sans doute par faire passer ce projet aux oubliettes car rien de tel ne sera construit par la suite… 

1960, des projets d'espaces verts et de rues qui ne se feront pas...

Le journal Ouest-France dans son édition du 20 janvier 1960 nous informe de l'abandon d'un projet : "Un espace vert était prévu en bordure de la rue Emile Zola, sur un terrain indispensable à l'usine Sambre-et-Meuse. Le principe de sa création n'est donc pas maintenu, d'autant qu'avec la proximité de la campagne, il ne se révèle pas nécessaire".

Un autre espace vert, en bordure du boulevard Paul Doumer est aussi réduit aux limites du terrain appartenant à la Ville.

Un projet de rue "ayant la forme d'un Y doit déboucher rue Emile Zola en partant du Tertre Marie-Dondaine. Le raccord avec la rue Emile Zola tombe sur les voies ferrées qui desservent différents établissements mais le projet est malgré tout maintenu à ce moment-là puis finalement abandonné...

 

1965-1970. Un équipement sportif et un groupe scolaire au Tertre Marie-Dondaine.

Le tertre a été occupé au XXe siècle mais pas par des habitations en dur. Si ce tertre est toujours à l’état naturel c’est parce que les différents projets d’aménagement de cet espace n’ont pas abouti. Pour commencer, en 1965, Edouard Quemper l'adjoint au Maire de l'époque chargé des sports prévoit de créer des installations sportives sur le Tertre.

Plan paru dans le journal municipal Le Griffon. 1966 numéro 4.

Puis, en 1970, un projet de groupe scolaire est conçu par la ville de Saint-Brieuc, mais rien ne sera fait...

1970 Projet de groupe scolaire. Plan des archives municipales

1970 Projet de groupe scolaire. Plan des archives municipales


1970.  La Résidence des Forges, 400 logements et une école.

Un projet de résidence a failli voir le jour avant celui de la C.P.A.M, des plans sont déposés dès le mois de février 1970 par l’architecte F. Gross-Quélen, installé 2 rue Chateaubriand à Saint-Brieuc. Il s’agit d’un ensemble de 400 logements appelé « Résidence des Forges », avec 165 places de parking au sol et 400 en sous-sol. Une école maternelle est même prévue !

Projet de la Résidence des Forges. 1970. Archives départementales.

Projet de la Résidence des Forges. 1970. Archives départementales.

 


S’il s’était réalisé, ce projet aurait occupé tout l’espace entre la rue Paul Le Flem et le boulevard Vauban où se trouvent actuellement la C.P.A.M et la résidence Espace composée des trois bâtiments, de 21 mètres de haut, nommés Concorde, Comète et Mirage.

 1985.  La Place de Robien.

Plan. Rapport d'étape PACT-ARIM. 1985 Archives départementales

En mars 1985, un projet de quartier pour Robien est remis à la municipalité. C’est un « rapport d’étape » connu sous le nom de PACT-ARIM. Ce rapport contient certainement le projet qui aurait totalement changé la physionomie de ce quartier et lui aurait donné un air de village.

Il faut modifier en profondeur la physionomie urbaine : création d’une place sur les terrains dits des « chantiers de la ville ». 

Les symboles étaient forts : 

une place donnant d'un côté sur l'église du côté boulevard Hoche, et de l'autre sur l'école publique rue Guébriant.

Une place avec un bureau de poste et une maison de quartier à deux pas de la rue Jules Ferry qui aurait été reliée par un passage entre les deux immeubles de la Résidence du Clos de Robien.

Petit retour en arrière

L’étude a commencé en octobre 1984, placée sous la responsabilité de la Ville de Saint-Brieuc. Toutes les semaines un « groupe technique » s’est réuni avec des élus (M. Fraboulet, adjoint à l’urbanisme), un conseiller municipal du quartier (M. Hélard), des représentants des services techniques et administratifs, des représentants du Comité d’Animation de Robien, et l’équipe d’étude du PACT-ARIM deux urbanistes, un architecte et une spécialiste des questions sociales liées à l’habitat. Tous les mois le « groupe de pilotage », avec le député M. Dollo, a traité un thème précis : circulation, commerce, industries, habitat…

