mardi 5 mai 2026

Traverser la voie ferrée dans le quartier Robien : le Pont des sourds, le pont de la rue de Quintin, la passerelle Harel de la Noë.

Le pont de la rue de Quintin ou Pont Pierre Sémard. 1863 et 1926

Le pont de la rue de Quintin à St Brieuc Carte postale ancienne. Collection Hamonic

Le pont de la rue de Quintin est construit pour l’ouverture de la ligne en 1863. Il est en maçonnerie et granit, possédant toutes les qualités de solidité. Mais on le démolit  en 1925 pour élargir la sortie des voies ferrées après la gare. On le remplace par un pont plus long, en béton armé, de type "bow-string" (pont à corde d'arc). Il est tout à fait semblable à celui que l’on peut encore voir à Guingamp, construit en 1924-1925. Le Pont de la rue de Quintin est ouvert à la circulation le 26 août 1925.

Pont au-dessus de la voie ferrée à Guingamp. Image Google
Ce nouveau pont traversant le quartier de Robien a permis que l’on fasse passer plus de voies de chemin de fer. Avec le développement de la circulation automobile dans les années 70, la rue Pierre Sémard qui prolonge ce pont a posé quelques problèmes. Cette rue trop étroite a été élargie dans les années 80, après l’acquisition nécessaire de plusieurs immeubles par la municipalité pour procéder à un alignement des maisons.

Pont de la rue de Quintin à St Brieuc. Photo RF 2020

Portrait. Pierre Sémard

Le Pont après rénovation en 2021-2022. Photo RF

Le Pont Clémenceau, appelé ensuite Pont des Sourds-Muets. 1863

Pour accéder à la notice complète de cette formidable photo du Musée de Bretagne, cliquer ici

Le Pont Clémenceau (des Sourds-Muets) a lui aussi été conçu dès 1863 mais c’est un pont de chemin de fer sur lequel passent les trains, les véhicules passent en dessous.

Pont des Sourds-muets (ex Pont Clémenceau) à St Brieuc. Carte postale ancienne.

Sur la gauche, le Pont des Sourds-muets à St Brieuc. Carte postale ancienne.
Avant 1900 et un peu après, le pont permettait surtout que des charrettes, venant des fermes aux alentours, puissent circuler vers le centre-ville et y vendre leurs produits. C'est ce qui explique la présence de la maison d'octroi, juste après le pont, où les taxes devaient être réglées.

Le pont des Sourds-muets à St Brieuc. Carte postale ancienne.
Les piétons l’empruntaient beaucoup avant la construction de la passerelle en 1909. Ce passage sous la voie ferrée était aussi fort utile pour rejoindre dans cette partie du quartier l’Institut des Sourds-Muets ou la briqueterie Le Dû. En 1953, des travaux de consolidation sont engagés sous le Pont des Sourds-muets (photo ci-dessous) 

18 novembre 1953 O.F

La passerelle piétonne Harel de la Noë entre la gare de Saint-Brieuc et le quartier Robien. 1909 

La passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne.

 

Dans quel contexte cette passerelle est-elle devenue indispensable? Reportons-nous à la presse de l'époque, en 1908, avec cet extrait d'un article du journal Le Réveil : "L’extension de la ville de St Brieuc se fait actuellement du côté de Robien. C’est là que les efforts se portent. Il faut pouvoir encourager ce développement et faciliter cette extension. La création de la passerelle si attendue mettra en communication constante la ville et ce quartier si important ; mais ce n’est pas tout. Il existe un bureau auxiliaire des postes boulevard Carnot, bureau ne pouvant effectuer que la moitié à peine des opérations postales. Il n’est pas complet… Il n’émet pas de mandats pour les étrangers… Ce qui est plus grave, il n’a ni le télégraphe ni téléphone…On me dira « Il y a le télégraphe à la gare »…

On se préoccupe de ce quartier dans certains milieux. On y construit une église. Une église ne sert que des intérêts particuliers. Tout le monde n’en a pas besoin et tout le monde aujourd’hui a besoin de la poste et surtout de profiter des progrès modernes… Il faut que le public qui paie, reçoive satisfaction…
C’est le quartier extensible par excellence… Ce n’est pas une raison pour l’oublier, bien au contraire. Il faut savoir favoriser son éclosion et donner à ce quartier ce dont il a besoin".

Rappel de quelques dates pour bien situer les questions abordées dans cet article :

1902 : construction de l'école Guébriant

1905 : ouverture d'un bureau de Poste
1908 : décision du Conseil municipal de construire une passerelle
1909 : construction de l'église Sainte-Anne de Robien
 
Passerelle Robien. Plan 1930. 5 Fi 088 Archives municipales
Cette passerelle piétonne est l’œuvre de l'ingénieur Louis Harel-de-la-Noë (1852-1931). Elle avait un but utilitaire en permettant de relier Robien à la ville dans le prolongement d'un axe majeur, la rue Jules Ferry. 

Commencement des travaux. 24 août 1908 La Dépêche de Brest

Avec un peu de chance, les habitants de Robien auraient pu avoir la chance d'utiliser cette passerelle au tout début de l'année 1909 mais c'était sans compter avec les petits problèmes de livraison ; déjà !

31 décembre 1908. Ouest-Eclair

Les lecteurs de Ouest-Eclair du 27 février 1909 reprennent espoir en apprenant que la pose de la passerelle est enfin commencée.

En 1921, on se pose la question d'installer un éclairage sur la passerelle mais l'administration des Chemins de fer oppose qu'une source lumineuse pourrait aller jusqu'à causer des accidents sur les voies, ce que personne ne souhaite !

Passerelle Robien. 26 avril 1921 La Dépêche de Brest

Un ouvrage d'art

La vue sur la voie de chemin de fer est assez spectaculaire comme on le voit ci-dessous. Mais cette passerelle était aussi un ouvrage d'art industriel au même titre que les passerelles de Gustave Eiffel. Cette construction démontre le savoir-faire des ingénieurs, des entreprises et des ouvriers de la métallurgie de l'époque.

La gare vue de la passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne. 
 
 
La gare vue de la passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne. Archives 22. 16 Fi 4878

La passerelle de Robien à St Brieuc. Carte postale ancienne.

Cette passerelle en aura vu en 100 ans !

Les régiments d'Infanterie du 71e et 271e partant pour le Front en 14-18.

Archives départementales 159 J 53 Fonds Salonne
 Une course poursuite à la fin de la Guerre 14-18 !
11 octobre 1919. Ouest-Eclair
Des foules qui descendent du train (Carte postale de 1919)

Des trains à vapeur en gare de Saint-Brieuc, vus de la passerelle, dans le film de Raphaël Binet en 1932. A voir sur le site de la cinémathèque de Bretagne, en cliquant ici

Image du film de Raphaël Binet en 1932
Les régiments allemands prenant le train pendant l'Occupation dans les années 40...




Dans l'édition de Ouest-France du 23 octobre 1946, de nombreux usagers habitant ou fréquentant le quartier de Robien signalent "l'obscurité regrettable qui règne sur la passerelle..." Le journal poursuit en expliquant que "Naguère elle était éclairée au milieu et aux deux extrémités ; maintenant il n'y a plus que les deux lampes des escaliers."

 


Souvenirs d'enfance

A l’époque du cidre, des wagons de pommes étaient rassemblés sous la passerelle : « De beaux tas odorants, jaunes, rouges et verts. Pour certains gamins c’était tentant, "une sorte de marché distributeur". Du haut de la passerelle, les galopins lançaient une longue ficelle que terminait un couteau pointu. Es plus adroits pêchaient ainsi la petite provision de fruits mûrs à point qu’ils consommaient sur place ou qui devait leur faire tout le jour ».