Le constat

Le constat posé sur le quartier de Robien en 1985 est très juste : un quartier bien équilibré jusqu’au début des années 60, commençant à présenter des signes de vieillissement de la population, d’abandon de ses activités traditionnelles. Dans les années 70, les zones industrielles et commerciales ont amplifié ce phénomène. Une population en déclin : en 1968, 4284 habitants et en 1982, 3169 habitants

Les solutions

Le développement de l’habitat est une nécessité, les créations d’emplois et le développement d’une offre de commerce de proximité aussi. La rue Jules Ferry est une sortie de ville qui doit être beaucoup plus attractive. Les entrepôts et ateliers vacants sont recensés et visités par des services qui peuvent aider une reprise (avec des aménagements)

L’habitat

Presque la moitié des habitations ont été achevées avant 1914, la même proportion entre 1914 et 1948 et entre 2 et 5 % après 1948. La rénovation de l’ancien et des logements qui seront créés, devra être adaptée à tous les publics (handicapés, personnes âgées) 

Développement des services et de nouveaux commerces

L’étude met en évidence les besoins d’une maison de quartier, d’une salle polyvalente, d’une bibliothèque et d’un bureau de poste. Du côté commerce, malgré l'arrivée prochaine et annoncée de grandes surfaces sur Ploufragan et Trégueux, certains commerces auraient toute leur place.

Aménagements urbains et paysagers

Les rues passantes (Jules ferry et boulevard Hoche) doivent être élargies, plantées d’arbres, avec des ravalements de façades… L’arrivée du TGV en 1989 doit permettre de changer le côté gare de marchandise. Les espaces verts sont à développer du côté du tertre Marie Dondaine et de l’étang de Robien.

 

La résidence du Clos de Robien dans la rue Jules Ferry construite en 1999 : un passage

Les architectes Bruno Coycault et Jean-François Colleu ont conçu un immeuble en deux parties rue Jules Ferry en 1999-2000. On parlait encore de ce projet de Place de Robien et l'immeuble a été pensé en fonction de cette idée : « Le terrain jouxte les jardins municipaux où à terme une ZAC est projetée. Nous avions la contrainte de créer un désenclavement grâce à un passage qui reliera plus tard la rue Jules Ferry à cette nouvelle zone d'activité. D'où l'idée de construire la résidence en deux bâtiments. Ce porche devra être le signal de cette liaison piétonne. De plus, il nous a permis de créer une faille lumineuse pour éclairer les appartements ».

Conclusion :  Finalement rien ne sera fait mais avec le recul, on se rend compte que cette étude était assez remarquable. Elle portait en germe une transformation globale du quartier de Robien. On parlerait de nos jours "d'intelligence collective".

 

1988, 1995 puis 2004, un lotissement au Tertre Marie-Dondaine.

Plusieurs équipes municipales ont eu pour projet d'aménager le Tertre Marie Dondaine et en particulier pour y faire construire un lotissement. 

Dans son édition du 28 octobre 2004, Ouest-France, dans l'article qui suit, rappelle les faits et présente le dernier projet en date. Précisons que ce projet n'aboutira pas !

"La zone d'aménagement concerté est rédigée depuis 1980 ! Sans doute un record pour cette zone de près de quatre hectares, dont la propriété se partage entre la ville et des privés. Depuis 1980, la zone située près de l'ancienne usine du Mont-Carmel, à l'ouest du quartier de Robien, est toujours en friche. Les champs n'ont jamais été viabilisés par la société Prima Opéra, de la Côte-d'Azur. Celle-ci avait annoncé la réalisation de cinquante maisons de ville en 1988, qui sont restées à l'état de plans dans le fond d'un carton à dessins. Le promoteur de Plérin, BC Partner's, vient de reprendre la maîtrise du site et va présenter un projet d'une centaine de logements qui se répartiront entre immeubles collectifs et maisons de ville. 

« La commercialisation ciblera le marché de l'accession à la propriété et celui des investisseurs. Ce qui permettra d'avoir des logements occupés indifféremment par des propriétaires ou des locataires », souligne Gilles Cadoudal, PDG de la société immobilière. Le calendrier de l'opération est déjà fixé. Dépôt du permis de construire en mars 2005, début des travaux en octobre 2005 et livraison des logements, dix-huit mois plus tard".

Le projet de lotissement de 1995. Archives municipales


 2019-2025. Le projet d'immeuble boulevard Carnot, cliquer ici

 

Ainsi va l'action municipale, des projets naissent puis restent dans des cartons, d'autres se réalisent alors que l'on n'y pensait plus... Et on se plait à refaire l'histoire : Et si le Tertre Marie-Dondaine avait été urbanisé dans les années 70, il n'y aurait pas de moutons aujourd'hui ! Et si la Résidence des Forges avait apporté 400 logements de plus, des commerces en auraient profité. Et si on avait fait la Place de Robien, les habitants auraient pu s'y retrouver pour des fêtes. Avec des si, on aurait même pu mettre Robien en bouteille !


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Si vous avez des éléments pour compléter cet article  (photos, témoignages...) ou des remarques, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut à droite en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre...

Le lotissement des cheminots rue Cuverville, quartier de Robien à Saint-Brieuc

 

Au début des années 1900, les maisons de cheminots de la rue Cuverville formaient un petit lotissement le long de la rue qui surplombait la voie ferrée. Les cheminots n'étaient qu'à quelques minutes à pied de leur lieu de travail. 

Une maison de cheminots de la rue Cuverville surplombant la voie ferré. Photo RF


Les premières maisons
 
Toutes les maisons de cheminots sont construites sur des terrains appartenant à la compagnie des chemins de fer de l’État.
Dans le recensement de la rue Cuverville en 1911, on dénombre déjà 7 familles de cheminots. 
 
Dans les années 20, plusieurs permis de construire sont déposés. On remarquera que plusieurs techniques de construction sont utilisées (bois ou fibrociment). Les dimensions restent très modestes dans tous les cas, la plus petite fait dix-huit mètres carrés et la plus grande, une quarantaine de mètres carrés.

M. Albert Piqueau, ferblantier aux chemins de fer de l’Etat, fait une demande de permis de construire le 10 mars 1926 (2T9) pour édifier « un petit chalet en bois de 2 pièces sur un terrain des chemins de fer de l’État, 18 rue Cuverville. »

Archives municipales. 2T9

 

Archives municipales 2T9


Archives municipales 2T9

Le 14 mai 19272 avril 1928, M Ménagé, chauffeur aux chemins de fer de l’État à St Brieuc, habitant 10 rue Jules Ferry, sollicite l’autorisation "de faire édifier une maison en bois à bon marché... Cette construction sera effectuée par la maison Gesbert et compagnie de Pont-de-Gennes, Montfort dans la Sarthe." (2T11). La maison sera au numéro 10 rue Cuverville.


Ménagé 2T11 archives municipales

 
Ménagé 2T11 archives municipales

Le 2 avril 1928, M. Yves Brouder, employé aux chemins de fer de l’Etat à St Brieuc, habitant 10 rue Jules Ferry, sollicite l’autorisation de construire « une petite habitation de trois pièces, en fibrociment, rue Cuverville ». Le terrain appartenant aux chemins de fer est devenu la propriété de M. Brouder par adjudication. (2T9)

 

Archives municipales 2T9


Archives municipales 2T9


M. Picault, habitant 8 rue Notre-Dame, effectue une demande le 2 avril 1928 afin de construire « une maison en bois » rue Cuverville.


Archives municipales. 2T12


Archives municipales 2T12

 

 
Le lotissement est complet !
 
En 1936, on trouve quinze familles de cheminots, logées dans les petites maisons SNCF. 
Elles sont alors situées aux numéros 2, 4, 6, 8, 12, 14, 16, 18, 20, 22, 24, 26, 28, 30 et 32. 
 
Les noms de famille de ces employés des chemins de fer sont : Mallet, Foutel, Denis, Cléach, Lemoine, Réhaut, Le Ster, Le Hénaff, Ollivier, Le Gueut, Marric, Richer, Méléard, Frabolot…
 
 

La photo aérienne ci-dessous dévoile, au premier plan, une douzaine de ces maisons de cheminots le long de la rue Cuverville dans les années 40.

Photo aérienne années 40-50, Archives départementales.
 

 

Ventes des maisons au 14 et 28.

En juillet 1955, la S.N.C.F met en vente un baraquement au 14 rue Cuverville de 6 mètres sur 11 comprenant 3 pièces et un cellier avec une couverture en tôle ondulée.
 