Extrait de  Maurice Le Lannou. Saint-Brieuc. Édition du Champ Vallon 1986

La passerelle dans les années 2010
Les voitures viennent stationner sous la passerelle. André Bougeard 10 janvier 2012


Photo André Bougeard 24 juillet 2011


Photo André Bougeard 24 juillet 2011

Des escaliers permettaient d'accéder aux quais. Photo André Bougeard


La fin de la passerelle

Cette passerelle a rendu service pendant plus de 100 ans mais elle a été démolie début 2016 dans le cadre d'un vaste aménagement des parties Nord et Sud de la gare de St Brieuc.

Photo publiée dans "Tu sais que tu viens de St-Brieuc". Années 60

La passerelle 8 mars 2018.

Dès 2013, le projet de démolition suscite des interrogations puis une forte opposition et les signataires d'une pétition pour la conservation de cet édifice sont actifs. Ces défenseurs du patrimoine pointent du doigt la contradiction qu'il y avait de valoriser les ouvrages d'art d'Harel-de-la-Noë et dans le même temps de détruire cette passerelle, un ouvrage emblématique de cet ingénieur. Dans un premier article de Ouest-France paru le 20 novembre 2014, Yannick Gicquel, habitant de la rue Jules Ferry, s'adresse à ceux qui voudraient démolir cette passerelle.

Yannick Gicquel 20 novembre 2014 Ouest-France

Lançant une pétition avec trois autres personnes du quartier dans ce qui est appelé le Cric (Collectif Robiannais d'Initiatives Citoyennes), le collectif mené par Yannick Gicquel recueille plus de 1000 signatures

En parallèle, le comité de quartier de Robien, qui a accepté la démolition de la passerelle, est consulté depuis le début de ce chantier mais les informations ne lèvent pas toutes les zones d'ombres. Ainsi, le 24 novembre 2014 dans Ouest-France, Michel Sauvée, président du Comité de quartier, se pose de nombreuses questions : "On ne sait pas combien de temps va durer le chantier. On aimerait avoir une passerelle provisoire. On réclame aussi des précisions sur l'aménagement du parvis et du parking. Sera-t-il vraiment souterrain et sur deux niveaux ? Comment seront positionnées les barres d'immeubles?

Le 18 avril 2016, jour du commencement de la déconstruction de la passerelle, Ouest-France fait le point avec Yannick Gicquel sur cette action. Le défenseur du patrimoine "estime qu'on malmène l'héritage et qu'on détruit la plupart du temps par ignorance". Pour lui, "on a laissé s'abimer cette passerelle puis on a dit que les réparations seraient trop couteuses et que l'urgence c'est la démolition."

Yannick Gicquel montre les pétitions 18 avril 2016 Ouest-France

La passerelle de la gare. Photo octobre 2014. Site du Comité d'Animation de Robien

La passerelle, de la gare vers Robien. Photo octobre 2014. Site du Comité d'Animation de Robien
 
Destruction des piliers de la passerelle.

Le dernier morceau de la passerelle est enlevé par une grue. 28 avril 2016 Ouest-France

 Un pilier de la passerelle installé sur l'esplanade côté sud ?

Plan d'origine du pilier
Ce projet d'installer un ancien pilier de la passerelle Harel de la Noë n'est pas sorti d'un chapeau de magicien. L'idée figurait sur le plan d'aménagement du côté sud de la gare. C'est une promesse des élus de Saint-Brieuc Agglomération suite aux conseils du commissaire-enquêteur proposant des mesures de compensations avec l'association Harel-de-la-Noë.
Le pilier a été parfaitement découpé avec une scie circulaire de chantier et a été entreposé sur un terrain de la S.N.C.F.
Nouvellement installé dans ses fonctions d'adjoint au Patrimoine en 2020, Ludovic Le Moignic a relancé cette idée. Un beau projet en perspective, souhaité par le comité de quartier et tous les défenseurs du patrimoine de Saint-Brieuc. 
Affaire à suivre... 
 

Phase 1. Le pilier soutenant la passerelle

Phase 2. Le pilier découpé à la scie circulaire de chantier


Phase 3. Le pilier découpé conservé sur un terrain SNCF

 
Phase 4. Les responsables de l'association Harel de la Noë. Mars 2021

 

 
Ludovic Le Moignic à droite. 2021

 
Le portique Harel de la Noë en place un jour ?

 
Pierre Goréguès, Alain Redot de l’association Harel de la Noë, Richard Fortat et Ludovic Le Moignic, élu en charge du patrimoine devant l’emplacement où le pilier pourrait être installé. Photo Ouest-France 2021

 
Ouest-France a rendu compte de cette initiative dans son édition du 21 mars 2021
 
Les défenseurs du patrimoine réactivent leur souhait de valoriser le pilier de l’ancienne passerelle de la gare de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor). Le lieu d’implantation, boulevard Carnot, a déjà été repéré. Ce souvenir architectural permettrait aussi de rendre hommage au constructeur Harel-de-la-Noë.

Réactiver une promesse presque 10 ans plus tard

"Le principe de le conserver avait été acté par les élus lors du projet de déconstruction de l'ancienne passerelle, rappelle Pierre Goréguès.  La promesse date de 2012. Presque dix ans plus tard, l’idée de mettre en valeur ce souvenir architectural est réactivée par les défenseurs du patrimoine.

« L’endroit où ériger ce pilier est tout trouvé, dans ce petit parterre sur l’esplanade du boulevard Carnot », affirme Ludovic Le Moignic, conseiller municipal en charge du patrimoine. L’élu imagine une signalétique adaptée qui raconterait l’histoire de la passerelle construite en 1909 et l’histoire du quartier de Robien.

Créer un passé commun

L’un des historiens locaux, Richard Fortat, estime que « la valorisation du petit patrimoine permet de nous ancrer dans une histoire. Créer un passé commun incite à mieux s’insérer dans l’environnement où on habite, même si on est de passage. »

Passionné par le patrimoine local, Ludovic Le Moignic devrait mobiliser les énergies et les soutiens pour que ce pilier, « trace de ce qui a existé » retrouve une posture digne d’être remarqué.

Rappel des 3 endroits de passage 

dans le quartier de Robien.  

Plan 1897. Archives municipales.

 
Au premier plan la passerelle piétonne et au deuxième le pont. 1964 Archives Musée de Bretagne.

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Autres articles à consulter sur ce blog, en lien avec cette page
 
Les maisons d'octroi, ici
 
L'Institut des Sourds-Muets, rue abbé Garnier, ici 
 
Au sud de Robien, traverser le ruisseau du Gouédic ici
 

Autres articles à consulter sur Les cheminots, la gare, la S.N.C.F

 
La Société Française et Entrepôts Frigorifiques (S.T.E.F), cliquer ici

Les cheminots de la paroisse de Robien et le syndicalisme catholique, cliquer ici

Les Résistants cheminots du quartier de Robien en 39-45, cliquer ici

La Cité des Cheminots", boulevard Paul Doumer, cliquer ici

Le lotissements des cheminots, rue Cuverville, cliquer ici


 
Retour au sommaire, ici
 
 
Sources

A propos de la passerelle piétonne. Journal Le Réveil 1908. 

Fiche Wikipédia sur Harel de la Noë, cliquer ici

Biographie d'Harel de la Noë, cliquer ici 

Le chemin de fer de Bretagne Nord. Jean-Pierre Nenning. JPN Éditions 2010

Site du Comité d'animation de Robien, octobre 2014, cliquer ici 

Vous pouvez ensuite aller dans la rubrique Les lieux-phares puis Gare-sud et vous découvrirez d'autres photos de l'évolution de ce secteur de Robien, en particulier à l'automne 2014 où de nombreux travaux en ont totalement changé la physionomie.