L’opération est renouvelée en juin 1957 avec le baraquement du numéro 28 comprenant une cuisine, 1 chambre, 1 débarras et une toiture en carton bitumé. Le baraquement du numéro 30 est aussi mis en vente et comprend une entrée, une cuisine, 3 chambres, 1 grenier, doubles parois en bois, plafond et parquet en sapin, toiture en tuiles mécaniques. Démontage et enlèvement aux frais de l’acquéreur.
(Ouest-France 4 juillet 1955 et 17 juin 1957)

 
Annonce SNCF 17 juin 1957 Ouest-France

 

Le lotissement s'en va...

Yvonne Michel était une ancienne cheminote, elle est arrivée un peu après 1945 dans la rue Cuverville. Tout le monde était locataire de la S.N.C.F mais elle a eu la chance de pouvoir acheter le terrain de sa maison mais s’est battue longtemps pour y parvenir. Sa maison et celle de Joseph Prigent ont été les deux dernières à tenir debout.


Les pavillons jumeaux en pré-fabriqué sont la propriété de la S.N.C.F. Ils ont été agrandis et rénovés.
 

Robert Picault habitait à l’intersection de la rue Luzel, c’était un ancien mécanicien des chemins de fer. Il a connu les derniers temps des locomotives à vapeur. A la retraite, il n’a pas pu acheter le terrain sur lequel sa maison est bâtie et à sa mort la maison a été démolie, c’était la règle.

Plusieurs maisons inhabitées se sont écroulées dans les années 90 faute d'entretien et de consolidation, le fait de ne pas pouvoir devenir y était pour beaucoup. Ces petites maisons ont alors presque complètement disparu du paysage.

De nouvelles maisons poussent sur les emplacements libérés après voir été vendus.

L’annonce du décès de Joseph Legueut, à l’âge de 86 ans, est publiée le 7 janvier 1971, la cérémonie se déroule en l’église Sainte-Anne de Robien. On découvre dans l'annonce que ce retraité de la S.N.C.F habitait dans une baraque de cheminots au 22 rue Cuverville depuis les années 30. C'était un ancien combattant de 14-18 qui avait reçu la Médaille militaire et la Croix de guerre. 


La disparition de l'avant dernière maison

  

En mai 2010, l'outil Google Street proposait encore une vue de la maison de cheminots du 6 rue Cuverville avec un peu plus loin celle aux volets bleus au numéro 8.

 
Maison au 6 rue Cuverville. Image Google Street

En avril 2019, il ne restait que les fondations au numéro 6 !

 
Maison au 6 rue Cuverville. Image Google Street

Et en décembre 2020, plus rien ! Elle aurait disparu vers 2016...

 

Emplacement de l'ancienne maison au 6 rue Cuverville. Image Google Street

 

Le lotissement des cheminots aujourd'hui

 
De toutes ces maisons du lotissement, il n'en reste plus qu’une seule !


La dernière maison de cheminots du lotissement de la rue Cuverville. Photo RF

 

 

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Autres articles à consulter

Dans la rubrique "Habitat ouvrier à Robien et les lotissements ouvriers" :
 

 

Autres articles à consulter sur Les cheminots, la gare, la S.N.C.F
La Société Française et Entrepôts Frigorifiques (S.T.E.F), cliquer ici

Les cheminots de la paroisse de Robien et le syndicalisme catholique, cliquer ici

Les Résistants cheminots du quartier de Robien en 39-45, cliquer ici

La Cité des Cheminots", boulevard Paul Doumer, cliquer ici

Le lotissements des cheminots, rue Cuverville, cliquer ici 

Au nord de Robien, traverser la voie ferrée (ponts, passerelle), cliquer ici

Sources

Recensement 1911 et 1936, archives départementales
 
Photo aérienne, Fonds Henrard, Archives départementales, cote 26 Fi 358
 
Archives municipales, permis de construire 2T9, 2T12




vendredi 2 janvier 2026

Gustave Bayol (1859-1931), l'art forain à Angers.

En 1885, le sculpteur Gustave Bayol s’installe à Angers. Jusqu’en 1909, il sera le roi de la fabrication de sujets de manège mais sa Société Angevine des Industries Foraines s’arrêtera finalement en 1939.
Exposé au Musée des Beaux-Arts d’Angers, son superbe âne, en bois de tilleul, bronze, laiton et pâte de verre, est un chef d’œuvre du genre.
Il en est de même pour ses chevaux, vaches, lapins, ou cochons...