Les bistrots de Robien, Le Café du dimanche, boulevard Hoche

Le Café du Dimanche, situé au 115 boulevard Hoche, a fonctionné de 2015 à 2019. C’était un lieu atypique, créé par Louise Dilasser et Lan Mafart. Dans ce bistrot, ouvert uniquement en fin de semaine, on pouvait boire un verre mais aussi écouter de la musique, participer à un radio-crochet, partager un moment autour de jeux de société, découvrir l’art postal, écrire des cartes de vœux personnalisées…
 
Enseigne du Café du dimanche

Le Café du dimanche a marqué les esprits et a beaucoup inspiré les journalistes, comme en témoigne cet article de Ouest-France du 21 août 2015 : "Les grappes de la vigne se détachent sur un mur bleu azur. Un olivier ombre la cour terrasse, la couleur de ses feuilles se marie bien au ciel breton. Il y a une petite serre où il fait bon s'asseoir, tandis qu'une rangée d'antiques boîtes aux lettres habille à l'ancienne la façade du Café du dimanche. Ce lieu est une surprise totale. Comme un coin de Méditerranée, qui aurait poussé dans le quartier bien rangé de Robien, au sud de la gare briochine".

La cour du Café du dimanche. Photo Ouest-France

"C'est un vrai café avec une licence 4, on peut ici goûter un vin du sud, italien ou grec. Lan Mafart est Breton par son père, Provençal par sa mère. Ces deux cultures l'ont fasciné et façonné. Quand il l'a trouvé, c'était un lieu industriel. Entre ses mains artistes et bricoleuses, c'est devenu un café chaleureux. Un univers poétique, facétieux, cultivé. Le cadre est planté, on peut y prendre un verre. Mais il y a beaucoup plus. L'homme est éditeur, les livres garnissent les étagères : poésie, philosophie, sciences humaines et bientôt des livres pour enfants".

Lan Mafart. Photo Ouest-France

"Le Café du dimanche ne serait pas cet extraordinaire cabinet de curiosités sans Louise Mafart. L'un des talents de cette femme curieuse est de pratiquer l'art postal.

« On ne prend plus le temps de s'écrire, s'étonne-t-elle. Mon père m'a écrit toute ma vie. Quand il est mort, j'ai trouvé terrible de me dire que, dans ma boîte aux lettres, il n'y aurait plus que des factures. Ça fait tant de bien de recevoir une jolie lettre. On peut envoyer toutes sortes de choses par la Poste pour surprendre son destinataire. »

Louise Dilasser. Photo Ouest-France

"Le Café du dimanche de Lan et Louise Mafart renferme des trésors, patiemment accumulés. Des découpages récoltés dans les magazines, des feuilles et des fleurs dans les herbiers, des boutons, des coquillages, des cartes postales, des objets hétéroclites...

Pour écrire une lettre, on choisira la couleur du papier, on pourra piocher des mots doux et des images, dans les tiroirs qui débordent. Il ne restera plus qu'à écrire, ou se faire aider de la maîtresse des lieux pour décorer une enveloppe ou écrire sa lettre, un cadeau si rare de nos jours.

Louise, qui fut écrivain public, ne demande qu'à donner un coup de main. « Je voudrais que tous ceux qui ont envie puissent créer librement. Chacun est artiste, même s'il l'ignore. La création n'est pas réservée à une élite, revendique-t-elle. En cinq minutes, je peux trouver des trucs, une enveloppe et on poste. »

Le plus, c'est qu'une vraie boîte aux lettres de La Poste, placée à la sortie du café, recueille les missives écrites. Patrice André, le facteur du quartier, aime tant cet endroit qu'il en est devenu le parrain. Sylvie, une autre factrice, la marraine. En vacances cet été en Pologne, Patrice s'est pris au jeu, envoyant une carte égayée de collages à ses amis du Café du dimanche. Et la direction de La Poste soutient l'initiative.

Ce café sera ouvert chaque dimanche « pour qu'enfin on ne s'ennuie plus ce jour-là », jure Louise Mafart".

Le facteur et Lan Mafart. Photo Ouest-France

 

Plus jamais triste comme un mois de novembre 

Au Café du dimanche, les idées insolites ne manquent pas. À l’instar, donc, de cet instant poétique qui s’étalera sur quatre jours en novembre. « Quand tu tiens un café, tu entends souvent : il pleut, le monde va mal, c’est une période compliquée, les travaux… », raconte Louise. D’où l’envie d’inverser « l’envers du décor » et de mettre l’accent sur la beauté des choses.

C’était jeudi dernier. « J’ai lancé l’idée à la cantonade : créer un espace poétique où chacun puisse s’exprimer. Ça ne réglera pas forcément les choses, mais ça mettra du baume au cœur et cela permettra de partager ensemble un peu d’émotion, de découvrir l’autre autrement. »

(Extrait d'un article de Ouest-France du 27 novembre 2018)

Le facteur et Lan Mafart. Photo Ouest-France

 

 

Une idée parmi beaucoup d'autres !

En décembre 2018, Louise Dilasser et Lan Mafart avaient lancé une idée pour les fêtes de fin d’année : sur des cartes et enveloppes de couleur mises à disposition tout le monde était invité à faire part de ses rêves, ses souhaits à la Maire de St Brieuc

Nina écrit sa lettre à la Maire Noël. 13-12-2018 Photo Ouest-France

 
 
La tournée des bistrots de Robien continue ici...

Bistrots rue Jules Ferry 

Bistrots rue abbé Garnier

Bistrots boulevard Carnot

Bistrots rue Luzel

Bistrots rue de Trégueux

Bistrot rue de Robien



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Merci d'avance.


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Sources

Articles de Ouest-France : 21 août 2015, 28 juin 2018, 27 novembre 2018... 


 


 


 

 

 

Le projet abandonné d'un immeuble de bureau, boulevard Carnot à Saint-Brieuc. 2019-2025

Ce ne sera pas le premier projet abandonné dans le quartier de Robien (voir l'article suivant en cliquant ici) mais le projet de construction d’un immeuble boulevard Carnot, livrable en 2027, n’aura existé que dans le monde virtuel !

Photo archives Ouest-France

Le projet à l’origine. 2019

En 2019 Adim-Ouest, une filiale du groupe Vinci, imagine un bâtiment de 8 étages avec commerces, parking, activités tertiaires et un équipement public. Une grande cellule commerciale est précommercialisée rapidement au bénéfice du discounter alimentaire Aldi (d'après une information révélée dans un article de Ouest-France du 4 décembre 2025). Le tout est conçu le long de la voie ferrée dans le boulevard Carnot. Les réactions dans le quartier sont mitigées car on se demande si des espaces de bureaux trouveront preneurs et si c'est le projet qui convient à ce moment là ? D'un autre côté personne n'a été pris par surprise car plusieurs immeubles figuraient dans le plan d'origine de l'aménagement de ce secteur sud de la gare.

Trois immeubles figurés sur le plan d'aménagement. 25 juin 2017 Ouest-France

Un projet mis sur pause. 2020-2022

En 2020, la nouvelle municipalité gèle ce projet en attente d’une possible construction d’une cité judiciaire sur cet emplacement. Finalement, en 2022, le Ministère de la justice abandonne l’idée d’utiliser cet emplacement jugeant l'espace trop restreint, ce qui relance la possibilité d’y construire un immeuble de bureau. La municipalité souhaite par contre que l’on passe de 8 à 6 étages. Du côté du Comité de quartier, le président Alain Le Flohic traduit une impression partagée par un certain nombre d'habitants dans l'édition de Ouest-France du 25 mai 2022 : "On s'était habitué à la vue dégagée sur la gare". La présence de cellules commerciales pose également problème : "Il ne faudrait pas que cela se fasse au détriment des commerces de proximité du quartier... Certains commerçants avaient déjà été démarchés pour déménager." 