Musée d'Angers. Photo RF 2025

Détail. Musée d'Angers. Photo RF 2025
Bayol savait donner vie à ses animaux sculptés comme on peut aussi le voir avec ce cheval sorti de son atelier vers 1900.

Cheval cabré des ateliers Bayol, bois sculpté, vers 1900.

Deux cochons de chez Bayol, photo sur le site de Marc Grodwohl
Chat (rare), entre 1900 et 1905, collection F et F Maréchal, archives d'Angers

Cheval Bayol, site arts forains Compiègne
Cheval Bayol vendu 3120 euros sur le site d'enchères Daguerre.

Cheval ailé de Bayol, 1895, couronnant un manège incroyable à Lyon dans le Parc de la tête d'Or
Avec Gustave Bayol, les manèges forains se hissent au niveau de l'art. Un art populaire, visible sur toutes les fêtes peuplées de chevaux de bois, balançoires, carrousels-salons. De nombreux artisans sont réunis pour réaliser ces "métiers" comme on dit dans le monde forain : sculpteurs, peintres, dinandier (cuivre, étain, laiton, fer-blanc), miroitiers, facteur d'orgues...

Portrait de Gstave Bayol vers 1910, archives municipales d'Angers. Fi04

Retour sur sa carrière

Gustave Bayol est né près d’Avignon en 1859. Son père est menuisier et très vite Gustave va suivre les traces de son père mais il suit également des cours à l’école des Beaux-Arts d’Avignon. Il entreprend ensuite son "Tour de France". Et c'est à 19 ans pour son service militaire qu'il découvre Angers où est situé son régiment. Il fait aussi la rencontre de sa future femme,
se marie en 1884 et s’installe en ville comme sculpteur.

Ateliers Bayol à Angers vers 1910, le coin des cochons ! Archives Angers 1.457

En 1887, on lui commande une série de chevaux de bois qui sera installée sur le carrousel. Tout le monde est sous le charme... 

Bulletin municipal de la ville d'Angers, décembre 1994.
En 1892 son atelier est déjà constitué d'une douzaine d'artisans qui travaillent aussi pour le cirque et six années plus tard, ils sont une centaine. C'est la naissance de la Société angevine des industries foraines. En 1909, trois brillants salariés  reprennent l'entreprise.  

Ateliers Bayol à Angers, vers 1910, archives municipales Angers Fi04

Bayol 1926. 2Fi525 Archives municipales Angers

De son côté Gustave Bayol va travailler jusqu’à l'âge de 71 ans et il décède en 1931.

Manège de l'ancienne maison Bayol à Angers

Le saviez-vous ?

Les ateliers Bayol ont réalisé un immense carrousel-salon, un extraordinaire manège dont la façade est inspirée du Palais de l'Électricité de l'Exposition Universelle de 1900.

Photo sur le site de Marc Grodwohl, article ici

La famille Hoffmann, bien connue en Bretagne, a possédé une Splendide-Chenille dont le fronton avait été décoré par les successeurs de Bayol, "Les vagues de l'Océan". Ce carrousel-salon Hoffmann, daté de 1911, ressemble fortement à celui en photo ci-dessus.

Si vous avez des documents ou des témoignages à apporter sur l'histoire de ce fabriquant de manèges, merci d'utiliser le formulaire de contact en haut de page, en laissant votre adresse mail pour que je puisse vous répondre.

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Lien dans ce blog

L'histoire de la famille Hoffmann, industriels forains, cliquer ici

Sources

Articles de Ouest-France, recherches personnelles.

Recherches aux Archives patrimoniales de la Ville d'Angers, janvier 2025.

Articles de Sylvain Bartoldi dans le journal Vivre à Angers, décembre 1994, ici et en février 1997, ici

Fabienne et François Marchal, "L’Art Forain, les animaux de manège". 

Musée des Beaux-Arts d'Angers, photos janvier 2025. 

Site L'interforain, Gustave Bayol, un article qui a servi de base à la biographie ci-dessus, ici

Article de Marc Grodwohl sur le carrousel-salon Bayol, cliquer ici

Article très complet de Marc Grodwohl sur l'art forain, cliquer ici

Parc de la Tête d'Or, présentation du manège Bayol, cliquer ici

Pour les abonnés à Ouest-France, un bel article sur Bayol, ici



L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...