25 mai 2022 Ouest-France
Une nouvelle demande de permis de construire. 2022

Après l’abandon de la future cité judiciaire et un projet revu à la baisse en 2022, une autre étape s’ouvre en août 2024 où Adim-Ouest dépose une nouvelle demande de permis de construire.

Un permis validé. Mars 2025. 

 "Un immeuble va pousser derrière la gare".

Après sa validation par le service urbanistique de la Ville en mars 2025, la voie est ouverte pour Adim-Ouest. L’agence Bleu Mercure et Arthur Loyd Bretagne lancent la commercialisation des 4 540 mètres carrés : des espaces de bureaux et une grande cellule commerciale au rez-de-chaussée. Dans son édition du 12 mars 2025, Ouest-France relance auprès du public l’actualité ce projet datant de 2019. Parfois la presse s'emballe ! Il ne semble plus y avoir d'incertitude et le journal titre "Un immeuble va pousser derrière la gare". En mars 2025 « Le porteur de projet se montre serein, eu égard à l’élan de dynamisme en centralité de Saint-Brieuc », note l’article de Ouest-France.

Ouest-France 12 mars 2025
Ouest-France 12 mars 2025


Des incertitudes. Octobre 2025

Quelques mois plus tard, dans l’édition du 8 octobre, le titre de l’article est interrogatif et on se demande « Où en est le projet immobilier Pem Sud ? »,  mettant en évidence que le projet « semble peiner à attirer les investisseurs ».

Ouest-France 8 octobre 2025

L’abandon du projet. Décembre 2025

Dans l’édition du 4 décembre, l’abandon du projet est annoncé par voie de presse.

Ouest-France 4 décembre 2025
 

Les réactions, les suites.

Le panneau publicitaire bientôt retiré. Photo Richard Fortat 23 novembre 2025
Le 5 décembre le Comité de quartier de Robien diffuse cette information sur son compte facebook. Mais il y a peu de réactions. Le restaurant Caramel et Compagnie déplore l’abandon du projet : « Dommage, mais pas surprenant comme décision ». Ludovic Le Moignic, conseillé délégué au Patrimoine, relève ce qui est pour lui une incohérence de base : « C'était un projet qui était plus pensé pour une métropole comme Rennes que pour une ville moyenne. Donc forcément ça ne fonctionne pas ». On peut aussi se demander si la construction d'immeubles de bureau est indispensable avec le développement du télétravail ces dernières années ? Sait-on aussi qu'on trouvait en janvier 2025 une quantité non négligeable de mètres carrés à vendre ou à louer. Pour être précis, sur 39 annonces recensées sur le site spécialisé cessionpme.com cela représente un total de 8959 mètres carrés !

Mais si ce projet était mal engagé, il pourrait bien sortir de nouveau sans doute sous une autre forme car ces terrains entre la voie ferrée et le boulevard Carnot sont très bien situés. Ils pourraient être convoités par d'autres groupes immobiliers... Selon Adeline Le Boëdec, adjointe en charge de l'urbanisme, interrogée  dans Ouest-France le 4 décembre 2025 :"Ce foncier reste très attractif. Il n'a pas vocation à rester vide..." Affaire à suivre ?

Photo Richard Fortat novembre 2025

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Sources de cet article mis en ligne en janvier 2026 par Richard Fortat

Archives de Ouest-France, Comité de Quartier de Robien.

Autre article à consulter sur ce blog

Tous ces projets qui n'ont pas vu le jour dans le quartier de Robien, cliquer ici 

Entreprise Drieu, 32 rue Luzel et boulevard Carnot à Saint-Brieuc. 1966-1989

Les Établissements Victor Drieu étaient installés dans le quartier de Robien depuis les années 60. C'était au départ une entreprise de vente de matériaux de construction qui s'est ensuite spécialisée dans la vente de carrelage.

Le premier document ci-dessous est de 1965 et le suivant de 1966. 

Annonce Ouest-France 7 mai 1965


Annonce Le Griffon 1966, n°3
 

 

L’entreprise a été immatriculée le 26 juillet 1977 (mais pourtant on sait qu'elle existait avant) et a été radiée le 10 novembre 1989. La localisation de l'entreprise Drieu était tout d'abord au 6 ter boulevard Carnot puis elle a déménagé au 32 rue Luzel.

Sur le plan ci-dessous daté de 1971, l'entreprise Drieu est mentionnée, le long du boulevard Carnot où se trouvaient les Forges-et-Laminoirs.


 
Chantier Drieu 1971

 Ci-dessous, une annonce du 26 mai 1972 dans Ouest-France


Dans la période des années 70-80, où l'entreprise s'est spécialisée dans la vente de carrelage et de moquettes, M. Drieu publiait régulièrement des annonces bien visibles dans Ouest-France. L'entreprise était située 32 rue Luzel.

Sur la photo ci-dessous à gauche, on peut voir le bâtiment en retrait de la rue Luzel, avec les matériaux dans la cour.

Sur la gauche, Drieu. Photo 1971

Drieu 29 avril 1972

Drieu 5 janvier 1980

Drieu Mai 1981

Annonce Drieu juillet 1981

Des grossistes en peinture se sont ensuite installés dans les anciens locaux de l'entreprise au 32 rue Luzel (ex Igloo, fabriquant de peinture) puis l'entreprise de stockage Enora-box est arrivée en 2007. 

Faits divers

On retrouve trois accidents qui parlent de Victor Drieu ou de son entreprise dans Ouest-France en 1967,1968 et 1971. Le dernier aurait pu être extrêmement grave... En 1967, au carrefour des Rampes en Plérin, une voiture refuse la priorité à M. Drieu qui arrivait de la direction de Binic pour regagner son domicile à Saint-Brieuc. Tous les occupants de sa voiture sont indemnes et ceux de l'autre véhicule ne sont que  légèrement blessés. Le deuxième accident relaté est celui d'un camion de l'entreprise, chargé de ciment.

Drieu 14 août 1968

Le troisième accident se produit en février 1971. M et Mme Drieu sont impliqués dans une grave collision à Lisieux alors qu’une voiture cherchait à doubler une file de 4 camions : « Sur la chaussée glissante, la Dyane partit en dérapage et vint heurter le dernier camion de la file qui montait. Celui-ci était conduit par M. Julien Michel, 35 ans, transporteur demeurant 36 rue Bocca à Paris. Sous le choc, la voiture rebondit et vint heurter la D.S. de M. Victor Drieu, 59 ans, négociant en matériaux, demeurant 6 Ter boulevard Carnot à Saint-Brieuc. La collision fut très violente, M. Drieu était atteint d'une plaie dans la bouche et avait plusieurs dents cassées ; son épouse Mme Drieu se plaignait de douleurs à la poitrine ».

Photo de Ouest-France du 4 février 1971

Si vous avez des commentaires, des témoignages ou des documents sur l'histoire de l'entreprise Drieu, merci d'utiliser le formulaire de contact. 

Retour au sommaire ici

Sources

Document des Archives départementales sur les Forges-et- Laminoirs.

Annonces Ouest-France et Le Griffon.

 

L'histoire du quartier de Robien à Saint-Brieuc. Sommaire

Le quartier de Robien à Saint-Brieuc s’est vraiment peuplé il n’y a pas plus d’un siècle, mais son histoire présente de multiples intérêts ...